Publié le 10 Février 2021

JAMES BOND: SCORPIUS de John Gardner

Une secte de fanatiques, les Doux, qui ne le sont pas du tout (doux !), que du contraire. Un grand gourou cinglé, le Père Valentine. Un méchant mystérieux, Vladimir Scorpius. Des terroristes qui se font exploser un peu partout pour détruire le mode de vie occidental. Voilà les nouveaux ennemis de James Bond !

John Gardner a livré un paquet de romans consacrés à Bond et celui-ci démontre une certaine originalité : l’intrigue dévie quelque peu de la « norme » des aventures de 007…une qualité et un défaut car, pendant une grande partie du bouquin, SCORPIUS ne ressemble pas vraiment à ce qu’on attend d’un Bond (littéraire ou cinématographique). Cependant, les derniers chapitres retrouvent la voie toute tracée de l’affrontement entre l’espion et le grand méchant mégalomane tout heureux d’exposer son plan. Si les thématiques sont plus « modernes » (terrorisme aveugle, dérives sectaires et religieuses,…), l’ensemble n’est pourtant pas pleinement convaincant et le rythme laisse souvent à désirer.

En dépit du ton sérieux (davantage que dans les autres Bond de Gardner), l’auteur ajoute quelques pincées d’humour et au moins un clin d’œil évident à Sean Connery, « l’acteur préféré de Bond ». Des initiatives louables mais qui ne parviennent pas vraiment à compenser une intrigue finalement prévisible et un manque regrettable de scènes d’action marquantes.

Notons également que la traduction est médiocre avec des tournures de phrases souvent bien lourdes et une impression d’amateurisme assez prégnante, davantage dans la lignée d’une traduction de fan trouvée sur le net (comme celle de KILLING ZONE par exemple) que d’un bouquin édité. Cela gâche la lecture, la rendant même parfois pénible, et n’aide guère à se faire une juste opinion d’un roman que, dans l’attente d’une version plus soignée et révisée, on qualifiera de peu palpitant. A réserver aux complétistes du Bond littéraire…Les autres passeront leur chemin sans regret.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #James Bond, #Espionnage

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Publié le 7 Février 2021

SAS CONTRE CIA de Gérard De Villiers

Publié en 1965, le deuxième roman mettant en scène Son Altesse Sérénissime le Prince Malko Linge se déroule en Iran alors que le Chah est toujours au pouvoir mais que les forces révolutionnaires fomentent un attentat à son encontre. L’Iran des sixties plait davantage à Malko que celui qu’il visitera ultérieurement au cours de ses aventures : musique, danse, vodka, caviar et jolies filles.

La CIA a été avertie par le KGB d’un futur coup d’état en vue de placer à la tête de l’Iran le général Kadjar. Schalberg, chef de la CIA dans le pays, soutient les révolutionnaires. Mais si le coup d’état réussi, les forces soviétiques envahiront le pays. Malko Linge a donc mission d’empêcher la révolution. Il débarque incognito en Iran avec dix millions de dollars, somme nécessaire à corrompre qui de droit. Mais l’argent se voit confisqué par la police au service de Schalberg et Malko doit recourir à l’aide de deux Belges traficotant dans le pays, Jean Derieux et Van der Staern. Ce-dernier est tué lors d’une reconnaissance au cours de laquelle Malko obtient la preuve de l’implication de Schalberg dans les manigances de Kadjar. SAS devra encore naviguer entre les factions rivales, les Russes, les mollah et les politiciens corrompus pour tenter de sauver le Chah.

Tout comme le précédent, SAS A ISTAMBUL, cette aventure de Malko tranche avec ce que le personnage deviendra par la suite. Nous sommes ici dans un espionnage beaucoup plus feutré, davantage porté sur la politique et les manigances de l’ombre. L’action est donc réduite (seul les derniers chapitres avec leur course-poursuite aérienne pour détruire une bombe volante relève du genre), l’érotisme quasi absent (Malko flirte mais ne coucher pas),…L’essentiel réside dans les jeux d’influences entre personnages souvent peu recommandables qui tentent de tirer leur épingle d’un jeu de dupe : trafiquant belge, agent double, fonctionnaire corrompu, général sadique se rêvant roi à la place du Chah, jeune fille amorale qui vont de l’un à l’autre par intérêt,…Le petit monde des barbouzes se trouve joliment dépeint, dans un Iran encore paradisiaque mais déjà menacé par l’extrémisme religieux : entre deux maux (communisme et islamisme) il faut choisir le moindre et Malko aura bien du mal à s’en dépêtrer, tout comme il aura du mal à choisir entre une belle Iranienne et une hôtesse de l’air suédoise.

En définitive, SAS CONTE CIA constitue un bon roman d’espionnage, beaucoup plus sérieux que les suivants qui verseront de plus en plus dans l’aventure kilométrique et l’érotisme envahissant. Conseillé pour découvrir un des personnages les plus emblématiques de la littérature de gare.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 5 Février 2021

LA NUIT DES VERS VORACES de John Halkin

Né en 1927, John Halkin a livré une poignée de romans horrifiques, dont sa « Slither trilogy » (composée de ce LA NUIT DES VERS VORACES et des inédits SLIME et SQUELSH) au milieu des années ’80.

Le roman se rapproche fortement de ce que proposait James Herbert à ses débuts (avec sa saga des RATS) ou Guy N. Smith (le grand spécialiste de l’agression animale avec NIGHT OF THE CRABS, BATS OUT OF HELL, MANHEATER, etc.). On peut également effectuer un rapprochement certain avec le plaisant film « La nuit des vers géants » : titre très proche, intrigue relativement similaire en tout cas dans son principe. Bref, Halkin ne cherche pas à innover. Ni à surenchérir dans l’ignoble. Publié chez Gore il aurait pu aboutir chez Terreur ou J’ai lu Epouvante bien que le ton très « série B » de ce roman le destinait naturellement à la collection Gore, tout comme l’intrigue ramassée, le déroulement linéaire, les quelques passages gentiment sexy et les séquences sanglantes mais sans excès. Nous sommes vraiment dans l’horreur tranquille, pas de quoi attraper des hauts le cœur comme chez Necrorian ou se sentir mal à l’aise comme chez Ketchum. Nous suivons classiquement un technicien de télévision, Matt Parker, qui, au cours d’un reportage dans les égouts, se fait attaquer et mutiler par de redoutables vers agressifs. Devenu obsédé par ses créatures il va même jusqu’à en faire élevage pour les transformer en peau destinés à confectionner des sacs pour les ladies londoniennes.

Le personnage principal, qui occupe la quasi-totalité des scènes, s’avère classique et typique de l’horreur 80’s. Il est arriviste, veut faire carrière mais se lamente de vivoter. Une histoire d’adultère traditionnelle et l’amour à reconquérir de sa jeune fille qui le méprise tiennent lieu de caractérisation. Dans les clichés d’époque on notera également la détermination sans faille de notre héros qui réussira, tout seul et quasiment avec uniquement sa bite et son couteau, à stopper une invasion animale d’ampleur nationale tandis que les autorités se contentent de ne pas intervenir et de de constater les dégâts (citoyens dévorés à la pelle !).

Le tout constitue, au final, un roman enlevé, parfois saugrenu (toute l’histoire de l’élevage des vers laisse perplexe mais offre indéniablement une touche de folie à un titre sinon convenu), avec suffisamment de passages mordants et d’attaques sanguinaires pour satisfaire le lecteur. Ce n’est pas aussi efficace que LES RATS de Herbert ni aussi crade que LA MORT VISQUEUSE de Shaun Hutson mais, dans la masse des nombreux bouquins du genre publié chez Gore, ce modeste NUIT DES VERS VORACES ne démérite pas.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Roman de gare

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Publié le 3 Février 2021

L'EMPREINTE DE LA JUSTICE de Ngaio Marsh

Dix-huitième roman de la série d’enquêtes menées par l’inspecteur Roderick Alleyn, L’EMPREINTE DE LA JUSTICE, bien que publié en 1955, garde toute l’ambiance des whodunit du « golden age ».

L’intrigue nous conduit dans une petite communauté rurale, Swevenings, au sein d’un petit groupe de suspects. C’est là que le colonel Carterette, un fanatique de la pèche, a été assassiné. Alleyn va, bien sûr, mettre à jour une série de secrets enfouis et en particulier la possibilité d’un acte de trahison jadis commis par un notable et que le colonel s’apprêtait à dévoiler dans ses mémoires.

Les « usual suspects » sont donc de sortie : un ancien militaire de la Navy, une lady locale et son fils récemment élevé au rang de « Sir », une infirmière prenant de l’âge, un jeune couple romantique avec des problèmes familiaux à la Roméo et Juliette, un voisin bougon,…

« Scales of justice », le titre original à double sens, révèle davantage un des éléments clés de l’enquête, à savoir le fait que les écailles (« scales ») de poisson soient aussi dissemblables entre elles que les empreintes digitales. Car une truite d’une taille exceptionnelle, surnommée « La vieille », joue un rôle central dans l’histoire et dans la rivalité entre plusieurs villageois.

« Swevenings est décidément un très petit village », déclare un des personnages tandis que le livre nous apprend, à quelques pages de la fin, qu’il n’y a plus beaucoup de gentlemen et que les plus nantis sont souvent les plus décevants. Bref, L’EMPREINTE DE LA JUSTICE, datant de l’après Seconde Guerre Mondiale, illustre bien la fin du « Golden Age » de la littérature policière : les aristocrates bien sous tous les rapports d’hier ont laissé place à des arrivistes qui se déchirent pour grapiller les miettes d’une richesse s’en allant à vau l’eau.

Au final une lecture divertissante et plaisante qui manque peut-être un peu de rebondissements et souffre d’une enquête légèrement flegmatique mais qui parviendra certainement à satisfaire les amateurs de whodunit traditionnel et de « cosy murders » à l’anglaise. Classique et fun.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Golden Age, #Policier, #Whodunit

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Publié le 31 Janvier 2021

CULTE SANGLANT - L'IMPLACCABLE de Richard Sapir & Warren Murphy

Lancé en 1971, la saga de L’IMPLACABLE est à l’origine aux mains de Richard Sapir et Warren Murphy. Par la suite, comme la plupart des grandes séries de littérature de gare, divers « ghost writers » continuèrent les aventures de Remo, jeune policier laissé pour mort et engager dans l’organisation secrète Cure afin de débarrasser officieusement les Etats-Unis des menaces. Pour cela, Remo subit l’entrainement strict de Chiun, dernier maitre de Sinanju, art martial coréen ultime. Au fil du temps, la saga verse de plus en plus dans l’outrance et l’auto-parodie, prenant sa distance avec des personnages plus conventionnels comme L’Exécuteur ou SAS. Nos héros combattent ainsi des cyborgs, des mutants, des vampires, des change-formes, des monstres, des mutants, des pyrokinésistes, etc. Plus de 150 bouquins sont disponibles, CULTE SANGLANT étant le 29ème.

Comme souvent avec L’IMPLACABLE, l’intrigue part dans tous les sens et échappe rapidement à toute vraisemblance, ce qui n’empêche pas l’ensemble de demeurer divertissant. Le bouquin tire à boulet rouge sur les vegans anti-viande (et ça, ça n’a pas de prix !), se moque plus gentiment des Trekkies via une séduisante fan de la série en uniforme seyant et convoque des vampires chinois pour faire bonne mesure. Chiun, une fois de plus, offre les meilleurs passages du roman puisque, déçu par l’évolution prise par ses feuilletons télévisés préférés, il ambitionne à présent d’écrire son propre soap et envisage de transformer Remo en agent (payé 5%) pour promotionner ses chefs d’œuvres ! On retrouve aussi la mauvaise foi légendaire du vieux maitre et sa complète xénophobie pour tout ce qui n’est pas coréen. Bref, rien de neuf mais on s’amuse beaucoup. Cependant, au fil des pages, avouons que l’intérêt se dilue et la traduction calamiteuse n’aide guère à apprécier le rythme enlevé et les nombreuses touches d’humour.

Trop dispersé, CULTE SANGLANT n’est qu’à demi convaincant (en tout cas dans sa traduction disponible) mais reste un plaisant bouquin de gare qui ne lésine pas sur les personnages outranciers, l’humour absurde et les idées foldingues pour maintenir l’intérêt. Si ce pas le meilleur roman de la série, on ne s’ennuie pas à la lecture de ce livre suffisamment inventif et déjanté pour maintenir l’intérêt.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Humour, #Polar, #Implacable, #Roman de gare

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Publié le 28 Janvier 2021

ECHOS DANS LE TEMPS de Pierre Bordage

Né en 1955, Pierre Bordage est sans doute aujourd’hui l’un des auteurs phares de la SF française, tant par sa productivité (une bonne quarantaine de bouquins), que par ses ventes importantes et son bon accueil critique dans une nation qui n’a pas souvent été tendre avec les littératures de l’imaginaire. Depuis LE GUERRIERS DU SILENCE, Bordage s’est imposé comme le point lourd de la science-fiction, souvent teintée d’un certain mysticisme ou de « philosophie » (au sens large).

Publié en 2017, ECHOS DANS LE TEMPS est un roman court (192 pages), dans lequel un traqueur venu du futur, Kurt, se lance sur la piste de trois criminels temporels en compagnie de Jeanne, jeune femme atteinte d’une maladie incurable.

Bordage est coutumier des pavés. Ici, il se restreint, condense son histoire qui rappelle, comme toutes les chroniques l’ont signalé, « Terminator ». Tout en rappelant que le thème est bien plus ancien que le classique de James Cameron, de LA PATROUILLE DU TEMPS de Poul Anderson à la GUERRE MODIFICATRICE de Fritz Leiber. Ici, l’aventure domine, le roman ne cherche pas à questionner le lecteur ni à le faire réfléchir plus que de raison (il n’est pas stupide pour autant et les interrogations habituelles de l’auteur sur l’avenir de l’Humanité restent présentes, simplement elles se trouvent ici reléguées à l’arrière-plan). Toutefois, l’action n’est pas le seul crédo de l’auteur puisqu’il propose des moments intimistes intéressants, que ce soit grâce à la personnalité de son héroïne agonisante ou par les relations épistolaires des « méchant ».

Alors que bien des romans sont beaucoup trop longs pour le peu qu’ils ont a raconter, ECHOS DANS LE TEMPS aurait sans doute gagner à se voir allonger (raisonnablement) d’une petite centaine de pages afin de permettre au lecteur de découvrir davantage le futur à peine esquissé. Les liens avec la trinité Hindoue sont, eux aussi, évasifs et Bordage aurait pu étoffer l’intrigue sans ennuyer son public. Le bouquin parait donc un peu coincé entre deux formats et bien que de nombreuses novellas de qualité aient été proposées en science-fiction ces dernières années, l’ampleur potentiel de ce récit temporel aurait sans doute mérité quelques développements supplémentaires. Néanmoins, il s’agit d’un divertissement bien ficelé, convaincant et rythmé qui retrouve un peu des qualités dispensées par les meilleurs titres de la vénérable collection « Anticipation » : une bonne idée de base et un réel plaisir qui ne s’encombre pas du superflu pour offrir 2 ou 3 heures de délassement.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Roman court (novella), #science-fiction

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Publié le 26 Janvier 2021

L'ORDRE DES RODEURS - L'APPRENTI D'ARALUEN de John Flanagan

Premier tome d’une longue saga de Fantasy destinée à tous les publics (mais estampillée « jeunesse »), voici un œuvre certes très classique mais fort bien menée et plaisante. Nous sommes donc devant le traditionnel roman d’apprentissage, passage obligé d’une saga de Fantasy qui se respecte, et nous suivons les aventures de Will, lequel rêve de devenir chevalier.

Né en Australie en 1944, John Flanagan se lance dans l’écriture de la saga d’Araluen à la fin des années ’90. Il envisage alors un recueil de nouvelles pour encourager son fils à lire. Dix ans plus tard, l’auteur reprend la vingtaine de récits écrits et les transforme en un roman d’environ 300 pages, premier tome d’une vaste saga qui s’étend à présent sur onze tomes, sans compter six volumes spin-off et encore huit autres situés dans le même univers.  L’histoire générale se veut dans la droite ligne de la Fantasy « à la Tolkien » : Morgarath, le seigneur des ténèbres, prépare depuis 15 ans sa revanche sur le royaume d’Araluen. Un jeune adolescent, Will, attend de son côté d’être choisi pour rejoindre un corps de métier et, bien sûr, il se rêve chevalier au service du roi. Pourtant un autre destin l’attend : Will intègre les Rodeurs, un corps d’espion d’élite.

Traditionnel, voire archétypal, L’ORDRE DES RODEURS puise largement dans les classiques de la Fantasy, LE SEIGNEUR DES ANNEAUX et HARRY POTTER en tête. Un jeune orphelin « sans histoire » mais doué, des comparses bienveillants, un maitre taciturne, des démêlées entre différents personnages avec histoire de filiation, d’amour ou d’amitié pour épaissir l’intrigue,…Du classique, tout comme le retour d’un Grand Méchant en guise de moteur à l’action. Mais l’ensemble fonctionne en dépit d’un manque d’originalité certain, y compris dans la description du sacro-saint monde médiéval à peine décalqué de l’Europe moyenâgeuse.

Le cœur de cible de l’auteur étant les adolescents, il prend soin de maintenir un rythme alerte, de donner quelques faiblesses à ses protagonistes, facilitant ainsi l’identification du lecteur, et de ponctuer son récit de touches d’humour bienvenues. Les chapitres s’enchainent pour maintenir en haleine et les nombreux dialogues sonnent vrais, augmentant encore le côté très vivant et enlevé de ce premier tome. Le style, fluide, simple sans être simpliste, rend le tout agréable.

Le résultat donne un bouquin plaisant et maitrisé, pas franchement novateur ni réellement transcendant mais qui remplit parfaitement son but : donner aux ados l’envie de poursuivre l’aventure et les divertir sans les ennuyer. On poursuivra probablement la lecture pour approfondir l’univers et retrouver ces attachants personnages sans nécessairement aller au terme du voyage (et des 10 tomes qui suivent) mais en étant satisfaits de ce petit bout de route à Araluen.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Jeunesse

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Publié le 24 Janvier 2021

DRAGON DECHU de Peter F. Hamilton

Auteur britannique, Peter F. Hamilton a renouvelé le space opéra depuis une vingtaine d’années. Il s’est aussi fait une spécialités des pavés, voire des bloc de béton pourrait on dire car ses romans s’étendent souvent sur plusieurs tomes de centaines de pages. DRAGON DECHU constitue pratiquement une exception : un livre unique et un format relativement court…ce qui, pour l’auteur, veut dire 960 pages en poche ! Bref, nous sommes loin du space opéra d’antan, de ces bouquins de pur divertissement confectionnés par son presque homonyme Edmund Hamilton et ses successeurs. Pour le meilleur et pour le pire car, avouons-le, l’ennui pointe parfois le bout de son nez et ce DRAGON DECHU risque de tomber des mains des moins motivés. Lorsque Peter F. Hamilton se lance dans une intrigue celle-ci est complexe, avec plusieurs personnages importants même si, comme ses glorieux ancêtres et inspirateurs, le point de départ reste le souhait d’aller explorer l’espace. La frontière de l’infini, là où la main de l’homme n’a jamais mis le pied pourrait on dire.

Bref, Lawrence Newton a tout pour vivre heureux en 2335 : il connait l’amour et le voilà destiné à exercer de hautes fonctions sur une petite planète tranquille en voie de terraformation. Que rêver de mieux ? Et bien Lawrence, lui, rêve de nouveaux mondes, de perspectives inédites et, pour cela, il est prêt à s’engager dans une force armée au service des Grandes Compagnies et d’abandonner sa Roselyn. Sauf que, 20 ans plus tard, les grandes espérances ont tournés courts. Lawrence est affecté sur une planète afin d’effectuer un « retour sur investissement », autrement dit il va protéger, avec ses hommes, le pillage en règle de cette colonie de Thallspring. Pour mâter les résistants, la Compagnie n’hésite pas : on choisit des habitants au hasard et on leur colle un collier explosif activable à tout moment. Pour tout acte de sabotage envers la compagnie quelques dizaines d’innocents verront leur tête exploser. Simple et, généralement, très efficace. Sauf que, sur Thallspring, les natifs n’ont pas l’intention de se laisser dominer. Par la suite, Lawrence va découvrir un « dragon », à savoir une entité extraterrestre à l’importance capitale. Voilà, en gros, ce que nous annonce la quatrième de couverture. Le lecteur naïf peut penser que tout cela intervient dans les premières dizaines de pages…que nenni ! Lorsque Lawrence chasse le « dragon » nous en sommes déjà à près de 700 pages !

Car Hamilton suit en parallèle la jeunesse de Lawrence sur la planète Amethi et son histoire d’amour avec Roselyn (sans doute les meilleurs passages du roman avec le procès d’un militaire tombé dans une machination visant à l’accuser d’un viol), la vie de Lawrence une fois adulte au service des Grandes Compagnie, l’existence d’un groupe de résistants sur Thallspring menés par une certaine Denise, le point de vue de Simon Roderick sur la campagne de Thallspring et, enfin, le récit fictif des aventures du Prince Mozarl et de l’Empire de l’Anneau, conté par Denise à ses élèves.

Ambitieux, DRAGON DECHU l’est certainement mais, parfois, la surabondance de lignes narratives rend l’ensemble indigeste. Pour beaucoup de lecteurs « plus c’est long plus c’est bon » et le roman reçut donc des critiques élogieuses. On peut cependant penser que tout cela aurait mérité un travail d’élagage et que bien des sous-intrigues aurait pu se voir réduite afin de resserrer l’intrigue principale dont on finit par perdre un peu le fil. Bref, pas inintéressant mais pas non plus passionnant…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Space Opera, #science-fiction

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Publié le 21 Janvier 2021

DEMONS INTIMES de Dean Koontz

« Strange Highways », copieux recueil américain, s’est vu scindé en deux pour son édition française : d’un côté ETRANGES DETOURS et de l’autre DEMONS INTIMES. Le contenu de ce dernier est également quelque peu étonnant puisque nous avons un court roman, « Chase » (version remaniée de LA PEAU DES HEROS  écrit en 1972 et jadis disponible à la série noire mais ici réactualisé et surtout raccourci pour lui donner davantage d’efficacité). Il s’agit d’un bon thriller au sujet d’un certain Benjamin Chase, héros de guerre ayant un sérieux problème de boisson qui se lance sur la piste d’un tueur en série.

Le reste du recueil se compose de nouvelles explorant différents sous-genres : « Bruno » est une très plaisante parodie science-fictionnel de polar dans lequel un flic fait équipe avec un ours venant d’un monde parallèle dans lequel Walt Disney est un fabriquant d’armes. « Nous trois » traite du sujet de trois enfants mutants partant à la conquête du monde grâce à leurs immenses pouvoirs. « Le dur » illustre le jeu de chat et la souris entre un flic dur à cuire et un criminel mais tout n’est pas aussi simple et l’intrigue vire progressivement au fantastique. « Les chatons », écrit en 1966, se situe davantage dans l’horreur psychologique et se termine par une chute finale particulièrement glauque. « La nuit de la tempête » traite du sujet classique des robots qui, partant se balader pour une partie de chasse, tombent sur d’étranges traces et se demandent s’il n’existerait pas d’étranges créatures légendaires nommées les Hommes quelque part sur la planète. Enfin, « le crépuscule de l’aube » se montre surprenante en suivant un athée convaincu qui, peu à peu, en vient à envisager la possibilité du divin.

Ces différentes nouvelles offrent, au final, un panorama convaincant de Dean Koontz. Ecrites entre 1966 et la fin des années ’80, elles témoignent de sa pluralité d’inspiration : thriller, polar, humour, science-fiction, fantastique, merveilleux, pouvoirs paranormaux, monstres et horreur trop humaine…Le catalogue des éléments qui assureront le succès de l’écrivain se retrouve dans ce voyage rétrospectif fort plaisant terminé par une intéressante postface expliquant la genèse des textes proposés.

Conseillé.

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Publié le 17 Janvier 2021

UN MEURTRE EST-IL FACILE? d'Agatha Christie

Dans l’esprit des « Miss Marple » (il fut d’ailleurs adapté dans le cadre de la série Miss Marple de 2009), voici une plaisante enquête au cœur d’un petit village anglais, théâtre idéal pour un (ou plutôt des) cozy murder(s). Le début de l’intrigue se montre immédiatement original et intrigant. Le héros, Luke, rencontre une vieille demoiselle, la mal / bien nommée apprentie détective Pinkerton, laquelle se rend à Scotland Yard pour y raconter ses soupçons à l’encontre d’une personnalité bien connue de son village. La vieille dame affirme, en effet, qu’une série de morts supposées accidentelles cache, en réalité, des meurtres commis par la même personne qu’elle se refuse à nommer. Luke prend tout cela pour des fariboles mais, peu après, il apprend que miss Pinkerton a été renversée par un chauffard ayant pris la fuite…Et si elle avait eu raison ?

Roman typiquement british dans la tradition d’Agatha Christie, UN MEURTRE EST-IL FACILE aurait pu être la dernière enquête de Miss Marple tant la Pinkerton rappelle la vieille demoiselle. Mais, cette fois, celle-ci meurt avant d’avoir pu résoudre le mystère, laissant l’enquête à un homme rencontré, par hasard, dans un train.

L’ambiance campagnarde est, comme toujours, bien rendue, avec ce fond de superstitions qui trainent dans la région, permettant au héros, Luke, de venir enquêter incognito en prétextant l’écriture d’un livre sur le surnaturel, ce qui donne un petit cachet supplémentaire au récit imprégné des légendes locales. Le roman se base également sur une série de meurtres tous, au départ, considérés comme accidentels. Les suspects principaux sont le très maniéré Lord Whitfield, le major Horton dont l’épouse est morte d’une gastrite suspecte, le docteur Geoffrey Thomas, l’avoué Abbott, passionné de courses de chevaux et Ellsworthy, un antiquaire qui organise des cérémonies pas très catholiques au bien nomme Pré aux sorcières.

Comme toujours, l’enquête s’avère rondement menée, les pistes sont adroitement disséminées pour orienter le lecteur dans la bonne direction et, comme l’auteur joue franc-jeu, il est possible de deviner une grande partie de la solution juste avant le principal protagoniste. Mais quelques révélations supplémentaires viendront éclairer la résolution dans les dernières pages. Un très bon policier classique.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Agatha Christie, #Golden Age, #Policier, #Whodunit

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