Publié le 4 Avril 2024

JAMES BOND: NOBODY LIVES FOREVER de John Gardner

Et voici une nouvelle confrontation entre Tamil Rahani et James Bond. Le premier, intronisé nouveau chef du SPECTRE en remplacement de Blofeld (depuis l’opus précédent, UNE QUESTION D’HONNEUR), n’a plus que quelques mois à vivre à la suite d’un combat contre le second. Bref, Rahani veut la peau de 007 : il met littéralement sa tête à prix et la somme est telle que tous les tueurs de la planète coursent notre Bond, lequel doit, en plus, sauver sa logeuse, May, et Moneypenny, prises en otages par les méchants.

Voici donc notre très peu secret agent poursuivi par le Smersh, l’Union Corse, la Mafia, etc. En chemin, car James reste James, notre dragueur tombe (par hasard) sur deux superbes jeunes femmes qui décident, pour ses beaux yeux, de demeurer à ses côtés malgré les risques encourus. Bon, le lecteur trouve ça immédiatement très louche mais pas Bond (très confiant dans son charme irrésistible). Le retournement final n’en est donc pas un.

Reprenons : le bel espion et ses deux greluches sont en route pour détruire, une fois de plus, le SPECTRE. Heureusement, tous les méchants à leur poursuite se tirent dans les pattes, ce qui permet à Bond de survivre à des dizaines d’adversaires voulant le tuer. Mieux que John Wick !

Comme dans la plupart de ses bouquins, John Gardner fait du James Bond comme d’autres du Coplan ou du OSS 117. Ce n’est pas péjoratif, juste une constatation. Il a eu de la chance qu’on lui propose une « relance » plus prestigieuse que celle des deux autres agents secrets précités. Mais ses intrigues restent standards, pas vraiment palpitantes et trop banales pour réellement convaincre. Un mélange d’éléments tirés des films, des romans de Fleming et de la littérature de gare des années ’80.

Le respect du personnage est donc assez secondaire, l’essentiel étant de donner quelques fondamentaux aux lecteurs. Donc Bond tombe les filles, boit comme un trou (mais reste sobre), possède quelques gadgets (aujourd’hui bien vieillots) et se montre insupportable à force de manger les plats les plus chers et de boire les alcools les plus couteux, les seuls qui conviennent à son palais délicat. Le tout se rapproche davantage des films (période Roger Moore) que des romans originaux et l’ensemble verse régulièrement dans le ridicule. Que dire du méchant qui prend évidemment tout son temps pour conduire James à la guillotine (oui, oui, une vraie façon révolution française) ?

Mais le plus grand moment reste l’incroyable combat entre Bond et une…chauve-souris enragée placée dans sa douche ! Même Bigard, le Bebel du « Magnifique » et Jean Dujardin n’auraient pas osé et cela rend la scène drôle et mémorable. Débile aussi c’est vrai mais, à tout prendre, mieux vaut un peu de folie pour remonter la pente d’un scénario vraiment peu inspiré et banal. Si le roman avait comporté davantage de passages de ce genre on se serait sans doute plus amusé. Là, on se contentera d’un récit balisé dont une des seules réelles qualités réside dans son rythme soutenu, assuré par une pagination réduite à 192 pages.  

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #James Bond, #Espionnage, #Action, #Aventures

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Publié le 1 Avril 2024

DE L'ESPACE ET DU TEMPS d'Alastair Reynolds

Cette novella débute à la façon d’un film catastrophe, comme un roman à la JE SUIS UNE LEGENCE ou un comic-book (comme dans Y LE DERNIER HOMME) mais prend rapidement une tournure très différente. L’Humanité a été décimée par un virus inconnu. Quelques survivants réfugiés sur Mars finissent par périr à leur tour et notre héros, Renfrew, devient donc le dernier Humain dans l’Univers. Il se sent bien seul sur Mars, n’est pas John Carter qui veut. D’où des pensées suicidaires compréhensibles…à quoi bon continuer à vivre dans ces conditions ? Mais notre homme est tenace et peut heureusement compter sur l’hologramme d’Elton John pour lui tenir compagnie. Nous suivons donc la vie et les questionnements du Rocket Man pendant quelques dizaines de pages, avant que le court roman ne prenne une tournure différente et plonge dans l’anticipation cosmo philosophique.

Cette première partie est fort réussie, la suite un peu moins mais l’ensemble reste de haut niveau. Alastair Reynolds a déjà exploré la destinée vertigineuse, cosmique et divine de l’Humanité dans plusieurs œuvres, dont LA MILLIEME NUIT précédemment publiée dans la même collection. Quoique catalogué dans la Hard Science, l’œuvre de Reynolds reste étonnamment lisible, surtout dans le format du roman court. On apprécie néanmoins les idées d’ampleur immense propre à la veine spéculative de ce sous-genre littéraire, ici via l’intervention d’une race extraterrestre bénéfique et toute puissante.

Avec son récit assez classique, assorti d’une postface explicative et honnête, DE L’ESPACE ET DU TEMPS n’est pas révolutionnaire et ne provoque pas des « ouah » à chaque page mais demeure une agréable novella. Le récit se lit avec plaisir et demeure fort abordable, démontrant que dans le domaine de la Hard Science, le format court s’impose comme le plus agréable. Pour les allergiques aux romans qui nécessitent un dictionnaire de physique pour être appréciés, DE L’ESPACE ET DU TEMPS constitue une bonne porte d’entrée entre Hard SF, Sense of Wonder et humour. Bref, une histoire appréciable et dépaysante, ce qui n’est déjà pas si mal. 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Hard Science, #science-fiction, #Novella (roman court)

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Publié le 26 Mars 2024

CONAN LE FLIBUSTIER de Robert Howard et L. Sprague de Camp

Un nouveau recueil de nouvelles pour le Cimmérien, en partie révisées par L. Sprague de Camp dans son intéressante (mais débattue) tentative d’ordonner la vie de Conan de manière chronologique. Il ajoute ainsi en présentation des récits de petits textes censés expliquer la destinée du héros, lequel voyage beaucoup, rencontre de nombreux ennemis très méchants, séduit de nombreuses femmes (généralement puissantes, ce qui lui permet de garder un statut enviable), passe de militaire à mercenaire ou pirate, etc.

La première nouvelle, « Des éperviers sur Shem » est une refonte, par de Camp d’une histoire originale ne mettant pas en scène Conan et située à l’origine en Egypte. En dépit de ce tour de passe-passe discutable, l’intrigue fonctionne.

Retour à Howard avec « Le colosse noir » (les révisions de Camp y sont très mineures), une typique intrigue de Fantasy avec souveraine en péril, culte maléfique, affrontement contre une divinité, magicien louche, etc. Conan y prend du galon et devient général d’une armée, le récit, de son côté, prend de l’ampleur avec davantage de combats, de magie et de moments épiques. Un classique.  

« Des choses dans la clarté lunaire » poursuit les aventures du Barbare devenu pirate tandis que « La route des aigles » constitue un autre bidouillage qui transforme une nouvelle située dans l’Empire Ottoman en histoire de Conan.

Enfin, la célèbre « Une sorcière viendra au monde » comprend la fameuse scène de crucifixion reprise dans l’adaptation cinématographique « Conan le Barbare » et considérée comme la plus réussie écrite par Howard. Le reste de la nouvelle est efficace sans être réellement mémorable, avec une méchante reine débauchée prenant la place de sa gentille sœur. Mais le tout se lit avec plaisir et plusieurs passages démontrent la fougue et l’énergie que pouvait déployer Howard : l’intrigue est rythmée, l’écriture fiévreuse, la violence surgit de manière brutale,…Une bonne manière de conclure ce recueil inégal mais appréciable.

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Publié le 21 Mars 2024

SHERLOCK, LUPIN ET MOI d'Irène Adler

Dans cette revisite / pastiche destiné aux plus jeunes lecteurs nous découvrons Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Irène Adler (pseudo d’ailleurs repris par les deux écrivains pour ses romans vus du point de vue féminin) à Saint Malo, en 1870. Après la version de Maurice LeBlanc lui-même, ARSENE LUPIN CONTRE HERLOCH SHOLMES voici une autre « rencontre improbable » entre le détective et le futur gentleman cambrioleur. Cette fois, elle se situe dans leur jeunesse. Forcément nous découvrons (tout comme dans le film « Le secret de la pyramide ») un Sherlock d’une douzaine d’années mais déjà très fort dans la déduction et capable de se battre en vrai boxeur. Lupin est, de son côté, plus gouailleur, espiègle et plein d’entrain. Les deux héros, vus par les yeux de leur « amoureuse » Irène Adler, sont donc déjà en train de se construire et de forger leur personnalité d’adultes avec la plupart des caractéristiques attendues par le lecteur.

Une enquête les rassemble autour des remparts de Saint Malo : au programme un mort à l’identité mystérieuse, un collier disparu, une silhouette menaçante qui semble les poursuivre, etc. L’enquête en elle-même se montre plaisante quoique pas très poussée. Disons qu’elle semble légèrement anecdotique (sans être bâclée pour autant) puisque l’important réside dans les relations entre les trois protagonistes dont nous découvrons, progressivement, quelques « secrets » de famille. Bien des aventures (une quinzaine de tomes sont disponibles) les attendent avant qu’ils deviennent adultes et le récit prend donc les apparences d’un roman d’apprentissage bien agréable.

Dans l’ensemble, ces premières aventures de nos héros se lisent plaisamment et comporte suffisamment de rythme, d’humour et de clins d’œil pour offrir quelques heures de divertissement. Pour les puristes les personnages sont globalement conformes aux attentes sans chipoter sur les détails. De toutes façons ils ont été utilisés tellement de fois (en bien ou en mal) qu’il serait malvenu de s’offusquer de petits écarts par rapport au « canon ».

A conseilleur aux plus jeunes mais aussi aux adultes qui apprécient le charme et l’énergie de la littérature « jeunesse », laquelle retrouve souvent ce que la « grande » littérature a perdu : la volonté d’offrir de l’évasion au lecteur sans prise de tête ni digressions inutiles.

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Publié le 18 Mars 2024

CONTAGION de Robin Cook

Né en 1940, Robin Cook est l’inventeur (ou en tout cas le plus fameux représentant) du thriller médical. Il commence à écrire lors de la guerre du Viêt-Nam, par ennui, et se signale avec son deuxième roman, COMA, porté à l’écran sous le titre « Morts suspectes ». Par la suite il écrit un livre par an, en moyenne, et décroche le titre de « maitre du thriller médical ». Si la plupart de ses romans sont indépendants, Cook lance, au début des années ’90, une série avec comme héros régulier John Stapleton. CONTAGION constitue le deuxième volet de cette saga qui compte à présent une quinzaine de bouquins.

Après la mort de sa femme et de ses filles, John Stapleton, médecin légiste à New York, n'attend plus rien de la vie. Il se contente de faire son job et de jouer au basket dans un quartier mal fame. Mais une série de décès suspects le conduisent à enquêter sur ces morts étranges, causées par des maladies normalement éradiquées comme la peste. Tous les patients sont soignés dans les hôpitaux gérés par la puissante société Americare, à qui il doit la faillite de son propre cabinet d'ophtalmologie.
La rencontre de Terese, publicitaire, chargée d'une campagne pour le principal concurrent d'Americare, le décider à rechercher l'origine de ces morts.

Avec CONTAGION, Cook décrit un scenario hautement plausible d’attaque bactériologique d’ampleur dans une grande ville. Car les maladies ont, bien sûr, étaient disséminées par l’Homme. Comment? Pourquoi? Il faut attendre les derniers chapitres pour connaitre les raisons et, en dépit de quelques invraisemblances ou facilités, l’énigme fonctionne de belle manière. La révélation finale, surprenante mais en réalité quelque peu attendue (le plus innocent est forcément coupable) justifie cependant certaines sous-intrigues antérieures un brin classiques.

Les explications sur le système de santé américain et la guerre que se livrent les différents hôpitaux à coup de financement et de campagnes publicitaires hors de prix sont également intéressantes quoique parfois un peu trop éloignées de la trame principale. L’amitié que développe le toubib avec les membres d’un gang donne lieu, de son côté, à des scènes efficaces ponctuées d’humour et permet de relancer la machine dans les derniers chapitres, plus orientés action mais un peu longuets et languissants. Malgré ce bémol CONTAGION reste un thriller médical très efficace qui donne envie de lire les aventures suivantes de ce héros original et attachant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Thriller, #Thriller médical, #Robin Cook

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Publié le 15 Mars 2024

CONTES POUR PETITES FILLES CRIMINELLES de Nadine Monfils

Nadine Monfils propose ici une série de petites histoires, souvent très brèves, qui se rapprochent par leur format court des contes de fées. Mais revisités de manière glauques. Bref, ceux qui attendent des récits policiers à la manière des fameuses anthologies « Alfred Hitchcock présente… » peuvent passer leur chemin. Les récits ne cherchent pas le réalisme mais évoluent, au contraire, dans un onirisme et un surréalisme poético-morbide. Au risque de donner dans le cliché de la « belgitude » cette approche assume ce côté « belge » dans l’étrange et suit l’école Jean Ray, Thomas Owen et autres tenants d’un policier / fantastique décalé. Néanmoins, si les récits se lisent vite et sans déplaisir étant donné leur longueur réduite (le recueil ne fait, au total, que 125 pages) peu se montrent vraiment mémorables ou réussis.

Ecrites dans un style volontairement rétro et argotique, ces petites histoires se dégustent mieux par tranches qu’à la suite, la plupart usant d’un schéma similaire. Le côté glauque et l’opposition attendue entre l’innocence juvénile (plus souvent supposée que réelle) et la monstruosité des actes décrits peut amuser le lecteur mais la lassitude s’installe rapidement. « Les boutons de nacre », « La cage », « Le gang des petites filles » sortent un peu du lot mais, globalement, les intrigues sont faibles. L’auteur joue sur le côté surréaliste avec un mélange d’horreur, un érotisme déviant et un sadisme bon enfant pour accoucher de textes qui, souvent, ne racontent pas grand-chose et ne cherchent pas à être crédibles ou même convaincants.

Si quelques passages se révèlent efficaces et que la brièveté des récits donne envie de leur donner une chance, les déceptions sont plus nombreuses que les réussites. Dans l’ensemble, tout ça reste trop relâché pour convaincre et les chutes fonctionnent rarement. Bref, un grand bof.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Fantastique, #Humour, #Erotique, #Recueil de nouvelles

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Publié le 12 Mars 2024

LA CONSPIRATION DE ROSWELL de Boyd Morrison

Ancien champion de Jeopardy !, Boyd Morrison effectue ses gammes avec le roman catastrophe LA VAGUE puis propose quatre bouquins mettant en scène l’aventurier Tyler Locke. Des thrillers teintés d’un soupçons de science-fiction et d’ésotérisme possédant également un côté historique développé. Bref, des romans dans la lignée de ceux de Clive Cussler avec lequel il co-signe ensuite six opus de la saga Orégon.

Sorti en 2012, LA CONSPIRATION DE ROSWELL constitue la troisième enquête de Tyler Locke après L’ARCHE et LE CODE MIDAS. Le romancier se situe clairement dans la continuité de Cussler, Steve Berry et Dan Brown avec son protagoniste, un baroudeur escorté d’un géant musclé, toujours partant pour partir à l’aventure aux quatre coins du monde. Une bonne dose de Dirk Pitt, une louche d’Indiana Jones, une cuillère de James Bond et même une pincée de Bob Morane…et vous obtenez un intrépide héros qui, cette fois, tente de dévoiler la vérité sur le supposé accident d’OVNI à Roswell. Car, soixante ans après les faits, une des témoins, à l’époque adolescente, lance des révélations stupéfiantes et affirme être en possession d’un métal légué par un extra-terrestre en 1947. Cette annonce entraine des tas de péripéties, de chassé-croisé et de courses-poursuites effrénées, d’autant que la mamy en question se révèle la grand-mère de Jess, le grand amour de jeunesse de Tyler (oui le monde est petit).

LA CONSPIRATION ROSWELL offre une lecture divertissante et sans prétention quoique non exempt de défauts. Tout d’abord, l’aspect ufologique est assez restreint et même délaissé durant la majorité de la pagination. Dès lors le roman se transforme en une énième course poursuite entre un héros sans défaut et de méchants terroristes russes voulant créer une arme de destruction très massive. Nous retrouvons ainsi le principe du personnage devant résoudre diverses énigmes pour aller d’un point A à un point B où il recevra l’indice nécessaire pour se rendre au point C. Et on recommence. Enigme. Problème. Solution. Attaque des méchants. Echappée de justesse. Hop, le roman repart pour un tour. On y ajoute un mystère célèbre (ici Roswell), un côté historique, du conspirationnisme « grand public » et beaucoup d’action. Le final explosif (on va carrément dans l’espace comme James Bond en son temps) permettrait un blockbuster hollywoodien pétaradant si un cinéaste à la Michael Bay ouvrait un livre de temps en temps.

On connait la musique, déjà utilisée à de nombreuses reprises, Clive Cussler ayant pratiquement inventé le principe voici plus de cinquante ans. Le tout à coup de chapitres courts (cinq ou six pages en moyenne) qui nous permettent de voyager de par le monde et se terminent pratiquement toujours par un cliffhanger. Mais le tout reste, globalement, plaisant. De la littérature « fast food » qui se dévore rapidement et très facilement. Parfois on frôle l’indigestion tellement l’auteur abuse des rebondissements et de l’action pétaradante sans laisser au lecteur le temps de souffler. La double romance se montre, elle, très attendue et les explications finales concernant le mystère de Roswell peuvent décevoir. Mais le tout s’avère sympathique. Typiquement le genre de livre qui laisse peu de souvenirs mais permet de passer un bon moment. Parfois, c’est suffisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Action, #Aventures, #Technothriller, #Thriller

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Publié le 8 Mars 2024

AVENGERS & FANTASTIC FOUR: EMPYRE de Dan Slott

(critique commune aux 4 volumes soft-cover)

Dans la Maison des Idées on aime le recyclage, c’est bien connu. Du coup on revient régulièrement aux sagas considérées comme majeures comme la Guerre des Kree et des Skrull (personnellement je n’ai jamais accroché à ce space-opéra grandiloquent truffé de deus ex machina). Bref, on repart pour un tour avec Hulkling, un des Jeunes Vengeurs intronisé empereur car né d’une princesse Skrull et du héros légendaire des Krees, Captain Mar-Vell. Les deux peuples s’unissent pour lutter contre les Cotatis, une race végétale devenue très agressive. D’ailleurs ces derniers, que l’on pensait gentils et alliés des Avengers, se révèlent menaçants et désireux d’attaquer la Terre. D’où l’arrivée de personnages attendus (Fantastic Four, Avengers) ou pas (qu’est-ce que Conan vient faire dans cette galère ?). On nous reparle également de Swordsman, Mantis, etc. Toute cette mythologie venant d’un autre soi-disant classique (là encore je n’ai jamais accroché), la saga de la Madone Céleste.


Cross-over oblige, on y retrouve beaucoup de personnages assez anecdotiques (Ka-Zar) ou parachuté là (Miss Hulk) mais dans l’ensemble ces presque 700 pages (réparties sur 4 épais soft-covers) se suivent agréablement. L’intérêt principal repose sur Hulkling et ses actions / décisions, ainsi que sa relation avec son mari Wiccan. Comme il s’agit de personnages secondaires, les scénaristes sont plus libres et les rebondissements moins prévisibles. Mais le néophyte peut se sentir un peu perdu. Bref, du pour et du contre.

L’emballage space-opéra / science-fantasy est, lui, variablement convaincant avec souvent beaucoup de détours pas toujours nécessaires. Malgré tout le lecteur reste intéressé par les évènements et n’envisage pas de décrocher, curieux de connaitre la suite d’un récit d’ampleur plutôt bien géré. On aurait sans doute pu se contenter de l’intrigue principale et de quelques tie-ins sans s’obliger à lire tous les épisodes annexes mais, pour finir, la bonne qualité des scénarios et la cohérence des dessins rend le tout plaisant.


Sans être un event incontournable de Marvel (depuis CIVIL WAR y en a-t-il eu un seul ?), EMPYRE demeure une lecture sympathique et divertissante, ce qui le met dans le haut du panier « événementiel » de la Maison des Idées.

 

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Publié le 6 Mars 2024

LE SANG DU MATADOR de Dale Pierce

Voici un petit « J’ai lu Epouvante » passé inaperçu ou, en tout cas, oublié. Il bénéficie pourtant d’une belle couverture incitative (qui n’a rien à voir avec le contenu du livre mais qu’importe). Dommage que le titre soit un peu passe-partout, l’original, plus mystérieux et « poétique », étant plus efficace : « Play me the song of death ».

Bref, un journaliste, Phil, décide de s’installer dans la maison supposée hantée d’un ancien matador, Jaime Sublaran. Ce-dernier a été une star adulée de la tauromachie avant de sombrer dans la déchéance après avoir poussé un de ses rivaux à la mort. Sublaran, lui aussi, est décédé mais, après deux décennies, son souvenir reste vivace. Phil se prend d’intérêt pour cette histoire, qu’il imagine pouvoir servir de base à une biographie à succès avec tous les éléments indispensables : richesse, pouvoir, rivalité, soupçons de satanisme, morts violentes, etc. Mais est-il prudent de déranger les défunts ?

L’auteur a écrit de nombreux livres sportifs sur le catch et la tauromachie. Dès lors il combine ces deux « passions » en faisant du héros un écrivain obsédé par un toréador décédé dont le beau-frère est un des « nombreux champions du monde de catch ». Le bouquin, lui, avance à bon rythme. Nous étions à la grande époque des romans d’épouvante emballé en moins de 250 pages, façon pulp et loin des briques actuelles (souvent peu digestes). Car l’auteur ne tire pas à la ligne : son intrigue est  simple, efficace et classique (on peut remonter à L’AFFAIRE CHARLES DEXTER WARD pour un des premiers exemples d’influence nocive par-delà la tombe…et même surement dans des nouvelles antérieures).

LE SANG DU MATADOR ne nourrit pas d’ambitions démesurées et son auteur ne cherche pas à révolutionner la littérature de terreur. Il ne se frotte pas aux cadors de l’époque (King, Straub, Barker, Masterton, Koontz et compagnie) mais livre, quasiment dans son coin, son petit livre fantastique teinté de quelques passages un peu sexy ou horrifiques dans la tradition des années ’80. Une lecture nostalgique au final plutôt plaisante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #J'ai lu Epouvante

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Publié le 4 Mars 2024

LES TENEBRES DE L'AUBE d'Eric Palumbo (ressortie)

A l'occasion de la ressortie du livre, petite remise en lumière

 

Bien connu des amateurs de cinéma populaire, Eric « Draven » Palumbo nous propose son premier roman, à mi-chemin entre le thriller et l’horreur. Ce qui débute comme une classique enquête plonge en effet rapidement dans le fantastique.

Un romancier spécialisé dans l’épouvante qui souhaite changer de registre et dont la copine est tombée sous les coups d’un tueur en série : voici le héros (très « Stephen Kingien ») de cette intrigue menée tambour battant sur un peu plus de 300 pages. Rapidement, notre écrivain rencontre un flic soupçonneux dont la fille, à son tour, est assassinée par le même serial killer. Réunis par la tragédie, les deux hommes mènent leur enquête, laquelle les conduit vers le village maudit de Lôbe, ravagé sept ans plus tôt par un incendie. Sur place, ils iront de surprise en surprise avant de dévoiler une vérité incroyable.

Débutant comme un thriller à la Maxime Chattam, le roman s’oriente ensuite vers l’épouvante teintée de gore : une fois arrivé à Lôbe, nos deux héros sont confrontés à de nombreux phénomènes surnaturels et deviennent prisonniers de cet endroit hanté.  

Assumant ses quelques clins d’œil (la tête de cerf animée à la « Evil Dead » et les jouets meurtriers échappés de « X-Tro » ou de « Puppetmasters »), le roman se déroule à un rythme des plus soutenus, en particuliers durant la seconde partie, située dans un village maudit d’où nul ne semble pouvoir s’échapper. L’auteur se rit même de certains clichés lorsque les héros découvrent qu’ils n’ont (forcément !) plus de connexion réseau et s’exclament « on se croirait dans un mauvais film d’horreur ». On note d’autres pointes d’humour comme ce clown maléfique baptisé George Clowny en référence au comédien révélé par « Urgences ».

Avec son ambiance fantastique ponctué de scènes sanglantes et son climat de noir secret évoquant le Peter Straub de GHOST STORY, le bouquin ménage ses révélations successives de manière très fluides (seules les dernières pages peuvent paraitre un rien précipitées) avec une écriture maitrisée qui use de valeurs sûres pour maintenir l’intérêt (passage d’un personnage à un autre, chapitres courts, cliffhangers utilisés à bon escient) et d’un style fort efficace.

Les influences sont, elles, bien digérées : on pense aux premiers James Herbert (comme FOG) pour la manière dont le romancier passe d’un personnage à l’autre et orchestre leur rencontre avec l’indicible mais aussi à Dean Koontz pour cette précision très américaine dans la construction narrative (qui mixe la rationalité d’une enquête de polar à l’horreur) ou à Graham Masterton pour le déchainement surnaturel du dernier acte. Sans oublier, bien sûr, l’ombre de Stephen King, aussi inévitable que parfaitement assumé dans le texte.

Pour les nostalgiques des collections de littérature horrifique d’antan (J’ai lu épouvante, Presse Pocket Terreur, Fleuve Noir Gore, etc.), voici une lecture vivement conseillée !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Thriller, #Horreur

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