Publié le 23 Août 2018

DIRTY HARRY - LA MORT EST AU RENDEZ-VOUS de Dan Hartman

Lorsque Clint Eastwood annonce, après la sortie de « L’inspecteur ne renonce jamais » qu’il ne fera plus de « Dirty Harry », la Warner, dépitée, décide de permettre à un auteur officiant sous le pseudonye collectif de Dane Hartman de continuer la saga. Douze romans seront ainsi publiés au tout début des années ’80, la sortie de « Sudden Impact – le retour de l’inspecteur Harry » y mettant un terme en 1984.

Sous le nom de Dane Hartman se cachent au moins trois auteurs différents dont Leslie Alan Horvitz et Ric Meyers (auteur de plusieurs bouquins sur les films d’exploitation, de kung fu, et également romancier pour les séries L’IMPLACABLE et NINJA MASTER).

Les recettes des films ne changent guère pour ce cinquième livre de la série (elle en compte douze mais seuls neuf furent traduits en France durant les 90’s).

Dès son arrivée à Boston, où il vient rendre visite à sa nièce apparemment menacée par un tueur en série, Harry doit batailler. Encore dans l’avion il bouzille la radio d’un indélicat (ce qui lui vaut directement le numéro de chambre de l’hôtesse). Un peu plus tard, il retrouve le même mélomane accompagné de ses potes, toujours aussi agressif. Harry résout le problème à sa manière, à grand coup de poings dans la gueule.

Evidemment, Harry se heurte à la bureaucratie et à tous les empêcheurs de tabasser en rond. Les petites crapules sont relâchées par une justice trop laxiste, se plaignent de brutalités policières ou menacent de convoquer leur avocat pour porter plainte contre la police. Harry, de son côté, ne peut que soupirer en appliquant sa méthode : une bonne balle de Magnum 44 dans la tête !

LA MORT EST AU RENDEZ-VOUS constitue un polar de gare distrayant et sévèrement burné, ancré dans son époque par ses références (Harry visionne « Superman 2 » mais ne perd pas son temps devant le sympathique « Survivance » qualifié de navet) et très classique dans son déroulement. Tueurs en série, hypnose, nymphomanes, sectes zarbies,…la tatouille habituelle est resservie une fois de plus. Le personnage est de toutes façons devenus un tel archétype du flic dur à cuire réactionnaire qu’il inspira des dizaines d’imitations, tant au cinéma qu’en bouquin comme en témoigne les autres bouquins de cette éphémère collection « Supercops ».

Si l’originalité ne constitue pas la principale qualité de ce petit roman, ce-dernier se lit néanmoins avec plaisir pour les amateurs de l’inspecteur le plus efficace des Etats-Unis. Ca court, ça flingue, ça charcle et l’action ne faiblit guère, ne laissant guère de répit au lecteur. Seules les dernières pages, où l’auteur explique l’affaire policière, passablement embrouillée, se montrent décevantes et même unbrin ennuyeuses, voire confuses.

Malgré tout, l’amateur de polar d’action passera un bon moment au fil de ses deux cents pages de courses poursuites musclées et de fusillades saignantes. De quoi donner envie d’en lire un autre…

« Go ahead, make my day »

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Roman de gare, #Polar, #Cinéma et TV

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Publié le 22 Août 2018

DES LARMES SOUS LA PLUIE de Rosa Montero
DES LARMES SOUS LA PLUIE de Rosa Montero

Bien que le titre provienne d’une des répliques finales de « Blade Runner », DES LARMES SOUS LA PLUIE ne constitue pas une suite du film de Ridley Scott (lui-même adapté du roman de Philip K. Dick). Ce n’est pas non plus un spin of, ni un remake, plutôt un hommage à l’univers créé en 1982. Un monde si plausible que, selon Montero, ce « futur noir » deviendra réalité au début du XXIIème siècle.

Le XXIème siècle a été cauchemardesque…Réchauffement climatique, montée des eaux, guerre civile généralisée, conflits menés par des androïdes puis des robots de combats, famines, fanatisme religieux, etc. Le début du siècle suivant voit une terre quelque peu apaisée, à la population réduite à un milliard. Les hommes vivent entassés dans les régions préservées, l’air est devenu irrespirable un peu partout, certaines sectes se sont exilées dans l’espace à bord de « nouveaux mondes » mais, globalement, la situation s’est améliorée par rapport aux précédentes décennies.

Bruna Husky vit à Madrid. C’est un androïde de combat à la durée de vie limitée à 10 ans, autrement dit une « réplicante ». Les « techno humains », déjà peu aimés, s’attirent la haine de la population par une série d’agressions et d’attentats. Sur la demande de Myriam Chi, présidente du Mouvement Radical Réplicant, Huski enquête sur le sujet. Pendant ce temps un de ses amis archivistes, Yannis, découvre une manipulation généralisée des Archives terrestres afin d’attiser l’hostilité envers les réplicants.

En dépit de quelques clins d’œil à Dick et Asimov, Montero prend soin de construire un monde futuriste parfaitement cohérent dont la richesse se voit détaillée par les très intéressantes pages d’archives qui interrompent régulièrement la narration. Celles-ci décrivent non seulement l’Histoire du XXIème siècle mais aussi les différentes altérations subies par ces archives à des fins de propagande. L’humanité a ainsi traversé les « guerres rep » auxquels ont succédé les « guerres robotiques » tandis que la secte de l’Eglise du Credo Unique fondée par le messie Heriberto Labari, né le 11 septembre 2001, gagne en puissance en poussant à la haine des réplicants.

Il y aurait beaucoup à dire sur DES LARMES SOUS LA PLUIE, de la complexité de l’intrigue à la profondeur des personnages en passant par le mélange, très maitrisé, de drame, de polar et de science-fiction. Certes on peut reprocher quelques longueurs ou des passages plus descriptifs et introspectifs qui ralentissent l’action mais, dans l’ensemble, ce roman fonctionne de fort belle manière. Rosa Montero livre un bel hommage à « Blade Runner » que l’on peut estimer plus original et réussi que les suites littéraires jadis proposées par K.W Jeter. A découvrir en attendant de lire la suite, LE POIDS DU CŒUR.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Thriller, #anticipation, #Polar, #Cyberpunk

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Publié le 21 Août 2018

LE DOSSIER ATREE de GJ Arnaud

G.J. Arnaud signe son entrée dans la collection « Angoisse » avec ce roman qui traite du cannibalisme et des conséquences de la guerre d’Espagne.

Un journaliste, invité à goûter les plats succulents d’un restaurant secret, le House Bones, où se presse la bonne société, ne tarde pas, en effet, à comprendre la véritable nature de la viande servie dans l’établissement. Bien sûr, un secret absolu doit être gardé sur le restaurant mais il est si tentant de vouloir écrire un bel article…

Arnaud convoque ici une organisation étrange, le Bureau Universel de Recherches des Anomalies Sociologiques, pour dénouer les fils d’une intrigue touffue. En peu de pages, le romancier évoque la guerre d’Espagne, les exactions d’anciens nazis et lie le tout par le biais d’un trafic d’enfants, enlevés puis gavés avant de finir dans les assiettes de riches adeptes de la chair humaine.

L’histoire générale, assez classique finalement, se voit joliment développée par ces différentes sous-intrigues et par un intéressant procédé stylistique : les narrateurs du récit changent fréquemment, transformant le roman en une sorte de mosaïque, voire de puzzle. Nous aurons ainsi le témoignage d’un infirmier espagnol, nous découvrirons l’existence d’un enfant mutilé et obèse, gavé comme une oie, etc. De quoi conférer une originalité certaine au récit et relancer l’intérêt d’un bouquin qui aurait pu n’être qu’un « roman de gare » horrifique assez quelconque sans la science (et le solide métier) d’Arnaud.

LE DOSSIER ATREE, comme l’indique la préface, constitue un précurseur aux « Gore » de la décennie suivante quoiqu’il mette davantage l’accent sur une horreur plus insidieuse, moins frontale mais tout aussi efficace, voire davantage car débarrassé des outrances du grand guignol, lesquelles auraient pu le faire sombrer dans une parodie plus ou moins volontaire.

Malheureusement le roman, en dépit de ses qualités, souffre d’un ventre mou (un comble vu le sujet !) dans sa seconde moitié. Les agents du Bureau Universel de Recherches des Anomalies Sociologiques usent ainsi de tactiques risibles pour contrer les anciens nazis cannibales, entrainant LE DOSSIER ATREE dans certains travers des bouquins d’« espionnages » de consommation courante. Dommage car Arnaud avait soigné toute la première partie et les cent premières pages se montraient d’une efficacité exemplaire de part, justement, leur retenue et leur plausibilité.

En dépit de ce bémol, LE DOSSIER ATREE demeure un plaisant « Angoisse » qui se lit d’une traite et avec gourmandise. Pas indispensable mais fort agréable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Horreur, #Polar, #Collection Angoisse Fleuve Noir, #GJ Arnaud

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Publié le 16 Août 2018

LE CADAVRE CAVALEUR d'Erle Stanley Gardner

Voici une nouvelle enquête de Perry Mason, lequel s’intéresse au cas de Myrna Davenport, accusée d’avoir empoisonné son mari, un riche homme d’affaires. Mais le corps du supposé défunt ayant disparu, l’enquête se complique : peut-être n’était-il qu’indisposé ou intoxiqué par l’alcool ? Des témoins affirment en effet l’avoir vu s’enfuir par la fenêtre de l’hôpital seulement vêtu de son pyjama. Pourtant, peu après, des enfants découvrent le cadavre du businessman. Il aurait été bel et bien empoisonné, sauf qu’on découvre à la fois du cyanure (poison très rapide) et de l’arsenic (poison lent) lors de l’autopsie. Convaincu de l’innocence de sa cliente, Mason mène l’enquête avec ses comparses habituels, sa secrétaire Della Street et le détective Paul Drake.

Comme les autres romans de Gardner, celui-ci se lit vite, presque d’une traite, d’une part grâce à sa brièveté et d’autre part grâce à son style dépouillé, très porté sur les dialogues et se passant presqu’entièrement de description. Le prétoire étant une sorte de théâtre, on imagine très bien cette intrigue portée à la scène sans grand changement, à coup de réparties vives, de coups de théâtre et des inévitables « objections » lancées par les avocats de la défense ou de l’accusation. Ces derniers se livrent, lors du dernier acte, à une véritable joute oratoire assez jubilatoire en dépit du caractère très classique et « formulatique » du récit, tous les « Perry Mason » étant construit sur le même immuable schéma narratif. En dépit de ce bémol, l’enquête est bien menée, avec du rythme et une science confirmée du rebondissement, à la manière d’un « pulp » souhaitant garder l’attention du lecteur jusqu’aux dernières pages. En définitive, ce CADAVRE CAVALEUR se montre fort plaisant pour les amateurs de policiers à l’ancienne.

Le livre a été réédité dans un omnibus consavré à l'auteur

Le livre a été réédité dans un omnibus consavré à l'auteur

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Golden Age, #perry mason

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Publié le 13 Août 2018

LE CHOIX de Paul J. McAuley

Courte novella (environ 80 pages) couronnée en 2012 par le prix Sturgeon, LE CHOIX constitue une œuvre plaisante et d’accès aisé, à la lecture fluide et à la thématique intéressante.

Nous suivons les aventures de deux amis dans un monde dévasté par les changements climatiques, l’augmentation de la température et la montée des eaux. Lucas vit avec sa mère, bloggeuse et activiste écologiste minée par la maladie. Damian, de son côté, vit avec son père, un éleveur de crevettes colérique. Dans ce monde à la dérive, les extraterrestres, pourtant, ont pris contact avec l’humanité. Un de leur vaisseau, surnommé un Dragon, tombe non loin de Norfolk. Lucas et Damian décident de s’y rendre et de remonter le fleuve sur un petit esquif afin de se frotter à la technologie des visiteurs de l’espace.

En peu de pages, Paul J. McAuley injecte une bonne dose de sense of wonder dans un récit dystopique, confrontant l’émerveillement de nos jeunes héros à la technologie extraterrestre mais, aussi, à un monde en pleine déliquescence. Comme le titre l’indique, il s’agit d’une sorte de conte moral dans lequel des individus aux caractères opposés vont devoir prendre des décisions aux conséquences importantes. LE CHOIX constitue donc un récit initiatique et traite, en quelque sorte, du passage à l’âge adulte à la suite d’événements tragiques. Si le propos est différent, le ton empreint de mélancolie rappelle, parfois, le film STAND BY ME, lui-même adapté d’une novella de Stephen King, dans le périple de ces deux jeunes à la rencontre de l’étrange et de leur destinée.

Bien ficelé, très abordable (y compris pour les réfractaires à la SF), LE CHOIX s’impose comme une belle réussite où les relations entre les personnages prédominent. Toutefois, l’auteur ne néglige pas le contexte apocalyptique et la description d’un environnement écologique et sociétal en plein effondrement. Encore un très bon choix effectué par les éditions Le Belial pour leur indispensable collection « Une heure lumière ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #anticipation, #Roman court (novella)

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Publié le 9 Août 2018

PENNY S: FLASH GORGONE de Pau Kenyon

Dans cette septième et avant dernière aventure de la « Baroness », Paul Kenyon (Donald Moffitt) emmène notre héroïne au Maroc pour contrer un complot terroriste de grande ampleur. Il faut dire que des terroristes arabes se sont emparés, au SHAPE, dans une « petite ville belge », d’un missile nucléaire qui pourrait aider leur plan de domination mondiale. Toute une petite équipe d’espions sur entrainés, sur équipés et possédant des gadgets à rendre jaloux James Bond, se trouve convoquée pour juguler la menace. Le grand méchant, Don Alejandro, est un descendant des Inquisiteurs espagnols souhaitant rendre à sa famille le contrôle du Maroc. Pour cela il peut compter sur l’aide de son assistant, le sadique et simiesque Dr Funke, lequel a mis au point un appareil provoquant, par de subtiles lumières indiscernables à l’œil nu, une sorte de transe épileptique conduisant le sujet à une mort horrible. Penny S, notre héroïne de charmes, débarque au Maroc sous couverture (elle est censée poser pour des cosmétiques),…

PENNY S: FLASH GORGONE de Pau Kenyon

Penny S, sorte de version féminine de SAS et autres super espion, traverse l’intrigue en couchant avec tous les hommes qui croisent sa route, se fait capturer, dénuder et torturer par des islamistes, s’évade et combat des tas de méchants, le plus souvent à poil et avec ses seuls petits poings en guise d’arme.

Evidemment, il ne faut pas attendre de ce genre de bouquin un classique inoubliable de la littérature, simplement un mélange, plutôt bien dosé, d’espionnage, d’aventures et d’érotisme. Le romancier possède un certain métier et ne parait jamais bâcler son livre ni se foutre de son public. Le scénario, quoique classique, reste cohérent, efficace et bien mené (certains techno thrillers récents à gros tirage n’en ont pas de meilleur), l’action est plaisante, le rythme soutenu et les obligatoires scènes pornos, distillées à intervalles réguliers, ne sont ni envahissantes ni « plaquées » sur l’intrigue. Le tout possède également un côté pulp des plus réjouissants, l’équipe de choc de Penny rappelant quelque peu celle de Doc Savage, chacun possédant sa petite spécialité bien utile pour accomplir les « missions impossibles » demandées.

Le tout donne donc un plaisant divertissant pour les amateurs de sexpionnage, le personnage de Penny S, quoique schématique, étant plus intéressant et moins caricatural que ses consoeurs OSSEX ou Cherry O.

Rien de transcendant mais l’assurance d’un bon moment pour les amateurs de littératures de gare « pour hommes ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Roman de gare, #Erotique, #Espionnage

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Publié le 8 Août 2018

MEURTRES A 30 000 KM / S. de Christiphe Lambert

A bord du Space Beagle II voyage une poignée d’astronaute qui ramènent des échantillons de vie extraterrestre. Malheureusement, les caissons d’hibernations sont détruits, condamnant les membres d’équipage à des décennies d’enfermement avant de revenir sur Terre. Une seule personne pourra être cryogénisée et bénéficier, une fois revenue sur notre planète, d’une existence « normale »…Plusieurs accidents mortels suspects se produisent également, amenant la jeune Alexia, 13 ans, à soupçonner qu’un assassin mystérieux s’en prend aux membres du vaisseau. Avec l’aide de son très sophistiqué robot Puck, la jeune fille mène l’enquête.

En mélangeant enquête policière en vase clos et science-fiction, saupoudré d’humour, Christophe Lambert livre un récit « jeunesse » efficace et plaisant. L’écrivain ne renie aucunement ses influences : Alien (ce que démontre les patronymes des protagonistes), LES 10 PETITS NEGRES, le recueil LA FAUNE DE L’ESPACE d’Alfred Van Vogt (où apparait le Space Buggle et qui inspira justement « Alien »), 2001 pour le premier « incident » d’un astronaute dans l’espace, Star Wars (dont les suites – encore virtuelle à l’époque de sa rédaction - seront gentiment égratignées),…Autant de clins d’œil qui amuseront les plus âgés.

Vingt ans plus tard, Christophe Lambert publiera une nouvelle version, plus courte et remaniée, qui en rajoute une couche (ironique) sur Star Wars et Harry Potter. L’auteur en profite également pour remettre au goût du jour ses références aux grands poètes du XXIème siècle : la bien oubliée Géraldine (« Bouge ton attitude efface tes certitudes ») y est remplacée par Maitre Gims (qui, on l’espère, sera tout aussi oublié en 2038).

Comme toujours, Lambert nous offre un divertissement de qualité que peuvent apprécier tant les enfants (à partir de 9 – 10 ans sans doute) que les adultes.

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Publié le 7 Août 2018

REMAKE de Connie Willis

Dans un futur proche, à Hollywood, une jeune femme, Alis, rêve de participer à des comédies musicales, à danser et faire des claquettes. Mais les temps ont changés et Hollywood ne produit plus de nouveautés depuis longtemps. On se contente de remakes infographiques. On prend des vieux films, on les digitalise, on les traficote,…Les stars d’antan sont de plus en plus starifiées, Marylin Monroe tourne plein de « nouveaux » films et y donne la réplique à Chaplin, Tom Cruise ou River Phoenix. A condition bien sûr que les avocats des défunts parviennent à s’entendre.

Tom est un de ses spécialistes du remake. Il accepte aussi un boulot bien payé qui consiste à nettoyer toutes ces vieilleries de leur contenus offensants. On coupe les scènes où l’on voit des gens fumer, prendre de la drogue, boire de l’alcool. La pression des groupes de vertu est si forte…Un jour, en visionnant un Fred Astaire datant de 1949, Tom tombe sur Alis. Impossible ? Peut-être pas…

De cette love story classique entre une apprentie actrice et un « censeur virtuel », Connie Willis tire une œuvre très originale et pétrie de références cinématographiques. L’opposition entre la vie dépravée des protagonistes (toujours vautrés dans le sexe, la drogue et l’alcool) et leur boulot de censure (la moindre allusion à ces substances doit être éliminées des films) parait quelque peu excessive mais, au final, l’actualité récente dans le domaine du politiquement correct confère à ce REMAKE (écrit en 1994) une portée prophétique indéniable.

Stars d’antan digitalisée, acteurs virtuels, programmes informatiques, logiciel de montages, effets spéciaux et, bien sûr, copyright (bonjour le pognon !) permettent toutes les innovations et la sortie de nouveaux films qui ne sont, en réalité, que des remakes / relectures modifiés d’anciennes productions complètement oubliées et que plus personne ne regarde. Hollywood applique simplement au média cinéma le principe du sampling musical au point de créer des « œuvres originales » à partir d’éléments épars, collant le visage de la maitresse d’un producteur en vogue sur une comédienne de jadis ou faisant se rencontrer les idoles d’antan pour la plus grande joie des touristes qui viennent ensuite visiter l’usine à rêves.

Lauréate du Locus (dans la catégorie « roman court »), Willis prouve avec cette histoire à la pagination restreinte (200 pages) qu’elle peut livrer de grandes réussites sans s’appesantir sur des centaines de pages (défaut principal de ses titres les plus connus comme SANS PARLER DU CHIEN ou LE GRAND LIVRE).

Une excellente lecture (nominé pour le Hugo) qui combine tous les éléments de la bonne science-fiction : univers spéculatif à la fois différent et très proche du notre, humour, références, intrigue intelligente et conclusion donnant volontiers une coloration merveilleuse (dans le sens du sense of wonder anglo saxon) à une dystopie cyberpunk de haut vol. Chaudement recommandé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #anticipation, #Cyberpunk, #Roman court (novella)

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Publié le 6 Août 2018

KIAI d'Alexandra Coin et Eric Kwapinski

Dans ce roman, qui fait suite au très réussi LA VOIE DU TALION, nous retrouvons l’ancien légionnaire et tireur d’élite Fabrice, parti se ressourcer dans les Alpes. Il y rencontre Peter Wolff, un prêtre défroqué ressemblant à un Viking, qui s’attire la haine d’un groupuscule ultra catholique décidé à faire revivre l’Inquisition. Cette intrigue va en rejoindre une autre, la destruction par le feu d’un orphelinat religieux et l’enfermement en hôpital psychiatrique d’une pensionnaire, Marie.

En un peu plus de deux cents pages, les auteurs remettent le couvert pour un second thriller dénonçant frontalement les dérives des diverses religions dans une atmosphère de fin de civilisation où les intégristes de tous bords rivalisent de folie meurtrière.

Alexandra Coin et Erik Kwapinski convoquent à nouveau les principaux protagonistes de LA VOIE DU TALION, notamment le mentor guerrier Taisho et la psychologue Zoé. Ils plongent dans les mystères de l’Aude, en terre cathare, et ponctuent leur récit de quelques références cinématographiques et de passages sanglants à base de tortures historiques (Vierge de fer, etc.)

Le roman se construit de belle manière, laissant la part belle à la psychologie mais sans négliger quelques passages d’action. Une belle leçon de rythme puisque l’histoire avance sans longueurs ni lenteurs en imbriquant harmonieusement les différentes sous-intrigues, toutes consacrées aux exactions des fous de dieu.

Avec une science déjà confirmée du suspense et du retournement de situation, les deux auteurs conduisent le lecteur vers un twist particulièrement surprenant et finalement crédible.

De la bel ouvrage !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Thriller

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Publié le 2 Août 2018

DERIVE ARCTIQUE de Clive et Dirk Cussler

Clive Cussler, grand spécialiste du roman d’aventures maritimes, nous propose, avec l’aide de son fiston, une nouvelle intrigue mettant en scène son increvable héros Dirk Pitt.

Rappelons que la série débuta en 1973 avec MAYDAY pour se poursuivre au rythme soutenu d’un titre tous les deux ans. DERIVE ARCTIQUE, publié en 2008, constitue le vingtième volet de cette saga. Une des particularités de Dirk Pitt réside dans son vieillissement au fil des années. Forcé d’adopter un rôle moins prédominant, le directeur de l’agence NUMA se trouve, depuis déjà quelques épisodes, accompagné de ses enfants, Dirk Pitt Jr et Summer.

La recette, immuable, débute par une séquence située en Arctique, en 1847. L’expédition Franklin tente de découvrir le passage du nord-ouest mais les deux navires, le Terror et l’Erebus, sont bloqués par les glaces tandis que l’équipage sombre dans la folie.

De nos jours, une équipe de la Numa composée de Dirk Pitt et ses enfants, ainsi que du fidèle Al Giordino, tente de retrouver l’épave du Terror, lequel transportait une grosse quantité d’un mystérieux métal, proche du platine, qui pourrait servir à stopper le réchauffement climatique catastrophique. Cependant, un millionnaire cupide freine les recherches et n’hésite pas à commettre plusieurs attentats pour empêcher que celles-ci aboutissent. Et la situation entre le Canada et les Etats Unis s’enveniment au point qu’une guerre potentiellement mondiale se profile…

Roman écologiste s’attaquant frontalement au réchauffement climatique et aux compromis des puissants pour continuer à s’enrichir en dépit de la multiplication des catastrophes, DERIVE ARCTIQUE déroule le scénario typique des aventures de Pitt. Nous avons droit aux déductions de l’intelligence artificielle Max, aux scènes de poursuites et aux fusillades quoique l’ensemble soit moins « monumental » qu’ONDE DE CHOC, CYCLOPE ou ATLANTIDE. Ici, le récit se veut plus réaliste (bien qu’il faille à nouveau jouer de la suspension d’incrédulité) mais reste dans la lignée des précédents, une sorte de mélange de James Bond (version cinéma) et d’Indiana Jones, bref un cocktail d’aventures, d’action, d’énigme, d’espionnage, et de politique-fiction saupoudré d’une pincée d’anticipation science-fictionnelle pour un techno thriller épais (plus de 600 pages) mais d’une lecture aisée. Cussler use ainsi de toutes les techniques du « page turner » en multipliant les intrigues parallèles, les chapitres courts (une centaine, souvent longs de quatre ou cinq pages seulement) et les mystères finalement résolus dans les dernières pages.

Solidement documenté, l’écrivain s’appuie sur des références historiques et sur la tragédie des navires Terror et Erebus (laquelle inspira à la même époque Dan Simmons pour son roman THE TERROR) dont les épaves seront évidemment découvertes par Pitt (elles le seront, dans la réalité, en 2016).

Cependant, les intrigues parallèles entre Dirk Pitt et ses enfants semblent parfois quelque peu déconnectées, comme si le lecteur se trouvait face à deux livres en un seul. Il faudra attendre la toute fin pour que les deux récits aboutissent à une vraie cohérence. Dirk Junior manque également d’une vraie personnalité, il ressemble trop à une copie aseptisée (ou « rebootée pour le XXIème siècle ») de son paternel. Néanmoins, la transition annoncée s’opère progressivement et le passage de témoin parait plus proche que jamais entre Pitt Sr et Jr. Espérons qu’il soit plus convainquant que celui entre Indiana Jones et son gamin dans LE ROYAUME DUCRANE DE CRISTAL.

S’il n’est peut-être pas le meilleur roman de son auteur (une certaine lassitude peut logiquement poindre pour un vingtième roman, sans compter les séries dérivées similaires comme « les dossiers de la Numa » ou « Oregon »), DERIVE ARCTIQUE demeure un divertissement intelligent et rondement mené. On y trouve sans doute moins d’action et d’émerveillement que dans les plus belles réussites de l’auteur (comme SAHARA ou ODYSSEE) mais, dans l’ensemble et en dépit de quelques longueurs, le contrat est en grande partie rempli. Au suivant !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Thriller, #Technothriller, #Clive Cussler

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