Publié le 19 Novembre 2018

LA VAPEUR DU PASSE d'Henri Vernes

Pour sa soixante-deuxième aventure, publiée au début des 60’s, Bob Morane se retrouve, cette fois, en Sibérie, en reportage en compagnie de l’inévitable Bill Ballantine. Leur avion passe au travers d’une étrange brume verdâtre et une créature volante le percute, ce qui provoque son écrasement et la mort du pilote. Devenus piétons par la force des choses, les deux amis finissent par rejoindre une équipe d’archéologues, menés par une charmante Russe, qui explorent une antique cité. Peu après une mystérieuse « vapeur du passé », probablement d’origine extra-terrestre, ramène à la vie une poignée de dinosaures…Et voilà la petite bande menée par Bob contraint d’affronter ces créatures venues de la nuit des temps.

Voici un roman tout à fait plaisant et réussi, dans la grande tradition de Bob Morane, à savoir qu’il comprend tous les éléments nécessaires à une bonne aventure : de l’action, du fantastique / science-fiction, un bon rythme, des innovations (ici une brume bizarre qui ramène des dinosaures à la vie) et de bonnes valeurs positives. Bien sûr, on y retrouve aussi un côté gentiment naïf et suranné loin des standards actuels de la littérature jeunesse (qui n’hésite plus à parler de sexe ou de violences) mais qui rend, finalement, le tout attachant.

Pas la peine d’en dire davantage, les amateurs de l’aventurier trouveront largement leur compte avec cette VAPEUR DU PASSE : un roman très divertissant d’ailleurs fréquemment cité lorsqu’il s’agit de lister les meilleurs « Bob Morane ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantastique, #Jeunesse, #science-fiction, #Bob Morane

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Publié le 14 Novembre 2018

DERNIER HOLOCAUSTE de Sapir & Murphy

Le meurtre de deux Israéliens, dont les corps découpés ont été assemblés pour former un swastika, attire l’attention de l’organisation Cure. Remo et Chiun (très excité à l’idée de fouler un sol que nul maître de Sinanju n’a parcouru depuis l’époque d’Hérode le calomnié) débarquent en Israël et tentent d’empêcher un groupe d’ancien Nazi d’atomiser le pays.

Moins délirant que de coutume, ce volume de L’IMPLACABLE propose quelques commentaires politiques étonnants pour une série ayant toujours privilégié l’humour et l’aventure, loin des considérations à la SAS. Cependant, l’essentiel reste ici l’action avec le schéma classique de la menace atomique, la poursuite des criminels nazis et la résurgence d’un hypothétique quatrième Reich.

L’humour reste donc bien présent, parfois grinçant (« on a balancé son corps au-delà des lignes ennemies ce qui n’est pas difficile puisqu’Israël est entourée d’ennemis »), parfois déjanté, avec les habituelles réparties entre Chiun et Remo. Le vieux maître se désole une nouvelle fois de rater les derniers épisodes de son interminables soap de fin d’après-midi (« Quand tournent les planètes »). Il rappelle aussi que « le petit Allemand moustachu » a mal fini parce qu’il a oublié de régler le maitre de Sinanju (du coup, mort de trouille il s’est suicidé avec sa compagne !) et, bien sûr, ne perd pas une occasion de railler le mode de vie occidental et le manque de concentration de son « stupide disciple » avant, au final, de se trouver des affinités avec les Juifs.

Bref, DERNIER HOLOCAUSTE constitue un divertissement très plaisant pour les inconditionnels de cette interminable saga d’aventures.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Gérard de Villiers, #Roman de gare, #Implacable

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Publié le 12 Novembre 2018

DANS L'ENFER VERT DE LA RAMBOSPLOITATION de Claude Gaillard

Premier titre de la collection « Génération VHS », DANS L’ENFER VERT DE LA RAMBOSPLOITATION  nous replonge dans la glorieuse époque des vidéoclubs du milieu des années ’80, à une époque où chaque grands succès cinématographiques se voyait décliné en innombrables imitations plus ou moins fidèles et réussies (souvent moins que plus évidemment).

Le livre, au format d’une cassette vidéo d’antan, compte 160 pages. Il débute par un indispensable retour aux sources consacré au personnage de John Rambo. On l’oublie souvent mais avant d’être la machine de guerre impitoyable de RAMBO II et RAMBO III, il fut d’abord un homme brisé revenant de la guerre pour retrouver un pays qui ne l’accepte plus et qu’il ne comprend plus. Bref, le bonhomme, tiré d’un roman de David Morrell, était dans sa première apparition loin du fier représentant de l’Amérique qu’il deviendra ultérieurement au point  d’être moqué par les Guignols de l’Info.

Claude Gaillard s’intéresse ensuite aux « enfants de Rambo » comme le Chuck Norris du réjouissant INVASION USA ou des sympathiques PORTES DISPARUS.  Après un détour par Arnold et son formidable COMMANDO et un coup de projecteur sur Dolph Lundgren et son SCORPION ROUGE, le bouquin propose une analyse du phénomène « rambosploitation » au travers de quelques exemples représentatifs (AMERICAN WARRIOR, L’AUBE ROUGE, THE EXTERMINATOR,…).

Le gros du livre (une cinquantaine de pages) égrène ensuite les décalques de RAMBO produits de par le monde (essentiellement en Italie, aux USA et aux Philippines) comme  STRIKE COMMANDO, THUNDER, SLASH LE DECOUPEUR, BLASTFIGHTER L’EXECUTEUR, ROLF L’EXTERMINATEUR (on note l’imagination des titres), etc. Le tout est richement illustré de belles reproductions d’affiches peintes d’époque. Ces œuvres, immédiatement évocatrices, donnent envie de fouiller les Cash Converter dans l’espoir de mettre la main sur ces petits films oubliés. Le tout est assorti d’une poignée d’anecdotes et des filmographies des principaux acteurs ayant œuvrés dans le cinéma musclé des années 80 comme Mark Gregory, Ron Kristoff, Ron Marcini, etc.

Enfin, Claude Gaillard nous propose quelques curiosités (le dessin animé RAMBO, les parodies pornos du mythe, les jouets dérivés, etc.)

Bref, un tour d’horizon très plaisant (on regrette seulement l’absence de critiques plus développées pour chacun des films proposés ce qui aurait été bien pratique pour se retrouver dans cette jungle de séries B) agrémenté en bonus dvd du mythique ULTIME COMBAT, nanar de compétition (5/5 sur Nanarland) reconstituant l’enfer du Vietnam dans les forêts californiennes.

Du beau boulot et vivement les prochains titres de la collection !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #cinéma, #beau livre, #génération VHS, #cinéma bis

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Publié le 9 Novembre 2018

DOC SAVAGE - UP FROM EARTH’s CENTER de Lester Dent

Cette ultime aventure de Doc Savage (la 181ème!) envoie carrément l’Homme de Bronze au centre de la terre pour y découvrir, non pas Pellucidar, mais bien l’Enfer…au sens chrétien du terme. L’intrigue débute par la découverte, par le psychiatre Kark Linningen, d’un géologue disparu depuis des mois, Gilmore. Ce-dernier est descendu dans une caverne menant au cœur de la terre avant de découvrir la porte de l’enfer. Décidé à l’aider, Karl propose d’organiser une expédition afin de découvrir la vérité. Bien sûr, Doc Savage, accompagné de Monk Mayfair et Ham Brooks, se joint à l’aventure. Peu après, Gilmore disparait d’une pièce close et, à sa place, se tient le mystérieux Mr Wail, lequel prétend être un démon ayant ramené Gilmore en enfer.

Après cette mise en place intrigante (en dépit de quelques longueurs et ce malgré la brièveté du roman), Lester Dent expédie sa petite équipe dans un univers sous-terrain fantastique habité par des créatures surnaturelles. Le roman effectue ainsi une plongée étonnante dans le monde de la fantasy horrifique à la Lovecraft quoique l’auteur laisse la porte ouverte à une (peu credible) explication rationnelle avant une ultime pirouette relançant la thèse du surnaturelle.

Déstabilisant et fort éloigné des premières aventures de Doc Savage, ce roman n’en est pas moins original et fort divertissant avec un mélange d’aventures et de fantastique très pulp fort plaisant.

Merci à Russel pour m’avoir envoyé sa traduction personnelle, le livre étant toujours inédit en français.

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Publié le 5 Novembre 2018

COEUR DE PHENIX (CHRONIQUE DES FEALS TOME 1) de Mathieu Gaborit

Premier tome d’une nouvelle trilogie de Fantasy, CŒUR DE PHENIX se situe dans l’Empire de Grif’ et s’intéresse à la Guilde des Phéniciers, dont les membres consacrent leur vie aux légendaires Phénix. Pour assurer la paix dans l’Empire, le meilleur disciple de la Guilde, Januel, doit orchestrer la renaissance du phénix impérial. Malheureusement, les ennemis de l’Empire, représentés par les Charognards, exercent leur sinistre influence et aboutissent à la mort de l’Empereur, obligeant Januel à prendre la fuite.

CŒUR DE PHENIX se révèle un roman de Fantasy intéressant dans lequel Gaborit développe un bestiaire rarement rencontré : les phénix, les griffons, etc. Ils forment les Féals et leur univers donne au livre sa richesse et son originalité. L’ennemi est ici la Charogne, le classique grand Mal. Le roman va donc se construire autour de  la personnalité assez effacée de Januel, héros classique destiné  à triompher les ténèbres, aidé dans sa quête par Scende, une belle guerrière mercenaire dotée de redoutable lames licornes.

Comme de nombreux romans de Fantasy, surtout ceux divisés en plusieurs tome, CŒUR DE PHENIX souffre d’un rythme haché parfois problématique : en résumé on débute très fort et très vite avant de ralentir le récit afin d’explorer les subtilités du monde (ou M’Onde) décrit puis on repart pied au plancher dans les dernières pages en multipliant les rebondissements mais en laissant la fin suffisamment ouverte pour donner au lecteur l’envie de se plonger dans le deuxième tome. Ou pas. Car, en dépit de l’originalité des créatures l’ensemble ne m’a pas suffisamment convaincu pour me donner envie de continuer cette histoire. Les inconditionnels de Fantasy devraient toutefois y trouver leur content et se montrer plus indulgents.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Jeunesse

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Publié le 2 Novembre 2018

LES GUERRIERS DE L'HIVER de David Gemmell

Nouvelle aventure située dans la grande saga « Drenaï », LES GUERIERS DE L’HIVER se situe environ trois siècles après LEGENDE. L’empereur Skanda est au pouvoir, marié à la princesse ventriane Axiana, ce qui a permis de rétablir la paix entre les deux peuples ennemis. N’ayant plus besoin d’une armée aussi nombreuse, Skanda renvoie dans leur foyer ses soldats vétérans, comme Nogusta, Bison et Kebra. Une nouvelle accueillie différemment selon les militaires : certains apprécient de pouvoir enfin goûter aux joies de la retraite et d’une existence pacifique, d’autres se désolent d’être considérés comme inutiles à l’empire. Dans le même temps apparaissent des démons, menés par Anharat le Seigneur démoniaque. Ce-dernier désire tuer trois rois afin d’accomplir une antique prophétie. En effet, ce triple régicide permetta aux forces du mal de déferler sur le monde. Deux des monarques ont déjà succombés et seul l’enfant à naitre d’Axiana empêche encore le règne des démons…A l’hiver de leur vie, les anciens héros de l’empire vont se dresser pour combattre cette puissance maléfique.

Avec LES GUERRIERS DE L’HIVER, Gemmell retrouve le ton de son fabuleux LEGENDE mais au lieu d’un héros unique comme Druss il partage cette fois le récit entre une poignée de protagonistes bien campés. Nous avons tout d’abord l’archer Kebra, âgé de 56 ans, dont la vue commence à baisser et qui accepte, avec une relative sérénité, que son temps soit bientôt révolu : il doit passer la main et laisser aux plus jeunes la défense de l’empire.

Nogusta, de son côté, reste un des meilleurs combattants du pays. Il possède un don de clairvoyance qui lui fait comprendre l’imminence d’un immense péril et tente encore d’exorciser le massacre de sa famille commis bien des années plus tôt.

Bison, la soixantaine bien tassée, n’accepte pas son âge : il ne pense qu’à se battre, à se montrer vulgaire, dragueur, rude et brutal, bref à se conduire comme un « homme, un vrai ». La perspective de la retraite l’épouvante et la possibilité d’une mort glorieuse au cours d’une bataille sans espoir lui semble bien plus appréciable qu’une fin de vie dans une ferme.

A eux trois ils vont défendre la reine Axiana contre un Seigneur démoniaque qui rêve de dévaster l’empire et de le réduire en cendres. Bien évidemment tous n’en sortiront pas indemnes.

Avec les GUERRIERS DE L’HIVER nous sommes au cœur de la High Fantasy épique, grandiose et barbare que maîtrisait si bien Gemmell. L’intrigue semble stéréotypée, les personnages classiques, les péripéties attendues et pourtant le romancier n’a aucun mal à écraser la concurrence. Ses héros, apparemment caricaturaux, dévoilent au fil des pages une réelle profondeur, son intrigue évite le manichéisme en proposant des protagonistes bien campés dans les deux camps et ses dialogues sont à la fois très simples et porteurs d’une philosophie de vie bien amenée. On retrouve également dans ce roman cette sensation de nostalgie, ce poids du temps qui passe pour ces héros qui savent que, dans peu d’années, ils seront oubliés. A moins que leurs actes ne se transforment en haut faits, racontés par les conteurs et embellis au fil des siècles jusqu’à devenir, une fois encore, légendaires, tout comme les exploits de Druss.

Sans être le meilleur roman de Gemmell, ce livre proche par sa thématique de sa QUETE DES HEROS PERDUS n’en reste pas moins un divertissement hautement conseillé pour les amateurs de Fantasy héroïque qui préfèrent le fracas des épées aux interminables descriptions et les batailles sanglantes aux intrigues de cour tarabiscotées.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantastique, #Fantasy, #David Gemmell

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Publié le 31 Octobre 2018

TALES FROM THE CRYPT TOME 1
TALES FROM THE CRYPT TOME 1

Ce très beau recueil édité par Akileos remonte aux sources des célèbres fascicules horrifiques en compilant, dans l’ordre chronologique de leur parution, des récits tirés de trois numéros de CRYPT OF TERROR (les 17, 18 et 19) et trois numéros de TALES FROM THE CRYPT (les 20, 21 et 22) soit vingt-quatre « nouvelles » de quelques planches. A noter que si le premier intitulé de la série était CRIME PATROL, la publication changea de titre pour trois numéros (les CRYPT OF TERROR) avant d’opter pour le définitif et plus connu TALES FROM THE CRYPT qu’elle garda jusqu’à la fin (au numéro 46), tuée par le fameux pamphlet anti-comics SEDUCTION OF THE INNOCENTS.

Tous les grands thèmes de l’épouvante, du fantastique et du thriller sont abordés dans ces petites histoires narrées par le fameux Gardien de la Crypte ou, parfois, ses acolytes la Vieille Sorcière et le Gardien du Caveau.

TALES FROM THE CRYPT TOME 1

Un bourreau prend en main la justice et applique la peine capitale aux prisonniers jugés innocents (« The man who was death »), une main coupée revient se venger (« The maestro’s hand »), un vieillard trompe la mort par des opérations chirurgicales contrenature (« Death must come »), l’unique témoin d’un meurtre - commis par un médecin - est internée par ce dernier (« Madness at manderville »), un couple rencontre un bateau fantôme dans le Triangle des Bermudes (« Ghost Ship »), un homme des cavernes est ramené à la vie après décongélation et sème la terreur dans un musée (« Cave Man »), un reporter enquête sur les rites vaudou (« Zombie »), un passager est terrifié par une étrange créature dans une cabine hantée (« The thing from the sea »), un homme est persuadé d’être un loup-garou (« Curse of the full moon »), sans oublier de plus classiques machinations criminelles pour se débarrasser, par exemple, d’un mari gênant, avec toutes les variations possibles sur ce thème classique.

Si les chutes, volontiers macabres, apparaissent aujourd’hui attendues, les histoires fonctionnent plaisamment : les auteurs réussissent à condenser, en six, sept ou huit planches, une intrigue efficace saupoudrée d’un humour noir bienvenu. La plupart sont, en outre, servies par des dessins (en noir et blanc) classiques mais réussis et évocateurs.

La morale, pour sa part, se montre constante d’une histoire à l’autre, avec comme principe général un « tel est pris qui croyait prendre facétieux ». En effet, dans la majorité des récits, la machination orchestrée par le criminel se retourne contre son initiateur avec des conséquences abominables.

Pour tous ceux qui ont grandi devant les films à sketches de la Amicus ou la série télévisée des années ’90, ce recueil constitue une superbe occasion de se replonger aux sources de la bande dessinée horrifique américaine. Vivement conseillé !

TALES FROM THE CRYPT TOME 1

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Horreur, #Recueil de nouvelles, #Thriller

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Publié le 29 Octobre 2018

LA LEGION DE L'ESPACE - CEUX DE LA LEGION TOME 1 de Jack Williamson

Décédé quasiment centenaire, Jack Williamson (1908 – 2006) a donc parcouru, la plume à la main, un siècle de science-fiction, puisqu’il débute sa carrière à la glorieuse époque du pulp, fin des années ’20. En 1934 il publie CEUX DE LA LEGION, premier tome d’une saga amenée à définir le space opera avec les œuvres d’Hamilton (CAPITAINE FUTUR / FLAM) et Doc Smith (le FULGUR).

Nous sommes au XXXème siècle et la Légion (pas celle de DC comics) protège la galaxie. Le cadet John Star doit protéger une jeune femme noble, Aladoree, seule détentrice du secret de l’Akka, une arme fabuleuse capable d’arrêter la progression des Méduses, des envahisseurs belliqueux. Mais l’oncle de Star trahit l’humanité et s’associe aux extra-terrestres, enlevant également Aladoree. Star, aidé de trois légionnaires, part à sa rescousse.

Reprenant des éléments des 3 MOUSQUETAIRES (inspiration revendiquée par Williamson) dans un contexte science-fictionnel assez proche des œuvres spatiales d’un Burrough, ce premier tome a plutôt bien vieilli en dépit de sa naïveté. Certes, certains éléments semblent indiscutablement datés mais l’ensemble tient bien la route après plus de 80 ans. Pas sûr que beaucoup de bouquins SF récents encensés par la critique supportent aussi bien le poids des ans.

Une belle princesse en péril, des légionnaires impitoyables mais respectant le code de l’honneur, des vaisseaux qui sillonnent l’espace, des combats spatiaux, des aliens belliqueux, des planètes étranges et hostiles,…nous sommes en plein space opéra militariste à l’ancienne et le tout se révèle rafraichissant, d’autant que, pulp oblige, l’ennui ne pointe jamais son nez. Williamson case un maximum de péripéties sur un minimum de pages et délivre une fresque spatiale épique alors que certains de ses épigones récents présentent encore leur univers à la cinq-centième pages de leur récit en dix tomes. Bref, autre temps, autre méthode de narration ! CEUX DE LA LEGION n’est pas de la hard science ni de la SF complexe, plutôt de l’imaginaire en roue libre avec des personnages attachants, à l’exception d’un Gilles Habibula irritant par son ivrognerie et ses monologues…

Malgré ses défauts, CEUX DE LA LEGION demeure une lecture plaisante, enlevée et globalement divertissante quoique l’on regrette une conclusion bâclée. Après avoir présenté les Méduses comme des ennemis tout puissants et quasiment invincibles toute leur flotte se voit, en effet, balayée par l’invention (littéralement fabriquée avec un bout de ferraille et de la ficelle) d’une jeune fille…Une fin trop facile et expédiée pour que le lecteur ne se sente pas floué mais ce bémol n’affecte pas trop le jugement sur ce space opéra distrayant et relaxant à conseiller en priorité aux plus jeunes ou aux nostalgiques de la SF de grand papa.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Golden Age, #Jeunesse, #Space Opera, #science-fiction

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Publié le 26 Octobre 2018

BIGGLES DANS LA BALTIQUE de William Earl Jones

L’aviateur James Bigglesworth, dit Biggles, et ses amis Ginger, Algy et Bertie ont vécus de très nombreuses aventures, durant la Première Guerre Mondiale puis la Seconde Guerre Mondiale, sans oublier des missions effectuées en temps de paix. Créé par William Earl Jones, Biggles vit ses premiers vols en 1932 et ne s’interrompt qu’avec la mort de son auteur en 1968. Entretemps, l’aviateur ne vieillira guère, traversant les bouleversements politiques en restant toujours jeune, tel Buck Danny. Il sera également adapté en bandes dessinées et aura les honneurs d’un long-métrage en 1986.

Typique d’une littérature « pulp » ou populaire, Biggles est un héros, un vrai, qui n’aime pas tuer (sauf en cas d’absolue nécessité) et qui ne souffre d’aucun défaut. Biggles n’aime pas la guerre mais, puisqu’il faut la mener, l’aviateur usera de tout son courage pour défaire l’ennemi. Dans cette aventure, pas beaucoup de subtilité, pas de place pour la réflexion, seule compte l’action et cette dernière s’avère frénétique : combats aériens, attaques diverses, destructions des engins ennemis,…Le roman ne laisse jamais au lecteur le temps de souffler. Un univers forcément très manichéen quoique, parfois, William Earl Jones se laisse tenter par un soupçon d’humanisme en présentant des soldats allemands pas spécialement pressés d’aller mourir pour la patrie.

BIGGLES DANS LA BALTIQUE, en deux cent pages, synthétise tous les rebondissements possibles, toutes les péripéties attendues d’un roman de guerre et d’aventures : Biggles et ses amis défendent une petite île inhabitée, se lancent dans des missions périlleuses (pour ne pas dire suicides), détruisent des dépôts de munitions allemands, volent à l’ennemi son livre de codes secrets, s’emparent d’un avion et reviennent sains et saufs après avoir vaincu, une fois de plus, Von Stalhein, l’as des aviateurs germaniques et, accessoirement, l’éternelle Némésis de Biggles. Qui finira par devenir plus tard son ami. Mais ce sera pour plus tard, bien après la guerre.

A la fin du bouquin, le lecteur - pratiquement lessivé - se demande comment Biggles pourrait accomplir des exploits plus incroyables encore dans le prochain. Nul doute que, magie de la littérature, il y parvienne pourtant. Bref, BIGGLES DANS LA BALTIQUE reste l’assurance d’un divertissement viril des plus plaisants pour quiconque (et surtout les plus jeunes) apprécie un mélange de guerre, d’aventures aériennes et d’espionnage. Biggles c’est un peu l’ancêtre de Bob Morane, James Bond et Buck Danny en un seul personnage, l’archétype du héros invincible et immaculé de la littérature jeunesse militariste et propagandiste du début du XXème siècle. Une vraie « tête brûlée » comme papy toujours prêt à lancer son avion au milieu des coucous pilotés par les adversaires du monde libre. Et, étonnamment (ou pas ?), le tout tient encore très agréablement la route après 80 ans.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Biggles, #Aventures, #Espionnage, #Jeunesse, #Guerre

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Publié le 24 Octobre 2018

LA NUIT DES MUTANTS de Christophe Lambert

Une prison spatiale très loin de la terre, dans un proche avenir. Frank Bishop, surnommé Prof, petit délinquant adolescent responsable de la mort accidentel d’un policier, y échoue. Pour alléger sa peine, il accepte de participer à un programme au cours duquel il devra manipuler un combustible très dangereux, le nitrogravium. Peu à peu, divers détenus ayant participé à cette expérience se transforment en monstres mutants…

L’intrigue de ce deuxième roman de Lambert rappelle quelque peu l’excellent « Outland » agrémenté de quelques touches de la saga « Alien » (ou de ses dérivés moins fortunés) : un mélange de science-fiction, d’épouvante light (littérature jeunesse oblige) et d’aventures spatiales bien menées et efficaces. C’est un roman court, bien rythmé, ponctué de scènes accrocheuses où les héros doivent se défendre contre les mutants dans une ambiance angoissante, quelque part entre « La nuit des morts vivants » et le western.

Des personnages intéressants et quelques clins d’œil, traits d’humour et référence achèvent de rendre la lecture de cette NUIT DES MUTANTS très plaisante…bref un roman vivement conseillé pour les adolescents mais, également, pour les plus âgés.

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