policier

Publié le 10 Décembre 2018

UN COUP SUR LA TABATIERE de John Dickson Carr

Un Carr atypique (pas de détective récurent, pas de chambre close) mais joliment tourné. La situation de départ s’avère classique :  une jeune femme, Eve, s’apprête à convoler. Elle est rejointe dans sa chambre par son ex-mari, Ned, qui se montre entreprenant. Par la fenêtre, le « couple » est témoin du meurtre de Sir Maurice, le père de Toby, le fiancé actuel d’Eve. Au cours du crime, la tabatière de prix du défunt, ayant jadis appartenu à Napoléon, est brisée. Par un incroyable concours de circonstance, Eve se retrouve avec du sang sur son déshabillé et une pièce brisée de la tabatière est découverte chez elle. Bien sûr, cela fait de la jeune femme le principal suspect du meurtre. Ned pourrait l’innocenter mais celui-ci, renversé par une voiture, termine à l’hôpital sans que l’on sache s’il va se réveiller. Comment Eve pourra t’elle se tirer de ce mauvais pas ?

Dans ce whodunit traditionnel écrit en 1942, Carr s’amuse de sa technique – souvent reprochée - consistant à interrompre l’action juste avant une importante révélation puisque le détective affirme « qu’il ne cachera pas la vérité comme dans les romans policiers »…Evidemment c’est pourtant exactement ce que l’enquêteur sera contraint de faire. Classiquement, Carr accumule les indices vers un protagoniste, puis s’intéresse à un autre en présentant de nouvelles « preuves » avant de révéler la réelle identité du coupable dans les dernières pages. Une révélation astucieuse et bien amenée quoique l’écrivain se montre suffisamment honnête pour disséminer de nombreux indices au fil du récit, conduisant normalement le lecteur à comprendre la vérité quelques pages avant la conclusion.

Sans perte de rythme, le roman avance d’un bon pas, aidé par une pagination  adéquate qui permet de maintenir l’attention du lecteur jusqu’aux coups de théâtre finaux. Une belle réussite pour le roi de l’énigme.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Golden Age, #Policier, #Whodunit

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Publié le 11 Octobre 2018

L'EXECUTEUR TOME 2: MASSACRE A BEVERLY HILLS de Don Pendleton

Dans ce deuxième tome de la saga, l’Exécuteur décide de s’adjoindre une équipe composée d’anciens du Viet-Nam tous doués de capacités particulières : spécialiste en armes lourdes, en explosifs, en gadgets électroniques, etc. Nos dix guerriers, sous la direction de Mack Bolan, vont aller « blitzer » les mafieux corrompus de Beverly Hills protégés par des flics forcément ripoux.

Sorti en 1969 (eh oui !) ce roman (au titre original plus approprié de Death Squad) diffère des habituels titres de la période « guerre à la Mafia » en plaçant Bolan en retrait et en offrant un temps de présence relativement important à chacun des membres de l’équipe. C’est peut-être le regret que peut avoir le lecteur : les protagonistes sont intéressants et bien définis, leurs relations ne manquent pas de piquant (avec quelques réparties amusantes) mais, au final, peu survivront à la mission. Il est regrettable que le roman se termine par un tel jeu de massacre : l’auteur aurait pu épargner davantage de personnages pour qu’ils puissent revenir dans les bouquins ultérieurs. Publié ultérieurement, nul doute que le romancier aurait pris plusieurs volumes afin d’agrandir progressivement son équipe, ici la présentation des dix héros reste trop rapide pour convaincre pleinement. De même voir une telle bande de guerriers d’élite exterminée en une vingtaine de pages parait improbable.

Quoiqu’il en soit, ce MASSACRE A BEVERLY HILLS s’apparente à une sorte de western urbain (entre LA HORDE SAUVAGE et LES 7 MERCENAIRES) revisitant les opérations commando à la 12 SALOPARDS. Par son originalité relative comparé aux autres bouquins de la « guerre à la mafia » et son côté parfois outré (un certain parfum entre la bande dessinée et le cinéma d’exploitation se fait sentir, préfigurant un film comme VIGILANTE), MASSACRE A BEVERLY HILLS demeure une lecture franchement plaisante dans laquelle on ne s’ennuie pas une seconde.

L'EXECUTEUR TOME 2: MASSACRE A BEVERLY HILLS de Don Pendleton

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Publié le 9 Octobre 2018

LAMAISON DES MORTS ETRANGES de Margery Allingham

Après deux essais peu concluants avec Albert Campion je tente à nouveau de m’intéresser à ce « professionnel de l’aventure » (ainsi qu’il se définit). Quoique cette quatrième enquête soit plus réussie et se rapproche davantage d’un whodunit classique, le résultat n’est pas non plus transcendant.

Caroline Faraday dirige sa maison à l’ancienne, comme au XIXème siècle, et, en 1931, continue de régner sur ses enfants que, d’ailleurs, elle traite comme tel bien qu’ils aient atteints un certain âge. Evidemment, ils sont oisifs, se querellent entre eux et se reposent sur la « mama » qui tient fermement les cordons de la bourse. Lorsqu’un des enfants de la famille, Andrew, est découvert assassiné Albert Campion débute ses investigations…

Prenant comme base les ingrédients coutumiers du « Golden Age », LA MAISON DES MORTS ETRANGES comprend la traditionnelle famille figée dans ses coutumes d’un autre âge, l’habituelle mère de famille régissant l’existence de sa progéniture et les meurtres successifs…

Campion intervient et semble pouvoir résoudre l’énigme : quoiqu’il se mette rarement en valeur (à l’opposé d’un Holmes ou d’un Poirot) notre aventurier comprend l’incroyable machination orchestrée contre cette famille. L’enquête elle-même parait erratique et ne passe pas par les habituels interrogatoires de suspects, donnant au lecteur une impression de confusion. A vrai dire le récit n’est pas vraiment passionnant et l’attitude très en retrait de Campion m’a paru problématique : il manque de présence pour s’imposer. Evidemment c’est purement personnel puisque d’autres trouvent, au contraire, sa caractérisation fort intéressante.

Notons cependant que la romancière aide son lecteur en lui offrant quelques « bonus » bien utiles comme un arbre généalogique de la famille, un plan de la maison et même un chapitre récapitulatif intitulé logiquement « le résumé ».

Les explications finales s’avèrent, elles, bien trouvées et franchement surprenantes : l’identité du meurtrier ou les explications de ces morts étranges démontrent une indéniable originalité qui rachètent, en partie, les longueurs précédentes.

En résumé, LA MAISON DES MORTS ETRANGES constitue une lecture mitigée : des fulgurances, des passages réussis et d’autres plus laborieux voire ennuyeux notamment de par la personnalité de l’apprenti détective. Le tout reste cependant plus réussi que les deux premiers romans où apparaissent Campion et les admirateurs (il y en a !) de cet étonnant aventurier peuvent y jeter un œil. Pour ma part je pense en avoir (pour l’instant ?) terminé avec Allingham.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Golden Age, #Impossible Crime

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Publié le 3 Octobre 2018

LE VISON MITE d'Erle Stanley Gardner

Cette nouvelle aventure de l’avocat détective Perry Mason débute de manière insolite : Mason et sa secrétaire, Della Street, observent, dans un restaurant, une serveuse, Dixie. Celle-ci s’éclipse en laissant derrière elle un manteau de vison certes mité mais cependant d’une grande valeur. Peu après la police débarque pour leur apprendre que la jeune femme a été percutée par une voiture. La fuite de Dixie s’explique car elle pense avoir été impliquée dans un meurtre. Bref, la situation se complique rapidement et rend le bouquin quelque peu confus tant les rebondissements et retournements de situation se succèdent. Par exemple, le vison mité du titre conduit l’avocat sur la trace d’un révolver ayant servi à commettre un crime et relance le récit. Mason défendra finalement la pauvre Dixie engluée dans une affaire qui la dépasse complètement. Tout comme le lecteur qui devra attendre les dernières pages pour débrouiller, avec l’aide de Perry Mason, les fils de l’intrigue.

LE VISION MITE constitue le 39ème (!) roman mettant en scène l’avocat justicier Perry Mason. Evidemment, le romancier avait établi depuis longtemps sa formule gagnante et ce récit n’échappe pas à la règle, les différentes sous-intrigues (embrouillées) étant entremêlées afin d’égarer le lecteur jusqu’aux ultimes chapitres. Comme toujours Mason, cette fois en qualité de témoin, est appelé à la barre pour contrer les arguments de l’inévitable Ham(ilton) Burger. Et, comme toujours, l’avocat use d’effets de manche et des inévitables « objections votre honneur » pour que triomphe la vérité.

Dans l’ensemble, et quoiqu’il ne soit pas un indispensable de l’auteur, ce roman remplit son contrat de divertissement rondement mené, Erle Stanley Gardner conduisant l’enquête sur un rythme soutenu. Il utilise une écriture très simple mais efficace (parait-il largement améliorée par la traduction) et laisse la part belle aux discussions entre les protagonistes semblables à des joutes verbales agréables à suivre. Du roman policier très « pulp » qui se savoure sans arrière-pensée et se dévore en une soirée. Sympathique.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Golden Age, #Roman de gare, #Polar, #Perry Mason

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Publié le 24 Septembre 2018

LE MEDIUM A PERDU SES ESPRITS de Peter Lovesey

Peter Lovesey, né en 1936, débute sa carrière en écrivant, en 1969, LA COURSE OU LA VIE, qui remporte le concours du premier roman policier de l’éditeur McMillan/Panther. Dans cette enquête située à l’époque victorienne apparait le sergent Cribb, lequel reviendra dans huit romans et donnera lieu, en 1988, à une série télévisée de la BBC. Publié en 1975, LE MEDIUM A PERDU SES ESPRITS constitue la sixième aventure du sergent.

Fin du XIXème siècle. La mode, dans la bonne société londonienne, consiste à organiser des séances de spiritisme. Le sergent Cribb et son fidèle adjoint, l’agent Thackeray, sont chargés d’enquêter sur des cambriolages commis à l’encontre d’aristocrates. Ces deux vols furent commis durant des séances. Fait curieux, les objets dérobés avaient peu de valeur alors que les demeures cambriolées recélaient des pièces bien plus couteuses. Serait-ce l’œuvre d’un amateur débutant se demande le sergent ? Peu après, l’étoile montante des médiums, le séduisant Peter Brand, accepte de se soumettre à un test scientifique visant à démontrer ses talents : il devra invoquer les esprits en gardant les mains posées sur les poignées d’une chaise légèrement électrifiée. S’il détache une seule seconde les doigts, l’appareillage électrique enregistrera une fluctuation du courant et prouvera l’existence d’une supercherie. La séance se déroule de belle manière, sous l’œil sceptique de scientifiques, et divers phénomènes inexplicables se produisent durant la soirée. Brand aurait toutes les raisons de se réjouir… s’il n’était pas mort pas électrocuté sur la chaise soit disant parfaitement sûre. Les esprits auraient ils jouaient un tour mortel au jeune homme ? Le sergent enquête et découvre rapidement que Brand était un charlatan…ce qui n’explique aucunement la manière dont on a pu l’assassiner.

Plaisant petit policier historique mettant en scène le sergent Cribb (six de ses aventures furent traduites en français) LE MEDIUM A PERDU SES ESPRITS constitue un whodunit classique mais bien mené avec une touche de fantastique apparent finalement expliqué dans la tradition de John Dickson Carr mais en moins complexe. Le crime « impossible » se verra résolu de manière rationnelle par le brave sergent au terme d’une enquête sympathique qui permet, par la bande, d’esquisser une vue générale de la vie et des mœurs dans l’Angleterre de la fin du XIXème siècle, en plein boom des recherches spirites.

Cet agréable Lovesey saura donc satisfaire les amateurs de romans policiers classiques et d’énigmes historiques.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Impossible Crime, #Historique

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Publié le 17 Septembre 2018

LA MAISON DES HOTES de Jean Sargues

Un ermitage perdu, dans les Pyrénées et non loin de la frontière espagnole. Reconverti en maison d’hôtes il accueille une poignée de touristes désireux de s’isoler durant quelques jours loin des tracas de la société. Pour accroitre le sentiment de tranquillité l’unique accès, une grille, est fermé chaque soir. Les hommes peuvent ainsi jouer aux cartes et les femmes se reposer. Pourtant, c’est dans cette maison qu’un inconnu meurt abattu d’un coup de pistolet. Nul ne le connait, nul n’a pu tirer le coup fatal. Alors comment, dans cet environnement clos, le mystérieux visiteur a-t-il été tué ? D’autant qu’en réalité il semble établi que l’inconnu ait en réalité succombé quelques heures plus tôt…d’un coup de poignard ! Un journaliste, Sargent, mène l’enquête et les soupçons se portent rapidement sur le gardien, Belcanto, et la cuisinière, Rose. Mais personne ne peut expliquer comment l’assassin aurait pu procéder.

Ecrivain oublié, le Français Jean Sargues a publié au Masque, en 1941, cet excellent whodunit doublé d’un howdunit du plus bel effet : une galerie de personnages très bien typés, un cadre original, des suspects à la pelle, une enquête minutieuse et un très beau crime impossible n’ayant rien à envier aux cadors du genre comme John Dickson Carr. L’explication finale, très astucieuse, semble évidente (tous les indices ont été distillés au fil des pages) mais peu de lecteurs pourront sans doute découvrir le fin mot de l’histoire avant les derniers chapitres. Du très bel ouvrage !

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Publié le 4 Septembre 2018

LE CHALE CHINOIS de Patricia Wentworth

Apprentie actrice pas très convaincante, Tanis Lyle est surtout trop belle. D’ailleurs elle rend fou tous les hommes de son entourage, n’hésitant pas à s’en servir, à les rejeter ou à jouer avec eux. Bref, c’est une allumeuse et, forcément, Tanis ne se fait pas que des amis. Personne n’est vraiment étonné lorsqu’un de ses anciens amants la menace d’une arme. Par contre, son assassinat, d’une balle dans le dos, surprend. Dans le prieuré, lui-même lieu de bien des convoitises, chacun se demande qui a pressé la détente, surtout que chacun y a secrètement (ou non) pensé. La demoiselle détective Miss Silver se chargera de découvrir le meurtrier.

La cinquième aventure de la rivale de Miss Marple se situe au tout début de la Seconde Guerre Mondiale, dont les effets commencent à se ressentir y compris dans les petits villages apparemment tranquilles de Grande Bretagne. Comme souvent dans ce type de récit une poignée d’individus - bien typés quoiqu’assez classiques - se retrouvent pour un week-end dans un prieuré. Or cette habitation alimente depuis deux décennies une sombre histoire de famille et Laura, venant d’atteindre sa majorité, peut à présent en disposer à sa guise et même la vendre. Or la cousine Agnès, paralytique, souhaite racheter le prieuré pour le léguer, après sa mort, à l’apprentie comédienne Tanis.

Miss Silver, venue pratiquement par hasard au prieuré (du moins le pense t’on car sa présence sera expliquée par la suite), mène l’enquête en ne se séparant pas de son tricot et en donnant d’utiles indices à un inspecteur de police qui fut jadis son élève.

En peu de pages (220 !), Patricia Wentworth construit une enquête très classique mais fort plaisante, présentant sa galerie de personnages intéressants avant d’offrir au lecteur un meurtre dans la tradition de ces « cosy murder » à l’anglaise. Chacun pouvant être coupable, Miss Silver, toujours perspicace et attachante, va enquêter et débrouiller les nombreuses fausses pistes jusqu’à identifier le coupable dans les toutes dernières pages.

Bien rythmé, alternant énigme, romance et quelques notes « historiques » de par son contexte particuliers (bombardements, réfugiés, etc.), LE CHALE CHINOIS constitue une belle réussite pour les amateurs de romans policiers traditionnels. Recommandé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Golden Age, #Patricia Wentworth - Miss Silver

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Publié le 30 Août 2018

ARRET DU COEUR de Dorothy Sayers

Voici la troisième enquête de Lord Peter Wimsey qui s’attaque à nouveau à un cas particulièrement difficile. Alors qu’il dine en compagnie de l’inspecteur Parker, Lord Peter est abordé par un médecin, le docteur Carr, qui leur raconte une étrange histoire. Une de ses patientes, en phase terminale, Miss Agatha Dawson, est morte de manière suspecte. Vu sa maladie, chacun estimait pourtant son décès naturel et les soupçons du praticien, assortis d’une demande d’autopsie finalement non concluante, lui attirèrent les foudres de la population locale. Suite à ces événements le docteur Carr fut forcé de quitter sa patientèle pour s’établir ailleurs. Cependant, trois ans plus tard, il reste persuadé que Miss Dawson a bel et bien été assassinée. Qui pouvait avoir intérêt à supprimer une vieille dame n’ayant plus que quelques semaines à vivre ? Lord Peter tente d’établir la vérité avec l’aide d’une de ses amies, Miss Climpson, spécialiste des racontars et autres ragots. Le détective apprend ainsi que Miss Mary Whittaker était l’unique héritière de la vieille femme. Cependant si cette dernière décédait intestat une nouvelle loi allait rendre la Couronne britannique l’unique bénéficiaire de ses biens, déshéritant du même coup Miss Whittaker. Peu après une ancienne domestique de Miss Dawson meurt à son tour. Ce nouvel assassinat oblige lord Peter à jouer serrer pour coincer le criminel.

Ce Whodunit de bonne tenue est notable pour l’invention d’une méthode d’assassinat ingénieuse (quoique médicalement délicate à mettre en place). Sayers propose aussi un personnage clairement lesbien (quoique le Golden Age ne permette pas, évidemment, de le définir ainsi). On y découvre également Miss Climpson, truculent personnage de vieille dame aimant les ragots et les discussions apparemment sans intérêt mais qui lui permettent, au final, d’intéressantes déductions. Elle fut créée exactement à la même époque que Miss Marple : les deux romancières étant membres du « Détection Club » il est probable qu’elles partagent la paternité de cette idée : une vieille dame investigue dans un petit village en écoutant les médisances de la populace.

Si le côté whodunit n’est pas vraiment innovant, l’aspect « cosy mystery » de cette petite ville cachant de sombres secret, l’originalité de la méthode employée (du moins à l’époque) et les aspects juridiques qui permettent de deviner la raison du meurtre sont tous intéressants. Les personnages, dans l’ensemble, possèdent une réelle épaisseur et Sayers n’oublie pas d’ajouter à l’énigme une pointe d’humour bienvenu. Conseillé pour les amateurs de romans policiers de l’âge d’or.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Golden Age, #Dorothy Sayers - Lord Peter Wimsey

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Publié le 23 Août 2018

DIRTY HARRY - LA MORT EST AU RENDEZ-VOUS de Dan Hartman

Lorsque Clint Eastwood annonce, après la sortie de « L’inspecteur ne renonce jamais » qu’il ne fera plus de « Dirty Harry », la Warner, dépitée, décide de permettre à un auteur officiant sous le pseudonye collectif de Dane Hartman de continuer la saga. Douze romans seront ainsi publiés au tout début des années ’80, la sortie de « Sudden Impact – le retour de l’inspecteur Harry » y mettant un terme en 1984.

Sous le nom de Dane Hartman se cachent au moins trois auteurs différents dont Leslie Alan Horvitz et Ric Meyers (auteur de plusieurs bouquins sur les films d’exploitation, de kung fu, et également romancier pour les séries L’IMPLACABLE et NINJA MASTER).

Les recettes des films ne changent guère pour ce cinquième livre de la série (elle en compte douze mais seuls neuf furent traduits en France durant les 90’s).

Dès son arrivée à Boston, où il vient rendre visite à sa nièce apparemment menacée par un tueur en série, Harry doit batailler. Encore dans l’avion il bouzille la radio d’un indélicat (ce qui lui vaut directement le numéro de chambre de l’hôtesse). Un peu plus tard, il retrouve le même mélomane accompagné de ses potes, toujours aussi agressif. Harry résout le problème à sa manière, à grand coup de poings dans la gueule.

Evidemment, Harry se heurte à la bureaucratie et à tous les empêcheurs de tabasser en rond. Les petites crapules sont relâchées par une justice trop laxiste, se plaignent de brutalités policières ou menacent de convoquer leur avocat pour porter plainte contre la police. Harry, de son côté, ne peut que soupirer en appliquant sa méthode : une bonne balle de Magnum 44 dans la tête !

LA MORT EST AU RENDEZ-VOUS constitue un polar de gare distrayant et sévèrement burné, ancré dans son époque par ses références (Harry visionne « Superman 2 » mais ne perd pas son temps devant le sympathique « Survivance » qualifié de navet) et très classique dans son déroulement. Tueurs en série, hypnose, nymphomanes, sectes zarbies,…la tatouille habituelle est resservie une fois de plus. Le personnage est de toutes façons devenus un tel archétype du flic dur à cuire réactionnaire qu’il inspira des dizaines d’imitations, tant au cinéma qu’en bouquin comme en témoigne les autres bouquins de cette éphémère collection « Supercops ».

Si l’originalité ne constitue pas la principale qualité de ce petit roman, ce-dernier se lit néanmoins avec plaisir pour les amateurs de l’inspecteur le plus efficace des Etats-Unis. Ca court, ça flingue, ça charcle et l’action ne faiblit guère, ne laissant guère de répit au lecteur. Seules les dernières pages, où l’auteur explique l’affaire policière, passablement embrouillée, se montrent décevantes et même unbrin ennuyeuses, voire confuses.

Malgré tout, l’amateur de polar d’action passera un bon moment au fil de ses deux cents pages de courses poursuites musclées et de fusillades saignantes. De quoi donner envie d’en lire un autre…

« Go ahead, make my day »

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Roman de gare, #Polar, #Cinéma et TV

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Publié le 21 Août 2018

LE DOSSIER ATREE de GJ Arnaud

G.J. Arnaud signe son entrée dans la collection « Angoisse » avec ce roman qui traite du cannibalisme et des conséquences de la guerre d’Espagne.

Un journaliste, invité à goûter les plats succulents d’un restaurant secret, le House Bones, où se presse la bonne société, ne tarde pas, en effet, à comprendre la véritable nature de la viande servie dans l’établissement. Bien sûr, un secret absolu doit être gardé sur le restaurant mais il est si tentant de vouloir écrire un bel article…

Arnaud convoque ici une organisation étrange, le Bureau Universel de Recherches des Anomalies Sociologiques, pour dénouer les fils d’une intrigue touffue. En peu de pages, le romancier évoque la guerre d’Espagne, les exactions d’anciens nazis et lie le tout par le biais d’un trafic d’enfants, enlevés puis gavés avant de finir dans les assiettes de riches adeptes de la chair humaine.

L’histoire générale, assez classique finalement, se voit joliment développée par ces différentes sous-intrigues et par un intéressant procédé stylistique : les narrateurs du récit changent fréquemment, transformant le roman en une sorte de mosaïque, voire de puzzle. Nous aurons ainsi le témoignage d’un infirmier espagnol, nous découvrirons l’existence d’un enfant mutilé et obèse, gavé comme une oie, etc. De quoi conférer une originalité certaine au récit et relancer l’intérêt d’un bouquin qui aurait pu n’être qu’un « roman de gare » horrifique assez quelconque sans la science (et le solide métier) d’Arnaud.

LE DOSSIER ATREE, comme l’indique la préface, constitue un précurseur aux « Gore » de la décennie suivante quoiqu’il mette davantage l’accent sur une horreur plus insidieuse, moins frontale mais tout aussi efficace, voire davantage car débarrassé des outrances du grand guignol, lesquelles auraient pu le faire sombrer dans une parodie plus ou moins volontaire.

Malheureusement le roman, en dépit de ses qualités, souffre d’un ventre mou (un comble vu le sujet !) dans sa seconde moitié. Les agents du Bureau Universel de Recherches des Anomalies Sociologiques usent ainsi de tactiques risibles pour contrer les anciens nazis cannibales, entrainant LE DOSSIER ATREE dans certains travers des bouquins d’« espionnages » de consommation courante. Dommage car Arnaud avait soigné toute la première partie et les cent premières pages se montraient d’une efficacité exemplaire de part, justement, leur retenue et leur plausibilité.

En dépit de ce bémol, LE DOSSIER ATREE demeure un plaisant « Angoisse » qui se lit d’une traite et avec gourmandise. Pas indispensable mais fort agréable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Horreur, #Polar, #Collection Angoisse Fleuve Noir, #GJ Arnaud

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