Publié le 13 Février 2019

TELLUCIDAR (TOME 1) de Jean-Luc Marcastel

Lucas, jeune homme friand d’aventures sous forme de romans ou de jeux de rôles, espère le retour de son père, un géologue disparu depuis des années. Il travaillait pour une grande société, la Tellcorps, dont la découverte d’un minerai aux incroyables propriétés, le Tellurium, a révolutionné l’humanité. Un soir, Lucas reçoit un message Internet envoyé par son père. Il se rend au lieu indiqué, le stade de la ville, pour voir surgir une énorme machine venue du centre de la Terre. Lucas rencontre ainsi Koré, une jeune fille étrange qui serait la princesse d’un monde niché au cœur de notre planète. Elle est accompagnée par une créature semblable à un dinosaure et a besoin de l’aide de Lucas et de son oncle pour sauver son monde mis à mal par la Tellcorps.

TELLUCIDAR…Le titre, référentiel, évoque immédiatement Edgar Rice Burroughs et son Pellucidar, le fameux monde situé au cœur de la terre adapté à l’écran dans le sympathiquement suranné CENTRE TERRE SEPTIEME CONTINENT. Pour rester chez Burroughs, Marcastel n’oublie pas d’ajouter à son récit une bonne rasade de fantasy dans l’esprit de John Carter de Mars et une touche d’aventures exotiques à la Tarzan. Mais l’auteur ne se limite pas à rendre hommage au créateur du Seigneur des Singes, il cligne également de l’œil vers Jule Vernes et son VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE, sans négliger tous les précurseurs de la science-fiction, notamment les auteurs américains des pulps à la Weird Tales. Et c’est effectivement une véritable « histoire bizarre » que nous conte Marcastel, lequel prend son temps pour poser son récit, définir ses enjeux et brosser une poignée de personnages bien typés amenés à vivre de futures grandes aventures. On devine déjà les enjeux de la suite car ce premier livre, aussi réussit soit-il, se contente de lever le voile sur un univers d’une grande richesse que l’on n’a pas encore réellement exploré.

Le récit, très efficace, ne laisse aucunement le temps de souffler : Marcastel est un formidable conteur et les pages se tournent à une vitesse folle, entre rebondissements bien amenés, scènes intimistes impeccables et séquences d’action à grand spectacle.

De plus, le livre est saupoudré de références geek, de piques amusantes (notamment aux séries télé à la « Plus belle la vie ») et d’humour. L’édition est en outre enrichie de nombreuses illustrations évocatrices de grande qualité. La couverture a davantage divisé (un site bien connu de Fantasy la trouvant « rebutante »)…pour ma part elle m’a plutôt encouragé à tenter la lecture parce qu’une fille en bikini et un dinosaure ne se refuse pas.  

TELLUCIDAR constitue donc une belle réussite des littératures de l’imaginaire, entre aventure, « young adult », fantasy et « retro science-fiction ». Et le tout donne envie de rapidement se plonger dans le deuxième tome.

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Publié le 11 Février 2019

LE MYTHE DE CTHULHU de H.P. Lovecraft

Les recueils consacrés à Lovecraft sont innombrables tandis que le corpus littéraire est, lui, limité. Aujourd’hui il est évidemment possible d’opter pour la monumentale intégrale « omnibus » en trois volumes (soit près de 4 000 pages) mais, pour ceux désirant aller à l’essentiel, cette courte anthologie rassemble probablement les meilleurs récits de l’écrivain.

Nous débutons avec le fondateur et incontournable « Appel de Cthulhu », publiée en 1926, et qui servira de base à ce que l’on nommera par la suite « le mythe de Cthulhu ». Présentée de manière éclatée et non linéaire comme une suite de documents et de témoignages, le récit, divisé en trois chapitres, donne pour la première fois au lecteur un aperçu de ces dieux en sommeil qui attendent en rêvant de reconquérir le monde.

Autre texte fameux, « Par-delà le mur du sommeil » nous emmène dans un hôpital psychiatrique dans lequel un être de lumière d’origine extra-terrestre prend possession d’un homme accusé de meurtre.

Après le court « La tourbière hantée », le lecteur a droit à un nouveau classique, « la peur qui rôde », assez proche d’une précédente nouvelle de l’auteur, « La bête de la caverne ». Nous sommes ici dans un récit d’horreur plus traditionnel au sujet de ghoules venant rôder, la nuit, dans les montagnes des Catskills.

Le recueil se termine avec deux classiques déjà chroniqués, « La couleur tombée du ciel » et « Celui qui chuchotait dans les ténèbres », deux incontournables qui constituent probablement les meilleures réussites de Lovecraft et mélangent excellent fantastique, horreur et science-fiction.

Pour ceux qui ne désirent pas investir dans les gros recueils de chez Laffont ou Bragelonne mais qui veulent découvrir Lovecraft au travers de ces récits les plus célèbres, LE MYTHE DE CTHULHU constitue certainement une entrée en matière idéale.

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Publié le 8 Février 2019

COSMIC EROTICA présenté par Jean-Marc Ligny

Cette anthologie, dirigée par Jean-Marc Ligny, donne la plume à une quinzaine d’écrivains…tous des femmes ! Autre point commun des textes : traiter de la sexualité avec, ou non, une intention érotique. Bien évidemment, comme tous les recueils de nouvelles, cette « anthologie féminine » s’avère inégal et alterne le bon et le moins convaincant. Les premiers textes laissent d’ailleurs circonspects : celui de Poppy Z. Britte ne propose rien de bien innovant par rapport à ses précédentes œuvres et celui de Pat Cadigan n’est pas vraiment réussi.

Heureusement la suite relève le niveau avec l’excellent, très hard et humoristique « Prix coûtant » de Carol Ann Davis et ses jeunes filles élevées façon poulet (ou plutôt poule) en batterie pour répondre à tous les désirs des hommes. De la sexe-science-fiction bien crue mais sans verser dans l’excès. Sylvie Denis imagine, elle, un « Carnaval à Lapètre » ou, dans une ambiance légère et sur un ton volontiers sexy, elle s’attaque aux coutumes absurdes de l’excision et l’infibulation encore pratiquées, dans un avenir indéterminé, par des religieux arriérés. La suite est plaisante avec Sara Docke, Jeanne Faivre d’Arcier et une Anne Deguel que l’on a cependant connue plus inspirée. Kathe Koja propose, pour sa part, une histoire d’anges amoureux sensuelle et bien troussée (hum !) et Tanith Lee donne, sans surprise, dans la fantasy.

Un des meilleurs récits, signé Birgit Rabisch, propose avec « inversion, jeu de miroir » une anticipation plausible sur les dérives de l’eugénisme. Dans un monde où tous les individus se ressemblent (il ne reste que trois « types » standards) et où la moindre imperfection conduit - au mieux - à un camp de concentration, un homme sent naitre une attirance incestueuse pour sa sœur « imparfaite » qu’il garde cloitrée et observe à travers un miroir sans tain. Avec ses références aux situations et fantasmes classiques des romans érotiques d’antan et sa thématique d’actualité ce récit que l’on pourrait résumer par une variation hard de « Bienvenue à Gattaca » mérite à lui seul l’achat de l’anthologie.

Plus classique mas cependant efficace, Valérie Simon, dans « Le loup », traite des conséquences d’un viol commis envers une sorcière qui décide qu’un homme se comportant en loup mérite de devenir lui-même…un loup. Connie Willis et Joelle Wintrebert ferment l’anthologie avec deux textes aux antipodes : le premier, très cru, traite de l’inceste et de la frustration sexuelle, le second confronte une femme aux résultats de son combat d’antan dans un monde ayant éliminé tous les hommes.

Dans l’ensemble, ce recueil se montre intéressant, les textes les plus réussis compensant pour les plus faibles. Il parvient surtout à donner une photographie pertinente des récits féminins traitant de l’imaginaire au tout début des années 2000. Passant des auteures débutantes aux incontournables (Tanith Lee, Poppy Z. Brite, Connie Willis), du fantastique à la science-fiction en passant par l’horreur, de l’érotisme à l’anti-érotisme, voici une compilation variée et globalement satisfaisante que l’on se plait à picorer.

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Publié le 6 Février 2019

CELUI QUI CHUCHOTAIT DANS LES TENEBRES d'Howard Phillips Lovecraft

Cette novella qui semble synthétiser toutes les thématiques et obsessions de Lovecraft pourrait bien être la porte d’entrée idéale pour découvrir l’écrivain. Elle commence, comme souvent, par une lettre revue par le professeur Albert Wilmarth de l’université d’Arkham spécialiste du folklore. Le courrier provient d’un autre lettré, Henry Akeley, habitant d’une région du Vermont où se produisent d’étranges phénomènes. On y entendrait, par exemple, des chuchotements dans la nuit qui seraient émis par des créatures venues d’un autre monde.

CELUI QUI CHUCHOTAIT DANS LES TENEBRES oppose classiquement deux personnalités cultivées : Wilmarth est le sceptique, qui s’intéresse aux superstitions et aux croyances mais les considèrent simplement comme des racontars. Face à lui il trouve Akeley le convaincu, persuadé qu’il existe des créatures surnaturelles dans les collines du Vermont. Il recueille des témoignages, des preuves diverses de la présence extra-terrestre comme d’étranges pierres couvertes de symboles ésotériques.

La relation épistolaire de ces précurseurs de Mulder et Scully confère au récit son originalité car, sinon, nous sommes dans le Lovecraft pur jus : un mélange de science-fiction cosmique, de fantastique et d’horreur avec les fameux grimoires maudits et autres connaissances interdites. Les différentes lettres échangées suivent la progression de l’angoisse et la multiplication des phénomènes terrifiants, créant une atmosphère étouffante. Comme toujours avec l’écrivain nous restons dans un certain flou, un mystère entretenu par des descriptions vagues et une épouvante allusive qui se refuse à donner trop d’explications. Ce texte, de part sa forme (un court roman) reste toutefois plus limpide et moins alambiqués que la plupart des nouvelles de l’écrivain, sa progression se montre plus traditionnelle et linéaire.

Comme souligné précédemment CELUI QUI CHUCHOTAIT DANS LES TENEBRES n’est peut-être pas le meilleur texte de Lovecraft mais il reste sans doute le plus représentatif, le plus…lovecraftien dirait on ! Si on apprécie ce style, cette narration parfois ampoulée, ce vocable souvent désuet alors il très probable que l’on devienne un amateur de Lovecraft. Dans le cas contraire il est sans doute préférable de ne pas poursuivre.

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Publié le 4 Février 2019

DETECTIVE COMICS TOME 4: DEUS EX MACHINA

Detective Comics #957 à #962.

Ce quatrième recueil remet en lumière un personnage très intéressant de la mythologie du Chevalier Noir, Jean Paul Valley, alias Azrael, justicier rentre-dedans ayant remplacé Batman après que ce dernier ait été vaincu par Bane (durant la saga KNIGHTFALL). Nous retrouvons donc Valley confronté à un nouveau vilain mandaté par l’Ordre de Saint Dumas et destiné à lui succéder, Ascalon. En parallèle ce tome approfondit la relation entre le Caped Crusader et la magicienne Zatanna, notamment grâce à des flash-backs réussis. Toute cette histoire est efficace, développant les relations entre les différents membres de l’équipe. Si Azrael et Zatanna sont mis en avant, le scénariste approfondit également les relations entre Batman, Batwoman et Luke Fox. Le premier récit, consacré à Spoiler, semble plus anecdotique mais annonce quelques développements ultérieurs et remet en lumière ce personnage amené à prendre de l’importance par la suite.

Ce quatrième tome confirme les qualités de Detective Comics : intrigue bien menée et joliment rythmée, alternance de passages intimistes et de scènes d’action efficaces, approfondissement judicieux de la mythologie du Dark Knight via des flash-backs éclairants, etc. Batman étant à présent entouré d’une équipe, nous faisons, à chaque nouvel arc, un peu plus connaissance avec ces nouveaux alliés, par exemple l’ancien super criminel Gueule d’Argile en quête de rédemption quoique ce soit réellement Jean Paul Valley qui vole ici la vedette à toute l’équipe.

DETECTIVE COMICS TOME 4: DEUS EX MACHINA

Les scénaristes proposent aussi quelques coups de théâtre savamment distillés et le récit se termine logiquement par un cliffhanger de qualité. Le tout étant servi par des dessins de haute volée avec quelques belles planches référentielles, notamment lorsque Azrael retrouve sa glorieuse armure d’antan. Alors évidemment on pardonne une narration classique qui se repose une fois de plus sur des événements oubliés (ici la relation jadis nouée par Batman et Zatanna) et l’énième artifice de la mort supposée de Robin (Tim Drake pour cette fois) pour faire avancer le récit.

Bref, aucune raison de se priver de ce nouveau volet de la grande histoire du Batman.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Batman, #Comic Book, #DC, #Superhéros

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Publié le 1 Février 2019

LE PASSAGE de Justin Cronin

La première chose qui frappe devant le bouquin c’est, forcément, son épaisseur. Une brique ! Même au sein d’une science-fiction souffrant de plus en plus d’éléphantiasis, le roman de Justin Cronin détonne avec (en poche) ses 1260 pages bien tassées. Et il s’agit seulement du premier tome d’une trilogie apocalyptique accumulant les superlatifs et s’étendant sur près de 3 000 pages.

Une fois la lecture entamée, on constate également que l’auteur semble totalement imprégné des codes de la série télévisée. Si on a souvent dit des auteurs de best-sellers de la fin du XXème siècle qu’ils écrivaient « à la manière d’une superproduction hollywoodienne » dont ils avaient intégré la narration alors Cronin propose peut-être la première « série télé » sur papier. Pas étonnant d’ailleurs que les droits aient été acquis (avant même la publication du livre !) par Ridley Scott qui songeait à en tirer trois films…avant qu’une adaptation pour les petits écrans soit lancée début 2019.

Au programme : multiplication des personnages, abondance des lignes narratives destinées à se rejoindre à mi-parcours, temporalité étirée avec plusieurs bonds temporel (l’intrigue se déroule sur plus d’un siècle !),…

Tout débute dans un futur très proche. Tandis qu’un commando militaire traque des individus atteints d’une étrange maladie, au Texas un condamné à mort et onze autres prisonniers sont choisi pour participer à une expérience médicale révolutionnaire. Mais, bientôt, un virus est libéré, se propage sur la planète entière et aboutit à un effondrement total de la civilisation, dévastées par des hordes d’infectés avides de sang. Un siècle plus tard, une petite communauté survit face à ces « vampires ». Surgit alors une « fille de nulle part », apparemment âgée de 14 ans mais en réalité né un siècle auparavant…Elle possède peut-être la clé permettant de relancer la civilisation.

La première partie, la plus prenante, propose une série d’expériences top secrètes menées par l’armée américaine. Le mystère est prenant, les personnages bien caractérisés, le background étoffé sans devenir envahissant. Impossible de ne pas penser à Stephen King engagé pour écrire un épisode de X Files (comment ça il l’a fait ? Bref…).

La suite se déroule après un bond de près de cent ans. L’apocalypse a eu lieu, l’humanité a tenté de survivre, la Californie a quitté l’union, l’Europe a fermé ses frontières mais rien n’a pu empêcher l’effondrement. Du coup, au début du XXIIème siècle, les hommes survivent dans des petites colonies retranchées comme des forteresses féodales. Le retour à l’âge des ténèbres s’annonce puisque tout va bientôt s’éteindre… « Mad Max » dans « La Nuit des morts vivants » ou « Je suis une légende ». Des infectés, des « vampires », des viruls (dénomination officielle),…la fin du monde est là et bien là. Bref, on entre dans le survival horrifique post-apocalypse façon blockbuster hollywoodien. Cette partie reste intéressante mais n’évite pas quelques baisses de rythme, le romancier se perdant parfois dans ses (trop) nombreux protagonistes certes habilement brossés mais qui n’évitent pas toujours les lieux communs (romance contrariée, infidélité,…). Avec les gardes protégeant la colonie LE PASSAGE s’apparente parfois à une relecture de certains chapitres du TRONE DE FER dans l’univers de « Walking Dead ».

Les plus critiquent dirons même que le bouquin s’apparente parfois à un de ces romans de gare des années ’80 (souvenez-vous des collections « Apocalypses » ou « Le Survivant » avec leurs titres tapageurs comme LES MURAILLES DE L’ANGOISSE ou ENFER CANNIBALE) à la différence que Justin Cronin étire son récit non pas sur 200 pages mais sur 1200. Mais ne faisons pas trop la fine bouche : en dépit de sa longueur et de certaines longueurs (comme dans une série il y a fatalement des intrigues et des personnages moins intéressants – de manière subjective), la lecture de ce roman reste fluide et agréable, quoique certains passages puissent exaspérer par leur lenteur. On peut donc se permettre de les survoler…

Si certains, qui « binge watch » des séries, voudront s’enfiler ce pavé d’une traite les plus raisonnables peuvent opter pour une lecture fractionnée en trois ou quatre fois, histoire de raviver l’intérêt pour un roman sans doute plaisant mais incontestablement trop long d’au moins 300 pages.

Loin d’égaler le classique LE FLEAU de Stephen King qui demeure le mètre étalon du post apocalypse littéraire, LE PASSAGE demeure efficace et trouvera certainement son public. Mais, maintenant que la boucle est bouclée et que le bouquin est devenu une série peut-être serait il plus judicieux de passer directement à l’adaptation télévisuelle.

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Publié le 31 Janvier 2019

BATMAN REBIRTH TOME 4: LA GUERRE DES RIRES ET DES ENIGMES de Tom King

Alors qu’il noue une relation sérieuse avec Catwoman, envisageant même de l’épouser, Batman raconte à la jeune femme un épisode de sa croisade, situé au tout début de sa carrière de justicier. Ayant perdu le sourire, le Joker ne parvient plus à rire en dépit de tous ses efforts, chaque fois contrecarré par Batman. Le Clown du crime se lance donc dans une entreprise meurtrière inédite qui laisse des dizaines de victimes sur le pavé. La police se résout même à demander l’aide de Nigma, alias le Sphynx, mais ce-dernier s’évade de prison et entame une guerre des rires et des énigmes pour déterminer qui peut supprimer le Chevalier Noir.
 

BATMAN REBIRTH TOME 4: LA GUERRE DES RIRES ET DES ENIGMES de Tom King

Un scénario pas toujours très crédible mais qu’importe, le récit donne lieu à d’excellentes scènes, notamment le long « diner français » organisé par Bruce Wayne et servi par Alfred qui permet au Joker et au Sphynx de se jauger. Un personnage très secondaire aura également un rôle important à jouer, le vilain de troisième zone Kite Man et ses cerfs-volants dont l’histoire tragique nous est contée. C’est grâce à lui, et de manière peu chevaleresque, que le Batman prendra finalement l’avantage. Tout ce récit est conté par Bruce pas très fier de ses actes à Selina avant une proposition attendue qui conclut cet arc par un sacré cliffhanger. On excusera la manière dont Batman agit (de manière à la fois trop détachée et trop radicale) par la « jeunesse » du personnage puisque ces événements se sont produits un an après que Bruce ait revêtu la cape. On pardonnera également les blagues et énigmes pas toujours convaincantes en dépit des efforts de la traduction, certaines tombant complètement à plat. Mais après tout le Joker ne rit plus et le Sphynx s’éloigne de son côté « maitre des énigmes ». Car ce tome fait surtout du Sphynx un type vraiment dangereux, moins fou que le Joker mais certainement aussi redoutable, un monstre de logique qui perd son côté bouffon au profit d’une froideur totale, notamment lorsqu’il s’évade de prison.
Quelques défauts donc mais, dans l’ensemble, un arc à la hauteur des attentes suscitées par son pitch et servi par des dessins irréprochables. Un bon moment !

BATMAN REBIRTH TOME 4: LA GUERRE DES RIRES ET DES ENIGMES de Tom King

Contient Batman (2016) #25-32.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Batman, #Comic Book, #DC, #Superhéros

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Publié le 30 Janvier 2019

L'OMBRE QUI VIENT DE L'ESPACE d'August Derleth et Howard Phillip Lovecraft

Ce recueil reprend une série de textes écrits par August Derleth afin de prolonger l’univers de Lovecraft. C’est, en effet, en partie grâce à Derleth, loué soit-il, que le reclus de Providence connait aujourd’hui la célébrité et n’a pas sombré dans l’oubli qui a englouti la plupart de ses contemporains ayant œuvré pour Weird Tales et autres magasine « pulp ». Derleth a ainsi retrouvé de nombreuses esquisses plus ou moins complètes sur lesquelles il a brodé avec plus ou moins de réussite. Il a transformé le panthéon de Lovecraft en imaginant le champ de bataille cosmique des Anciens Dieux. Il a aussi inventé de nombreux nouveaux grimoires maléfiques à ranger aux côtés du Necronomicon, développant une véritable bibliothèque de l’étrange ensuite largement reprise par les continuateurs du mythe. Tous ces éléments, souvent seulement cités chez Lovecraft, ont ainsi pris de plus en plus d’ampleur avec Derleth et les autres disciples lovecraftien au point qu’ils paraissent aujourd’hui indissociables des histoires « dans le style de Lovecraft ».

De plus, Derleth reprend le style de Lovecraft, avec un souci de mimétisme rendant difficile de déterminer ce qui appartient au maitre et ce qui relève de son épigone. Le style se montre donc volontairement ampoulé, un brin daté, avec une multiplication d’adjectifs et d’adverbes qui surchargent les phrases. Tout y est « répugnant », « obscène », « abominable », « indicible », etc. On peut se gausser de ces hyperboles ou trouver qu’elles traduisent la folie dans laquelle sombrent les protagonistes de ces récits, pour la plupart racontés à la première personne et à la construction similaire.

La première histoire, « Le survivant », s’avère plaisante et efficace en dépit d’une chute aujourd’hui éculée. « Le jour à Wentworth » est tout aussi réussie, plus typiquement « pulp » : ce récit horrifique à base de mort sorti de sa tombe et de sorcellerie aurait très bien pu être illustré à la manière des « Tales from the crypt ». Plus conventionnel, plus banal, « L’héritage Peabody » traite de sorcellerie, de sacrifices d’enfants, etc. Classique, définitivement « pulp » mais plutôt plaisant. « La lampe d’Alhazred », court récit en forme de mise en abîme, présente un écrivain d’horreur nommé Ward Phillips qui, par l’intermédiaire d’une vieille lampe à huile, découvre un monde parallèle. Une idée similaire est développée dans « La fenêtre à pignons » qui fonctionne de belle manière en dépit d’une construction très convenue et d’une chute attendue. « L’ancêtre » constitue, pour sa part, une curiosité : Lovecraft avait rédigé un résumé du roman « The Dark chamber » de Leonard Cline, publié en 1927 et qu’il tenait en haute estime. Retrouvant ces notes, Derleth pensa qu’il s’agissait du plan d’une nouvelle inédite et rédigea ce texte, encore une fois très classique mais efficace jusqu’à sa conclusion prévisible. La dernière nouvelle, « L’ombre venue de l’espace » se montre ambitieuse : Derleth y développe (et trahit) la mythologie de son maître à penser en la teintant de christianisme, imaginant la terre comme un champ de bataille pour deux races extra-terrestres, l’une bienveillante, l’autre redoutable. On peut tiquer devant cette interprétation manichéenne du mythe mais aussi apprécier que, pour une fois, Derleth apporte une vision plus personnelle et moins empruntée à ses récits.

Les continuateurs de Lovecraft sont nombreux, à l’image des successeurs de Robert E. Howard ou Conan Doyle. Si nombreux, aujourd’hui, que leurs récits éclipsent complètement, du moins par la quantité, les authentiques nouvelles de Lovecraft. Il y a évidemment du bon et du moins bon (voire du très mauvais) dans ces continuations. Dans ce style de pastiche L’OMBRE VENUE DE L’ESPACE est loin d’être inintéressant et, dans l’ensemble, les histoires sont réussies et capturent bien l’esprit du maître.

D’agréables « à la manière de… » pour les nostalgiques.

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Publié le 28 Janvier 2019

BATMAN REBIRTH TOME 2 : MON NOM EST SUICIDE de Tom King et David Finch

Pour ce deuxième recueil « rebirth » le Caped Crusader rassemble sa propre « Suicide Squad ». Suite aux événements du premier tome, Batman essaie de s’occuper de la justicière Gotham Girl.  Pour cela, il envisage de recruter de force le Psycho Pirate, actuellement détenu sur l’île de Santa Prisca par un Bane depuis peu guéri de sa dépendance au Venin. Pour investir la forteresse de Bane, le Chevalier Noir rassemble une bande de criminels détenus au pénitencier de Belle Reve. Il recrute ainsi le Tigre de Bronze, le Ventriloque et les amoureux Poli et Chinelle (sorte de médiocres imitations du couple Joker / Harley), sans oublier une Catwoman qui ne tarde pas à retourner sa veste.

JE SUIS SUICIDE se lit sans déplaisir mais sans réelle implication. L’auteur choisit de faire de Batman une sorte de bulldozer qui, à l’instar de la version de Snyder dans son ALL STAR BATMAN, encaisse des dizaines de coups mais continue d’avancer l’œil rivé sur son objectif unique, ici récupéré le Pirate. Si on peut comprendre l’implication de Catwoman voire du Ventriloque dans cette affaire, le Tigre de Bronze et le duo Poli / Chinelle ne font guère plus que de la figuration. On peut aussi se demander pourquoi le Caped Crusader n’utilise pas sa propre force spéciale vue dans DETECTIVE COMICS…les joies de la continuité compliquée. Reste une intrigue assez classique mais prenante, quelques coups de théâtre relativement attendus mais bien mené et un réel plaisir de lecture grâce à une partie graphique irréprochable.

BATMAN REBIRTH TOME 2 : MON NOM EST SUICIDE de Tom King et David Finch

Le plus intéressant dans ce récit reste la relation toujours problématique et fortement sexualisée entre Batman et Catwoman. Une romance approfondie dans les deux épisodes annexes, situés « sur les toits », qui sont très bien écrits et confèrent une vraie épaisseur à nos deux acrobates nocturnes. Ces épisodes sont de grands moments de l’histoire du Chevalier Noir (et annoncent les futurs développements de cette relation conflictuelle) et, à eux seuls, justifient la lecture de ce deuxième tome plutôt plaisant.

Contient Batman (2016) #9-15.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Batman, #Comic Book, #DC, #Superhéros

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Publié le 25 Janvier 2019

LES MEURTRES DE L'EPOUVANTAIL de Joseph Commings

Joseph Commings (1913 – 1992) écrivit de nombreuses nouvelles policières assorties de chambres closes et autres crimes impossibles. Sa série la plus célèbre concerne le sénateur Brooks U. Banner, héros de 33 nouvelles publiées entre 1947 et 1984 (la 33ème le fut en 2004 de manière posthume). Roland Lacourbe en a sélectionné seize, réparties sur deux recueils : LES MEURTRES DE L’EPOUVANTAIL et LE VAMPIRE AU MASQUE DE FER.

Ce premier recueil débute par la toute première enquête du sénateur, « Meurtre sous cloche », une « chambre close » particulière puisqu’il s’agit d’un crime commis sous une énorme cloche de verre. Un bon début avec une fin ingénieuse quoique moyennement crédible.

Plus originale, « L’empreinte fantôme » illustre un meurtre commis au cours d’une séance de spiritisme dont tous les participants sont sanglés dans des camisoles de force. Or même Houdini pouvait certes s’en échapper mais surement pas en remettre une dans de telles conditions. Qui a donc pu tuer et comment ? Une solution originale (inédite ?) et ingénieuse, cette fois tout à fait plausible à condition de laisser parler son imagination. Et n’est-ce pas le propre des crimes impossibles de titiller la plausibilité pour le plaisir de suivre l’auteur dans les méandres de son cerveau ?

« Le spectre du lac », plus courte que de coutume (les nouvelles faisant en moyenne une trentaine de pages) fonctionne sur le principe de la malédiction et de l’atmosphère, la solution étant évidente (il ne peut y en avoir d’autre) en empruntant à une célèbre enquête de Sherlock Holmes, le « Problème du pont de Thor ». Agréable, sans plus.

« La légende du moine noir » tutoie l’excellence : situation insolite, décor macabre, personnages pittoresques, malédictions et légendes pesantes, disparition impossible d’un moine meurtrier dans une pièce close, solution à la simplicité déconcertante et à l’efficacité totale…Un classique de la « chambre close ».

Classique mais bien mené, « Les meurtres de l’épouvantail », qui donne son titre au recueil, constitue un fort bon récit à l’atmosphère bien développée. Après la mort de Beverly, son frère Hudson est à son tour assassiné. Les traces du meurtrier conduisent à un épouvantail isolé au milieu d’un champ. Devant cette menace apparemment surnaturelle, le sénateur Banner enferme tous les habitants d’une maison pour dissuader l’assassin de récidiver mais une jeune femme est agressée à nouveau…elle identifie le coupable comme un épouvantail ! Cette longue nouvelle (35 pages) capture joliment l’atmosphère de superstition et de suspicion jusqu’à une chute étonnante et bien amenée. Du grand art.

Plus courte et moins originale, « Feu sur le juge » se montre cependant efficace : après avoir manifesté son intention de fermer un théâtre présentant des spectacles « licencieux », le juge Hawthorne reçoit des menaces de mort. Il s’enferme dans un petit pavillon gardé par des policiers conduits par le sénateur Banner. Pourtant, le juge sera retrouvé abattu de trois balles de révolver…Une intrigue classique et un « truc » vieux comme le récit de chambre close mais l’art et la manière de Commings font la différence et rendent le tout agréable à lire.

« Meurtre au champagne », une autre courte nouvelle, voit une actrice découverte morte mystérieusement…la seule arme envisagée est une bouteille de champagne mais des analyses démontrent qu’elle n’était pas empoisonnée. Alors comment a pu procéder le meurtrier ? Ce récit plaisant mais mineur fonctionne sur la méthode originale utilisée par l’assassin pour commettre son crime en chambre close.

L’ultime récit, « Une dame de qualité », s’éloigne des crimes impossibles pour plonger dans le récit d’espionnage à base de documents volés et de séduisantes espionnes. Malheureusement, ce n’est pas une grande réussite et on peut penser que le sénateur Banner se montrait plus à son aise dans la résolution d’insolubles problèmes, ce que confirme d’ailleurs la postface. Une relative fausse note pour terminer cette anthologie sinon d’excellente tenue complétée par des résumés et de courts avis sur les 32 enquêtes du sénateur.

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