Publié le 9 Mai 2019

L'HORREUR DU METRO de Thomas F. Monteleone

Thomas Francis Monteleone n’est pas le plus célèbre des romanciers de littérature fantastique mais il bénéficia de l’engouement pour l’horreur en étant édité à quatre reprises dans la collection “J’ai lu Epouvante”. Il reçut aussi le Prix Bram Stocker pour LE SANG DE L’AGNEAU en 1992.

Typique du fantastique horrifique des années ’80, L’HORREUR DU METRO en possède les défauts et les qualités. Pour les réussites citons un rythme soutenu (en dépit de quelques longueurs, les 300 pages auraient sans doute pu être élaguées), une intrigue certes linéaire mais bien construite, cohérente, crédible et efficace, des personnages attachants, des références lovecraftiennes (le Necronomicon, les pierres-étoiles, les goules rodant dans les couloirs du métro, le final cosmique,…), une énigme ancienne (une rame de métro disparue de la circulation au début du XXème siècle) qui soutient le récit et donne envie d’en connaitre les tenants et aboutissants,…On ajoute le mélange de réalisme, d’enquête sordide (avec un mystérieux tueur en série), de descriptions de la vie nocturne new yorkaise et de fantastique « bigger than life ». Ce qui n’est pas si mal.

Au rayon des bémols on pointe par contre le côté très stéréotypé des protagonistes (le flic opiniâtre, la journaliste jeune et jolie, l’expert en occultisme avec ses vieux grimoires, etc.), l’inévitable romance assaisonnée d’une touche d’érotisme (avec la toute aussi inévitable nuit de passion « absolument renversante » où ils atteignent au moins de 8ème ciel), le côté prévisible du récit, les scènes chocs quelques peu plaquées (l’auteur nous présente une poignée d’individus destinés à finir en chair à saucisse) pour fournir le quota de violences sanglantes. Et puis le style relativement passe-partout de Monteleone, fonctionnel mais pas transcendant, le style du « bon faiseur » appliqué mais qui manque un peu de hargne ou de folie pour vraiment plonger le nez dans l’épouvante pure et dure. Ce qui n’était sans doute pas le but de ce roman d’horreur très « grand public » qui vise à donner un petit frisson mais pas à empêcher le lecteur de dormir.

Bref, on pense beaucoup, dans ses défauts comme dans ses qualités, aux romans de James Herbert première manière (façon LES RATS ou FOG), à certains récits de Graham Masterton (ceux rendant un hommage plus ou moins flagrant à HPL) et aux romans (parfois) interchangeables de Dean Koontz dans sa période la plus commerciale (un tiers romance, un tiers thriller, un tiers épouvante). Ou à des films comme C.H.U.D. ou « Le métro de la mort ». Finalement il existe pires références.

En résumé, L’HORREUR DU METRO n’est pas un incontournable (loin de là !) mais demeure un divertissement horrifique très correct et plaisant. Publié par J’ai Lu il aurait pu (amputer d’un tiers et remanié avec davantage de sexe et de sang) finir chez Gore. Dans les limites de ses modestes ambitions, le bouquin de Monteleone permet de passer un bon moment

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Lovecraft, #J'ai lu Epouvante

Repost0

Publié le 8 Mai 2019

100 % STAR WARS TOME 6 : DES REBELLES NAUFRAGES

Star Wars (2015) #33-37 et Annual #3.

Pour sa fin de run, Jason Aaron choisit de se concentrer sur les différents protagonistes de la saga, souvent deux par deux. Nous avons ainsi droit à l’association entre Luke et Leia dans le sans intérêt « Des rebelles naufragés », une intrigue tarabiscotée où s’affrontent Sana et Lando dans le plaisant « Les treize caisses », un retour de Grakkus face à Han Solo avec l’amusant « Passeur de Hutt », un focus sur R2D2 à la recherche de C3PO dans « La revanche de l’astromécano » et enfin le sergent Kreel, chef des Stormtroopers d’élite de l’escadron SCAR pour « Fierté impériale ».

Comme toujours les dessins sont vraiment « spéciaux » : si, dans l’ensemble, ils ne sont pas mauvais (décors, armures, vaisseaux), les visages sont, eux, découpés des films et plaqués sur les dessins (une sorte de rotoscope à l’envers !) pour donner des personnages franchement ratés tant ils sont disgracieux.

100 % STAR WARS TOME 6 : DES REBELLES NAUFRAGES

Les scenarios, eux, restent dans la lignée des précédents arcs narratifs: c’est pas mal, divertissant mais sans enjeu ni véritable intérêt. En fait, tout ça rappelle les STAR WARS CLASSICS d’il y a 40 ans: les dessinateurs ne semblent pas savoir où va la saga (ou ils s’en fichent) donc ils sont incapables d’élaborer des intrigues d’ampleur et se contentent de suivre la petite vie des rebelles sans se soucier d’un plan global. De plus, Aaron pense manifestement que voir nos héros à l’oeuvre suffit à maintenir l’intérêt du lecteur qui assiste à une suite de petites escarmouches sans conséquences entre l’Empire et les rebelles. Parfois c’est chouette, parfois c’est médiocre, parfois c’est drôle,…dans tous les cas on reste dans le statu quo en évitant grandement d’avancer…on finit même par ne plus trop savoir à quelle époque de la chronologie officielle ces histoires se situent tant elles pourraient (quasiment) se dérouler n’importe quand entre « Rogue One » et « Le Réveil de la Force », puisqu’elles n’ont, en réalité, aucune incidence sur la timeline globale de la saga.

On ajoute deux récits courts parfaitement dispensables pour boucler le sommaire de ce recueil pas spécialement mauvais (les récits sont courts et donc on ne s’y ennuie pas) mais tellement anecdotique qu’il sera réservé aux seuls complétistes.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Space Opera, #Star Wars, #science-fiction

Repost0

Publié le 7 Mai 2019

LE MONSTRE DES EGOUTS (L'AGENCE PENDERGAST TOME 2) de Christophe Lambert

Le petit voleur des rues Sean a été recruté dans l’agence Pendergast pour lutter contre les forces paranormales qui menacent le monde en ce XIXème siècle finissant. Suite à différentes disparitions dans les égouts new-yorkais, Sean va mener l’enquête en compagnie de Célia, Joe l’Indien, l’agent britannique James Barrie et la fée lumineuse Clodette.

Cette deuxième enquête (pas encore lu la première mais cela ne pose pas de vrais problèmes) de l’Agence Pendergast se révèle très sympathique. L’idée de base n’est certes pas la plus originale qui soit (on pense à une version jeunesse du très inégal Club Van Helsing) mais permet de nombreuses aventures. De plus, elle offre un cadre suffisamment original pour être exploré à plusieurs reprises et l’époque choisie (la fin du XIXème siècle) reste toujours intéressante car elle marqua la naissance de bien des mythes fondateurs du fantastique (Sherlock Holmes, Dracula, etc.).

Entre enquête et fantasy, Christophe Lambert nous embarque dans les égouts New Yorkais pour une virée parmi les crocodiles géants (clin d’œil à la célèbre légende urbaine agrémentée d’un petit côté C.H.U.D. mais adapté évidemment aux enfants) en compagnie de personnages attachants, du jeune voleur débrouillard Sean à Joe l’Indien (échappé de chez Mark Twain) en passant par la séduisante Celia et James Barrie, créateur de Peter Pan recyclé ici en agent secret de sa majesté précurseur de James Bond. D’ailleurs la fine équipe à droit à une visite au pays des gadgets imaginés par un Q d’antan.

Bref, comme toujours, Lambert offre à ses lecteurs plus âgés quelques clins d’œil et autres références amusantes sans être envahissantes. On en retrouve dans les péripéties (la rivalité des Nains et des Trolls date d’une sombre histoire d’anneau unique, la « philosophie » de Sherlock Holmes concernant l’impossible et l’improbable est mise à contribution), les noms des personnages (Mitril, Gwar,…) ou les mots de passe choisis (Niarlatotep, Balrog). Le final, pour sa part, n’explique pas tous les évènements afin de laisser la porte ouverte à une suite dans laquelle, apparemment, nous pourrons retrouver un personnage bien connu de la littérature fantastique.

Si LE MONSTRE DES EGOUTS se destine essentiellement à un public jeune (le cœur de cible semble être les 8 – 10 ans qui pourront se faire un peu peur sans toutefois se donner des cauchemars), l’ouvrage reste plaisant pour les plus âgés grâce à son rythme soutenu, ses nombreuses péripéties et ses touches d’humour efficace. Un bon divertissement.

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 6 Mai 2019

GRAVE SUR CHROME de William Gibson

Dans ce recueil de nouvelles nous retrouvons neuf textes qui firent la gloire de William Gibson et lancèrent la vague cyberpunk. A chaque fois, le lecteur embarque par conséquent dans un monde déprimant, bouffé par la technologie envahissante, dans lequel les individus, perpétuellement connectés, s’amusent à modifier leur corps par des implants et se shootent quasi en permanence. Les gouvernements ont capitulé et le pouvoir est tombé aux mains des megacorporations ultra capitalistes. Bienvenue dans la dystopie ultra-connectée du XXIème siècle.

Gibson avait démontré ses capacités de visionnaires dans ces récits (écrits avant l’avènement d’Internet) et, à l’époque, ils avaient fait l’effet d’une véritable bombe, comparable à la « new wave » de la décennie précédente, dans le petit monde de la SF. Qu’en reste-t’il aujourd’hui ? Des récits toujours intéressants, toujours actuels, pas toujours facile d’accès (non pas à cause de leur thématique - finalement très abordable - mais plutôt du style de Gibson parfois aride) mais que l’on relit avec intérêt. « Johnny Mnemonic », typique de l’auteur, reste un classique, tout comme « Fragment de rose en hologramme ». Plus original, « le genre intégré » ajoute à l’ambiance cyberpunk un climat poisseux et un fantastique quasi lovecraftien pour une fiction « weird » réussie. On continue avec « Hinterland » et « Etoile rouge blanche orbite » (pour ma part) moins convaincants.

Co-écrite avec Michael Swanwick, « Duel aérien » fonctionne de belle manière quoique son cadre (voulu futuriste) ait pris un coup de vieux (lunapark, jeu de simulation de combat,…disquettes !).

« Gravé sur chrome » reste probablement la meilleure nouvelle du recueil et un parfait témoignage du courant cyberpunk avec tous les ingrédients indispensables : affrontements de hackers dans le cyberspace, mur de glace protégeant les corporations des intrusions intempestives et trame générale inspirée par le polar hard boiled mais revisitée dans un cadre anticipatif très sombre aux influences nipponnes plus ou moins affirmées.

Aujourd’hui, le cyberpunk semble quelque peu délaissé au profit d’une littérature plus centrée sur l’évasion (steampunk, urban fantasy, etc.). Sans doute parce que la réalité a tellement rattrapé les « élucubrations » des romanciers du genre que ces intrigues n’apparaissent pratiquement plus comme de la science-fiction mais s’apparente aujourd’hui quasiment à de la chronique sociale d’un monde agonisant.

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 3 Mai 2019

LEGENDES DU MYTHE DE CTHULHU - TOME 1: L'APPEL DE CTHULHU de Lovecraft & Derleth

Considéré comme le « continuateur officiel » des légendes imaginées par Lovecraft, August Derleth a proposé de nombreux pastiches de HPL dans divers recueils d’intérêt divers. Il dirige cette fois une anthologie où se retrouvent les épigones les plus fameux de Lovecraft. Après une introduction générale sur le sujet, Derleth débute ses légendes avec le texte fondateur de Lovecraft, « L’appel de Cthulhu » qui reste un de ses meilleurs et qui a véritablement lancé tout ce qui va suivre : romans, nouvelles, jeux de cartes, jeux de rôles, jeux de plateau, films, etc.

On commence cet héritage littéraire avec deux bonnes histoires signées Clark Aston Smith, « Talion » et « Ubbo-Sathla », deux très estimables contributions à l’univers de Lovecraft, tout comme « La pierre noire » de Robert Howard. On peut faire beaucoup de reproches au créateur de Conan mais il possédait réellement un style épique, évocateur, puissant (quoique simple) qui transcendait ses sujets pour donner d’excellents récits (un peu comme Gemmell).

« Les chiens de Tindalos » est un classique, un incontournables, déjà publié maintes fois aussi s’attardera t’on davantage sur l’autre contribution de Frank Belknap Long, « les mangeuses d’espace », hélas moins convaincant mais cependant agréable.

Derleth lui-même s’invite deux fois au sommaire avec « L’habitant de l’ombre » et « Au-delà du seuil »…Le problème de Derleth est qu’il a rarement apporté un regard neuf sur le mythe (excepté sa vision plus chrétienne d’un combat cosmique du Bien contre le Mal) et que ces récits semblent tous bâtis sur le même modèle : grimoires maléfiques, héritages diaboliques, litanies de citations et références,… Ajoutons toutefois que Derleth fait de Lovecraft lui-même un initié et de ses œuvres des histoires authentiques, clin d’œil sympathique quoique parfois un peu plaqué sur ses nouvelles en guise de « caution ». Ce n’est pas désagréable, voire plutôt plaisant, mais au final on a peu l’impression de lire toujours la même chose. Mieux vaut donc ne pas en abuser.

Enfin, Robert Bloch amuse avec « le rodeur des étoiles », également connu sous le titre « le tueur stellaire » ou « le visiteur venu des étoiles ». Un classique des « à la manière de HPL » et une excellente réussite.

Au final, voici un recueil plutôt convaincant avec quelques belles réussites (Bloch, Howard, « les chiens de Tindalos », Lovecraft lui-même évidemment), deux textes efficaces de Clark Asthton Smith, un correct « les mangeuses d’espace » et deux récits très moyens mais pas désagréables de Derleth. Pour les amateurs c’est donc tout à fait recommandable.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Golden Age, #Horreur, #Lovecraft, #Recueil de nouvelles

Repost0

Publié le 2 Mai 2019

LES MEILLEURS RECITS DE WEIRD TALES - TOME 2

Ce second recueil consacré à la revue « Weird Tales » couvre une période plus restreinte (cinq ans). Après une petite introduction, Jacques Sadoul nous propose « La mort d’Ilalotha » de Clark Ashton Smith (ensuite repris dans son HISTOIRE DE LA SCIENCE-FICTION) et une nouvelle d’Hazel Heald et Lovecraft, « Hors du temps » (alias « Surgi du fond des siècles ») tirée de L’HORREUR DANS LE MUSEE. Lovecraft lui-même est au sommaire avec son poème « Psychompopos ».

J.Paul Suter, inconnu au bataillon, propose de son côté un plaisant « Le juge suprème » tandis d’Edmond Hamilton, vétéran du space opera, livre le très court « Les graines d’ailleurs » sur le thème des « belles plantes »…au sens propre.

En disciple de Lovecraft, Robert Bloch amuse avec « le rodeur des étoiles », également connu sous le titre « le tueur stellaire » ou « le visiteur venu des étoiles ». Ce récit hommage est devenu un classique des « à la manière de HPL » puisqu’on le retrouve au sommaire de HUIT HISTOIRES DE CTHULHU, LEGENDES DU MYTHE DE CTHULHU, L’APPEL DE CTHULHU, LES MYSTERES DU VER, LES YEUX DE LA MOMIE et dans l’Omnibus consacré à Lovecraft.

Autre classique incontournable, « La citadelle écarlate » constitue une des nombreuses aventures de Conan signées par Robert E. Howard. On la retrouvera dans les recueils CONAN L’USURPATEUR, LA GRANDE ANTHOLOGIE DE LA FANTASY, CONAN LE CIMERRIEN et, pour les plus fortunés, la monumentale INTEGRALE CONAN. Nous sommes dans la Fantasy épique, hargneuse, sanglante et barbare de bonne facture.

Seabury Quinn, auteur phare de Weird Tales, propose pour sa part une nouvelle enquête de Jules de Grandin, détective du surnaturel, dans le sympathique « La farce de Warburg Tantavul qui, bien que complètement suranné, se lit avec plaisir, par la barbe d’un bouc vert !

Autre réussite, cette fois du complètement oublié, David H. Keller, « le chat tigre » s’avère par contre un récit d’horreur étonnamment moderne rédigé par un écrivain déjà présent au sommaire de la précédente anthologie « Weird Tales » et dont on aimerait pouvoir lire d’autres récits.

Un peu en deçà du premier recueil, ces MEILLEURS RECITS DE WEIRD TALES TOME 2 demeurent hautement recommandables pour les amateurs d’imaginaire rétro qui y trouveront du fantastique, de la science-fiction, de l’épouvante, de la fantasy et du policier surnaturel. Que demandez de plus ?

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 29 Avril 2019

DES ASTRES ET DES OMBRES de George R.R. Martin

Après une préface explicative replaçant ses textes dans leur contexte (ils datent tous de la première moitié des années ’70, autant dire que la majorité des fans de « Game of Thrones » n’étaient même pas nés) on débute avec « Tour de cendres », à l’époque la nouvelle préférée de l’auteur. Un texte volontiers romantique (Martin avoue qu’il s’agit du fil conducteur de ce recueil) sur un triangle amoureux (homme, ex-femme et amant) confronté à de dangereuses araignées.

On enchaine avec le très réussi « Saint George ou Don Quichotte » dans lequel un aventurier romantique un peu fou (mais très riche) se lance dans la conquête de l’espace en espérant coiffer au poteau les USA et la Russie dans leur course vers Jupiter. Sympathique.

Martin s’associe avec Howard Waldrop pour une longue nouvelle (50 pages), « La bataille des eaux-glauques » entre space-opéra et science-fiction horrifico-militariste au sujet d’une moisissure prenant possession des humains. Agréable mais relativement anecdotique.

« Un luth constellé de mélancolie » constitue, comme son titre l’indique, une nouvelle mélancolique et romantique dans un univers de fantasy. Par son ton dépressif et son utilisation de la musique comme manière de supporter l’existence on peut la rapprocher de « …pour revivre un instant », récit post-apocalyptique nominé au Locus dans lequel un guitariste utilise une drogue altérant la perception  du temps pour retrouver son épouse décédée. Un des points forts de cette anthologie !

Alors qu’on s’attend à une nouvelle d’inspiration fantastique, « La nuit des Vampyres » se révèle un récit d’anticipation et de politique fiction décrivant l’attaque (réelle ou supposée) d’un Front de Libération de l’Amérique envers un régime quasi dictatorial. Les rebelles menacent de détruire Washington à l’aide d’un bombardier nucléaire volé mais un jeune pilote, dans un avion baptisé Vampyre, se lance à leur poursuite.

Très bref, « Les fugitifs » déroule en huit pages un texte paranoïaque et pessimiste de bon niveau. Une belle réussite. « Equipe de nuit », elle aussi assez brève, s’impose comme une tranche de vie pour les voyageurs de l’espace, entre illusions romantiques et routine sans gloire. Les uns imaginent être de nouveaux explorateurs allant dans l’espace comme les navigateurs d’antan se dirigeaient sur leur galion vers la mer des Sargasses. Les autres, plus pragmatiques, se considèrent comme de simples « routiers » de la galaxie.

Enfin, « sept fois, sept fois l’homme, jamais ! » nominée au Hugo et au Locus dans la catégorie « nouvelle longue » est un texte intéressant mais qui n’apparait pas pleinement abouti. Il s’agit toutefois d’une réflexion pertinente sur le besoin de croyance de l’Homme et, de manière plus large, sur la place de la religion et des dieux.

Peut-être moins définitif que le précédent recueil (UNE CHANSON POUR LYA), celui-ci n’en reste pas moins de très haut niveau et se montre varié (fantastique, suspense, science-fiction, fantasy) tout en se montrant cohérent par son choix de privilégier, comme héros, des rêveurs romantiques.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Recueil de nouvelles, #science-fiction

Repost0

Publié le 26 Avril 2019

J-77 (Dernier meurtre avant la fin du monde tome 2) de Ben H. Winters

Ben H. Winters livre ici le second volet de sa trilogie apocalyptique débutée avec DERNIER MEURTRE AVANT LA FIN DU MONDE.

Un gigantesque astéroïde va percuter la Terre et anéantir la quasi-totalité de l’Humanité. Nous sommes à 77 jours de l’impact…. Bruce Willis n’étant pas disponible la population se résout à l’inévitable, sachant que la plupart vont mourir. Pour les rares survivants ce sera de toutes façons l’enfer. Du coup chacun baisse les bras et se décide à vivre au maximum avec tous les excès que cela implique. Hank Palace, un flic à la retraite anticipée, accepte pourtant d’aider son ancienne nourrice à retrouver son mari mystérieusement disparu…

Ce deuxième épisode de la saga de Ben H. Winters s’avère de bonne facture mais, néanmoins, en deçà du premier. Evidemment, l’originalité de la situation n’est plus de mise ce qui constitue un sacré défi tant le mélange de thriller et de récit catastrophe rendait le premier volet passionnant.

Toutefois, la situation a évolué : là où le premier roman décrivait un monde essayant de continuer « bon gré mal gré », ce J-77 nous montre une planète à l’abandon. Découragement généralisé, marché noir pour trouver les dernières denrées disponibles, excès en tous genres, émeutes et explosions de violences… Et, bien sûr, émergence de pseudo sectes comme ces étudiants vaguement hippie qui virent le personnel de leur université, déclarent la « république » et passent leurs dernières journées dans le sexe, la drogue et le rock&roll tout en gardant des préoccupations politiquement correctes complètement stupides (calculer le pourcentage d’interventions émanant des personnes de couleur par exemple).

Si le premier volet s’inscrivait résolument dans le polar teinté d’anticipation catastrophique, ce J-77 prend davantage le chemin d’un roman apocalyptique et l’enquête policière, pas toujours très intéressante, semble accessoire. Elle sert surtout à justifier les déambulations du héros et ses rencontres avec divers personnages haut en couleur. L’auteur pose aussi la question des réactions face à l’inéluctable et pour le héros, droit dans ses bottes, il est « impossible de trahir ses promesses simplement parce que c’est la fin du monde ». Guère optimiste sur l’Humanité (mais surement très réaliste), l’auteur observe la dissolution complète de la civilisation à l’approche de l’anéantissement total. Malgré les défauts de ce second volume en demi-teinte on est suffisamment impatient pour ne pas trainer à lire l’ultime volet, IMPACT.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Policier, #Thriller, #anticipation, #Catastrophe

Repost0

Publié le 24 Avril 2019

JLA - NOUVEL ORDRE MONDIAL de Grant Morrison

Grant Morrison, dans les années ’90, se voit chargé de relancer la valeur sûre (mais en perte de vitesse) de DC Comics, la célèbre Justice League d’Amérique. Epoque oblige nous sommes en pleine surenchère super-héroïque au niveau de « l’iconisation » des personnages : muscles saillants pour les hommes et poitrine surdimensionnée pour les femmes, en particulier une Wonder Woman dessinée en plongée afin de mettre davantage en valeur ses attributs. Bref, le comics invente pratiquement la 3D sans lunettes.

Et les intrigues ? Ce tome en compte quatre, d’un intérêt variable. La première, la plus réussie, traite d’une bande de super-héros extraterrestres, l’Hyper Clan, décidés à imposer un nouvel ordre mondial en apparence bénéfique. Mais la JLA n’y croit pas. Et le lecteur non plus. Le problème étant la rapidité avec laquelle le doute est expédié et le manque de subtilité de nos aliens soi-disant bien gentils. On aurait pu avoir une vraie réflexion sur l’imposition d’un ordre mondial « pour le plus grand bien », un récit traitant de la dictature du bonheur ou des procédés visant à agir de manière bénéfique en usant de procédés discutables façon SUPREME POWER. On a du paf pouf. Ce n’est pas désagréable mais cela reste frustrant.

La seconde histoire parle du recrutement de Tomorrow Woman et fait figure d’intermède avant une grosse démonstration pyrotechnique au sujet d’une invasion par les troupes du…Paradis. Guerre entre les anges et destructions massives sont au programme d’un récit que l’on qualifiera de blockbuster décérébré et divertissant. Une fois encore le potentiel semblait présent pour introduire davantage de profondeur, voire un soupçon de réflexion, mais le scénariste préfère l’efficacité immédiate et les affrontements dantesques.

Enfin, le dernier récit, plus original, montre le recrutement du nouveau Green Arrow tandis que les membres vétérans de la JLA sont piégés dans des univers oniriques alternatifs.

JLA - NOUVEL ORDRE MONDIAL de Grant Morrison

Typique de son époque, ce premier tome use d’une narration menée à cent à l’heure qui ne laisse jamais au lecteur le temps de souffler, au risque de provoquer une indigestion devant cette abondance de combats, ces dialogues souvent lourdingues et ces résolutions d’intrigue expédiées en quelques cases. Aucun effort éditorial ne viendra d’ailleurs aider le néophyte qui passe d’un Superman classique (mais affublé d’une coupe mulet d’époque !) à une version bleue et blanche dotée de nouveaux pouvoirs. Il faudra donc que le lecteur accepte cette nouvelle donne sans chercher à l’expliquer ou qu’il se plonge dans les pages de Wikipedia.

Néanmoins, ce NOUVEL ORDRE MONDIAL fonctionne agréablement dans les limites de ses ambitions : l’action est omniprésente, quelques remarques sur le statut de ces héros déifiés s’avèrent pertinente et une certaine dose d’humour, parfois référentiel, fonctionne, en particulier lorsque Grant Morrison se fait ironique, appelant Aquaman « Poisson Man » ou montrant Green Arrow effaré devant les ridicules flèches « gant de boxe » de son paternel tandis qu’un super-héros ringard tente d’intégrer la ligue afin de pouvoir mater Wonder Women avec sa vision à rayon X.

Bref, on passe un bon moment devant ce gros blockbuster très ancré dans son époque mais on n’ira pas faire figurer ces pages dans les incontournables du comics.

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 22 Avril 2019

LES MEILLEURS RECITS DE WEIRD TALES - 1 - 1925 / 1932 de Jacques Sadoul

Après une introduction générale ce recueil débute avec un classique de la Fantasy, « L’Empire des Nécromants » de Clark Ashton Smith, enchainé avec un court mais effectif récit d’horreur anticipant sur les BD à la Tales from the crypt, « La chose dans la cave ».

Ensuite, Frank Belknap Long propose avec « Les chiens de Tindalos » une des meilleures contributions au mythe de Cthulhu, fréquemment rééditée, tandis que Robert Howard livre une nouvelle (elle aussi souvent republiée) « Les mirois de Tuzun Thune », mélange de fantastique et de réflexion philosophique.

On poursuit avec Seabury Quinn. Complètement oublié, il fut pourtant l’un des auteurs les plus populaires de Weird Tales et le créateur du personnage de Jules de Grandin. Ce détective français, spécialisé dans le surnaturel, vécut près d’une centaine d’aventures en prononçant d’étranges sentences comme « par la barbe d’un bouc vert ». La nouvelle ici proposée, « la malédiction des Phipps », semble typique de son style à savoir une enquête rudimentaire, une malédiction ancestrale frappant chaque père au moment de la naissance de leur rejeton, un soupçon de romance,…Totalement suranné mais pas désagréable, à l’image d’un Harry Dickson.

L’inconnu H.F. Arnold démontre en une dizaine de pages son originalité via une « Dépêche de nuit » très moderne et à la chute aussi surprenante que glaçante. Un des joyaux du recueil. Plus anecdotique mais toujours agréable, « Le présent du Rajah » d’Edgar Hoffmann Price constitue un conte oriental pétri de philosophie.

« Le huitième homme vert » de G.G. Pendarves fut, parait-il, un des récits favoris, fréquemment réédité, des lecteurs de Weird Tales. Cette histoire fantastique quelque peu prévisible, y compris dans sa chute, demeure suffisamment agréable pour mériter une relecture et son côté rétro n’est pas désagréable.

Après un second tour de piste de Clark Ashton Smith, véritable pilier de la revue, avec « L’Île inconnue », Edmond Hamilton, célèbre pour ses space opera, propose avec « Le dieu monstrueux de Marmuth » un mélange d’aventures, de fantastique et d’horreur très inspiré par Lovecraft. Dans un registre proche, « Sous la tente d’Amundsen » de John Martin Leahy se montre agréable et annonce pratiquement THE THING. Indispensable à tout recueil consacré à Weird tales, Lovecraft figure au sommaire via son poème « La piste très ancienne » tandis qu’Abraham Merrit clôt l’anthologie avec sa « Femme du bois ».

Forcément inégaux, parfois fort datés (notamment dans leur style un peu pesant, leurs longues description et leurs procédés narratifs antédiluviens), les différents textes ici réunis n’en sont pas moins plaisants à lire ou à relire et constitue une bonne manière de découvrir ce que fut ce mythique magazine américain. Conseillé.

Voir les commentaires

Repost0