horreur

Publié le 27 Mai 2020

RIO DIABLO de Christophe Lambert

Sous le haut-patronage de ses maitres et modèles (« Rio Bravo » de Hawks, « La nuit des morts vivants » de Romero et « Assaut » de Carpenter), voici un réjouissant mélange de western et de fantastique horrifique. On pense également à l’excellent et plus méconnu « Quand les tambours s’arrêteront » avec ses attaques d’Indiens quasi surnaturelles.

Enquêteur fédéral, Martin Pawley débarque dans le territoire des Indiens Chiricahua pour s’entretenir avec le shaman Tu-Tanka au sujet d’événements mystérieux s’étant récemment déroulés dans la région. Pawley et Tu-Tanka partent donc vers le pays des Blancs mais, sur le chemin, effectuent une courte halte dans le petit bourg de Rio Diablo. Malheureusement, une dispute dégénère et le duo se retrouve emprisonné aux côtés d’un pilleur de banque surnommé Dynamite Jack. Le sorcier indien utilise alors ses pouvoirs pour quitter la prison mais l’opération réveille surtout les morts du cimetière local qui s’en viennent prendre d’assaut le village.

Roman d’horreur destiné aux adolescents mais appréciable pour les adultes, RIO DIABLO constitue le second hommage de l’auteur au western après SOUVIENS TOI D’ALAMO qui mêlait les conventions du genre à celle de la science-fiction. Ici, en 2005, il revisite le « film de siège » et le transforme en un savoureux cocktail de roman western et d’épouvante avant que les zombies ne deviennent à la mode et ne supplantent les vampires comme « personnages » cultes du fantastique.

On repère les clins d’œil aux classiques du genre, comme le scorpion dévoré par les fourmis de la « Horde sauvage », quelques ajouts renvoyant au steampunk (la montgolfière que le savant farfelu souhaite équiper d’un gouvernail pour la transformer en dirigeable) et on imagine très bien les trognes d’une poignée d’acteurs mal rasés (Américains ou Italiens) se démener dans ce bled cerné de morts-vivants. Si les Italiens avaient encore une industrie cinématographique digne de ce nom ils se seraient surement précipités sur le bouquin pour l’adapter…Tant pis, on se contentera de rêver à ce qu’aurait donné à l’écran cette aventure échevelée et sans temps morts. Un fort bon moment à savourer dès 12 ans.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Christophe Lambert, #Fantastique, #Historique, #Horreur, #Jeunesse, #Western

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Publié le 22 Mai 2020

LES MEILLEURS RECITS DE WEIRD TALES VOLUME 3 de Jacques Sadoul

Dernière anthologie de Sadoul consacrée à Weird Tales, ce volume aborde la période sans doute la moins glorieuse du magazine, après son âge d’or évoqué dans le volume 2. Les grands noms sont cependant toujours de la partie : Henry Kuttner (deux fois… dont le lovecraftien « L’Hydre » qui convoque les Grands Anciens), Robert Bloch, Clark Ashton Smith,…

Catherine L. Moore nous offre également une nouvelle aventure de son héros Northwest Smith co-écrite avec le collectionneur fou de la science-fiction, Forrest J. Ackerman. Sympathique.

Moins connu, David H. Keller (redécouvert avec son recueil de nouvelles LA CHOSE DANS LA CAVE) propose une plaisante histoire avec « La déesse de Zion » dont le héros a vécu une extraordinaire aventure sept siècles plus tôt. Assez classique mais intéressant.

Robert Barbour Johnson, totalement oublié, nous offre avec « Tout au fond » un excellent pastiche lovecraftien (dans lequel Lovecraft est cité en tant qu’initié de connaissances interdites…un rôle qui lui sera, par la suite, souvent réservé dans les « pastiches » de Cthulhu) au sujet de goules rodant dans les souterrains du métro (on pense, sur le même thème, à une nouvelle de Clive Barker ou au plaisant roman L’HORREUR DU METRO). Une très bonne lecture !

Seabury Quinn, le plus prolifique et populaire des auteurs de Weird Tales (plus de 500 nouvelles à son actif !) revient avec « Routes » (qui, pour une fois, n’a pas pour héros son détective de l’étrange Jules de Grandin). On a déjà mentionné tout le mal que Lovecraft disait à propos de Quinn. Disons donc que, comme pas mal de récit de l’âge d’or, ses nouvelles ont connu trois stades : d’abord encensées par le public puis massacrées par la critique (qui n’y voyait que ringardises abrutissantes) avant, à nouveau, d’être appréciées par un public certes non dupe de leur qualité mais content d’y retrouver la fougue et l’inventivité (confinant souvent au n’importe quoi) du pulp. Son histoire, divisée en trois parties, se montre plutôt inventive et réussie quoique le twist se devine à des kilomètres (sans que cela nuise réellement à l’ensemble). Très plaisant.

Fritz Leiber boucle le bouquin avec une angoissante histoire brodant sur le thème de la vie antérieure avec ce personnage entrant peu à peu dans la peau de son oncle, un ancien flic qui cachait de sombres secrets. Brillant et fort adroitement mené.

En résumé, si ce troisième volet ne se montre pas aussi glorieux que ses deux prédécesseurs, il reste une très agréable anthologie fantastico-horrifique pour les amateurs.

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Publié le 20 Mai 2020

L'ABOMINATION DU LAC de Joseph A. Citro

Le roman, écrit au tout début des années 90, reprend toutes les conventions des bouquins d’horreur de série B de la décennie précédente. Harryson, un jeune homme un peu paumé ne sachant pas trop quoi faire de son existence, décide, sur un coup de tête, de partir à la recherche de « Champ », monstre légendaire proche de son cousin du Loch Ness qui vivrait dans un grand lac du Vermont. Harryson s’installe donc dans une maison prêtée par un de ses vieux amis d’université (ça tombe bien vu qu’il n’a pas beaucoup de pognon) et s’improvise crypto zoologiste. Notre brave gars commence à interroger les gens du patelin, en particulier un vieil expert local  en légendes (toujours pratique !) puis tombe amoureux, en une après-midi, de la nouvelle et forcément super séduisante institutrice fraichement débarquée de la ville. Cette dernière s’attire parallèlement les regards du bouseux alcoolique et violeur de la région et le lecteur devine que tout ça va mal finir. Harryson en apprend également davantage sur sa maison, potentiellement hantée, qui serait la cachette du trésor d’un pirate. Un ancien monastère où se déroulait des rites de sorcellerie, un cimetière indien et une vieille femme maléfique dotée de pouvoirs magiques complètent l’intrigue.

Joseph A. Citro, dont c’est l’unique roman traduit chez nous, livre un bouquin plutôt plaisant et relativement surprenant. On s’attend à une histoire de grosse bête (façon téléfilm Syfy du genre « Loch Ness Terror ») mais en réalité le lecteur se voit balader gentiment entre fantastique rural et thriller mystérieux. Nous avons une galerie de personnages très typées mais plaisants, un cadre sympathique (les îles du Vermont), une histoire « vraie » (celle du fameux monstre), des légendes locales, des clichés très 80’s, un héros un peu fade et sa nouvelle conquête, deux gamins (façon STAND BY ME) confrontés à l’horreur… L’auteur reprend les méthodes de Stephen King pour décrire ses protagonistes et saupoudre le tout d’un côté lovecraftien agréable (quelques décennies avant que ce ne soit à la mode). Le style du bonhomme s’avère d’ailleurs efficace, même si ce n’est pas de la grande littérature et qu’il s’agit d’un premier roman, les bonnes ficelles sont bien usitées et l’alternance des points de vue au travers de courts chapitres donne du rythme à un ensemble suffisamment court (300 pages) pour ne pas ennuyer.

Les amateurs de fantastique horrifique d’antan peuvent donc se risquer avec un certain plaisir à cette lecture estimable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur

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Publié le 9 Mai 2020

ILS SONT REVENUS de G.J Arnaud

Dans ce pur bouquin populaire, Arnaud convoque les alchimistes de Prague en quête de la vie éternelle, des tortionnaires nazis (qui sont donc revenus !), la légende du Juif Errant, les homoncules, le Golem et les enquêteurs du BURAS, branche d’investigations spécialisées dans le surnaturel, précurseur des X-Files.

Nous avons donc un trio de SS revenant, dans le Prague de 1972, semer la terreur parmi la population juive et, plus spécifiquement, les survivants des camps de concentration. Marianna Staker voit ainsi ses parents enlevés par l’Obersturmfürher Ranke, mystérieusement disparu trente ans plus tôt. Est-ce le véritable SS, son fils, son fantôme ou autre chose encore ? Le Bureau Universel de Recherche des Anomalies Scientifiques, préalablement croisé dans le très réussi DOSSIER ATREE du même Arnaud, délègue un de ses enquêteurs à Prague, ville des légendes et de l’alchimie où l’antisémitisme ressurgit également.

Le roman fonctionne excellement dans sa première partie, mystérieuse et inquiétante, moins bien dans sa seconde, qui mêle mythes juifs, science-fiction, alchimie, catalepsie et recherches paranormales avec un détour par un camp de concentration recréé dans les entrailles de Prague. Cependant, ILS SONT REVENUS reste un plaisant roman fantastique, sorte de thriller d’angoisse qui se paie en outre un détour dans les souterrains de la ville pour de belles scènes de suspense. Bref, une bonne petite réussite, divertissante et de lecture aisée.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantastique, #Horreur, #Roman de gare, #Fleuve Noir Angoisse

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Publié le 24 Avril 2020

LA CHOSES DES PROFONDEURS de Matthew J. Costello

Né en 1948, Matthew John Costello est un des nombreux écrivains ayant émergé lors du « boom » de l’horreur et du thriller fantastique des années ’80. On lui doit des novelisations (pour la saga « Chucky », la série télévisée « SeaQuest » ou les jeux vidéo « Doom » et « 7th Guest »), des scénarios de jeux vidéo (dont « Doom 3 ») et plus d’une vingtaine de romans dont seuls quatre furent traduits dans la collection « Terreur ».

LA CHOSE DES PROFONDEURS traite de la découverte d’une nouvelle espèce de ver géant intelligent aux fonds des océans. Bien sûr, les créatures une fois libérées entreprennent la conquête du monde. En dépit de nombreuses critiques enthousiastes lues sur Interner, cette lecture ne m’a pas convaincu. En effet, pour ma part, le roman n’a guère fonctionné, entre horreur organique parasitaire à la « Alien » ou « The Thing » (le titre français appuie la référence), récit de domination mondiale par le « Ver conquérant » (un peu façon récit catastrophe ou apocalyptique) et drame familial centré sur les relations entre deux parents divorcés et leur fille adolescente. Costello court beaucoup (trop) de lièvres à la fois, passant de passages intimistes à d’autres nettement plus outrancier dans la tradition de l’horreur « pulp » des années 80. Le romancier essaie manifestement d’élever le propos (à l’inverse de titres à l’intrigue similaire publiés chez Gore comme VRILLES, TERREUR DELIQUESCENTE ou TERREUR RAMPANTE) mais l’ensemble parait longuet.

Une déception.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur

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Publié le 8 Avril 2020

LE DEMON DU VENT de Brian Lumley

Quatrième volume de la vaste saga de Titus Crow écrite par Brian Lumley dans les années ’70 pour revisiter à sa manière les mythes de Lovecraft (avant que ceux-ci ne soient cuisinés à toutes les sauces). Depuis célébré pour sa grande série du NECROSCOPE, Lumley, alors relativement débutant, transformait le Mythe en récit de Fantasy et d’aventures, affaiblissant certes les concepts de Lovecraft mais sans négliger un réel potentiel divertissant. La première partie du roman montre ainsi nos héros échoués sur Borée et luttant contre les séides d’Ithaqua qui chevauchent des loups en compagnie de guerriers et de leurs ours dressés.

Si les puristes n’ont, à l’époque, gouté à cette saga que du bout des lèvres (voire en dissimulant mal leur dégoût), relire aujourd’hui ces romans s’avère franchement divertissant à l’heure où le Mythe se décline de toutes les manières possibles (jusqu’au Monopoly Cthulhu !).

Considérés comme de simples « romans populaires » loin des horreurs cosmiques imaginés par Lovecraft, les bouquins de Lumley n’en sont pas moins efficaces et ont le mérite d’une réelle originalité. Bien sûr ils se rapprochent souvent davantage de John Carter ou Conan que de HPL lui-même. Qu’importe, c’est bien l’âge d’or de la « science fantasy » à l’ancienne que convoque ce DEMON DU VENT qui aurait très bien pu se voir publié par Weird Tales voici 80 ans ! Rien ne manque, en effet, à l’appel : la poignée de héros exilés sur un monde désolé et hostile, la femme déesse super sexy (fille d’Ithaqua mais ça ne se voit pas), les pierres magiques permettant de se protéger des forces du mal, les pouvoirs télépathiques, les armées ennemies accompagnées de loups et d’ours dressés, les pouvoirs divinatoires, le traitre qui en veut à notre valeureux héros terrien, les vaisseaux de guerre qui filent sur la neige, les combats nombreux et le rythme haletant. Car LE DEMON DU VENT ne perd pas de temps et ne traine jamais en route, à l’image des romans d’Edgar Rice Burroughs il boucle son récit en 220 pages hautement distrayantes et plaisantes. Alors bien sûr, le livre n’a pas l’ambition de L’ABOMINATION D’INNSMOUTH ou de L’APPEL DE CTHULHU mais, pris pour un pur plaisir de fantasy old school, il n’en reste pas moins fort recommandable et appréciable. Bon, allez, la suite !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantastique, #Fantasy, #Horreur, #Lovecraft, #science-fiction

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Publié le 25 Mars 2020

LE GRAND DIEU PAN d'Arthur Machen

Arthur Machen n’est pas seulement l’inventeur des fameux « Anges de Mons », c’est aussi un grand spécialiste des croyances et mythes celtiques, très à l’aise avec le « Petit peuple », autrement dit les fées, lutins et autres farfadets… beaucoup plus inquiétants chez lui que dans nos contes de fées actuels.

Classique du fantastique ayant notamment beaucoup influencé Lovecraft, en particulier dans sa manière d’aborder l’horreur à la manière d’une enquête policière aux révélations successives, LE GRAND DIEU PAN est un court roman datant de 1890. A l’époque décrié par la critique (toujours clairvoyante n’est-ce pas), il s’est imposé depuis comme un incontournables de l’épouvante gothique et une date clé du genre à l’instar de DRACULA. Dans ce récit, il est question d’une jeune femme, Mary, devenue folle après avoir vu le dieu Pan, et qui va exercer son influence néfaste, à la manière d’une succube, sur différents gentlemen. N’en disons pas plus, le bouquin est court, se lit en deux heures, et mérite la découverte par le curieux !

D’une lecture aisée en dépit de tournures de phrases quelque peu archaïques, d’une construction typique de son époques et d’un vocabulaire légèrement suranné, LE GRAND DIEU PAN n’effraie plus mais garde intact son pouvoir de fascination. En une centaine de pages, Machen nous permet de découvrir le côté obscur du monde, ces régions où subsistent les pouvoirs antiques et les ancestrales divinités païennes. Ainsi que ces cultes encore rendus par des adeptes fervents à des entités ayant existés bien avant la chrétienté et continuant à exercer leur puissance sur le monde. Les Grands Anciens ne sont pas loin…

Une agréable lecture à découvrir impérativement pour les amateurs de fantastique classique. 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Golden Age, #Horreur, #Lovecraft, #Roman court (novella)

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Publié le 21 Mars 2020

MEG: LA FOSSE (LA TERREUR DES ABYSSES) de Steve Alten

Steve Alten décroche, en 1997, un gros succès avec MEG, consacré à un énorme Mégalodon (un requin préhistorique de 20 mètres) semant la terreur. Il faudra 20 ans pour que le roman, annoncé au cinéma depuis des années, soit finalement porté à l’écran avec Jason Statham pour un résultat certes très grand public mais néanmoins divertissant et fort honorable. Pendant ces deux décennies, Alten exploite le sujet en proposant sept suites dont seule la première a été traduite (« Primal Waters » est cependant annoncée en France pour cette année 2020).

Dans LA TERREUR DES ABYSSES (rebaptisé ensuite MEG : LA FOSSE), nous retrouvons le « découvreur » du Mégalodon, toujours rongé par la culpabilité, Jonas Taylor, tandis que le requin préhistorique femelle capturé, Ange, s’échappe du lagon où elle était confinée en guise d’attraction aquatique. La suite du récit s’oriente vers l’espionnage (avec une organisation terroriste cherchant à doter Oussama Ben Ladden d’une bombe sale – nous étions alors en 1999 !), l’aventure maritime avec exploration de la fosse des Marianne, la science-fiction et l’horreur mâtiné de considérations scientifiques et paléontologiques. Cette fois, le Meg va même croiser un adversaire à sa mesure avec des Kronosaures, une espèce de dinosaures supposée éteinte habitant également dans la « Fosse ». Cela permettra un final typique de la « sharksploitation » outrancière au cœur des Mariannes.

Jonas, de son côté, doit lutter avec la trop séduisante pour être honnête et bien nommée Céleste alors que son épouse, Terry, assiste, elle, aux machinations du mégalomane milliardaire Benedict Singer tout droit échappé d’un James Bond.

Si MEG constituait la réponse de Steve Alten au roman et au film des DENTS DE LA MER, cette séquelle prend la voie du « bigger » établie ensuite par les « Dents de la mer 2ème Partie » et « Les Dents de la mer 3D », sans oublier les plus récents et improbables films de requins géants, de « Mega Shark » à « Shark Attack 3 : Megalodon » et on en passe, des pires (surtout) et des meilleurs. Autrement dit, le romancier multiplie les attaques (relativement peu nombreuses dans MEG elles rythment ici cette suite en intervenant à intervalles réguliers et sont nettement plus sanglantes et graphiques), multiplie les monstres (avec des dinosaures aquatiques tout aussi redoutables que le squale), multiplie les intrigues (on suit en parallèle les aventures de Jonas et de son épouse Terry),…On pense un peu aux romans d’horreur catastrophistes de James Herbert par la manière d’Alten de rapidement brosser quelques personnages bien typés ensuite englouti par le Léviathan affamé

Si les tentatives de séductions de la trop sexy Céleste occupent une place trop importante (à la longue son manège fatigue) et que le bouquin aurait sans doute gagné à être resserré, cette TERREUR DES ABYSSES se montre cependant fort efficace et divertissante. Plus convaincante que le finalement moyen MEG, cette séquelle constitue donc un roman de plage idéal pour les amateurs de « sharkploitation ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Cinéma, #Horreur, #Thriller

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Publié le 6 Mars 2020

OEUVRES TOME 3 de Howard Phillips Lovecraft et August Derleth

Si cette dernière anthologie rassemble les textes de Lovecraft concernant les « Contrées du Rêve » (avec quelques classiques comme « la quête de Kadath »), le gros morceau de ce recueil se consacre aux « collaborations » entre HPL – August Derleth. Soit plus de 600 pages en (très) petits caractères qui permettent une vue globale de l’évolution du mythe de Cthulhu à la suite du décès de HPL.

Outre des récits tirés des précédents recueils disponibles en français (L’OMBRE VENUE DE L’ESPACE, le roman LE RODEUR DEVANT LE SEUIL, LE MASQUE DE CTHULHU, LA TRACE DE CTHULHU), l’anthologie offre des textes moins facilement accessibles rassemblés sous l’intitulé LES VEILLEURS HORS DU TEMPS, une traduction de l’ultime recueil de Derlteth, « The Watchers out of time » jusqu’ici inédit en français. Si le célèbre « La chambre condamnée » était proposé dans le recueil L’AMULETTE TIBETAINE (et précédemment dans « Histoires insolites ») « Le pêcheur du Falcon Point », « Le trou des sorcières », « L’ombre dans la mansarde », « Les frères de la nuit », « L’horreur de l’Arche centrale », « L’argile bleue d’Innsmouth » et « Les veilleurs hors du temps » seront autant de découvertes pour l’amateur.

« La chambre condamnée » est typique de Derleth, une séquelle lointaine de « L’abomination de Dunwich » de Lovecraft. Guère original mais plutôt efficace. Nous sommes à Dunwich et nous retrouvons un certain Abner Whateley ayant hérité (bâillement) des papiers de son grand-père Luther et d’un vieux moulin transformé en lieu de résidence. Rien de franchement transcendant pour les lecteurs de Lovecraft qui devinent la suite des événements mais la nouvelle, très linéaire, se lit sans déplaisir. Elle fut assez médiocrement portée à l’écran sous le titre « La malédiction des Whateley ».

« Le pêcheur du Falcon Point », beaucoup plus courte, traite, une fois de plus, des amours contre nature entre les humains et ceux des profondeurs. Derleth réussit une sorte de plaisant « conte de fées » macabre plutôt agréable à lire.

Le problème de Derleth, dans ses pastiches lovecraftien, a souvent été de tourner autour des mêmes thématiques, reprenant des éléments tirés du fameux « Livre de raison » de Lovecraft (pour justifier le principe de la « collaboration » post mortem) en les incluant dans des « remakes » déguisés des histoires les plus connues du Maitre. « Le trou des sorcières » n’échappe pas à ce travers mais demeure une des plus belles réussites de l’écrivain. Un jeune professeur débarque dans une école rurale d’Arkham et se confronte à un jeune garçon manifestement « différent », Andrew Potter. Peu à peu le narrateur arrive à la conclusion que la famille d’Andrew est sous l’influence d’une force maléfique provenant des étoiles (Hastur probablement) et, avec l’aide d’un collègue et des fameuses pierres portant le sceau de R’lyeh, il tente de combattre cette influence nuisible. Si, de prime abord, « Le trou des sorcières » ne se distingue aucunement des nombreuses autres « collaborations » entre Derleth et Lovecraft en ressassant des thématiques déjà abordées par HPL (l’histoire mélange des éléments du « Monstre sur le seuil » et de « La couleur tombée du ciel »), le tout fonctionne parfaitement. On y retrouve un Derleth à son meilleur, plus terre à terre que son mentor, plus bis sans doute, plus classique aussi (avec l’opposition du Bien et du Mal et les talismans permettant de s’en protéger) mais rudement efficace.

De son côté, « L’ombre dans la mansarde » débute de manière conventionnelle : le narrateur, Adam Duncan, hérite de son grand-oncle (bâillements à nouveau) à la réputation sinistre (sorcellerie, grimoires maudits, disque de Gims,…on connait la chanson) une maison à Arkham, la ville aux « toits en croupe ». Bref, rien de franchement original : Derleth reprend sa bonne vieille technique du « mash up littéraire » en combinant des éléments venants de « La maison de la sorcière », « L’affaire Charles Dexter Ward », « Le monstre sur le seuil », etc. Le tout se lit sans déplaisir ni passion. A noter cependant un discret soupçon d’érotisme habituellement absent des récits de Derleth.

Peut-être la plus originale des nouvelles, « Les frères de la nuit » voit le narrateur, Arthur Phillips, rencontrer, à Providence, Edgar Allan Poe…puis plusieurs Poe…Forcément cela cache quelque chose. Voici un récit divertissant qui, pour une fois, ne semble pas décalqué une nouvelle antérieure de Lovecraft. Certes, tout n’est pas toujours réussi (le plan général des extraterrestres parait aussi folklorique que le fameux « Plan 9 » de Ed Wood) mais la bizarrerie de voir une série de clones d’Edgar Poe hanter Providence en invoquant les Grands Anciens démontre un talent certain pour l’humour absurde et le twist final constitue une belle réussite. De plus, les clins d’œil à HPL sont ici bien intégrés sans paraitre plaqués sur l’intrigue ou envahissants. « Les frères de la nuit » mérite vraiment l’attention, quel dommage que Derleth n’ait pas signé davantage de textes de ce style.

Avec « L’horreur de l’Arche centrale » nous retrouvons le Derleth le plus classique, le plus critiqué (et le plus critiquable) qui, en partant d’une courte notice de Lovecraft dans son « Livre de raison » ressort la grosse artillerie. Ambrose Bishop a hérité d’une maison située à Dunwich qui appartenait jadis à son grand- oncle Spetimus (et re bâillements) disparu depuis 1929 suite aux événements mystérieux mais bien connus contés par HPL. Et on repart pour l’hostilité des villageois, les « choses maléfiques » revenant à la vie, etc. Une recette déjà éprouvée dans « La chambre condamnée » et « L’ombre de la mansarde » dont cette nouvelle constitue une simple resucée. Autant dire qu’on est content d’arriver au bout.

« L’argile bleue d’Innsmouth » s’inspire apparemment d’une note du « livre de raison » de Lovecraft mais son thème n’est guère original et remonte à la mythologie et aux croyances ancestrales (façon Golem) avec ce jeune artiste qui, après divers rêves érotiques au sujet d’une déesse aquatique, soupçonne une statue façonnée dans une argile venue d’Innsmouth de prendre vie. Rien d’original mais un petit récit plaisant et gentiment sexy qui se lit sans ennui. C’est déjà pas mal.

« Les veilleurs hors du temps », publié initialement par Arkham House en 1974, demeure la dernière nouvelle de Derleth. La mort empêcha d’ailleurs le romancier de la terminer et nous sommes par conséquent en présence d’un texte incomplet…et donc à réserver aux complétistes (hum !).

Près de 400 (!) pages supplémentaires terminent cette somme avec des articles divers qui font de ce troisième volume un nouvel incontournable pour les fans de l’écrivain et, plus généralement, de fantastique « old school ».

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Publié le 28 Février 2020

LES VAMPIRES DE SPIDER MOUNTAIN de David Robbins

Mack Bolan part braconner sur les terres de « Resident Evil » dans ce roman original et divertissant. Le pitch est simple : dans une base militaire une poignée de personnalités, dont Hal Brognola, sont invitées à la démonstration d’une nouvelle arme, une drogue expérimentale capable d’augmenter la force des soldats. Cependant, l’expérience tourne mal et nos infectés deviennent d’inarrêtables zombies dont le simple contact peut transformer les victimes en monstres assoiffés de sang. Mack Bolan, en compagnie de Franck Vitalli, investit le centre de haute sécurité placé sous quarantaine dans l’espoir de juguler l’épidémie.

Comme souvent le roman semble avoir connu quelques changements durant son « adaptation » (notamment avec l’adjonction de Vitalli en lieu et place d’un certain David McCarter) mais la ligne générale reste identique. Les critiques américaines évoquent fréquemment un chapitre très faible et illogique qui a cependant été évacué par la traduction, ramassant encore davantage l’action sur le mode du survival horrifique.

En dépit du titre trompeur, on retrouve donc non pas des vampires mais bien des zombies ultra agressifs de l’espèce rapide (la norme depuis « 28 Jours plus tard ») dans ce roman typiquement bis et gore. Les références attendues (un personnage secondaire nommé Romero) sont présente et l’intrigue sans grande surprise fonctionne plaisamment: des gentils et des méchants coincés dans un lieu clos envahi par les infectés enragés. Le méchant principal, Larkin, s’impose comme une complète (mais plaisante) caricature qui évoque immanquablement le déjanté Dennis Hopper de « Land of the Dead ».

David Robbins a écrit 17 romans pour la série, les seuls traduits étant celui-ci et MANIPULATIONS MORTELLES mais il semble avoir essayé d’emmener Bolan sur des thèmes moins classiques (drogues ultra dangereuses, nanotechnologie en folie, etc.) qui rendent son approche (relativement) originale et efficace. En tout cas LES VAMPIRES DE SPIDER MOUNTAIN, en dépit de certains défauts évidents (pas mal d’invraisemblances et un final trop vite expédié) constitue une bonne surprise et une agréable alternative aux trop nombreuses histoires de guerre à la Mafia (ou aux super terroristes).

Bonne pioche !

 

LES VAMPIRES DE SPIDER MOUNTAIN de David Robbins

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Exécuteur, #Horreur, #Thriller

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