horreur

Publié le 11 Octobre 2021

LES CONTES INTERDITS: LE PETIT CHAPERON ROUGE de Sonia Alain

Encore une relecture « interdite » du conte du Petit Chaperon Rouge et une intrigue très classique pour une ré-imagination qui, finalement, en manque pas mal (d’imagination !). Nous sommes dans un bouquin classique de la collection, avec ses passages obligés finalement très répétitifs, à savoir des scènes de cul à intervalles réguliers et des moments gore tout aussi systématiques.

Notre Petit chaperon rouge vengeresse se transforme donc en louve pour traquer ceux qui lui ont causé du tort dans sa jeunesse. Elle peut compter sur la magie de sa mère-grand tzigane pour l’aider dans sa mission qui consiste à détruire de l’intérieur, et en usant de sa séduction (ah ! on y vient !) l’organisation criminelle du très méchant Arnaud St-Cyr. Parallèlement, un flic bien sous tous les rapports, l’honnête et obstiné Olivier, tente également de faire tomber St-Cyr. Et c’est parti pour des chapitres courts qui s’enchainent rapidement et de manière linéaire. Le petit plus, cette fois, c’est l’importance (relative) accordée à la magie tzigane et au surnaturel avec présence de fantômes et autres événements paranormaux.

Niveau horreur et sexe, on reste dans la norme de la collection mais sans aller très loin finalement. Du malsain « grand public » pourrait-on dire (LA PETITE SIRENE est plus glauque par exemple), à l’image du VILAIN PETIT CANARD qui cherche à choquer mais sans repousser le lecteur (ou la lectrice ? car on dirait que la collection attire davantage un public féminin). Bref, du frisson un peu frelaté, du dégout un poil calibré.

Ceux (et surtout celles) qui ont connu les grandes heures de la bit-lit (souvenez-vous d’ANITA BLAKE « deuxième époque », de PLEINE LUNE ou de SUCCUBUS BLUES) voici une dizaine d’années seront d’ailleurs en terrain connu avec ce mélange de fantasy urbaine, de lycanthropie, de magie, de (beaucoup) de sexe et de (pas mal) de sang. Dire que c’est complètement mauvais serait injuste mais affirmer que ce petit bouquin vite écrit (en deux mois prévient l’autrice) et vite lu (une grosse soirée mais on peut survoler certains passages sans perdre le fil) est réussi serait foncièrement mensonger. De la littérature pseudo offensante bien banale, qui peut éventuellement détendre le lecteur mais qui ne restera surement pas dans les mémoires. D’ailleurs après un mois j’en ai déjà quasi tout oublié.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Fantastique, #Horreur, #Gore

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Publié le 30 Septembre 2021

L'AMULETTE TIBETAINE d'August Derleth

Souvent cantonné au simple rang d’imitateur variablement inspiré de Lovecraft, Derleth est aujourd’hui davantage respecté pour son acharnement à éditer des textes peu connus (via Arkham House) que pour ses propres écrits. L’AMULETTE TIBETAINE constitue donc l’occasion pour le lecteur de découvrir des récits ayant peu à voir avec Lovecraft mais qui reprennent les thématiques classiques de l’épouvante rétro.

L’auteur explore ainsi les thèmes de la malédiction, des zombies (« Ils ressusciteront »), des mains maléfiques (« la main de gloire »), de l’écriture automatique teintée de hantise (« L’obsession de McGovern »), des fantômes revanchards (« le retour de Sarah »),…Des thèmes classiques mais bien traités.

Derleth se tourne parfois vers un fantastique plus feutré, une certaine épouvante « tranquille » non dénué de poésie et de tendresse pour les « créatures de la nuit ». On citera, dans ce domaine et en particulier, « le petit garçon perdu » avec son jeune fantôme revenant (oups !) à l’école ou encore « Mademoiselle Esperon » dans laquelle la sorcellerie et les poupées vaudous viennent en aide à un enfant martyrisé par sa belle- mère. Ou même « la couverture à damier » et sa chambre hantée dans laquelle se glisse le soir un jeune spectre pressé de se recroqueviller sous la couverture du titre.

La plupart des nouvelles sont efficaces et courtes, témoignant d’une époque où l’écrivain allait droit à l’essentiel, une approche très pulp qui ne s’embarrasse pas du superflu mais dégraisse à l’extrême le récit jusqu’à n’en garder qu’un squelette d’éléments signifiants. Peu de développement, de background ou de fioritures stylistiques mais l’envie de brosser une situation étrange en une dizaine de pages avant de conclure par une chute plus ou moins inspirée. Dans ce registre, la dernière histoire, « Diner de têtes », apparait comme un petit modèle de concision saupoudré d’un humour noir féroce qui culmine dans une chute en une ligne à la simplicité digne des meilleurs E.C. Comics.

Une seule nouvelle, la plus longue (30 pages) se réfère explicitement à Lovecraft : « La chambre aux volets clos » sorte de suite à « L’abomination de Dunwich ». Ecrite en 1959, elle constitue un exemple honnête mais peu original de récit « à la manière de ». Derleth y reprend les conventions de Lovecraft pour en tirer une intrigue correcte à la progression cependant linéaire et à la chute trop attendue pour pleinement convaincre. Une lecteur néanmoins plus agréable que la vision de la médiocre adaptation qui en fut tirée dans les sixties sous le titre « La malédiction des Whateley ».

Dans l’ensemble ce recueil solide propose des nouvelles de bonne tenue et sans texte réellement faibles. Voici donc une bonne découverte et une occasion d’explorer les récits non liés au Mythe rédigés par un écrivain encore peu connu chez nous à l’exception de ses pastiches lovecraftiens ou à la façon de Conan Doyle.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Golden Age, #Horreur, #Lovecraft, #Recueil de nouvelles

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Publié le 24 Septembre 2021

VERSAILLES OF THE DEAD TOME 2 de Kumiko Suekane

Suite de ce manga uchronique situé dans une France prérévolutionnaire dans laquelle rôde les morts vivants. Le mélange des genres, plus présent que jamais, combine donc fantastique, horreur, histoire, aventures et considérations politiques. En 150 pages, l’autrice balance beaucoup d’idées, peut-être même un peu trop, tant il n’est pas toujours facile de comprendre où elle veut en venir. Les différentes pistes, lancées rapidement, peuvent laisser le lecteur sur sa faim : on suit d’un côté le futur Louis XVI embarqué dans une quête étrange dont on ne comprend pas vraiment la finalité, de l’autre les diverses apparitions de personnages historiques revisités (Napoléon, Jeanne d’Arc) et enfin les magouilles des principaux protagonistes. La Marie-Antoinette (remplacée par son frère dans le précédent volume) reste ici un peu en retrait et le rôle des pierres précieuses qui semblent attirer les zombies s’avère à peine clarifié.

Si l’intrigue principale avance à bon rythme, avec plusieurs scènes d’horreur et d’attaques de morts vivants placées à intervalles réguliers, les véritables raisons des événements décrits demeurent obscures. La suite du récit permettra t’il à la mangaka de retomber sur ses pattes ou continuera-t-elle dans la voie de l’outrance et du délire, avec apparition d’anges et démons en guise de guest-stars ?

D’une lecture rapide et globalement plaisante, servi par des dessins de qualité, ce deuxième tome 2 reste dans la lignée du précédent, les velléités sérieuses et les considérations politico-historiques s’effaçant rapidement au profit d’une sorte de délire bis sans doute inconséquent (nous sommes loin d’un chef d’œuvre ou même d’un incontournable) mais dans l’ensemble agréable et divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Historique, #Manga

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Publié le 13 Septembre 2021

ACCURSED de Guy N. Smith

Guy N. Smith, spécialiste des agressions animales, s’attaque ici à la malédiction des pharaons. Un vieux prêtre anglais, ayant ramené deux momies d’Egypte, accompagnées par la maléfique amulette de Seth, les réenterre dans la campagne anglaise. Les années passent. Milieu des années ’80, la peur de l’holocauste nucléaire pousse George Brownlow a construire un abri antiatomique. En creusant, George découvre l’amulette et tombe en son pouvoir…

Si ACCURSED traite de momies et de malédictions égyptiennes, le principal focus reste la famille du principal protagoniste et la manière dont ses membres subissent l’influence maléfique de l’artefact exhumé. Les plaies d’Egypte frappent la région et la folie s’empare de ce petit coin tranquille d’Angleterre, l’intrigue rappelant quelque peu LA COULEUR TOMBEE DU CIEL dans sa manière d’envisager la lente progression du surnaturel. Le contexte de la Guerre Froide et l’escalade de la course à l’armement permet pour sa part de varier les événements. Cette période s’impose d’ailleurs comme un background intéressant, la descente dans la folie de la famille au centre du récit s’opérant en parallèle avec la possible apocalypse nucléaire annoncée.

Bref, Guy N. Smith propose ici un roman agréable, qui débute de manière très traditionnelle pour dévier ensuite vers une épouvante plus moderne et davantage psychologique. Moins outrancier que la majorité de ses romans (on se souvient des excès gore de NIGHT OF THE CRABS ou BATS OUT OF HELL), voici une facette plus mesurée du talent de l’auteur a concocter de petits romans bien emballés qui souffrent certes de faiblesses manifestes (le texte trahit parfois la précipitation d’un auteur peu enclin à se relire et surtout pressé de terminer un récit visant l’efficacité maximale) mais démontrant également son art de torcher de petits page-turners horrifiques efficaces. Plaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur

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Publié le 30 Août 2021

LE MANOIR DE LA PEUR (UN LIVRE DONT VOUS ÊTES LE HEROS) de Steve Jackson

Ce « Défi Fantastique » aurait probablement davantage eut sa place dans l’éphémère collection « Epouvante » (deux titres publiés) puisque nous quittons le Fantasy pour une aventure nettement plus sombre et macabre. Coincé dans un manoir, le lecteur / joueur aura sans doute bien des difficultés à rester en vie jusqu’à l’aube : vampire, goule, chiens affamés, esprits maléfiques, zombie, vieille sorcière, démons, serviteurs du diable,…Tous les suppôts de Satan se sont donnés rendez-vous pour une cérémonie sanglante orchestrée par un comte menaçant. Pas d’arme, pas de magie, pas de gadget pour le lecteur / joueur qui recherche désespérément un téléphone (le récit se déroule dans les années 80), une sortie,…mais pourrait ne jamais la trouver.

La difficulté s’avère extrême : non seulement il n’existe qu’un chemin pour terminer la quête mais il faut également posséder un Kriss (un poignard malais) dissimulé…quelque part ! Bonne chance pour le trouver (sans lire la solution c’est pratiquement impossible !) d’autant que la résolution nécessite également de  rencontrer les bonnes personnes (et dans le bon ordre), de poser les bonnes questions, de trouver le bon mot de passe, d’être au bon endroit, de ne pas tomber dans un piège (de nombreuses pièces conduisent à la mort), de ne pas s’égarer, de ne pas boire le vin empoisonné (spoiler : éviter le blanc !), et de posséder deux clés différentes,…Sans tout cela (oui tout ça !), la mort attend invariablement le lecteur. Bref, pensez à faire quelques « sauvegardes » de vos caractéristiques au fil de la progression et de tout noter sur un plan sous peine de reparcourir inlassablement les mêmes pièces.

Les combats, eux, ne sont pas fréquents (c’est déjà ça !) et les monstres ne posent pas de difficultés particulières : le joueur devrait s’en tirer en se battant une demi-douzaine de fois. Le côté retors ne se trouve pas là. Par contre, l’idée vraiment perverse qui complique encore l’aventure réside dans le niveau de peur : à la manière de certains jeux ultérieurs (basés sur Lovecraft), les événements rencontrés augmentent la peur du joueur…jusqu’à sa mort. Ouvrir trop de portes pourraient vous confronter à des créatures qui vous rendront fous…Mais ne pas les ouvrir vous empêchera de mener la quête à son terme. Un véritable casse-tête puisqu’il faudra gérer cette peur et ne pas, comme dans bien des livres dont vous êtes le héros, se contenter de fouiller chaque pièce jusqu’à assembler les bons artefacts!

LE MANOIR DE L’ENFER constitue donc une très belle réussite des « Livres dont vous êtes le héros » : une ambiance bien rendue, un système de jeu à l’efficacité éprouvée, une écriture réussie. Le seul point d’achoppement réside dans la difficulté quasiment insurmontable mais ce bémol reste relatif : le lecteur peut refaire l’aventure plusieurs fois et échouer à maintes reprises tout en passant un très bon moment ludique.

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Publié le 25 Août 2021

AMOK de Gilles Bergal

Gilles Bergal nous avait offert, chez Gore, CAMPING SAUVAGE et surtout l’excellent CAUCHEMAR A STATEN ISLAND : entre polar et horreur (et bien qu’écrit avant la sortie du long-métrage), il reprenais la thématique du très chouette film C.H.U.D.

Dans le même esprit, AMOK, initialement prévu chez Gore, se rapproche du cinéma de George A. Romero, influence assumée pour un récit qui rappelle « La nuit des fous vivants » et autre « Zombie ». D’autres films, plus axés séries B (comme « Nightmare at noon » ou « Impulse »), ont explorés un thème similaire : une contamination qui rend rapidement les habitants d’une petite ville fous furieux.

L’auteur, ici, ne perd pas de temps, sans doute contraint par la pagination restreinte exigée par la collection « Gore » à plonger directement dans l’action. Dès la première page ça saigne et ça charcle : le héros, immunisé contre la folie furieuse (l’amok du titre donc), est témoin d’une suite de carnage. En chemin, au fil des pages, il continue d’affronter des cinglés homicides, proches des zombies et prend une jeune femme sous son aile. La conclusion, ironique, verse dans le thriller parano et se permet un clin d’œil quelque peu prévisible mais agréable au final nihiliste de « la nuit des morts vivants ».

Premier « Gore » de l’auteur pour la collection, le roman, annoncé pour une prochaine parution en janvier 1988, ne parut finalement jamais. Juliette Raabe le souhaitait pourtant mais l’arrêt de la collection condamna AMOK a l’oubli pour quelques années.

AMOK frappe donc très fort dès son entame, au risque de ne pas maintenir par la suite (ce qui est sans doute inévitable) cette même énergie. Le bouquin n’en reste pas moins plaisant, avec ses nombreuses scènes d’action sanglante (sans le côté vomitif prisé dans le Gore français façon Necrorian), et cet hommage à George Romero mâtiné d’un peu de Stephen King, d’une bonne louche de Rambo et d’une pincée des romans de gare post-apocalyptique (style « Le survivant » et ces titres alléchants style ENFER CANNIBALE) se lit avec plaisir.

Court et rythmé, AMOK divertit plaisamment et c’est bien là l’essentiel quoique son intrigue soit plus simple et carrée que celle de CAUCHEMARS A STATEN ISLAND ou LA NUIT DES HOMMES LOUPS.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur, #Roman court (novella)

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Publié le 16 Août 2021

HALLOWEEN PARTY (FEAR STREET) de R.L. Stine

R.L. Stine, auteur de « Chair de poule », propose avec la série « Fear Street » des romans fantastiques et horrifiques dans un style similaire mais destinés à un public un peu plus âgé. Si « Chair de poule » se destine aux grands enfants, les « Fear Street » (publiés en France dans la collection « Peur Bleue ») sont davantage orientés vers les adolescents, pour des lecteurs de 13 ou 14 ans. On y rencontre donc les problématiques propres à cet âge : amourettes, rivalités, vie scolaire, etc. Ici, l’auteur présente un trio de personnages centraux : Cindy, la jolie malentendante, son amoureux Terry et son ex, le très arrogant Alex bien décidé à la reconquérir. Ce petit monde se voit perturbé par l’irruption d’une nouvelle venue, la trop séduisante Justine aux allures de sorcière sexy. Afin de mieux connaitre les gens de son école, Justine invite neuf d’entre eux (dont les précités Cindy, Terry et Alex) à une soirée d’Halloween qu’elle promet riche en surprise. Cette perspective accroit la rivalité entre Terry et Alex, lesquels prennent la tête de deux clans rivaux, surnommés les « poules mouillées » et les « sportifs ».

Surprises diverses, fausses morts et cadavres baladeurs, agression par les deux loubards du lycée,…la fête débute de manière mouvementée mais le Vaudeville prend rapidement un tour plus tragique, Cindy étant persuadée que cette invitation cache quelque chose de sinistre. Et si les intentions de Justine étaient moins innocentes qu’elle le prétend ?

R.L. Stine écrit pour un public qui n’est pas celui de Stephen King, encore moins celui de Clive Barker, Richard Laymon ou Jack Ketchum, il ne faut donc pas en attendre le même niveau de frissons. Mais, pour sa cible, HALLOWEEN PARTY offre exactement ce qui est attendu : un peu de romantisme, quelques touches humoristiques, un mystère prenant et quelques passages légèrement angoissants ou surprenants, beaucoup de chapitres (courts) se concluant par un petit cliffhanger sympathique. Les révélations finales, par contre, sont attendues et le motif de la soirée convenu. Mais ça ne détruit pas le plaisir ressenti. Pour une lecture distrayante à l’approche d’Halloween, ce roman s’avère donc plaisant : essentiellement destiné aux plus jeunes il saura également divertir les plus âgés par son écriture très fluide et son ambiance de la fête des morts bien rendue. Et puis, « à Fear Street c’est Halloween tous les jours ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Jeunesse

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Publié le 11 Août 2021

LA NUIT DES HOMMES LOUPS de Gilles Bergal

Né en 1954, Gilbert Gallerne est un vieux routier de la littérature populaire : il a signé (du pseudo de Milan) des romans chez Fleuve Noir Anticipation (LE RIRE DU KLONE), de son vrai nom des polars (notamment AU PAYS DES OMBRES, lauréat du prix du Quai des Orfèvres ou LES SALAUDS DU LAC pour le Poulpe),…Sous le nom de Gilles Bergal, il propose CAMPING SAUVAGE et CAUCHEMAR A STATEN ISLAND pour la collection « Gore ». Dans ce dernier, nous faisions connaissance avec Coogan, un enquêteur confronté à des créatures étranges. LA NUIT DES HOMMES LOUPS, hommage aux classiques de la lycanthropie (en particulier à HURLEMENTS, roman également publié chez Gore et adapté par Joe Dante), devait lui-aussi enrichir la collection « Gore » mais celle-ci s’est arrêtée avant sa publication. On le retrouve heureusement près de vingt ans plus tard à la Rivière Blanche.

Le détective Coogan, forcément un peu sur le retour (comme tout bon enquêteur de polar), doit, cette fois, retrouver un enfant disparu apparemment enlevé par son père. Mais l’affaire n’est pas aussi simple. Coogan va se confronter à une secte adepte des sacrifices humains dont les membres sont des…hommes-loups.

Voici un roman enlevé, avec une touche d’humour bienvenue, des personnages bien typés et des scènes énergiques (le recrutement d’un commando de mercenaires pour aller buter du loup-garou semble tout droit sorti d’un actioner des eighties). Le rythme rapide ne laisse guère le temps de souffler et les combats entre les hommes-loups et les hommes de guerre équipés de balles d’argents possèdent un souffle que l’on aimerait voir transposé sur grand écran, à la manière de « Dog Soldiers ».

Au lieu de sombrer dans la surenchère sanglante (souvent un brin stérile) de certains « Gore » (et assimilés comme Maniac, Trash et à présent Karnage), Bergal offre une intrigue efficace et des scènes d’horreur adroitement placées pour relancer une machine parfaitement huilée. Ceux qui ont jadis aimé CAUCHEMAR A STATEN ISLAND seront ravi de pouvoir enfin lire cette seconde aventure de Coogan, d’un niveau équivalent à la précédente. Bonne pioche !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur

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Publié le 23 Juillet 2021

VERSAILLES OF THE DEAD - TOME 1 de Kumiko Suekane

Nouvelle série manga, VERSAILLES OF THE DEAD démarre de belle manière avec son thème uchronique (assez proche de la piteuse série Netflix « La révolution ») : quelque temps avant la Révolution, Marie Antoinette est conduite à Versailles pour devenir reine de France. Attaquée par des zombies, elle est décapitée et seul son frère jumeau, Albert, survit. Ce-dernier décide de prendre sa place et de vivre dans le luxe à la Cour. Toutefois, il apparait rapidement qu’Albert est plus qu’un homme : il ne peut mourir, comme en témoigne sa survie après une agression au cours de laquelle il est transpercé par une épée.

Mené tambour battant, ce premier tome ne nous laisse guère le temps de souffler : en dix pages le monde est défini, Albert prend la place de la Dauphine et l’histoire continue sur ses rails divergents. Pourquoi Albert joue-t-il ce rôle ? Qui est-il réellement ? Comment a pris naissance cette épidémie de non-morts ? Nous ne le saurons pas au terme de ces premiers chapitres qui proposent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses.

En un peu moins de deux cents pages, l’auteur livre donc un récit touffu (presque trop !) qui mélange fantastique et histoire, avec magouilles politiques, jeux de pouvoir (notamment par Madame du Barry) et quelques touches plus légères, quasiment humoristiques, lorsque Albert voisine les belles dames de la Cour et découvre les fastes de Versailles.

Les zombies, eux, sont présents et confirment le côté uchronique de l’intrigue mais sans qu’ils deviennent envahissant. Un point positif à une époque où les morts vivants ont un peu trop tendance à être cuisinés à toutes les sauces.

Niveau dessin, ce manga est également très réussi avec des traits certes typiques du genre mais fins et précis. Les visages sont joliment dépeints, les proportions impeccables, les décors attrayants et montrent l’application de l’auteur qui ne s’est pas contenté d’arrière-plans hâtivement brossés mais a, au contraire, soigné la présentation et le décorum.

En résumé, ce premier volume très satisfaisant et intriguant donne envie de connaitre la suite, d’autant que la saga complète sera bouclée en cinq tomes, ce qui devrait éviter tout délayage inutile. Conseillé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Historique, #Horreur, #Uchronie, #Manga

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Publié le 19 Juillet 2021

SI CA SAIGNE de Stephen King

Stephen King se montre généreux. Au lieu de publier quatre courts romans, il les assemble dans un gros recueil à la manière de DIFFERENTES SAISONS. Voici donc un copieux bouquin (450 pages) qui alterne le meilleur et le…moins convaincant.

Dans la première nouvelle, « Le téléphone de Mr Harrigan », un jeune garçon fait la lecture à un vieil homme pas spécialement recommandable, en tout cas capable d’une grande rudesse envers ses ennemis. Celui-ci fait l’acquisition d’un Iphone et ne peut plus vraiment s’en détacher. Lorsqu’il meurt le garçon enterre Mr Harrigan avec son téléphone. Ce qui leur permet de reste en contact, le décédé accomplissant les souhaits de l’enfant. Si le début rappelle un peu « Un élève doué » pour cette amitié qui se noue entre un garçon et un vieillard, le récit dévie rapidement vers un récit de vengeance post mortem. Très classique mais bien mené, un peu à la manière des bandes dessinées TALES FROM THE CRYPT, voici du King en pilotage automatique mais qui assure le boulot. Et même très bien ! (4/5)

La seconde novella, LA VIE DE CHUCK, déstabilise. Elle débute par la présentation d’un monde apocalyptique dans lequel tout se détraque (Internet, l’électricité, etc.) tandis que des messages de remerciement à un mystérieux Chuck se multiplient. Chuck est décédé à 39 ans et avec lui le monde se dirige vers sa fin. Ensuite, nous remontons le temps à deux étapes de la vie de ce Chuck, d’abord âgé de près de 30 ans et emporté dans une danse improvisée par la rythmique d’un musicien de rue. Et ensuite, alors que Chuck à 7 ans et qu’il vient de perdre ses parents. L’intrigue est originale (surtout par sa chronologie inversée), avec un côté monde truqué que n’aurait pas renié Philip K. Dick. La morale (évidente) affirme que lorsqu’un homme meurt un univers entiers disparait. Efficace et mélancolique, bien écrite et prenante, du grand King, sans doute le récit le plus réussi de cette anthologie. (4/5)

SI CA SAIGNE aurait pu être publié de manière indépendante vu sa longueur (200 pages). De plus il s’agit de la suite de L’OUTSIDER, lui-même spin off de la trilogie Mr MERCEDES. King revient donc une cinquième fois sur ses personnages favoris de ces dernières années : Holly, Jérome, etc. Ce « long court roman » (hum) reprend, grosso modo, le schéma de L’OUTSIDER : après une explosion dans une école, Holly soupçonne quelque chose de louche et entame une (languissante) enquête. Pour elle, un nouvel « outsider » est responsable, une sorte de vampire psychique qui se nourrit de la souffrance. Le principal suspect ? Un présentateur télé opportunément présent sur les lieux de différentes catastrophes. Sauf que, lassé d’attendre que la prochaine se produise, il a décidé de passer à la vitesse supérieure et de les provoquer…Bon, c’est peut-être personnel mais j’avoue que cette énième resucée ne m’a pas vraiment convaincu. Après un début intriguant, le roman s’enlise dans une intrigue peu originale et guère passionnante. Trop étiré pour constituer une nouvelle prenante ou, au contraire, trop ramassé pour permettre de développer la mythologie des vampires psychiques, le tout a le cul entre deux chaises. Les admirateurs inconditionnels de Holly seront cependant heureux de la retrouver même si cette nouvelle enquête n’apporte pas grand-chose par rapport aux précédentes. Bof. (2/5)

La dernière nouvelle, RAT, peine également à convaincre, surtout que le King a déjà traité bien souvent du thème de l’écrivain confronté à la page blanche. Ici un auteur de nouvelles part s’isoler pour enfin réussir à boucler son grand roman (un western) qu’il n’a jamais réussi à écrire dans le train-train du quotidien. Coincé par une tempête, dans une ambiance désespérante (un petit côté SHINING), l’écrivain s’apprête à vivre un nouvel échec : le bouquin qui partait si bien s’enlise et échoue sur une voie de garage. Que faire ? Un rat viendra proposer à notre romancier en galère un pacte faustien pour accéder à la notoriété. Encore un récit typé « tales from the crypt » qui semble un peu trop en pilotage automatique et souffre du défaut habituel de l’auteur, à savoir un délayage parfois visible, d’autant qu’ici la fin laisse quelque peu dubitatif. (2,5/5)

Au final, un recueil dont le lecteur ressort quelque peu mitigé, les deux premières nouvelles, très réussies, compensant les faiblesses des deux suivantes. Bref, King ne surprend pas vraiment avec SI CA SAIGNE mais rassure néanmoins sur sa capacité à encore proposer des textes de qualité. Tous les récits sont d’ailleurs déjà promis à de futures adaptations, au cinéma ou à la télévision.

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