jeunesse

Publié le 26 Octobre 2018

BIGGLES DANS LA BALTIQUE de William Earl Jones

L’aviateur James Bigglesworth, dit Biggles, et ses amis Ginger, Algy et Bertie ont vécus de très nombreuses aventures, durant la Première Guerre Mondiale puis la Seconde Guerre Mondiale, sans oublier des missions effectuées en temps de paix. Créé par William Earl Jones, Biggles vit ses premiers vols en 1932 et ne s’interrompt qu’avec la mort de son auteur en 1968. Entretemps, l’aviateur ne vieillira guère, traversant les bouleversements politiques en restant toujours jeune, tel Buck Danny. Il sera également adapté en bandes dessinées et aura les honneurs d’un long-métrage en 1986.

Typique d’une littérature « pulp » ou populaire, Biggles est un héros, un vrai, qui n’aime pas tuer (sauf en cas d’absolue nécessité) et qui ne souffre d’aucun défaut. Biggles n’aime pas la guerre mais, puisqu’il faut la mener, l’aviateur usera de tout son courage pour défaire l’ennemi. Dans cette aventure, pas beaucoup de subtilité, pas de place pour la réflexion, seule compte l’action et cette dernière s’avère frénétique : combats aériens, attaques diverses, destructions des engins ennemis,…Le roman ne laisse jamais au lecteur le temps de souffler. Un univers forcément très manichéen quoique, parfois, William Earl Jones se laisse tenter par un soupçon d’humanisme en présentant des soldats allemands pas spécialement pressés d’aller mourir pour la patrie.

BIGGLES DANS LA BALTIQUE, en deux cent pages, synthétise tous les rebondissements possibles, toutes les péripéties attendues d’un roman de guerre et d’aventures : Biggles et ses amis défendent une petite île inhabitée, se lancent dans des missions périlleuses (pour ne pas dire suicides), détruisent des dépôts de munitions allemands, volent à l’ennemi son livre de codes secrets, s’emparent d’un avion et reviennent sains et saufs après avoir vaincu, une fois de plus, Von Stalhein, l’as des aviateurs germaniques et, accessoirement, l’éternelle Némésis de Biggles. Qui finira par devenir plus tard son ami. Mais ce sera pour plus tard, bien après la guerre.

A la fin du bouquin, le lecteur - pratiquement lessivé - se demande comment Biggles pourrait accomplir des exploits plus incroyables encore dans le prochain. Nul doute que, magie de la littérature, il y parvienne pourtant. Bref, BIGGLES DANS LA BALTIQUE reste l’assurance d’un divertissement viril des plus plaisants pour quiconque (et surtout les plus jeunes) apprécie un mélange de guerre, d’aventures aériennes et d’espionnage. Biggles c’est un peu l’ancêtre de Bob Morane, James Bond et Buck Danny en un seul personnage, l’archétype du héros invincible et immaculé de la littérature jeunesse militariste et propagandiste du début du XXème siècle. Une vraie « tête brûlée » comme papy toujours prêt à lancer son avion au milieu des coucous pilotés par les adversaires du monde libre. Et, étonnamment (ou pas ?), le tout tient encore très agréablement la route après 80 ans.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Biggles, #Aventures, #Espionnage, #Jeunesse, #Guerre

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Publié le 24 Octobre 2018

LA NUIT DES MUTANTS de Christophe Lambert

Une prison spatiale très loin de la terre, dans un proche avenir. Frank Bishop, surnommé Prof, petit délinquant adolescent responsable de la mort accidentel d’un policier, y échoue. Pour alléger sa peine, il accepte de participer à un programme au cours duquel il devra manipuler un combustible très dangereux, le nitrogravium. Peu à peu, divers détenus ayant participé à cette expérience se transforment en monstres mutants…

L’intrigue de ce deuxième roman de Lambert rappelle quelque peu l’excellent « Outland » agrémenté de quelques touches de la saga « Alien » (ou de ses dérivés moins fortunés) : un mélange de science-fiction, d’épouvante light (littérature jeunesse oblige) et d’aventures spatiales bien menées et efficaces. C’est un roman court, bien rythmé, ponctué de scènes accrocheuses où les héros doivent se défendre contre les mutants dans une ambiance angoissante, quelque part entre « La nuit des morts vivants » et le western.

Des personnages intéressants et quelques clins d’œil, traits d’humour et référence achèvent de rendre la lecture de cette NUIT DES MUTANTS très plaisante…bref un roman vivement conseillé pour les adolescents mais, également, pour les plus âgés.

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Publié le 16 Octobre 2018

LE DIABLE DU LABRADOR d'Henri Vernes

Avec cette aventure publiée originellement en 1960, Henri Vernes rendait hommage aux romans à la Jack London et, plus généralement, aux récits situés dans le Grand Nord. Dans ce quarantième tome, Bob se retrouve seul, décidé à passer un hiver tranquille, à lire, à prendre des photos et à chasser, dans les étendues désertiques du Canada enneigé. A peine arrivé, notre héros doit cependant affronter Rocky, un boxeur amateur (quinze ans avant Stallone !) beaucoup moins sympathique que l’étalon italien puisqu’il martyrise son chien-loup, un superbe mais indomptable animal surnommé le Diable du Labrador. A coup de poings, Bob gagne la liberté du canidé ainsi que le sobriquet de Cogne Dur. Il aura, par la suite, l’occasion de recroiser la route du chien-loup et d’affronter divers ennemis, dont le froid, les loups et des hommes malintentionnés

Charles-Henri Dewisme ayant 100 ans en ce jour (16 octobre 2018), Bob Morane méritait bien un petit coup de projecteur avec ce sympathique roman dans la lignée de CROC-BLANC. Pour une fois, Vernes délaisse le mystère, la science-fiction et les ambiances fantastiques. Le romancier se recentre sur une intrigue très simple dans laquelle Bob ne doit pratiquement compter que sur lui-même, le fidèle Bill étant absent du récit. Linéaire et sans grande surprise, LE DIABLE DU LABRADOR démontre toutefois le talent de Vernes pour composer une histoire efficace qui parvient à tenir agréablement le lecteur en haleine. S’il manque quelque peu de folie, le bouquin assure cependant deux bonnes heures d’évasion et devrait divertir les nostalgiques de l’Aventurier.

Chronique rédigée pour les 100 ans d'Henri Vernes

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Jeunesse, #Bob Morane

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Publié le 13 Septembre 2018

OPERATION OPALE (ARTEMIS FOWL 4) d'Eoin Colfer

Quatrième volet de la saga pour adolescents (mais pas que !) ARTEMIS FOWL, ce nouvel épisode nous permet de retrouver la fée Opale Koboï, laquelle avait voulu exterminer les Forces Armées de Régulation et les Fées Aériennes de Détection (ou FARFADET) dans le deuxième tome de la série, MISSION POLAIRE. Koboï, depuis, est plongée dans le coma. Or il s’agit d’une ruse et deux de ses associés la libèrent avant de la remplacer par un clone. Koboï, comme toujours, souhaite se venger d’Artemis Fowl, lequel a perdu ses souvenirs de l’existence des fées. Suite à une machination, Koboï réussit également à faire accuser Holly Short du meurtre de Julius Root. En fuite, la jeune elfe retrouve Artemis et lui rend sa mémoire afin de contrer les agissements de Koboï.

Un bon tome  qui relance l’action après l’effacement de la mémoire d’Artemis, remettant sur sa route sa vieille adversaire Opale Koboï, toujours aussi déterminée. A l’image de la saga Harry Potter, les aventures d’Artemis Fowl  gagne en gravité au fil des tomes, celui-ci proposant, par exemple, la mort d’un des personnages principaux dont se voit accusé Holly. Les rapports entre les protagonistes s’étoffent eux aussi et les plans machiavéliques d’Opale deviennent de plus en plus dangereux puisqu’elle envisage ni plus ni moins qu’une guerre totale entre les humains et le petit peuple.

Bien ficelé, joliment écrit et toujours aussi rythmé, avec la dose requise d’action, de merveilleux, de retournements de situation et de surprises, la saga « Artemis Fowl » constitue un incontournable de la Fantasy pour les jeunes (et les moins jeunes). Un tome dans la lignée des précédents, à savoir amusant, divertissant et rondement mené. Très plaisant !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Aventures, #Jeunesse, #Fantasy

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Publié le 8 Août 2018

MEURTRES A 30 000 KM / S. de Christiphe Lambert

A bord du Space Beagle II voyage une poignée d’astronaute qui ramènent des échantillons de vie extraterrestre. Malheureusement, les caissons d’hibernations sont détruits, condamnant les membres d’équipage à des décennies d’enfermement avant de revenir sur Terre. Une seule personne pourra être cryogénisée et bénéficier, une fois revenue sur notre planète, d’une existence « normale »…Plusieurs accidents mortels suspects se produisent également, amenant la jeune Alexia, 13 ans, à soupçonner qu’un assassin mystérieux s’en prend aux membres du vaisseau. Avec l’aide de son très sophistiqué robot Puck, la jeune fille mène l’enquête.

En mélangeant enquête policière en vase clos et science-fiction, saupoudré d’humour, Christophe Lambert livre un récit « jeunesse » efficace et plaisant. L’écrivain ne renie aucunement ses influences : Alien (ce que démontre les patronymes des protagonistes), LES 10 PETITS NEGRES, le recueil LA FAUNE DE L’ESPACE d’Alfred Van Vogt (où apparait le Space Buggle et qui inspira justement « Alien »), 2001 pour le premier « incident » d’un astronaute dans l’espace, Star Wars (dont les suites – encore virtuelle à l’époque de sa rédaction - seront gentiment égratignées),…Autant de clins d’œil qui amuseront les plus âgés.

Vingt ans plus tard, Christophe Lambert publiera une nouvelle version, plus courte et remaniée, qui en rajoute une couche (ironique) sur Star Wars et Harry Potter. L’auteur en profite également pour remettre au goût du jour ses références aux grands poètes du XXIème siècle : la bien oubliée Géraldine (« Bouge ton attitude efface tes certitudes ») y est remplacée par Maitre Gims (qui, on l’espère, sera tout aussi oublié en 2038).

Comme toujours, Lambert nous offre un divertissement de qualité que peuvent apprécier tant les enfants (à partir de 9 – 10 ans sans doute) que les adultes.

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Publié le 3 Juillet 2018

CAPITAINE FUTUR: L'EMPEREUR DE L'ESPACE d'Edmond Hamilton

Père fondateur du space opéra, Edmond Hamilton (1904 - 1977) s’est fait connaitre avec diverses sagas cosmiques comme LES LOUPS DES ETOILES ou LES ROIS DES ETOILES. Il travailla également pour DC Comics, écrivant pour Superman, ce qui se ressent dans sa création la plus fameuse, le Capitaine Future, lequel s’inspire à la fois de l’Homme d’Acier (et de Batman) et des héros pulp comme Doc Savage.

Nous sommes dans un lointain avenir (1990 !) et un couple de scientifiques, les Newton, s’établit sur la lune pour éviter que leurs inventions ne tombent entre de mauvaises mains. Malheureusement, les savants sont assassinés par un politicien corrompu. Leur unique enfant, Curt Newton, sera élevé sur la lune par le robot Grag, l’androïde Otho et le Cerveau vivant Simon Wright. Développant ses capacités, le jeune homme décide de lutter contre le crime et prend le pseudonyme de Capitaine Future. Chez nous il sera davantage connu sous le sobriquet de Capitaine Flam popularisé par les dessins animés des années ’70.

 « Tous les habitants du système solaire connaissaient le nom du Capitaine Futur, l’ennemi déclaré du mal et des malfaiteurs ».

Voici un justicier inflexible et incorruptible typique du pulp, avec toutes les qualités requises pour protéger la terre de ses ennemis. En effet, le dernier souhait de sa mère était qu’il « combatte ceux qui utilisent les pouvoirs de la science à des fins maléfiques ». Cependant, Capitaine Future garde le choix : « défendre l’humanité contre les exploiteurs ou chercher le bonheur au gré d’une vie paisible ». Bien évidemment Curt Newton choisit « d’écraser les criminels et de préserver la civilisation des neuf mondes ».

Se voulant « scientifiquement crédible » à l’époque, CAPITAINE FUTUR fera aujourd’hui sourire avec ses dispositifs anti gravité, ses rayons fulgurants, ses gadgets qui rendent invisibles ou immatériels, sans oublier ses descriptions très fantaisistes des neuf planètes du système solaire. Pourtant, tout cela reste très plaisant et divertissant. C’est écrit de manière simple mais cela fonctionne à la manière d’un serial, avec une action échevelée qui ne s’embarrasse pas de subtilité ou de descriptions laborieuses : priorité à l’aventure et au merveilleux.

En dépit de son incroyable naïveté, de son manichéisme suranné (le héros n’a pas le moindre défaut, ses ennemis doivent être anéanti sans la moindre hésitation), ce premier volume (une quinzaine suivront) procure beaucoup de plaisir aux nostalgiques. Du space opéra divertissant, sans le côté parfois pesant des grandes sagas actuelles (qui, en dépit de leurs qualités littéraires plus évidentes et de leurs personnages plus travaillés reposent sur des schémas narratifs similaires). Bref, un bon moment.

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Publié le 28 Mai 2018

DRAGON PARK TOME 1: L'ACADEMIE DE SAINT HYDRE de Thomas Verdois

Nouvelle série de fantasy destinée à la jeunesse, DRAGON PARK développe un univers riche imaginé par un jeune auteur, Thomas Verdois. L’idée de base est simple : en combinant divers ADN, un généticien, Lucas Belrêve, a créé différentes sortes de dragons : Azuréens, Vouivrards, Sylvérites, etc. Un parc d’attraction, dirigé avec fermeté par l’ancien champion de catch Hercule Barnum, a ensuite été ouvert pour permettre aux amateurs d’observer les légendaires créatures. Mais Lucas a disparu. Ses enfants, Nino et Louison, vivent dans le parc, délaissés par leur mère accaparée par ses recherches. Louison se destine à devenir dragonnautes, autrement dit une dompteuse de dragons, et loge à l'Académie Saint Hydre. Nino, lui aussi, va pouvoir suivre les cours de cette académie et apprendre à voler avec les dragons. Mais, alors que le parc fête en grande pompe ses dix années, des créatures mi hommes mi dragons le prennent d’assaut et s’emparent d’œufs de Volcaons. Dans l’attaque, Nino est blessé par le dard d’un des monstres…

A partir d’une louche de HARRY POTTER, d’une cuillère de JURASSIC PARK et d’une pincée de LA BALLADE DE PERN, l’auteur nous propose un monde cohérent et plaisant, joliment illustré de dessins proches du manga. L’auteur, enseignant et fan de BD, avoue aussi l’influence (diffuse) de Hayao Miyazaki, de WATERSHIP DOWN, du SEIGNEUR DES ANNEAUX et des « Livres dont vous êtes le héros ».

Les chapitres, courts, sont nombreux (une quarantaine, chacun d’une dizaine de pages), et ne laissent guère de place aux longueurs, évitant au lecteur tout ennui. Le style est simple sans être simpliste, le vocabulaire abordable pour les plus jeunes, le roman pouvant s’apprécier dès 10 ans. L’action, de manière aussi classique qu’efficace, alterne les événements afin de relancer l’intérêt. Les personnages sont, dans l’ensemble, bien typés avec quelques réussites dont cet Hercule, ancien champion du monde de catch devenu responsable musclé du dragon park. On peut regretter une conclusion à la foi précipitée et ouverte mais ce défaut n’en est pas vraiment un puisqu’il s’agit du premier tome d’une trilogie. Un bon moment pour les jeunes adolescents (et les autres).

Merci à Babelio de m’avoir envoyé ce livre pour chronique.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Aventures, #Jeunesse, #Fantasy

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Publié le 23 Mai 2018

PETIT FRERE de Christophe Lambert

Dans ce roman pour les adolescents (mais qui peut s’apprécier à tout âge), Christophe Lambert mélange deux thèmes très actuels, les sectes et les possibilités (et dangers) du clonage, qu’il avait déjà abordé dans le très réussi CLONE CONNEXION.

Le point de départ ? Le décès d’un jeune garçon de dix ans, David. Ses parents, Andrew et Geena Martin, inconsolables, donnent leur accord à une expérience de clonage révolutionnaire très couteuse et proscrite par la loi. Le couple et leur fille adolescente, Kimberley, partent donc s’installer dans une étrange communauté, Nouvelle Arkham, où va « naitre » un clone de leur fils décédé, un second David dont la personnalité diffère du premier.

Misant sur des personnages joliment brossés et un récit alerte, sans temps mort, le romancier nous offre une belle réussite de la science-fiction spéculative. Il injecte une réelle profondeur à son intrigue sans toutefois verser dans le prêchi-prêcha, dégraissant au maximum afin de ne jamais ennuyer le lecteur. Les plus curieux pourront toutefois trouver quelques pistes de réflexion supplémentaire grâce aux intéressantes notes reléguées à la fin de de l’ouvrage. Les mécanismes d’endoctrinement, l’apprentissage du clone, les liens avec l’actualité (et les déclarations des raeliens concertant le clonage des disparus) contribuent à rendre l’ensemble extrêmement plaisant.

On trouve également dans ce roman l’un ou l’autre clins d’oeils, notamment aux « théories » de Lovecraft matérialisées par la dénomination référentielle de cette communauté sectaire : la nouvelle Arkham.

Faisant légèrement penser au chef d’œuvre « Artificial Intelligence » de Spielberg, ce court roman remplit parfaitement son but de divertissement intelligent, bien écrit et suffisamment rythmé pour tenir en haleine jusqu’aux toutes dernières lignes. Une nouvelle réussite pour Lambert !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #anticipation, #Jeunesse, #Christophe Lambert

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Publié le 9 Mai 2018

OPÉRATION NAUTILUS - TOME 6 : LE TRÉSOR DE LA PYRAMIDE de Wolfgang Hohlbein

Ecrivain allemand spécialisé dans la littérature « jeunesse », Wolfgang Hohlbein, né en 1953, débute sa carrière dans l’épouvante au début des années ’80. Avec la complicité de son épouse il publie en 1982 un roman de Fantasy, MÄRCHENMOND, qui obtient un grand succès. Depuis, le prolifique romancier qui se dit inspiré par Lovecraft, Tolkien, Poe et King, a écrit plus de deux cents romans, vendu à plus de 40 millions d’exemplaires. Hohlbein, pourtant méconnu en France et en Belgique, est aujourd’hui un des auteurs allemands les plus lus dans le monde, notamment grâce à sa longue saga des CHRONIQUES DES IMMORTELS.

Dans la série OPERATION NAUTILUS, il revisite le mythe du Capitaine Némo, lequel a eu un fils, Mike, qui découvre, à seize ans, son héritage. Mike parcourt ensuite le monde, vingt mille lieues sous les mers, en compagnie de divers personnages dont une jeune princesse atlante et un chat télépathe. Les récits (la saga compte une douzaine de tomes) se déroulent durant la Première Guerre Mondiale et permettent, en puisant à Jules Verne, de s’abreuver à différentes sources du Merveilleux. Ainsi, dans cette sixième aventure, nos héros partent à bord du Nautilus en compagnie de la mystérieuse Lady Granysmith en vue de récupérer un mystérieux trésor ayant coulé avec le Titanic. Un trésor qui pourrait bien être d’origine extra-terrestre.

Voici un roman pour adolescents fort plaisant, à l’intrigue originale, dans lequel l’auteur mêle adroitement vérités historiques, faits avérés, emprunts littéraires (à Verne mais aussi, de manière plus diffuse, à Lovecraft) et imagination délirante (la princesse atlante, le chat télépathe, les aliens) qui contribuent à la réussite de ce récit enlevé mené sur un rythme haletant. Cette bonne surprise donne envie de découvrir les nombreux autres tomes de cette vaste saga d’aventures historico-science-fictionnelles. Très divertissant !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Fantastique, #Aventures, #Jeunesse

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Publié le 23 Décembre 2017

LE CLUB de Michel Pagel
LE CLUB de Michel Pagel

Les romans du Club des Cinq (les Famous Five dans la langue de Lennon) ont été rédigés par Enid Blyton et publiés entre 1942 et 1963. L’auteur en écrira 21 avant que la traductrice française Claude Voilier en propose 24 supplémentaires, présentés de manière étrange avec du texte sur une page et une bande dessinée en vis-à-vis. Bien sûr, les histoires furent adaptées pour le public français. Dans l’édition originale les personnages principaux vivent en Angleterre tandis que dans la version traduite ils passent leurs vacances en Bretagne. Georgina Kirrin devient Claude Dorsel, Julian Kirrin est renommé François Gauthier et le chien Tim s’appelle Dagobert.

Claudine, la chef de la bande, a onze ans. Ce garçon manqué préfère se rebaptiser Claude et adore son chien, le brave Dagobert aussi intelligent qu’affectueux. Les Gauthier, pour leur part, comprennent le très raisonnable et responsable François, archétype du garçon sérieux qui, à 13 ans, veille sur son frère Mick et sa sœur Annie, la gentille « sosotte » de presque 10 ans. Aux côtés des Cinq, on trouve les parents de Claude, le savant travailleur Henri et son épouse attentionnée Cécile, aidés par leur cuisinière Maria. D’autres enfants voisinent les héros : la jeune gitane Jo, le rigolo Pierre-Louis Lagarde, dit Pilou, qui adore imiter le bruit des voitures et Jean-Jacques, un jeune pêcheur amoureux de Claude.

Nous retrouvons ces personnages une trentaine d’années plus tard, après le « cataclysme », alors que l’innocence de l’enfance s’est envolé. Car si les héros des livres sont évidemment demeurés éternellement jeunes (les « enfants parfaits et ennuyeux » que souhaitent les parents qui achètent encore les aventures du Club) leurs contreparties « réelles » ont beaucoup changé : Pilou, toujours casse-cou et devenu pilote, multiplie les conquêtes, François – quarante ans toujours puceau – est un flic solitaire obsédé par son métier, Claude vit avec sa compagne Dominique mais ne dédaigne pas coucher avec Jean-Jacques, Annie a vécu trois divorces, s’est empâtée, à sombrer dans l’alcool et rejette les ratés de son existence sur sa fille. Tante Cécile est grabataire. Et Dagobert ? Il est, bien sûr, mort depuis longtemps.

Avec une  connaissance irréprochable de la saga littéraire dont il s’inspire, Michel Pagel se permet divers clins d’œil (ainsi seules les aventures écrites par Blyton sont considérées comme canoniques, les autres, écrites par la traductrice après l’arrêt de la série originale « n’ont jamais existé »). Il compare aussi les personnages « traduits » aux « originaux » qui vivent, eux, de l’autre côté de la Manche, dans le Dorset. Eux n’ont pas changés et n’ont pas eu à subir le point des ans (ni les remaniements de leurs aventures pour s’inscrire davantage dans le politiquement correct), bref ils sont restés les héros éternels des enfants d’hier. Et les autres ? Les traductions, les François et les Claude ?  Ils ont mal vieillis, la plupart ont même mal tournés et sont devenus des adultes au bout du rouleau qui regardent parfois avec nostalgie ce qu’ils étaient jadis. Car ils savent qu’ils furent jadis les membres du Club et qu’ils ne sont plus, aujourd’hui, que des adultes ennuyeux. La puberté est arrivée et a détruit leur innocence, les enfants se sont changés en adolescents dévorés par leurs désirs et leurs envies. Seul François a refusé le changement, a refusé de s’incarner. Ne s’étant pas fait chair il est resté, du moins en partie, un être de papier, un être imaginaire.

Pagel plante son court récit deux jours avant Noel, dans une Bretagne déjà enneigée où un crime est commis : qui a assassiné la tante Cécile ? Le Club, une nouvelle fois, mène l’enquête façon Cluedo en huis-clos. Mais le whodunit intéresse peu l’auteur, le lecteur comprenant rapidement qui est le coupable et quelles sont ses motivations. Davantage préoccupé par la confrontation entre l’imaginaire et la réalité, Pagel livre un roman complètement sombre, une entreprise de destruction – aussi virulente que paradoxalement respectueuse – d’un mythe de la littérature jeunesse. Une éclatante réussite au style prenant et rythmé, bouclé en environ 160 pages par un romancier au meilleur de sa forme.

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