Publié le 11 Janvier 2018

STAR WARS - CLONE WARS: TOME 1 et 2

Les récits appartenant au vaste arc narratif de la « guerre des clones » se situent peu après « Star Wars Episode II : L’attaque des clones ». Ils permettent de retrouver les personnages de la prélogie et d’approfondir des événements parfois rapidement survolés par les films. Nous retrouvons ici des visages familiers comme Mace Windu, Maitre Yoda et, bien sûr, Obi Wan et son apprenti Anakin. Pour le côté obscur l’Empereur tire des ficelles dans l’ombre, tout comme le Comte Dooku, tandis que les opérations de terrains sont assurées par Ventress, une ancienne Jedi passée du mauvais côté de la force (avec son look cuir / dominatrice du plus bel effet) et Dirge, une sorte de monstre en armure qui rappelle Jango Fett (il rêve d’ailleurs de lui ravir le titre d’homme le plus dangereux de la galaxie).

Les récits (trois à cinq par tomes) tournent, évidemment, autour de l’armée de clones commandée par la République, avec diverses missions, notamment sur Kamino, afin de la défendre. Les Jedi se voient également forcés de prendre une part plus active dans le conflit et d’assurer le rôle de généraux, ce qui n’est pas au goût de tous les Chevaliers. Un schisme (titre de la troisième – et meilleure – histoire du premier volume) se prépare d’ailleurs au sein de l’Ordre : le vénérable Sora Bulq se place au service de Dooku et tend un piège à Mace Windu. De son côté, Anakin se pose de plus en plus de questions (et il n’est pas le seul) sur l’implication des Jedi et sur la manière de concilier son enseignement avec la guerre totale qui s’annonce. Le jeune homme prend également la défense des clones et notamment des soldats Arc surentrainés mais traités comme de la simple chair à canon sacrifiable par la majorité des Républicains. De plus en plus de Jedi prennent en outre conscience de la corruption qui règnent au sein de la République et se demandent comment la défendre sans succomber, à leur tour, à cette corruption.

STAR WARS - CLONE WARS: TOME 1 et 2

Dans le deuxième tome, au cours d’une mission sur Naboo, planète où vit sa bien-aimée Amidala, le jeune Anakin va découvrir les atrocités permises par « le nouveau visage de la guerre ». Un récit qui effecture un parallèle assez évident avec les combats de tranchées et des attaques au gaz de la Première Guerre Mondiale. Au fil des pages, les frontières entre le Bien et le Mal se brouillent : « moins certains les choses sont » comme le dit Maitre Yoda alors que les actions des Jedi les mènent dangereusement proches du côté obscur : « Je me demande ce que cette guerre change en nous, en tant que Jedi. La guerre change toujours ceux qui la font et nul ne peut prévoir comment. »

En dépit du caractère inégal des histoires proposées, ces deux tomes, servi par un beau dessin, se révèlent très plaisants à lire et permettent de mieux connaitre une période très intéressante de la mythologie « Star Wars », celle du basculement de la République et de l’avènement du pouvoir impérial.  

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 10 Janvier 2018

L'EMPLOYE DU DIABLE de Guillaume Nicolleau

Ce roman se situe dans la veine « urban fantasy » ou « paranormal romance », en contant l’histoire d’Edwards, un démon âgé de 300 ans. Il œuvre au service de Mr L. et obtient la prolongation de son immortalité en poussant les humains au péché. Toutefois, son histoire d’amour avec Abigael, la fille d’un de ses amis, modifie la donne.

Tout d’abord, le bouquin aurait mérité une relecture plus rigoureuse pour éviter les redondances et les répétitions de mots (beaucoup de dialogue utilise « dit untel »). Les constructions de phrases paraissent aussi un peu trop lourdes et freine la lecture, on sent l’enthousiasme de l’auteur, pas encore le métier, ce qui somme toute est normal pour un premier roman.

La longueur du livre, pour sa part, constitue autant une qualité qu’un défaut : si l’écrivain évite les longueurs, il ne fait qu’effleurer un univers dont la richesse aurait mérité davantage de développements. Ainsi, le livre nous apprend ce que peut accomplir (ou non) un employé du diable : « Pour un démon, pousser un humain au suicide était une opération très facile à réaliser ».  Par contre, le démon n’a pas le droit de tuer lui-même un homme. La caractérisation de cet employé du diable s’avère sympathique, il est présenté non comme un être démoniaque mais simplement comme une sorte de fonctionnaire au service des Enfers, soucieux de faire son boulot correctement, de satisfaire son patron déchu, de gagner des points, d’avoir de l’avancement,…L’Enfer comme métaphore de la bureaucratie ? Pourquoi pas, ce n’est pas franchement novateur mais ça reste amusant.

Le véritable dilemme d’Edward Blake survient lorsqu’Abigael, la fille de son plus vieil ami, décide de se suicider. A partir de là le récit s’emballe mais, malheureusement, au détriment de la crédibilité. Tout est trop rapide et si l’intrigue reste plaisante, elle s’avère souvent expédiée, en particulier en ce qui concerne cette relation amoureuse. Par la suite nous avons droit à l’attaque du bar d’Abigael (et à l’agression de son père) par une bande de voyous auquel un apprenti démon à chuchoté de commettre un crime sous les conseils de Lucifer en personne. Edward comprend dès lors que les actes démoniaques ne sont pas sans conséquence, ce qui accentue son envie de révolte.

La fin, une fois encore, parait trop hâtive même si l’humour atténue la déception. L’EMPLOYE DU DIABLE révèle néanmoins un potentiel et bien des histoires similaires (et publiées) se révèlent moins imaginatives. On conseille à l’auteur, pour son prochain roman (ou pour une éventuelle version retravaillée), de développer davantage ses personnages et de soigner un peu plus la forme. Ce premier jet, de par sa longueur réduite, ses idées intéressantes et ses quelques notes d’humour, pourra toutefois plaire aux amateurs de romance surnaturelle.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Paranormal Romance

Repost0

Publié le 8 Janvier 2018

SAS A ISTANBUL de Gérard De Villiers

En ces temps frileux où la moindre parole sexiste prend des proportions effarantes il est rafraichissant de se plonger dans le machisme satisfait de la plus célèbre des sagas d’espionnage. Car si SAS c’est tout d’abord un personnage, le prince hongrois Malko Linge, autrement dit Son Altesse Sérénissime, SAS c’est également – et surtout - une institution du roman de gare francophone et de l’espionnage. Créé en 1965 par Gérard de Villiers qui écrivit deux cents aventures de son héros jusqu’en 2013, soit près de cinquante ans de bons et loyaux services à la cause d’une espionnite réactionnaire et globalement divertissante.  

Que l’on aime (ou pas) le héros ou son controversé auteur, SAS A ISTANBUL reste une œuvre historique puisqu’il s’agit de la première aventure de Malko, lequel se voit défini comme un aristocrate désargenté acceptant de dangereuses missions afin d’amasser suffisamment de ressources monétaires pour restaurer son château décrépi. L’aristocrate aventurier possède un charme indéniable dont il use abondamment, à la manière de James Bond (si Malko fait plusieurs conquête la série n’a pas encore sombré dans le porno envahissant des titres ultérieurs et demeure sobre au rayon de l’érotisme) et une mémoire fabuleuse qui lui permet de retrouver facilement une information lue bien des années auparavant. Cette aptitude originale, elle aussi, sera rarement mentionnée par la suite. Dans cette première aventure, Malko n’est d’ailleurs pas vraiment un homme d’action, plutôt un stratège qui enquête, rassemble des faits, et laisse ses hommes de main accomplir le sale boulot. La série, là aussi, évoluera pour se conformer davantage aux normes du roman d’action / espionnage durant les décennies ultérieures où le prince fera le coup de poing à intervalles réguliers.

Avec SAS A ISTANBUL nous sommes encore en pleine guerre froide : après la destruction d’un sous-marin américain dans le détroit du Bosphore, un submersible non identifié est coulé en représailles. Peu après, le corps d’un marin russe est découvert sur la plage d’Izmir. Les services secrets de divers pays vont alors tenter de récupérer des documents compromettants. Une poignée de personnages jouent double jeu tandis que d’autres sont simplement éliminés au fil des pages, abattus par des agents rivaux. SAS Malko Linge débarque en Turquie pour enquêter sur cette affaire qui pourrait compromettre la paix mondiale.

Avec ses clichés mais aussi son rythme enlevé et son intrigue relativement complexe, SAS A ISTANBUL (un titre qui évoque immédiatement les longs-métrages d’espionnite de la fin des sixties) constitue un bon moyen de passer trois ou quatre heures de son temps. Le héros s’y révèle plutôt sympathique et attachant, loin de l’image du surhomme « sex machine » qu’il deviendra quelques années plus tard. De Villiers, pour sa part, évite les conventions et n’a pas encore sombré dans sa propre caricature à la manière des romans ultérieurs, plaisants mais bien trop mécaniques pour passionner : un quart d’ultra violence, un quart de sexe, un quart de péripéties façon guide du routard et un quart de considérations géopolitiques que ses détracteurs trouveront toujours « nauséabondes ».

Dans les limites de la littérature de gare, SAS A ISTANBUL fonctionne agréablement et s’appuie sur une écriture simple mais fluide et efficace, soucieuse de ne pas générer de temps morts mais, au contraire, de proposer des rebondissements et quelques touches humoristiques au sein d’un récit bien balancé. De quoi donner envie de poursuivre la lecture des titres ultérieurs, du moins ceux parus jusqu’à la fin des sixties, avant le grand basculement dans le sexe balisé et la violence outrancière.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Roman de gare, #Gérard de Villiers, #Erotique, #Espionnage

Repost0

Publié le 6 Janvier 2018

BATMAN - LA NUIT DES MONSTRES

Ce premier crossover du batverse de l’ère « rebirth » impacte les trois principales séries consacrées au Chevalier Noir : Batman, Detective Comics et Nightwing.

L’intrigue ne cherche guère la complexité : Hugo Strange infecte quelques cadavres avec le venin de Bane et crée quatre monstres gigantesques qui menacent Gotham alors qu’un ouragan s’annonce. Après la mort supposée de Red Robin (les lecteurs de Detective Comics savent que Tim s’en est sorti) et l’affaire de Gotham (cf. Batman rebirth tome 1), le Caped Crusader refuse de perdre encore une fois ses alliés et adopte une attitude très rigide et protectrice, laissant par exemple Gotham Girl et Duke Thomas de côté alors que les monstres attaquent la ville.

Le scénariste se lâche donc pour proposer des destructions massives en pagaille dans un esprit proche des kaiju-eiga ou, pour les Américains, des plus récents PACIFIC RIM et GODZILLA, une parenté entretenue par un climat déchainé. Les combats se déroulent donc sous une pluie battante et les immeubles sont pulvérisés par les créatures géantes. Tout cela se montre fort plaisant mais également quelque peu répétitif, avec des scènes à grand spectacle, de « nouveaux jouets » dissimulés par Batman (notamment de nouvelles motos), les Tours Wayne qui servent d’ultime ligne de défense en cas d’urgence, etc. Vu la situation on peut s’étonner que la Ligue de Justice n’intervienne pas pour se confronter à une menace aussi démesurée. Evidemment, l’équipe des « batmen » saura défaire les monstres sans l’intervention des héros les plus puissants. Ni Lantern ni Superslip ne seront de la partie. Peu crédible mais sympathique.

BATMAN - LA NUIT DES MONSTRES

Heureusement, pour suppléer à ce côté invraisemblable, les dessins sont plaisants, en particuliers ceux de Riley Rossmo sur Batman dont le style, assez personnel, convient bien au Chevalier Noir. L’artiste livre ici un travail de toute beauté et il suffit pour s’en convaincre d’admirer l’impressionnant monstre gluant qui apparait en pleine page dans Batman N°8.

Bref, ce premier crossover réussit son pari de divertissement à grand spectacle et en donne pour son argent au lecteur friand de monstres géants. Si la caractérisation des protagonistes demeure sommaire on note un progrès pour les héros qui apprennent, peu à peu, à travailler en équipe. Ainsi la pièce rapportée Gueule d’Argile, ex super vilain passé du bon côté de la force, sert d’armure vivante à Batman dans une séquence originale et mémorable.

En résumé, LA NUIT DES MONSTRES constitue un bon petit « blockbuster super héroïque » qui développe les différentes intrigues lancées dans les trois séries principales du Batverse tout en donnant la priorité à une action tonitruante. Un bon moment.

 

 

BATMAN - LA NUIT DES MONSTRES

(contenu : Batman Rebirth #7-8 + Detective Comics #941-942 + Nightwing Rebirth #5-6)

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Comic Book, #DC, #Superhéros, #Batman

Repost0

Publié le 4 Janvier 2018

CAUCHEMAR QUI TUE de Lewis Mallory

Deuxième des trois romans publiés chez Gore par Lewis Mallory, CAUCHEMAR QUI TUE s’inscrit dans la lignée des autres œuvres de cet auteur publiées chez nous, à savoir un fantastique relativement original, plutôt chaste et seulement ponctué de quelques passages choc qui privilégie l’atmosphère d’angoisse et la psychologie des personnages.

Nous sommes ici dans la thématique de l’enfant maléfique, déjà abondamment illustrée par la littérature et le cinéma, une sorte de petit frère du Damien de « La malédiction » qui disposerait de pouvoirs psychiques dans la tradition de « Patrick » ou « La grande menace ».

Un certain Gidéon fête son douzième anniversaire. Il vit en compagnie de ses parents et parait doté de pouvoirs paranormaux liés aux cauchemars, qu’il a la possibilité de matérialiser afin de faire mourir de peur ses victimes. Gidéon s’est ainsi fait renvoyé de l’école après s’être vanté d’avoir tué tous les animaux du laboratoire. Par la suite, notre sale gosse réserve un sort similaire aux poissons adorés de sa femme de ménage. Emporté par sa colère, le gamin brûle la maison familiale et provoque le décès de ses parents. Placé dans un hôpital psychiatrique, apparemment en état de choc, il compte sur sa sœur ainée, Theresa, pour l’en sortir. Lorsque le petit ami de sa frangine devient lui aussi soupçonneux, Gidéon tente de le tuer en matérialisant une horde de rats affamés tandis qu’un autre patient de l’hôpital puis un médecin meurent mystérieusement.

Lewis Mallory nous propose ici un récit habile, davantage porté sur l’épouvante que sur l’horreur sanglante, aux personnages hâtivement brossés mais aux considérations psychologiques réussies et à l’intrigue intéressante. Contemporain de la première apparition de Freddy, le roman (qui date de 1984) ne semble guère avoir souffert de sa traduction puisque l’édition originale comporte seulement 160 pages. Il s’avère donc parfaitement adapté à la collection « gore », du moins au niveau de la pagination et de la thématique car les fans les plus acharnés regretteront sans doute le manque de scènes sanguinolentes ou érotiques.

Si le tout aurait mérité quelques développements ou un certain approfondissement des relations entre le maléfique gamin et sa sœur, CAUCHEMAR QUI TUE se révèle un honnête bouquin fantastique qui se lit rapidement et avec plaisir. Pas de la grande littérature ni même un incontournables de la fameuse collection mais une bonne manière de s’occuper durant une petite soirée d’hiver.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Gore

Repost0

Publié le 2 Janvier 2018

WENDIGO de Graham Masterton

Une fois de plus, Graham Masterton s’intéresse à la  mythologie indienne qu’il a déjà abondamment illustrée. Bien sûr, on citera son « grand œuvre », à savoir la saga du Manitou qui comporte six romans (dont les cinq premiers furent traduits en français) mais également LA MAISON DE CHAIR dans lequel on croise le terrible Coyote ou encore CORBEAU. Ici, l’écrivain britannique s’intéresse au Wendigo, créature surnaturelle déjà abordée par Algernon Blackwood dans une longue nouvelle (« The Wendigo ») à laquelle  Masterton fait régulièrement référence.

L’intrigue se montre assez classique et typique de l’écrivain : Lily, mère divorcée de deux enfants travaillant dans une agence immobilière, est agressée chez elle par deux hommes masqués qui enlèvent sa progéniture, l’attachent à une chaise, la traitent de sorcière et tentent de la bruler vive. Heureusement, Lily réussit à s’en sortir et apprend qu’elle n’est pas la première victime : en effet une bande de machos fanatiques décidés à « punir » les mauvaises mères, « Flamme », sévit depuis quelques temps. Lily soupçonne immédiatement son ancien mari, dont elle est divorcée et avec lequel elle est brouillée. Deux agents fédéraux mènent l’enquête mais, malheureusement, sans succès. Le FBI étant dans l’incapacité de retrouver les enfants, Lily finit par demander à un sorcier indien, George Iron Walker, d’invoquer le légendaire Wendigo, un chasseur cannibale aux talents de pisteur sans égaux. George accepte en échange d’un terrain sacré pour son peuple. Lorsque Lily se révèle incapable d’éponger sa dette et de remplir sa part du contrat, George Iron Walker lâche le monstre sur la jeune femme.

Si le roman s’avère plaisant et rondement mené, dans la tradition des précédents bouquins de Masterton, difficile de ne pas en pointer les nombreux défauts et facilités. Tout d’abord, la personnalité de l’héroïne, Lily, reste assez clichée et il parait difficile de ne pas s’offusquer devant la bêtise de certaines de ses réactions. Ainsi, alors qu’on lui a expliqué la nature démoniaque et cannibale du Wendigo, la jeune femme pousse des cris d’orfraie lorsque le monstre commence à tuer ses agresseurs. Les relations de l’héroïne avec son patron manquent aussi de crédibilité : le boss la met sur la touche car ses cheveux brûlés et rasés mettent les clients mal à l’aise (puisqu’ils la soupçonnent de subir une chimiothérapie !) mais il ne perd jamais une occasion d’essayer de la draguer. Les agents fédéraux paraissent eux aussi peu professionnels, appelant régulièrement la jeune femme à la moindre fausse alerte tout en étant incapables de trouver le moindre indice. Bien sûr, au cours du récit, notre héroïne combative finira par trouver une oreille attentive qui croira en l’existence du Wendigo et recueillera ses confidences sur l’oreiller. Du déjà vu et revu.

Néanmoins, en dépit de ses bémols, d’une écriture quelque peu fade et d’un manque d’audaces certains (Masterton semble avoir délaissé la surenchère érotico-gore de ses premières œuvres pour un style passe partout et « grand public »), WENDIGO se lit sans déplaisir. Le roman, en effet, s’avère rythmé, court (330 pages) et globalement efficace en dépit de sa linéarité et d’un troisième acte à la fois longuet et prévisible. Difficile néanmoins de considérer ce bouquin comme une réussite tant l’écrivain, que l’on a connu autrement plus inspiré et innovant, apparait ici en pilotage automatique.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Graham Masterton

Repost0

Publié le 29 Décembre 2017

BOUCHERS, VANDALES ET COMPAGNIE de Peter Lovesey

Peter Lovesey, grand spécialise anglais du récit d’énigme humoristique, nous propose un recueil de nouvelles à chute d’excellent niveau, de petites pépites de mécanique policière saupoudrées d’humour noir. Difficile d’en isoler une tant elles se révèlent chacune originales, bien pensées et joliment rythmées.

Deux employés de boucherie découvrent leur patron, mort gelé dans la chambre froide. Le cadenas sur la porte ne laisse aucun doute : il s’agit d’un meurtre et le vieux Percy est le seul suspect. Cinquante ans de boulot et jamais la moindre considération, on comprend qu’il ait eu envie de supprimer le boss avant de se faire oublier en Espagne. Les deux employés, touchés, décident de cacher les preuves : après tout, sans le cadenas, personne n’aurait pensé à un crime et chacun aurait conclu à l’accident stupide. Bien sûr, tout ne se déroule pas comme prévu.

Une femme, jalouse du succès de sa défunte sœur, sculpteuse célèbre, rachète toutes les poteries de cette dernière afin d’organiser une exposition en son honneur. Mais sa conception de l’art confine au vandalisme.

Mr Buttery, un bouquiniste de 34 ans, n’a guère de chance auprès des femmes. A dire vrai, en dépit d’une bonne connaissance théorique du sujet (deux rayonnages dans son échoppe), il n’en a encore connu aucune. Bibliquement s’entend. Aussi lorsqu’une de ses clientes, la séduisante et peu heureuse en ménage Mildred, lui signale qu’il a en sa possession une statuette de grande valeur, l’effigie d’un célèbre assassin britannique, Buttery y voit un signe du destin. Il met la sculpture aux enchères et en retire plus de mille livres. Suffisamment pour inviter Mildred à passer avec lui des vacances à Orléans. Malheureusement la jeune femme ne semble pas décidée à « aller plus loin » et le pécule du bouquiniste fond comme neige au soleil.

Durant la guerre, Gorman, un soldat poursuivi par la déveine, cherche sans succès à déserter l’armée. Un jour il a l’occasion d’usurper l’identité d’un de ses camarades, décédés lors d’une attaque. Pourquoi ne pas en profiter pour rendre visite à la fiancée du défunt ? Bien évidemment, tout cela aura des conséquences sinistres.

Une infirmière accueille, une fois par semaine, son « amant caché », un véritable gentleman à qui elle prépare de succulents petits plats sans pour autant se montrer plus intime. Mais, un jour, la jeune femme apprend qu’elle n’est pas la seule à qui ce gentleman rend visite. Toutes les deux imaginent un plan pour se débarrasser de l’indélicat.

Ce recueil comporte encore trois nouvelles supplémentaires, toute fort efficaces, à découvrir par le lecteur. Dans l’édition originales, le livre (intitulé « Butchers ») compte seize histoires, celles n’ayant pas trouvé place ici ayant été publiées dans O MES AYEUX ! Pour les amateurs de récits policiers drôles et surprenants, dans la tradition des « Alfred Hitchcock présente » et autre anthologies de ce style, BOUCHERS VANDALES ET COMPAGNIE constitue un incontournable.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Recueil de nouvelles, #Peter Lovesey

Repost0

Publié le 28 Décembre 2017

DARK AVENGERS VOLUME 2 de Brian Michael Bendis

Nouvelle livraison de 264 pages pour conclure la saga de Norman Osborne à la tête de ses Vengeurs Noirs. La plupart des récits composant ce recueil sont soigneusement écrits par Brian M. Bendis et illustrés par Mike Deodato qui offre un très bon boulot.

On commence avec un gros affrontement (étalé sur quatre numéros) entre nos Avengers et le tout puissant Homme Molécule, autrement dit ce qu’on fait de plus puissant, ou peu sans faut, dans le domaine du super vilain détraqué. Du coup, Norman a bien du mal à garder la tête froide, d’autant que son « arme secrète », le quasi divin Sentry, est immédiatement abattu par le maitre des manipulations moléculaires. Comme disent les autres Avengers « ce type était plus puissant que nous tous réunis, alors qu’allons-nous pouvoir faire ? ». Débarquent les hommes du Hammer et le combat continue.

Ce récit efficace jongle entre les aspects les plus dramatiques et l’action, avec une bonne caractérisation des protagonistes. Si Norman tente de contrôler Sentry ce-dernier éprouve bien des difficultés à se maitriser lui-même, toujours prêt à laisser exprimer son côté obscur, représenté par Void. Ces démêlées schizophréniques apportent le sel nécessaire à un récit classique mais bien mené et agréable.

DARK AVENGERS VOLUME 2 de Brian Michael Bendis

L’annual consacré à Marvel Boy fait office d’interlude et n’apporte pas grand-chose tandis que les cinq petits épisodes, chacun consacré à un « second couteau » de l’univers Marvel se feuillettent distraitement mais seul celui sur Jack O’ Lantern se montre intéressant. On a aussi droit à quelques pages sur Spymaster qui se laissent lire. Mais dans l’ensemble rien de bien folichon dans cette fournée proche du remplissage.

Les épisodes 13 à 16 de la série signent la fin de la période « Dark reign », laquelle s’étendit quand même sur environ deux ans de publication. Elle impacta plus de vingt-cinq séries régulières, sans compter autant de mini-série ou de one-shots. Cependant, contrairement à la plupart des « events » Marvel, tel le précédent SECRET INVASION auquel il succède, le Dark Reign ne s’appuie pas sur une mini-série, d’où la difficulté à le résumer en volume. Ces quatre derniers épisodes des Dark Avengers s’intègrent ainsi dans la continuité de l’event SIEGE et sont par conséquent assez difficiles à évaluer isolés de ce crossover pas spécialement réputé. 

Bien sûr, Panini n’a - encore une fois ! - pas accompli le moindre effort pour faciliter la lecture aux néophytes. Les histoires s’enchainent sans résumé, sans présentation des personnages ou du contexte, sans même une page de transition entre les différentes intrigues. Le niveau zéro de la politique éditoriale. Le comble intervient entre les épisodes 15 et 16, normalement séparés par l’intrigue de SIEGE. Du coup on passe, d’une page à l’autre, entre un Norman tout puissant accompagné de ses Vengeurs à un Norman emprisonné et désavoué sans qu’il soit possible d’y comprendre quelque chose. Dommage car la période du Dark Reign reste une des plus excitantes et plaisantes dans la chronologie récente de Marvel. Il aurait donc était intéressant d’effectuer une présentation plus cohérente de cette suite d’événements non seulement pour attirer le novice mais aussi afin d’en expliquer les tenants et aboutissants. Peine perdue. Reste un album correct et d’une lecture agréable quoique l’on ait la désagréable impression de lire des fragments épars d’une plus vaste intrigue.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics

Repost0

Publié le 27 Décembre 2017

STAR WARS - LES X WINGS 2: LE JEU DE LA MORT de Michael Stackpole

Voici le deuxième tome de la décalogie des X Wings, débutée par Michaël A. Stackpole. LE JEU DE LA MORT prolonge l’intrigue entamée dans L’ESCADRON ROGUE (et qui se poursuivra dans les deux romans suivants de la saga). Nous sommes en l’an 6 de la guerre entre l’Empire et la Rébellion (« La Guerre des étoiles » constituant le point de départ chronologique de ces récits) dans ce qu’il est, aujourd’hui, convenu d’appeler l’ancien Univers Etendu, rendu Légendaire depuis la décision de sortir ces aventures de la continuité officielle et de les remplacer par de nouveaux romans et, bien sûr, par les films post « Le Réveil de la Force ».

Toutefois, de bonnes histoires restent de bonnes histoires, inutile donc de jeter le bébé avec l’eau du bain : il est toujours permis de lire ces bouquins et d’y prendre plaisir. D’autant que la série X Wings s’éloigne des principaux protagonistes (Luke Skywalker, Solo, Leia, etc.) pour se focaliser sur des personnages moins connus, des quasi anonymes qui, pourtant, œuvrent eux-aussi, dans l’ombre, pour abattre un Empire certes vacillant mais toujours dangereux. Il n’est donc pas nécessaire d’effectuer une délicate opération de jonglage entre l’ancienne et la nouvelle continuité pour s’y retrouver quoique les références à la « mythologie constitutive » restent nombreuses.

Les Rebelles de l’Escadron Rogue continuent leur combat contre l’Empire et recrutent de nouveaux membres comme Aril Nunb et Pash Cracken. La Rébellion, notamment dirigée par la Princesse Leia Organa, décide, pour marquer les esprits et réaliser un coup d’éclat, de reconquérir le cœur même de l’Empire, la planète Coruscant. Pour cela, les rebelles ont besoin de l’aide des criminels du Soleil Noir, emprisonnés sur Kessel. Une première mission va ainsi s’organiser afin de les libérer. Pendant ce temps, la chef impériale Ysanne Isard se propose de balancer un virus qui s’attaque aux non-humains : si ce virus peut être neutralisé aisément par le bacta, l’idée consiste à appauvrir la Rébellion, forcée de dilapider ses ressources pour sauver ses alliés sous peine d’être accusée de xénophobie. Les Rogue menés par Wedge, les Rebelles (comme Winter) et les agents du Soleil Noir s’infiltrent de leur côté sur Coruscant afin de s’emparer de ce qui fut jadis le cœur du pouvoir impérial.

Entre space-opéra, roman d’espionnage à base de mission secrète et d’infiltrations à haut risque, LE JEU DE LA MORT s’affranchit des incontournables héros de la trilogie cinématographique (n’oublions pas que le roman date de 1996 et s’appuie donc sur les épisodes IV à VI uniquement) pour créer ses propres personnages et développer ses intrigues personnelles.

Outre l’action rondement menée, on note aussi quelques idées intéressantes : deux ans après le fiasco d’Endor et la destruction de l’Etoile Noire, l’Empire, par une habile propagande, parvient à rejeter la faute sur les Rebelles et même à se poser en victime d’une bande de terroristes galactiques. L’auteur laisse aussi entendre que, pour beaucoup, vivre sous la domination impériale ou sous l’autorité de la République ne change pas grand-chose, voir même que la vie était plus simple sous l’Empire puisqu’on « savait ce qu’on avait à faire » et qu’à présent « tout part à vau- l’eau ». En s’associant à des criminels notoires comme les membres du Soleil Noir, l’Alliance Rebelle joue donc un jeu risqué et son idée de s’emparer de Coruscant pourrait se retourner contre elle : en concentrant ses forces sur cette planète l’Alliance devient une cible plus évidente.

Avec ses 300 pages nerveuses, son rythme soutenu, ses références obligatoires (mais non point envahissantes), LE JEU DE LA MORT devrait satisfaire les amateurs de Star Wars mais aussi les « simples » lecteurs de space-opéra guerrier. Divertissant à souhait, le roman, à l’image des classiques du serial, se termine sur un cliffhanger réussi qui donne envie de se plonger illico dans le troisième tome!

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Space Opera, #Star Wars

Repost0

Publié le 23 Décembre 2017

LE CLUB de Michel Pagel
LE CLUB de Michel Pagel

Les romans du Club des Cinq (les Famous Five dans la langue de Lennon) ont été rédigés par Enid Blyton et publiés entre 1942 et 1963. L’auteur en écrira 21 avant que la traductrice française Claude Voilier en propose 24 supplémentaires, présentés de manière étrange avec du texte sur une page et une bande dessinée en vis-à-vis. Bien sûr, les histoires furent adaptées pour le public français. Dans l’édition originale les personnages principaux vivent en Angleterre tandis que dans la version traduite ils passent leurs vacances en Bretagne. Georgina Kirrin devient Claude Dorsel, Julian Kirrin est renommé François Gauthier et le chien Tim s’appelle Dagobert.

Claudine, la chef de la bande, a onze ans. Ce garçon manqué préfère se rebaptiser Claude et adore son chien, le brave Dagobert aussi intelligent qu’affectueux. Les Gauthier, pour leur part, comprennent le très raisonnable et responsable François, archétype du garçon sérieux qui, à 13 ans, veille sur son frère Mick et sa sœur Annie, la gentille « sosotte » de presque 10 ans. Aux côtés des Cinq, on trouve les parents de Claude, le savant travailleur Henri et son épouse attentionnée Cécile, aidés par leur cuisinière Maria. D’autres enfants voisinent les héros : la jeune gitane Jo, le rigolo Pierre-Louis Lagarde, dit Pilou, qui adore imiter le bruit des voitures et Jean-Jacques, un jeune pêcheur amoureux de Claude.

Nous retrouvons ces personnages une trentaine d’années plus tard, après le « cataclysme », alors que l’innocence de l’enfance s’est envolé. Car si les héros des livres sont évidemment demeurés éternellement jeunes (les « enfants parfaits et ennuyeux » que souhaitent les parents qui achètent encore les aventures du Club) leurs contreparties « réelles » ont beaucoup changé : Pilou, toujours casse-cou et devenu pilote, multiplie les conquêtes, François – quarante ans toujours puceau – est un flic solitaire obsédé par son métier, Claude vit avec sa compagne Dominique mais ne dédaigne pas coucher avec Jean-Jacques, Annie a vécu trois divorces, s’est empâtée, à sombrer dans l’alcool et rejette les ratés de son existence sur sa fille. Tante Cécile est grabataire. Et Dagobert ? Il est, bien sûr, mort depuis longtemps.

Avec une  connaissance irréprochable de la saga littéraire dont il s’inspire, Michel Pagel se permet divers clins d’œil (ainsi seules les aventures écrites par Blyton sont considérées comme canoniques, les autres, écrites par la traductrice après l’arrêt de la série originale « n’ont jamais existé »). Il compare aussi les personnages « traduits » aux « originaux » qui vivent, eux, de l’autre côté de la Manche, dans le Dorset. Eux n’ont pas changés et n’ont pas eu à subir le point des ans (ni les remaniements de leurs aventures pour s’inscrire davantage dans le politiquement correct), bref ils sont restés les héros éternels des enfants d’hier. Et les autres ? Les traductions, les François et les Claude ?  Ils ont mal vieillis, la plupart ont même mal tournés et sont devenus des adultes au bout du rouleau qui regardent parfois avec nostalgie ce qu’ils étaient jadis. Car ils savent qu’ils furent jadis les membres du Club et qu’ils ne sont plus, aujourd’hui, que des adultes ennuyeux. La puberté est arrivée et a détruit leur innocence, les enfants se sont changés en adolescents dévorés par leurs désirs et leurs envies. Seul François a refusé le changement, a refusé de s’incarner. Ne s’étant pas fait chair il est resté, du moins en partie, un être de papier, un être imaginaire.

Pagel plante son court récit deux jours avant Noel, dans une Bretagne déjà enneigée où un crime est commis : qui a assassiné la tante Cécile ? Le Club, une nouvelle fois, mène l’enquête façon Cluedo en huis-clos. Mais le whodunit intéresse peu l’auteur, le lecteur comprenant rapidement qui est le coupable et quelles sont ses motivations. Davantage préoccupé par la confrontation entre l’imaginaire et la réalité, Pagel livre un roman complètement sombre, une entreprise de destruction – aussi virulente que paradoxalement respectueuse – d’un mythe de la littérature jeunesse. Une éclatante réussite au style prenant et rythmé, bouclé en environ 160 pages par un romancier au meilleur de sa forme.

Voir les commentaires

Repost0