Publié le 12 Juin 2020

LE CAS DE L'INSPECTEUR QUEEN d'Ellery Queen

Agé de 63 ans, l’inspecteur Richard Queen a atteint l’âge de la retraite et son célèbre fiston, Ellery, effectue un tour du monde. Pourtant, difficile de lâcher les enquêtes et il est bien temps que le vénérable flic bénéficie, après toutes ces années, d’une enquête bien à lui et rien qu’à lui ! Alors qu’il séjourne chez un de ses amis, chef de la police d’une petite localité, il est amené à l’aider sur une sale histoire survenue dans la petite ile privée de Nair Island où réside la riche famille Humphrey. Ces derniers viennent d’adopter un bébé souvent confié aux bons soins de Jessie Sherwood, leur nurse. Or, de retour dans la maison après une journée de congé, Jessie découvre le petit mort étouffé dans son lit. Un accident en apparence. Mais Jessie affirme avoir vu, sur le coussin ayant causé le décès, l’empreinte d’une main…Il ne s’agirait donc pas d’un accident mais bien d’un meurtre. Personne ne croit la nurse, excepté Richard Queen qui va mener l’enquête.

Situé dans les années ’50, juste après la guerre de Corée, LE CAS DE L’INSPECTEUR QUEEN se situe à la croisée des genres, entre les romans d’énigme très complexes élaborés par les cousins cachés sous le pseudo collectif d’Ellery Queen au début des années ’30 et le polar plus moderne et musclé (relativement bien sûr, nous ne sommes pas chez Mickey Spillane) de leur seconde partie de carrière. Nous suivons donc les investigations de l’inspecteur retraité qui noue, en prime, une romance avec la seule témoin. L’improbable couple remonte donc la piste des criminels jusqu’à un dénouement quelque peu attendu en dépit des nombreuses circonvolutions qui y mènent et de plusieurs retournement de situation.

Bien ancré dans son époque, celle des fifties américaines, riche de rebondissements et servi par un style fluide et prenant, LE CAS DE L’INSPECTEUR QUEEN constitue un bon whodunit qui a tout du classique dans le bon sens du terme.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit

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Publié le 8 Juin 2020

LE BESTIAIRE DE SHERLOCK HOLMES de René Reouven

L’amateur n’est pas sans ignorer que Conan Doyle laissa volontairement dans l’ombre de nombreuses enquêtes de Sherlock Holmes, mentionnant ainsi, au détour d’un récit, des cas mystérieux qui restèrent méconnus du lecteur. Le rat géant de Sumatra, l’étrange affaire du cormoran, le ver qui rendit fou Isadora, etc. Du pain béni pour les épigones en mal d’idées et les pasticheurs de tout poils (et plus ou moins doués !).

John Dickson Carr, avec LES EXPLOITS DE SHERLOCK HOLMES, avaient déjà levé le voile sur plusieurs de ces affaires et offert, dans l’ensemble, de jolies réussites.

Cette fois c’est le Français René Reouven, spécialiste de littérature populaire et auteur des CRIMES APOCRYPHES, qui s’attaque à Holmes en utilisant l’intertextualité et le jeu des références qui s’imposeront, par la suite, dans les romans steampunk. En quatre nouvelles (liées entre elles par le fil conducteur « animalier » qui caractérise les différents récits), Reouven s’amuse mais soigne son pastiche par son évidente érudition, loin du simple clin d’oeil.

Dans « le cormoran », situé en pleine Guerre Mondiale en 1916, le limier de Baker Street doit résoudre une complexe affaire d’espionnage dans laquelle intervient son frère Mycroft. Avec « le rat », c’est la plus fameuse des énigmes oubliées qui ressurgit, celle du monstrueux rat géant de Sumatra, où le détective côtoie le futur écrivain Joseph Conrad. Classique mais efficace et rondement mené. Plus délirant et original, « Le ver » permet à Holmes de rencontrer l’autre grand héros de Conan Doyle, le professeur Challenger, spécialiste des animaux étranges. Au cours du récit, qui implique une série de duel et une vengeance tarabiscotée, Reouven convoque un descendant de Pierre Louis Moreau, mathématicien ennemi acharné de Voltaire, dont les expériences contre-nature inspireront H.G. Wells. Une nouvelle enthousiasmante sur laquelle plane également l’ombre du Chien des Baskerville et de la Bête du Gevaudan, bref, le meilleur texte du recueil.

Enfin, dans l’ultime nouvelle, Sherlock se confronte à une redoutable sangsue géante logiquement assoiffée de sang (« la sangsue ») et à son homonyme, un certain Holmes, considéré comme l’un des premiers serial killers dont le palmarès (une centaine de crimes !) renvoie Jack l’éventreur au rang des amateurs.

Après son roman L’ASSASSIN DU BOULEVARD publié en 1985, Reouven poursuit donc avec bonheur ses pastiches holmesiens (ensuite regroupés dans le très épais volume HISTOIRES SECRETES DE SHERLOCK HOLMES) et livre quatre longues nouvelles tout à fait réussies et divertissantes à savourer pour les fans du plus célèbre des enquêteurs.

 

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Publié le 6 Juin 2020

ISSA ELOHIM de Laurent Kloetzer

Dans un futur très proche, quasiment demain (voire aujourd’hui soir), la situation ne s’est guère améliorée, entre dérèglements climatiques, guerres de religion, terrorisme et réfugiés. Mais, depuis quelques temps, apparaissent des êtres étranges, les Elohim. Qui sont-ils ? Des anges ? Des extraterrestres ? Des mystificateurs ? Valentine Zeigler, journaliste suisse, apprend qu’un de ces êtres, Issa, est apparu en Tunisie, dans un camp de réfugiés géré par Frontex. Espérant une bonne histoire, Valentine part à la rencontre d’Issa et de ses amis.

Laurent Kloetzer élabore ici un court roman où l’aspect politique n’élimine pas le côté merveilleux du récit et qui évite le manichéisme en confrontant les points de vue d’une journaliste de gauche et d’un politicien de droite. Nous suivons donc les aventures d’Issa (autre nom de Jésus), être magique (ou prétendu tel car l’auteur ne règle pas véritablement la question…et c’est tant mieux !) pour ne pas dire Christique puisqu’il effectue un périple semé d’embûches en compagnie de ses amis / disciples / apôtres. Issa est-il réellement un Elohim (à supposer que ces derniers existent réellement), la question reste donc posée : de nombreux affabulateurs ont, en effet, tentés de se faire passer comme tels pour échapper à leur quotidien. Ici, avec ses amis, il émigre dans la très protectrice Suisse, et accomplit certes quelques miracles mais ceux-ci auraient été possibles à mettre en scène par un habile prestidigitateur.

Avec cette novella nuancée et bien écrite, qui se lit avec plaisir en deux petites heures (lumière !), Kloetzer offre un regard pertinent et sans parti-pris sur les problèmes actuels, notamment le retour du religieux et le besoin de croire. Au final, et c’est tout à son honneur, l’auteur ne tranche pas : entre le politicien et la journaliste qui est le (la) plus honnête ?, entre l’hypothèse surnaturelle et la mystification quelle est la plus plausible ? Au lecteur de réaliser sa propre opinion dans un texte réussi qui, en peu de pages, en dit beaucoup plus (et mieux !) que d’indigestes pavés. Recommandé.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Roman court (novella), #anticipation, #science-fiction

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Publié le 4 Juin 2020

LA MOITIE D'UN ROI (LA MER ECLATEE TOME 1) de Joe Abercrombie

Récompensé du Locus dans la catégorie « Jeunesse », LA MOITIE D’UN ROI constitue le premier volet d’une trilogie de Joe Abercrombie, nouveau venu déjà fort célébré de la fantasy, option grimdark (une branche plus violente et réaliste recourant assez peu aux éléments magique). Le style d’Abercrombie se montre pour sa part très efficace avec un côté page turner prononcé : des chapitres courts (quelques pages) qui donnent envie de poursuivre la lecture, une pagination très raisonnable (environ 350 pages), des dialogues nombreux qui sonnent justes,…

Le prince Yarvi, affligé d’une main difforme, se destine au ministère…A la mort de son père et son frère il doit pourtant assumer la charge royale dont il n’a jamais voulu. L’estimant trop faible pour devenir roi, Yarvi sera trahi par son oncle. Laissé pour mort il se retrouve enchainer sur une galère mais, contre toutes attentes, survit à cette épreuve, se trouve de nouveaux amis et compagnons et jure de se venger.

Abercrombie n’est pas un grand styliste mais il est indéniablement efficace. On pourrait le rapprocher d’un Gemmell par sa capacité à offrir un divertissement rythmé et sans temps mort, ponctué de répliques qui font mouche et de quelques considérations « philosophiques » (au sens très large) sur le devoir, l’héroïsme et la destinée personnelle. L’univers développé dans cette nouvelle saga s’avère classique mais appréciable, sorte de décalque du notre agrémenté d’un soupçon de surnaturel (les Elfes) afin de proposer un roman historique « d’une époque n’ayant jamais existé » si j’ose dire. Les querelles religieuses entre le polythéisme et la Déesse Unique ajoutent un piment supplémentaire à cette toile de fond d’inspiration scandinave où l’on retrouve combats entre rois rivaux, marchands d’esclave, galériens, etc. En dépit de la violence et du côté tragique (à l’antique dirait on pour faire culturé) du récit, un certain humour noir sous-tend ce premier tome fort agréable qui se lit (et même se relit !) avec plaisir.

Si LA MOITIE D’UN ROI ne se montre guère surprenant durant la majorité de son déroulement, le rebondissement final est étonnant : sans doute un peu « gros » mais tout à fait réjouissant et plaisant. Cela relance le récit, jusque là assez linéaire (la vengeance d’un roi dépossédé de son trône), et le dirige dans une autre voie, donnant envie de poursuivre la trilogie pour découvrir où l’auteur va nous conduire. Une bonne pioche !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Jeunesse

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Publié le 1 Juin 2020

ACID SUMMER de Christophe Lambert

Roman « de commande » devenu personnel, ACID SUMMER constitue la relecture de l’ODYSSEE par Christophe Lambert. Dans le rôle d’Ulysse nous découvrons John, jeune Américain se rêvant cinéaste, qui s’embarque pour les « 3 jours de paix et de musique » promis par le festival de Woodstock. Sur le chemin du concert, John rencontre Pénélope, jeune fille dont il tombe immédiatement amoureux mais qui le plante sur le bord de la route pour s’embarquer, avec un motard de passage, en direction du festival. John décide dès lors de la retrouver et, durant trois jours, multiplie les rencontres : un vétéran borgne du Vietnam en fauteuil roulant venu avec un flingue, dans l’idée de buter Bob Dylan (lequel ne viendra pas), une jolie rousse adepte de l’amour libre déjà usée par la vie, diverses nymphettes nues, une Janis Joplin très sexuelle, des militants Black Panthers, des drogués, des hell’s angels,…Va-t-il retrouver sa promise et ces retrouvailles seront-elles à la hauteur de ses attentes ?

Rétrospectivement, Woodstock fut bel et bien l’apogée mais aussi la fin des « sixties » et de leurs utopies. Les deux plus grandes vedettes du festival, Janis et Hendrix, allaient mourir peu après, tout comme Morrison, et les Beatles allaient se séparer, enterrant définitivement l’insouciance de ces années-là, déjà bien malmené. Lambert capture cette période avec une certaine mélancolie au gré de diverses rencontres avec des individus qui tous, comme le précise les « bonus », se sont brulés les ailes contre la réalité. Car l’année 1969 symbolise aussi le déclin de l’utopie hippie alors que les drogues dures remplacent les douces. C’est aussi la conquête de la lune, le Vietnam, les Black Panthers, les guerres de gangs et les luttes pour les droits civiques. Et puis bien sûr la fin d’un certain Hollywood (le roman se réfère régulièrement aux westerns « qui ne font plus recette » et offre un clin d’œil assumé au « Assaut » de John Carpenter) avec les meurtres de Charles Manson qui sont longuement évoqués dans un des flashbacks.

Le romancier saisit cette ambiance de manière nostalgique mais sans occulter les côtés sombres de l’époque. Il rythme son récit, entrecoupé de plusieurs flashbacks sur des personnages anonymes mais bien campés dans leur époque (la hippie libérée, le drogué, le vétéran de la guerre, le Black Panther), par les morceaux joués au festival qui se termine, évidemment, par l’hymne américain sublimé par Hendrix.

Riche en anecdotes et donnant un bel aperçu de ces 3 jours mythiques mais se permettant également quelques entorses à la réalité (toutefois moins que le Tarantino traitant de la même année !) avec, par exemple, la rencontre du héros avec un jeune Martin Scorcesse, ACID SUMMER constitue une lecture très plaisante et prenante. Une fresque que l’on eut d’ailleurs aimé un peu plus longue pour davantage approfondir cette période bouillonnante mais que l’on déguste avec plaisir en écoutant Creedence ou les Who, avec ou sans substances prohibées. Une bonne lecture estivale !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Christophe Lambert, #Historique

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Publié le 29 Mai 2020

SEEKER de Jack McDevitt

Quoique situé dans l’espace, le roman reprend les codes de l’aventure à la recherche d’une cité perdue, on pense ainsi aux œuvres d’un Clive Cussler par exemple, la colonie disparue de Margolia remplaçant ici la légendaire Atlantide.

La saga d’Alex Benedict, archéologue et explorateur spatial, comprend à ce jour huit romans pouvant se lire de manière indépendante. SEEKER est le troisième et, pour l’instant, le seul à avoir été traduit en français, probablement en raison de sa victoire au prestigieux Prix Nebula.

Dans un futur lointain, aux environ de l’an 12 000, l’Humanité s’est étendue dans l’univers, laissant derrière elle des bases abandonnées et des vaisseaux oubliés emplis d’artefacts devenus très recherchés par les collectionneurs d’antiquités. Alex Benedict et Chase Kolpath sont deux archéologues (ou « pilleurs de tombe » selon leurs détracteurs), contactés par une jeune femme entrée en possession, par l’intermédiaire de son ex-copain, d’une coupe couverte de symboles très anciens. Les deux archéologues la datent de 9 000 ans et la relie au mythique vaisseau d’exploration Seeker. Cet engin, le premier capable de dépasser la vitesse de la lumière, a été bâtit voici 90 siècles par une bande d’utopistes surnommés les Margolians, lesquels désiraient fuir la Terre dictatoriale et établir une colonie libertaire sur une planète appelée Margolia. Depuis, nul n’a eut de nouvelles de ces colons…Benedict et Kolpath se lancent dans la recherche du Seeker et espèrent localiser la fabuleuse Margolia, ce qui constituerait la plus grande découverte de l’histoire des vols spatiaux.

Peu connu chez nous mais célébré aux USA où il est régulièrement nommé aux prix les plus prestigieux de la SF et salué comme l’héritier de Clarke et Asimov, Jack McDevitt propose ici un plaisant roman d’exploration spatiale. En dépit d’un avenir très lointain qui laissait supposer (espérer ?) un univers complètement différent du monde, l’évolution technologique reste faible (on se croirait davantage 100 ans dans l’avenir que 1000) et, à côté d’Intelligence Artificielle de type Avatar (qui permettent de converser avec des simulacres de personnes décédées) et des vaisseaux supraluminiques, on parle encore de disquettes ! Les personnages aiment également beaucoup les mondanités, pour un peu on se croirait dans de la bit-lit tant l’héroïne aime les diners et les cocktails afin de discuter de sa mission. Le roman n’est donc pas franchement dépaysant et les considérations scientifiques demeurent peu présentes, loin de la hard-science parfois rébarbatives. Comme signalé précédemment, le bouquin s’apparente davantage à un techno-thriller d’aventures…mais situé dans l’espace. Le tout fonctionne donc plaisamment, avec toute la science des page-turners américains pour encourager le lecteur à poursuivre sa lecture d’encore un ou deux chapitres avant d’aller dormir. Des attentats et autres menacent à l’encontre de notre dynamique duo d’archéologues apportent d’ailleurs le petit piment nécessaires au récit sinon assez linéaire dans son déroulement.

Au final, SEEKER reste un bon gros pavé très digeste (il aurait sans doute gagné à être élagué de quelques dizaines de pages mais rien de vraiment problématique) et plutôt divertissant pour peu qu’on n’en attende pas un classique incontournable de la SF.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Prix Nebula, #Space Opera, #science-fiction

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Publié le 27 Mai 2020

RIO DIABLO de Christophe Lambert

Sous le haut-patronage de ses maitres et modèles (« Rio Bravo » de Hawks, « La nuit des morts vivants » de Romero et « Assaut » de Carpenter), voici un réjouissant mélange de western et de fantastique horrifique. On pense également à l’excellent et plus méconnu « Quand les tambours s’arrêteront » avec ses attaques d’Indiens quasi surnaturelles.

Enquêteur fédéral, Martin Pawley débarque dans le territoire des Indiens Chiricahua pour s’entretenir avec le shaman Tu-Tanka au sujet d’événements mystérieux s’étant récemment déroulés dans la région. Pawley et Tu-Tanka partent donc vers le pays des Blancs mais, sur le chemin, effectuent une courte halte dans le petit bourg de Rio Diablo. Malheureusement, une dispute dégénère et le duo se retrouve emprisonné aux côtés d’un pilleur de banque surnommé Dynamite Jack. Le sorcier indien utilise alors ses pouvoirs pour quitter la prison mais l’opération réveille surtout les morts du cimetière local qui s’en viennent prendre d’assaut le village.

Roman d’horreur destiné aux adolescents mais appréciable pour les adultes, RIO DIABLO constitue le second hommage de l’auteur au western après SOUVIENS TOI D’ALAMO qui mêlait les conventions du genre à celle de la science-fiction. Ici, en 2005, il revisite le « film de siège » et le transforme en un savoureux cocktail de roman western et d’épouvante avant que les zombies ne deviennent à la mode et ne supplantent les vampires comme « personnages » cultes du fantastique.

On repère les clins d’œil aux classiques du genre, comme le scorpion dévoré par les fourmis de la « Horde sauvage », quelques ajouts renvoyant au steampunk (la montgolfière que le savant farfelu souhaite équiper d’un gouvernail pour la transformer en dirigeable) et on imagine très bien les trognes d’une poignée d’acteurs mal rasés (Américains ou Italiens) se démener dans ce bled cerné de morts-vivants. Si les Italiens avaient encore une industrie cinématographique digne de ce nom ils se seraient surement précipités sur le bouquin pour l’adapter…Tant pis, on se contentera de rêver à ce qu’aurait donné à l’écran cette aventure échevelée et sans temps morts. Un fort bon moment à savourer dès 12 ans.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Christophe Lambert, #Fantastique, #Historique, #Horreur, #Jeunesse, #Western

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Publié le 26 Mai 2020

L'EXECUTEUR: UNE INFILTRATION A HAUT RISQUE de Chuck Rogers

Nouvelle aventure de l’Exécuteur Mack Bolan, signée Chuck Rogers, qui voit le Guerrier infiltrer une organisation criminelle aimant, entre autre, torturer ses victimes en les enterrant vivants en compagnie d’une meute d’araignées venimeuses. Bolan combat donc le redoutable Iceman et ses sbires, sortes de version maléfique de lui-même. Dans une des meilleures scènes, Bolan répond même au téléphone à son adversaire durant une fusillade.

A la manière des meilleurs « EXECUTEUR », ce roman trouve le bon équilibre entre une intrigue bien menée et tortueuse, des personnages adroitement campés, des dialogues percutants et une suite de scènes d’action rondement menées agrémentées d’une large rasade de violences sanglantes. Nous ne sommes pas, bien sûr, dans de la grande littérature mais plus simplement dans du bon bouquin populaire aussi efficace à lire qu’un blockbuster d’action à visionner : explosif, divertissant, bien saignant et toujours plaisant. On regrette une conclusion un peu expédiée (le livre aurait sans doute mérité quelques dizaines de pages supplémentaires à la manière des « Super Bolan » plus long que la moyenne) mais UNE INFILTRATION A HAUT RISQUE reste dans le peloton de tête des meilleurs « Bolan ». Hautement distrayant !

L'EXECUTEUR: UNE INFILTRATION A HAUT RISQUE de Chuck Rogers

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Exécuteur, #Gérard de Villiers, #Roman de gare

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Publié le 22 Mai 2020

LES MEILLEURS RECITS DE WEIRD TALES VOLUME 3 de Jacques Sadoul

Dernière anthologie de Sadoul consacrée à Weird Tales, ce volume aborde la période sans doute la moins glorieuse du magazine, après son âge d’or évoqué dans le volume 2. Les grands noms sont cependant toujours de la partie : Henry Kuttner (deux fois… dont le lovecraftien « L’Hydre » qui convoque les Grands Anciens), Robert Bloch, Clark Ashton Smith,…

Catherine L. Moore nous offre également une nouvelle aventure de son héros Northwest Smith co-écrite avec le collectionneur fou de la science-fiction, Forrest J. Ackerman. Sympathique.

Moins connu, David H. Keller (redécouvert avec son recueil de nouvelles LA CHOSE DANS LA CAVE) propose une plaisante histoire avec « La déesse de Zion » dont le héros a vécu une extraordinaire aventure sept siècles plus tôt. Assez classique mais intéressant.

Robert Barbour Johnson, totalement oublié, nous offre avec « Tout au fond » un excellent pastiche lovecraftien (dans lequel Lovecraft est cité en tant qu’initié de connaissances interdites…un rôle qui lui sera, par la suite, souvent réservé dans les « pastiches » de Cthulhu) au sujet de goules rodant dans les souterrains du métro (on pense, sur le même thème, à une nouvelle de Clive Barker ou au plaisant roman L’HORREUR DU METRO). Une très bonne lecture !

Seabury Quinn, le plus prolifique et populaire des auteurs de Weird Tales (plus de 500 nouvelles à son actif !) revient avec « Routes » (qui, pour une fois, n’a pas pour héros son détective de l’étrange Jules de Grandin). On a déjà mentionné tout le mal que Lovecraft disait à propos de Quinn. Disons donc que, comme pas mal de récit de l’âge d’or, ses nouvelles ont connu trois stades : d’abord encensées par le public puis massacrées par la critique (qui n’y voyait que ringardises abrutissantes) avant, à nouveau, d’être appréciées par un public certes non dupe de leur qualité mais content d’y retrouver la fougue et l’inventivité (confinant souvent au n’importe quoi) du pulp. Son histoire, divisée en trois parties, se montre plutôt inventive et réussie quoique le twist se devine à des kilomètres (sans que cela nuise réellement à l’ensemble). Très plaisant.

Fritz Leiber boucle le bouquin avec une angoissante histoire brodant sur le thème de la vie antérieure avec ce personnage entrant peu à peu dans la peau de son oncle, un ancien flic qui cachait de sombres secrets. Brillant et fort adroitement mené.

En résumé, si ce troisième volet ne se montre pas aussi glorieux que ses deux prédécesseurs, il reste une très agréable anthologie fantastico-horrifique pour les amateurs.

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Publié le 20 Mai 2020

L'ABOMINATION DU LAC de Joseph A. Citro

Le roman, écrit au tout début des années 90, reprend toutes les conventions des bouquins d’horreur de série B de la décennie précédente. Harryson, un jeune homme un peu paumé ne sachant pas trop quoi faire de son existence, décide, sur un coup de tête, de partir à la recherche de « Champ », monstre légendaire proche de son cousin du Loch Ness qui vivrait dans un grand lac du Vermont. Harryson s’installe donc dans une maison prêtée par un de ses vieux amis d’université (ça tombe bien vu qu’il n’a pas beaucoup de pognon) et s’improvise crypto zoologiste. Notre brave gars commence à interroger les gens du patelin, en particulier un vieil expert local  en légendes (toujours pratique !) puis tombe amoureux, en une après-midi, de la nouvelle et forcément super séduisante institutrice fraichement débarquée de la ville. Cette dernière s’attire parallèlement les regards du bouseux alcoolique et violeur de la région et le lecteur devine que tout ça va mal finir. Harryson en apprend également davantage sur sa maison, potentiellement hantée, qui serait la cachette du trésor d’un pirate. Un ancien monastère où se déroulait des rites de sorcellerie, un cimetière indien et une vieille femme maléfique dotée de pouvoirs magiques complètent l’intrigue.

Joseph A. Citro, dont c’est l’unique roman traduit chez nous, livre un bouquin plutôt plaisant et relativement surprenant. On s’attend à une histoire de grosse bête (façon téléfilm Syfy du genre « Loch Ness Terror ») mais en réalité le lecteur se voit balader gentiment entre fantastique rural et thriller mystérieux. Nous avons une galerie de personnages très typées mais plaisants, un cadre sympathique (les îles du Vermont), une histoire « vraie » (celle du fameux monstre), des légendes locales, des clichés très 80’s, un héros un peu fade et sa nouvelle conquête, deux gamins (façon STAND BY ME) confrontés à l’horreur… L’auteur reprend les méthodes de Stephen King pour décrire ses protagonistes et saupoudre le tout d’un côté lovecraftien agréable (quelques décennies avant que ce ne soit à la mode). Le style du bonhomme s’avère d’ailleurs efficace, même si ce n’est pas de la grande littérature et qu’il s’agit d’un premier roman, les bonnes ficelles sont bien usitées et l’alternance des points de vue au travers de courts chapitres donne du rythme à un ensemble suffisamment court (300 pages) pour ne pas ennuyer.

Les amateurs de fantastique horrifique d’antan peuvent donc se risquer avec un certain plaisir à cette lecture estimable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur

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