Publié le 23 Juin 2017

RENDEZ-VOUS AVEC RAMA d'Arthur C. Clarke

Publié en 1973, ce roman demeure l’un des plus célèbres de Clarke, couronné par une foultitude de prix : Hugo, Nebula, John Campbell Award, Locus, etc. Un véritable classique qui se relit avec plaisir plus de quatre décennies après sa sortie.

Après la destruction quasi-totale de l’Italie par un astéroïde en 2077, un centre de crise destiné à prévenir de telles catastrophes est établi. Cinquante années plus tard, alors que l’espèce humaine a colonisé la Lune, Mars, Mercure et divers satellites des principales planètes, un gigantesque artefact extra-terrestre est repéré en approche du système solaire. Baptisé Rama, ce vaisseau de 50 km de long et 20 de diamètre, devient le centre de toutes les attentions. L’équipage de l’Endeavour, un vaisseau spatial terrien, se voit chargé de l’explorer. Pendant ce temps, sur Terre, les ambassadeurs des différentes colonies réagissent différemment à cette situation inédite.

La principale innovation de Clarke est de proposer une approche réaliste (si tant est qu’on puisse employer ce terme dans le cadre d’une œuvre de science-fiction) du fameux « premier contact » avec une intelligence extra-terrestre. Dans la SF primitive de l’Age d’Or (et même ensuite), les aliens se montraient généralement sous une apparence humanoïde et ne différaient de l’Homme que par la taille ou la couleur de peau. D’où les « petits hommes verts » qui firent le beau jour des pulps et des séries B. Ces extra-terrestres avaient, en outre, le bon goût de parler anglais ou, lorsqu’ils baragouinaient un improbable idiome, un petit coup de traducteur universel permettait de les comprendre sans la moindre difficulté. Clarke, pour sa part, imagine une vie extra-terrestre si radicalement étrangère qu’il est pratiquement impossible de la concevoir avec un mode de pensée humain.

Certes, le thème n’est pas complètement neuf puisqu’il avait été abordé par Fritz Leiber dans son VAGABOND (Prix Hugo 1965). Par la suite d’autres romanciers se pencheront sur le sujet : John Varley avec sa trilogie de GAIA, Robert Reed avec LE GRAND VAISSEAU, Greg Bear avec la saga EON, Larry Niven avec L’ANNEAU MONDE. Mais Clarke a peut-être livré le livre définitif sur le thème. Il condense son récit en 250 pages là où bien des écrivains actuels auraient dilaté l’intrigue sur plusieurs tomes (notons cependant que Clarke, en collaboration avec Gentry Lee, poursuivra le cycle avec trois séquelles avant que Lee seul ne poursuive l’aventure pour deux autres romans) et confère un bon rythme à cette histoire. Pas de temps à perdre, nous sommes directement plongés dans l’intrigue et, après quelques courts chapitres, l’exploration de Rama débute. Car ce vaisseau inconnu ne tardera pas à repartir dans les profondeurs spatiales et les humains ont peu de temps devant eux pour en percer les mystères.

Vu l’abondance de chroniques positives et le nombre de prix reçu par RENDEZ VOUS AVEC RAMA permettons nous quelques critiques minimes : le roman est essentiellement descriptif et manque un peu d’action (quoique le dernier acte se montre davantage alerte en usant d’un procédé classique à savoir la possible destruction de Rama par un tir de missile). Comme la plupart des œuvres de Clarke, il s’agit surtout de hard science et les personnages restent peu développés en dépit de quelques traits intéressants tel le double mariage du principal protagoniste. Toutefois, le bouquin gagne des points en jouant la carte du bon vieux « sense of wonder » via l’exploration de ce vaisseau où tout, de l’architecture à la physique en passant par les formes de vie, s’avère complètement différent et étranger aux perceptions humaines. Clarke se gardera bien d’ailleurs d’explications qui n’auraient pu que décevoir : au final le lecteur n’en saura guère plus sur Rama ou ses concepteurs. La morale, simple, est tout simplement que ces-derniers se fichent de ces humains présomptueux s’étant imaginé être le centre d’attention des habitants de l’univers. Et la fin ouverte, dans sa simplicité (la dernière phrase), démontre l’efficacité du romancier. Un incontournable de la science-fiction.

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Publié le 21 Juin 2017

NARCOSE de Christianna Brand

 

L’inspecteur Cockerill revient pour la seconde de ses sept enquêtes dans ce classique du whodunit qui figure d’ailleurs en 84ème position sur la fameuse liste des « cent meilleurs romans policiers » établie par la Crime Writers’ Association.

L’histoire se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale (ce qui, finalement, n’est pas si fréquent) et prend place dans cette période trouble du blitz, avec cette crainte des bombes qui tombent régulièrement et cet hôpital peuplé de blessés dans lequel, pourtant, la vie continue de manière quasi normale entre les alertes. Un jour, suite à une de ces attaques, le facteur Higgins est conduit sur la table d’opération. Cela devrait être une intervention de routine mais, pourtant, il décède lors de l’anesthésie. Rapidement, cette mort semble suspecte et l’inspecteur Cockrill débarque pour tenter de découvrir l’assassin. Après une deuxième victime, le policier semble persuadé que le criminel appartient à un petit cercle de six suspects tous membres du personnel hospitalier. Bien sûr, chacun d’eux possédait une raison de tuer le pauvre facteur, à l’exception, peut-être, du major Moon. Mais, comme on dit, dans les romans policiers le plus innocent se révèle toujours coupable au final…

Sans doute le roman le plus célèbre de Brand (adapté sous le même titre pour l’écran en 1946), voici un exemple classique mais fort bien mené d’énigme policière : lieu clos, nombre de suspects réduit, inspecteur de police obstiné qui a tout compris mais ne peut rien prouver, révélations en cascades, secrets enfouis qui ressurgissent, etc.

Brand joue admirablement de la « misdirection » pour pointer du doigt l’un ou l’autre coupables potentiels avant un coup de théâtre final qui surprendra probablement la majorité des lecteurs quoique tous les indices aient été habilement disséminés au cours d’un roman adepte du fair-play. Bien sûr, l’ensemble peut sembler quelque peu suranné, notamment dans les dialogues (un brin artificiel mais ce défaut est peut-être imputable à la traduction) et certaines situations parfois proches du mélodrame hospitalier. On y retrouve ce côté nonchalant lorsque les suspects se réunissent et discutent de manière très détachée des crimes commis par l’un d’entre eux. Mais, à côté de cette énigme astucieuse, Brand décrit également l’atmosphère de cet hôpital plongé dans la guerre avec ses rivalités, ses amourettes et ses petites mesquineries, véritable ilot en partie préservé du conflit qui fait rage aux alentours.

NARCOSE de Christianna Brand

En ce qui concerne la version cinématographique, elle se montre fort fidèle mais se permet quelques divergences en supprimant notamment l’un des personnages principaux (et toute la sous intrigue lui étant associée) ainsi, fatalement, que la conclusion. Le long-métrage bouleverse quelque peu la chronologie des événements mais, dans ses grandes lignes, il reste proche du texte original.

 

Du procédé utilisé par l’assassin au climax étonnant, NARCOSE peut se qualifier d’ingénieux et trois quart de siècle après sa publication, ce roman relativement court (220 pages) se savoure toujours avec le même plaisir. Un classique du whodunit, à redécouvrir.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Golden Age, #Christianna Brand

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Publié le 19 Juin 2017

SHERLOCK HOLMES ET LE MYSTERE DU HAUT KOENIGSBOURG de Jacques Fortier

Les pastiches littéraires de Sherlock Holmes sont aujourd’hui innombrables à tel point que le « canon » légué par Conan Doyle parait bien mince face à ces dizaines (centaines ?) d’imitations plus ou moins inspirées.

Cette nouvelle enquête se situe en 1909 alors que l’Alsace-Lorraine est retourné dans le giron allemand et que Guillaume II s’est mis en tête de restaurer le château du Haut-Koenigsbourg alors en ruines. Détective à la retraite, Sherlock Holmes, sollicité par son frère Mycroft, mène l’enquête, sous couvert d’écrire un guide des forteresses médiévales, en compagnie de l’indispensable Watson. Un trésor inestimable serait, en effet, enfoui au cœur du château. Mais il pourrait s’agir d’une bien plus redoutable arme qui pourrait s’avérer décisive dans la Grande Guerre annoncée…

Ecrit pour célébrer le cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Doyle, ce roman fut un joli succès de librairie qui eut même droit à son adaptation en bande dessinée. Mérité car l’auteur, le journaliste alsacien Jacques Fortier, connait bien la région décrite et le roman se veut, en quelque sorte, un guide de voyage destiné à faire découvrir au lecteur les richesses de l’Alsace, tant architecturales que culturelles, historiques et culinaires. Le tout débute ainsi en 1190, à la mort de l’empereur Barberousse, avant de voyager à travers les siècles jusque 1909, année où se déroule l’affaire que Watson relatera bien des années plus tard, ce qui permet de visiter non seulement le Haut-Koenigsbourg mais également Strasbourg, sans oublier un détour par Pierrefonds.

Nous sommes en présence d’un pastiche enlevé, court (192 pages) et donc rythmé en dépit de quelques descriptions informatives qui ralentissent la lecture en particulier durant les premiers chapitres parfois très (trop ?) proches de celles du « guide du routard ». L’enquête en elle-même manque peut-être un peu de tonus mais se suit sans déplaisir et Holmes préfigure parfois Indiana Jones puisqu’il finit par découvrir un artefact religieux légendaire convoité par l’Allemagne à des fins de propagande (non il ne s’agit pas du Graal). Les puristes de Conan Doyle risquent par conséquent de tiquer mais le personnage a depuis longtemps perdu sa stature réaliste pour devenir une sorte d’archétype, voire de super-héros, aussi ingénieux que courageux, inégalé dans la déduction et infaillible dans la résolution de mystères souvent aux frontières du réel.

Roman d’aventures policières teinté de références historiques et ésotériques (nous étions alors – en 2009 - en pleine vogue de ce genre de thrillers mystiques ayant assuré le succès de Dan Brown), SHERLOCK HOLMES ET LE MYSTERE DU HAUT KOENIGSBOURG avance jusqu’à sa conclusion sans ennuyer le lecteur, l’auteur agrémentant son récit de touches humoristiques bienvenues et des inévitables références littéraires aux énigmes les plus célèbres résolues par Holmes. Dans la masse des pastiches holmésiens, cette énigme rhénane se révèle au final plutôt convaincante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Aventures, #Sherlock Holmes

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Publié le 16 Juin 2017

DOUBLE ETOILE de Robert Heinlein

Figure tutélaire de la science-fiction américaine, Robert Heinlein obtient avec DOUBLE ETOILE le premier de ses quatre Prix Hugo du meilleur roman (auxquels s’ajoutent trois retro-Hugo posthume).

L’intrigue, ramassée sur 220 pages, nous est contée à la première personne par un comédien célèbre, Lawrence Smythe, dit le Grand Lorenzo. Celui-ci, désoeuvré, se voit proposer par un certain Dak de réaliser la parfaite imitation d’un homme politique très connu, John Joseph Bonforte, leader du parti expansionniste d’opposition. Or, Bonforte a été kidnappé et sa présence est requise lors d’une cérémonie martienne : son absence serait une grave entorse au protocole et remettrait en question la paix entre Mars et la Terre. Après la libération de Bonforte, très affaibli par les traitements subis, Lorenzo se voit contraint de continuer à endosser son rôle durant la campagne électorale…

Ce court roman méritait-il le prix Hugo ? La question reste posée. C’est un bon livre bien sûr, mais qui ne possède pas l’ambition d’EN TERRE ETRANGERE par exemple, sans doute le chef d’œuvre d’Heinlein, lequel lui permis d’obtenir un nouveau Hugo, une large reconnaissance (notamment parmi les hippies) et de se défaire quelque peu de son étiquette réactionnaire.

Toutefois, DOUBLE ETOILE demeure intéressant par sa critique assez savoureuse de la politique, affirmant clairement que les chefs de parti sont des marionnettes qui peuvent aisément être remplacés, que seule l’image (et le charisme) est importante, bref que tout cela n’est qu’une vaste comédie.

L’important ne réside pas dans un programme solide mais bien dans des petits faits que le politicien peut exploiter pour jouer sur la proximité : Bonforte note dans ses carnets des détails insignifiants sur les électeurs qu’il rencontre afin de les amadouer plus facilement par la suite.

Les conseillers œuvrent réellement, dans l’ombre, pour diriger le pays et le chef effectue une simple représentation. Un acteur de talent peu par conséquent le remplacer sans grande difficulté, se contentant de ressasser d’anciens discours. Et lorsqu’un journaliste signale que les paroles ne sont pas neuves, le politicien rétorque brillamment qu’elles restent vraies.

La morale, elle, est assez convenue, tout comme la conclusion du roman (située un quart de siècle après l’intrigue principale) : Lorenzo assume totalement le rôle du politicien dont il copie les attitudes, discours et opinions au point que sa personnalité propre s’est totalement dissolue dans celle de son « personnage ».

Sans beaucoup de rebondissements mais avec des protagonistes fouillés et une thématique générale pertinente et toujours très actuelle (quoique certains passages – en particuliers tout ceux consacrés à Mars – aient pris un coup de vieux), DOUBLE ETOILE frappe aussi par sa concision appréciable en ces temps de pavé parfois interminable.

Fort plaisant.

Prix Hugo 1956

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Robert Heinlein, #Prix Hugo

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Publié le 14 Juin 2017

LA LOQUE A TERRE de Georges de Lorzac (Jean-Pierre Bouyxou)

Le Bordelais Jean-Pierre Bouyxou (né en 1946) est un touche-à-tout bien connu des amateurs de cinéma bis et de paralittérature. Il a écrit pour les revues les plus diverses, de Ciné Revue à Métal Hurlant en passant par l’Echo des savanes, Sex Star System, Siné Hebdo, Paris-Match ou Lui. On le retrouve également acteur (dans la plupart des films de Rollin), scénariste (pour « Les raisins de la mort » de Jean Rollin et quelques pornos), réalisateur (notamment du « fameux » film X « Entrez vite, vite je mouille » en 1979).

Sous divers pseudo, Bouyxou livre une foultitude de romans pour les éditions du Bébé Noir ou de la Brigandine dont ce très étrange LA LOQUE A TERRE, lequel dénote l’amour de l’écrivain pour le fantastique du quotidien et l’angoisse. Le livre aurait, en effet, très bien pu figurer dans la légendaire collection « Angoisse » du Fleuve Noir. Ce récit d’errance débute par l’arrivée de Laurent, mec de 34 ans sans emploi régulier venant d’être largué par sa copine Christine, devant une haute tour d’immeuble. L’ascenseur est en panne et ses parents résident au dernier étage. Du coup, Laurent entreprend l’ascension du HLM par les escaliers. Manquant d’exercice physique et à court de cigarette, le jeune homme s’épuise rapidement et finit, assoiffé, par sonner à la porte d’une quadragénaire, Zizou, avec qui il fait l’amour sans en ressentir ni envie ni plaisir. Par la suite, Laurent quitte l’appartement et continue de grimper les étages…Le temps s’écoule, interminable, au rythme des volées d’escaliers, vers un dernier étage en apparence inaccessible.

LA LOQUE A TERRE constitue un pur roman d’angoisse et de fantastique au sens le plus noble du terme puisque le héros perd contact avec la réalité qui se disloque peu à peu sous ses pas, d’un palier au suivant. Il grimpe, grimpe, grimpe toujours mais semble incapable d’arriver au sommet de l’immeuble, revenant inexplicablement sur ses pas. Bien qu’il tambourine à différentes portes, aucun occupant ne lui ouvre et il ne croise personne dans son errance. Les seules rencontres qu’il fera au cours de cette journée conduisent aux deux scènes sexuelles du roman (lesquelles, bien que riches en descriptions pornographiques, se révèlent étonnamment non érotiques voire même dépressives). Dans la première, Laurent couche avec Zizou en essayant de se souvenir de son ex. Dans la seconde, il tombe aux mains d’un couple de lesbiennes complètement folles qui menacent de le castrer. Zizou vient d’ailleurs s’en mêler. D’où le vertige de notre héros lorsqu’il se rend compte que la dite Zizou vit deux étages en dessous…alors qu’il lui a semblé gravir des dizaines d’escaliers.

Le dernier acte du roman plonge encore plus dans le sordide, convoque Sigmund Freud (« ce con », dixit le chapitre qui lui est dédié) pour un final purement psychanalytique échappant à toute tentative de rationalisation.

Saupoudré de quelques réflexions gauchisantes (heureusement point trop envahissantes) et d’un humour absurde sympathique (le héros s’imagine vivre un rêve, faire un mauvais trip au LSD et se dit, avant de basculer totalement dans la « folie » qu’il tirerait bien un bouquin de cette aventure insolite), LA LOQUE A TERRE constitue une belle réussite à redécouvrir dans le recueil « Trois romans érotiques de la Brigandine » récemment publié par les dignes héritiers de la Musardine.

LA LOQUE A TERRE de Georges de Lorzac (Jean-Pierre Bouyxou)

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Roman de gare

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Publié le 12 Juin 2017

SILHOUETTES DE MORT SOUS LA LUNE BLANCHE de Kââ

Prof de philo en Bretagne, Pascal Marignac (1945 – 2002) se lance dans le roman noir en 1984 avec ce SILHOUETTES DE MORT SOUS LA LUNE BLANCHE publié sous le pseudonyme de Kââ. Par la suite il signera une quinzaine de polars, quatre « gore » sous le nom de Corselien et un autre récit d’horreur pour la collection concurrente Maniac sous le pseudo de Behemoth.

Le principal protagoniste de SILHOUETTES DE MORT SOUS LA LUNE BLANCHE a abattu, au cours d’un hold-up, le jeune Vila, gangster détraqué un peu trop prompt à défourailler sur tout un chacun. Depuis, il se planque avec son complice Straub et se réfugie dans une maison auvergnate, traqué par les deux frangins de la victime, bien décidés à lui faire la peau. Il supprime aussi son copain Detwiller, trop porté sur la trahison, et se barre avec sa veuve, plutôt joyeuse, Corinne. Le trio fuit à travers la France, affrontant régulièrement les frères Vila, les gendarmes ou de soi-disant amis qui mettraient bien la main sur le butin ou sur Corinne ou sur les deux…

SILHOUETTES DE MORT SOUS LA LUNE BLANCHE est un roman noir sanglant, sexualisé, brutal, avec des personnages en fuite qui se la jouent Bonnie & Clyde. Un anti-héros atypique amateur de littérature, de musique classique et fin gourmet. Une belle veuve pas tellement éplorée qui prend un peu trop vite goût aux armes à feu. Un type blessé. Des gangsters aux abois embarqués dans un road trip désespéré qui ne peut que mal finir, façon western option « Horde sauvage ».

Le style, haché, de Kââ est déjà bien reconnaissable dans ce premier roman annonçant ses œuvres ultérieures. Il est particulier, composé de phrases très courtes, de ruptures brusques. Parfois, l’épure est telle qu’il semble manquer des mots tant le romancier démontre une économie langagière pour aller droit vers l’essentiel, visant l’efficacité maximale et dégraissant le récit à la manière d’un Brussolo (qui saluait en Kââ le meilleur auteur de roman noir de ces dernières années). Quelques longueurs pointent cependant, une certaine répétitivité des situations dans la seconde partie du bouquin, nourri de coups fourrés, de trahisons et de fusillades.

Les personnages ne sont pas des anges, loin de là, plutôt des cyniques, en particuliers le « héros » amateur de vin et de bouffe. Un bon vivant qui, parfois (et même souvent) bute les gêneurs, sans en éprouver de plaisir mais sans grand regret non plus. Il trace sa route en lettre de sang.

et l’auteur nous propose un véritable panier de crabes où chacun se trahit ou retourne sa veste par vengeance, appât du gain ou pour des raisons plus troubles comme en témoigne Corinne, sans doute la plus frappadingue : une veuve très excitée qui s’embarque avec le meurtrier de son mari dans une cavale dominée par le sexe et le sang. Deux ingrédients que Kââ utilisera beaucoup durant son passage remarqué par la collection Gore.

Avec SILHOUETTES DE MORT SOUS LA LUNE BLANCHE, Kââ livre un polar âpre, violent et nihiliste. Pas vraiment un bouquin divertissant donc, ce qui lui confère à la fois sa force et sa faiblesse car ce n’est sans doute pas le genre de lecture « coup de poing » dont on aura envie régulièrement. Mais cette plongée violente se lit toutefois avec intérêt et devrait enthousiasmer les amateurs de romans très noirs.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #roman noir

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Publié le 7 Juin 2017

CHANTS DE LA TERRE LOINTAINE d'Arthur C. Clarke

Arthur C. Clarke reste une institution de la science-fiction, doublement récompensé par le Hugo et le Nebula (pour RENDEZ VOUS AVEC RAMA et LES FONTAINES DU PARADIS), créateur de la saga des « Odyssées de l’espace » (se composant de la suite 2001, 2010, 2061 et 3001). Comme d’autres romans de l’écrivain (notamment le célèbre 2001), celui-ci se base sur une nouvelle datant de 1958 jadis publiée dans le recueil L’ETOILE. Près de 30 ans plus tard, Clarke développe l’idée pour en tirer un scénario jamais tourné et, finalement, ce roman nostalgique, sorte de space-opera apaisé (ni combats spatiaux ni guère d’action dans ce récit centré sur les personnages et leurs sentiments) teinté de philosophie.

Alors que la Terre se meurt, un million de colons sont envoyés, cryogénisés, dans l’espace à bord du vaisseau Magellan afin d’atteindre un nouveau monde très lointain, Sagan Deux. Les voyageurs effectuent une longue escale sur la planète océanique Thalassa afin de réparer le bouclier de glace protégeant leur vaisseau. Sur Thalassa, les Terriens rencontrent d’autres colons, envoyés précédemment par la terre sous forme d’embryon à bord d’un « vaisseau semeur ». La colonie s’est développée et a pris l’apparence d’un petit paradis libertaire préservé des superstitions, de la religion et, pour l’essentiel, de la violence. Parmi l’équipage du Magellan, beaucoup s’interrogent sur le bien-fondé de leur mission et se demandent s’il ne serait pas plus simple de stopper l’exil et de s’installer sur Thalassa. D’autant que certains membres de l’équipage nouent des liens intimes avec les locaux.

La vision future de Clarke est apaisée, voir tranquille, en dépit de l’aspect dramatique et inéluctable de la mort annoncée de la Terre suite à la transformation du Soleil en nova). D’ailleurs, même en sachant la Terre condamnée, chacun poursuit sa vie comme si de rien était. Après tout, qui se soucie de ce qui surviendra dans une cinquantaine de générations ? « On aurait pu penser que, à mesure que la nouvelle fuirait et répandrait lentement, l’annonce de la fin du monde provoquerait une certaine panique. Au contraire, la réaction générale fut d’abord un silence de stupeur, suivi d’un haussement d’épaules indifférent et de la reprise du train-train quotidien. »

Le romancier quitte donc, avec quelques regrets mais sans vrai chagrin, cette planète agonisante pour une colonie édénique qui s’est débarrassée de la religion, tout comme des textes sacrés (« on ne pouvait leur permettre de réinfester des planètes vierges avec les anciens poisons des haines religieuses ») et du surnaturel. La population, que l’on pourrait qualifiée de hippie, vit une existence paisible, connait une (bi)sexualité libérée et heureuse. A vrai dire, il ne se passe pas grand-chose dans ses CHANTS DE LA TERRE LOINTAINE contemplatif : le début de mutinerie est vite avorté et la rencontre avec des créatures extraterrestres à peine évoquée. Pourtant, la science de Clarke rend l’ensemble très plaisant à lire et jamais ennuyeux quoique le romancier ne se soucie aucunement de générer un quelconque suspense ou de proposer un cliffhanger haletant en fin de chapitre. Le tout s’apparente surtout à une sorte de légende des temps futurs, un récit chaleureux, dans lequel la hard science revendiquée par l’auteur (qui refuse les facilités du voyages transluminiques et se pique de proposer une œuvre rigoureuse et crédible) voisine avec un humanisme naïf et une certaine poésie assez inhabituelle chez lui. On peut toutefois regretter que le romancier n’aille pas au bout de son pitch de départ et ne fasse que survoler son sujet sans trop se préoccuper des enjeux

En quittant sa zone de confort, Clarke n’a pas livré son chef d’œuvre mais il propose cependant un bon roman de science-fiction (qu’il considérait comme son préféré), aux thèmes intéressants qui assure l’essentiel : réflexion et dépaysement.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #anticipation, #science-fiction, #Arthur C. Clarke, #Hard Science

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Publié le 5 Juin 2017

TUER MA SOLITUDE de Dorothy B. Hughes

La collection « Un mystère » fut longtemps considérée comme le parent pauvre de la Série Noire. C’est, entre autre, ce que nous rappelle la préface de « Polar années 50 », gros volume Omnibus comprenant 8 romans dont TUER MA SOLITUDE, datant de 1947. Si le principal protagoniste est un tueur en série, nous sommes loin de la plupart des titres actuels sur le sujet : ici, le héros, Dick Steele, est un pauvre type fraichement revenu à la vie civile (l’action se situe deux ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale) et installé en Californie dans un appartement qu’il sous-loue à son pote Mel, parti vivre à Rio. Oisif, Steele affirme écrire un roman policier et se renseigne auprès d’un de ses amis, Brub, un inspecteur à la criminelle, sur les méthodes d’enquête. Il se montre particulièrement intéressé par un serial killer surnommé Jack l’Etrangleur qui sévit dans la région et tue, chaque mois, une jeune femme. Bien vite, le lecteur comprend que Dick Steele (un nom qui sonne comme celui d’un espion de série B…ou d’un acteur porno) est, en réalité, cet Etrangleur que traque Brub. Bien qu’il ne puisse oublier une femme qu’il a jadis connu en Angleterre, Brucie, Dick noue cependant une relation avec sa voisine, une belle rousse prénommée Linda. Mais la situation se détériore…

L’identité de l’assassin étant rapidement dévoilée, TUER MA SOLITUDE ne joue pas la carte du whodunit mais bien du suspense et du thriller psychologique. Le roman se place ainsi résolument aux côtés de son tueur en série, pas spécialement intelligent ou machiavélique mais prudent et méticuleux. Il compte d’ailleurs sur la banalité de son apparence pour passer au travers des mailles de la police et, effectivement, les témoins ne peuvent identifier de type tellement ordinaire que nul ne le remarque. Futé, Steele prend soin de fréquenter un inspecteur de police afin d’être tenu au courant des derniers évènements, des développements de l’enquête et des preuves susceptibles de l’incriminer (la poussière de sa voiture ou les traces de pneu par exemple).

Voici un récit habile, bien mené et rythmé (le roman, très court, ne traine guère en route malgré les passages plus introspectifs plongeant dans la psyché du criminel) dont Nicolas Ray tira un excellent film, LE VIOLENT, en donnant à Bogart le rôle de  Steele.  Toutefois, les différences sont nombreuses entre le roman et son adaptation (l’une, en particulier, s’avère fondamentale) et même ceux qui connaissent la version filmée seront intéressés par ce suspense adroit et efficace.

La collection « Un mystère » fut longtemps considérée comme le parent pauvre de la Série Noire. C’est, entre autre, ce que nous rappelle la préface de « Polar années 50 », gros volume Omnibus comprenant 8 romans dont TUER MA SOLITUDE, datant de 1947. Si le principal protagoniste est un tueur en série, nous sommes loin de la plupart des titres actuels sur le sujet : ici, le héros, Dick Steele, est un pauvre type fraichement revenu à la vie civile (l’action se situe deux ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale) et installé en Californie dans un appartement qu’il sous-loue à son pote Mel, parti vivre à Rio. Oisif, Steele affirme écrire un roman policier et se renseigne auprès d’un de ses amis, Brub, un inspecteur à la criminelle, sur les méthodes d’enquête. Il se montre particulièrement intéressé par un serial killer surnommé Jack l’Etrangleur qui sévit dans la région et tue, chaque mois, une jeune femme. Bien vite, le lecteur comprend que Dick Steele (un nom qui sonne comme celui d’un espion de série B…ou d’un acteur porno) est, en réalité, cet Etrangleur que traque Brub. Bien qu’il ne puisse oublier une femme qu’il a jadis connu en Angleterre, Brucie, Dick noue cependant une relation avec sa voisine, une belle rousse prénommée Linda. Mais la situation se détériore…

TUER MA SOLITUDE de Dorothy B. Hughes

L’identité de l’assassin étant rapidement dévoilée, TUER MA SOLITUDE ne joue pas la carte du whodunit mais bien du suspense et du thriller psychologique. Le roman se place ainsi résolument aux côtés de son tueur en série, pas spécialement intelligent ou machiavélique mais prudent et méticuleux. Il compte d’ailleurs sur la banalité de son apparence pour passer au travers des mailles de la police et, effectivement, les témoins ne peuvent identifier de type tellement ordinaire que nul ne le remarque. Futé, Steele prend soin de fréquenter un inspecteur de police afin d’être tenu au courant des derniers évènements, des développements de l’enquête et des preuves susceptibles de l’incriminer (la poussière de sa voiture ou les traces de pneu par exemple).

Voici un récit habile, bien mené et rythmé (le roman, très court, ne traine guère en route malgré les passages plus introspectifs plongeant dans la psyché du criminel) dont Nicolas Ray tira un excellent film, LE VIOLENT, en donnant à Bogart le rôle de  Steele.  Toutefois, les différences sont nombreuses entre le roman et son adaptation (l’une, en particulier, s’avère fondamentale) et même ceux qui connaissent la version filmée seront intéressés par ce suspense adroit et efficace.

TUER MA SOLITUDE de Dorothy B. Hughes

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Thriller, #Polar, #Polar Années 50

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Publié le 1 Juin 2017

ALERTE ROUGE A WASHINGTON de "Don Pendleton"

Crée par Don Pendleton, le vétéran du Viet Nam devenu justicier Mack Bolan eut rapidement une vie propre : après les 38 premiers romans (rassemblés sous la domination de « Guerre à la Mafia »), l’Exécuteur fut repris par de nombreux auteurs qui en firent une sorte de super agent aux services secrets de l’Amérique. Lorsque la nation ne peut agir de manière officielle, elle peut compter sur le Guerrier pour défourailler de la racaille, du petit trafiquant au terroriste international, Bolan ne fait pas dans le détail.

Edité en France par les éditions Gerard De Villiers, « l’homme à la combinaison noire » vécut également des aventures originales qui ne furent pas traduites mais bien entièrement écrites par des romanciers hexagonaux. Souvent non crédités (lorsqu’ils le sont c’est uniquement en tant que « traducteur et adaptateur »), ils s’effacent pudiquement devant la légende (avec ses nombreuses séries dérivées on approche du millier de romans !!!) comme cette ALERTE ROUGE A WASHINGTON plutôt efficace.

Dans cette aventure, l’auteur (donc anonyme) attaque la collusion entre le pouvoir américain et la Mafia, imaginant (peu avant le 11 septembre) une sorte d’énorme complot entre des militaires assoiffés de pouvoir et les organisations maffieuses afin de générer un conflit au Moyen-Orient qui servirait, en quelque sorte, de test grandeur nature pour observer les réactions du monde à une guerre nucléaire localisée. Sympathique et plutôt novateur, cela change agréablement des massacres répétitifs d’amichi d’une ville à l’autre du globe.

Cependant, si l’intrigue se révèle plus consistante que de coutume et constitue un hybride assez réussi entre les deux périodes (polar anti mafieux et action / espionnage pour résumer succinctement) de l’interminable saga (Bolan fait ici la guerre à la Mafia mais il s’associe avec une poignée de militaires vétérans pour débarrasser les hautes sphères politiques de la corruption), avec Mack Bolan, pas de subtilité ni de grande analyse politique, place au nettoyage par le vide. La série n’a jamais fait dans le subtil mais a souvent gardé le cap en jouant sur un rythme frénétique qui multiplie les explosions, fusillades et autres massacres de crapules. Du divertissement très efficace totalement dévoué à la testostérone et à l’hémoglobine sans perdre de temps en considérations psychologiques ni en érotisme (contrairement à ce que veulent faire croire les couvertures françaises). Bref, ça déménage et ça emporte tout sur son passage, avec une écriture très brute et une grande économie de moyens : phrases courtes, chapitres ramassés en quelques pages, nombreux synonymes pour varier les descriptions (un brin répétitives) de mafiosi abattus par notre héros. Des recettes qui doivent autant à la littérature brute de décoffrage de Mickey Spillane qu’aux polars d’action musclés des seventires (genre JUSTICE SAUVAGE ou LA TRAHISON SE PAYE CASH).

Bref, L’EXECUTEUR, en dépit de son aspect ultra codifié (qui, mine de rien, a fini par générer une mythologie sommaire avec son lot de personnages récurrents comme en témoignent ici les nombreuses notes de bas de page renvoyant le lecteur à une aventure antérieure) reste une valeur sûre du roman de gare moderne et une des seules séries de ce style (jadis si populaires) à continuer à perdurer en ce vingt-et-unième siècle. Très plaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Roman de gare, #Exécuteur, #Gérard de Villiers

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Publié le 29 Mai 2017

ROBIN WAR de divers auteurs

Ce crossover au postulat intéressant se déroule dans un Gotham ayant connu bien des changements : Batman a disparu, remplacé par le commissaire Gordon aux commandes d’une armure et Damian Wayne, alias Robin, revenu à la vie après diverses péripéties, parcourt le monde en quête de rédemption (à lire dans « Robin, Son of Batman »).

Inspirés par le partenaire du Chevalier Noir, différents personnages, pour la plupart jeunes et sans expériences, vont, tels les « real life super heroes » apparus dans diverses métropoles américaines, s’affubler d’un costume jaune, rouge et vert pour lutter contre la criminalité. Se surnommant les Robin, ils jouent aux justiciers plein de bonne volonté et d’enthousiasme mais leur manque d’entrainement se fait rapidement sentir. Ainsi, l’arc narratif débute par la mort accidentelle, lors d’un braquage, d’un flic venu en intervention. Le mouvement « We are Robin » se voit dès lors immédiatement déclaré hors la loi et des lois répressives sont édictées afin d’arrêter tous les jeunes en collant tentés par le « vigilantisme ». Le contexte nécessite le retour à Gothma des différents Robin originels qui, tous, prennent une position contrastée par rapport à ce mouvement populaire qu’ils ont, indirectement, initiés. Red Robin, Red Hood, Grayson et Damain Wayne, l’actuel tenant du titre, convergent ainsi vers Gotham où ils vont devoir lutter contre les redoutables Ergots, des tueurs déshumanisés au service de la Cour des Hiboux, véritable société secrète régnant, dans l’ombre, sur la cité.

Le crossover va se déployer dans diverses publications, débutant par « Robin War 1 » pour continuer dans « Grayson 15 » puis « Detective Comics 47 » et « We Are Robin 7 » avant « Robin, Son of Batman 7 » et, enfin, « Robin War 2 » qui conclut l’intrigue. Les francophones pourront, eux, avantageusement se procurer les numéro 7, 8 et 9 du mensuel BATMAN UNIVERS chez Urban comics pour disposer de l’entièreté de l’événement.

L’intrigue est originale, crédible (quoique l’on eut aimé davantage de développement sur la manière dont ce groupe de Robin s’est constitué et organisé) et avance sur un rythme soutenu, avec de bons passages, notamment l’introduction de « Robin War 1 » (la scène de braquage et le gamin qui répète « je suis Robin ») et les scènes d’entrainement des futures recrues dans « Grayson 15 » qui bénéficie de dessins travaillés de toute beauté. Malheureusement, la suite ne sera aucunement à la hauteur. L’épisode de « Detective Comics » convie le bat-robot-lapin du commissaire Gordon à se rallier, après des atermoiements très conventionnels, aux Robin enfermés dans des cages suite à la promulgation de lois liberticides qui ne semblent pas gêner grand monde. L’épisode de « We Are Robin » est correct, tant au niveau de l’intrigue (un peu statique malgré les nombreuses bastons) que du dessin : le découpage des planches et la manière de représenter les personnages ne plairont pas à tout le monde mais, au moins, on découvre en Carmine Di Giandomenico un artiste avec un trait personnel qui change de la routine super-héroïque habituelle. La suite, dans « Robin, Son of Batman », ne se montre pas vraiment à la hauteur des attentes. Tout l’épisode ressemble à une longue transition amenant à un cliffhanger attendu. Du remplissage à base de batailles diverses entre les Robin et la Cour des Hiboux, le tout souffrant en outre de dessins approximatifs. On termine cet arc par un épisode double qui multiplie les lignes narratives et les dessinateurs au point d’apparaitre confus et peu passionnant. Les enjeux restent obscurs, les retournements de veste de Damian interviennent simplement pour faire progresser une intrigue enlisée et la conclusion, dans son ensemble, manque de puissance et d’originalité.

L’idée de départ de ce ROBIN WAR promettait beaucoup et laisser espérer une histoire assez mâture et dramatique, basée sur le groupe de jeunes recrues rêvant d’incarner Robin, avec les notions de manque d’entrainement et les risques qui en découlent. Les deux premiers épisodes, de haute volée, annonçaient une belle réussite mais, hélas, tout ce dégonfle comme une baudruche percée en privilégiant les « vrais Robin » aux détriments de leurs épigones réduits à l’état de silhouettes interchangeables et sacrifiables.

Les scénaristes paraissent dès lors s’être vautrés dans la facilité d’une énième confrontation avec la Cour des Hiboux (décidément mise à toutes les sauces depuis sa création !) qui ne débouche sur rien, excepté l’annonce d’un futur retour de Nightwing. Et ce ne sont pas les dessins, très inégaux, qui rattraperont un crossover aussi prometteur dans sa conception que globalement raté dans sa réalisation. Dommage.

 

Ordre de lecture:

  • Robin War #1
  • Grayson #15
  • Detective Comics #47
  • We Are Robin #7
  • Robin: Son of Batman #7
  • Robin War #2

 

ROBIN WAR de divers auteurs

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #DC, #Batman

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