whodunit

Publié le 17 Janvier 2024

LA VERITE QUI TUE d'Helen McCloy

Romancière américaine (1904 – 1994) spécialisée dans le roman policier et surtout à énigme avec sa série consacrée au médecin enquêteur Basil Willing, Helen McCloy est une de ses « reines du crime » aujourd’hui quelque peu oubliée.

LA VERITE QUI TUE possède une des idées les plus intéressantes du roman de mystère : Claudia, une beauté / aventurière quelque peu fanée souhaite jouer un tour pendable à ses invités lors d’un diner. Elle séduit un médecin et lui dérobe sa dernière invention, un sérum de vérité révolutionnaire, qu’elle ajoute aux cocktails servis durant la soirée. Dès lors les invités révèlent des secrets jusque là bien gardé et Claudia finit victime de sa propre farce : elle est étranglée. Le Dr Willing va tenter de résoudre l’énigme.

Publié en 1941, le bouquin est un exemple typique de cosy mystery basé sur des prémices originales. On regrette d’ailleurs que l’idée ne soit pas davantage exploitée (ou n’aille pas davantage vers l’humour macabre) mais le résultat reste un excellent divertissement. Les personnages sont, forcément, bien typés et bien « chargés » : la plupart sont odieux et détestables et, une fois leurs secrets dévoilés, ils deviennent forcément tous suspects.

Très efficacement conduite, l’intrigue avance à bon rythme, entre réparties bien senties, dialogues très vivants et notes d’humour noir. Les révélations finales sont également bien amenées et terminent sur une note très positive ce fort plaisant whodunit vintage. Recommandé.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Golden Age

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Publié le 11 Janvier 2024

LE MANOIR DE LA DOUARIERE d'E.C.R. Lorac

Romancière britannique membre du « détection club », E.C.R. Lorac (décédé en 1958), écrivit de très nombreux whodunit durant l’âge d’or du genre, restant cependant toujours un peu dans l’ombre de Christie, Wentworth, Brand, Sayers, etc. Récemment, une dizaine de ses bouquins ont été réédité dans les « crime classics » de la British Library, remettant en avant cette écrivaine quelque peu oubliée. En France, 26 de ses romans furent jadis publiés au « Masque ».

La plupart de ses oeurves mettent en scène l’inspecteur McDonald, de Scotland Yard. Ce-dernier arrive donc dans le bled tranquille de Milham in the Moor, dans le Devon, à la suite de la mort étrange de Sœur Monica. Cette dernière dirigeait d’une main de fer l’orphelinat local et avait une réputation de « sainte »…qui s’efface une fois les premières investigations effectuées. Comme toujours, le limier dévoile les dessous pas reluisant de la petite communauté, quitte à s’attirer l’antipathie des locaux.

Nous sommes en plein cosy mystery et l’essentiel de l’intrigue tourne autour des tentatives de l’inspecteur pour surmonter l’hostilité des villageois, pas très content de cette intrusion sur « leurs » terres. Les personnages sont intéressants, bien brossés en quelques lignes évocatrices et le style, classique mais alerte, associé à des dialogues vivants, rend l’ensemble très agréable.

Ecrit en 1952, le livre témoigne aussi des changements de société après la Seconde Guerre Mondiale. Bien sûr, certains comportements et motivations pourront sembler aujourd’hui incroyables, il faudra donc se remettre dans le contexte de l’époque. L’énigme en elle-même n’est pas des plus complexes et il n’y aura pas vraiment de rebondissements durant l’enquête (pas de nouveaux meurtres ni de révélations fracassantes), seulement un faisceau d’indices qui conduira à démasquer le coupable, un brin évident avouons-le. Mais on peut aussi saluer Lorac pour jouer « franc jeu » avec son lecteur. Malgré ses défauts, LE MANOIR DE LA DOUARIERE reste un très agréable whodunit « vintage », traditionnel et charmant, à lire à l’heure du thé.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Golden Age, #Whodunit, #Policier, #Cosy Mystery, #E.C.R. Lorac

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Publié le 17 Novembre 2023

LA NYMPHE NEGLIGENTE d'Erle Stanley Gardner

Voici encore une plaisante enquête de notre avocat préféré, Perry Mason.

L’ouverture du roman est excellente : Mason, dans un canoë, se balade à proximité d’une île privée au clair de lune. Le lieu est la propriété du riche George Alder et Mason a été engagé par un groupe qui conteste les droits d'Alder sur cette île. Soudain, Mason observe une charmante nageuse sortie de l’eau, complètement nue, avant de se vêtir de manière élégante pour s’incruster dans une fête donnée par Alder. Mason, évidemment, suit les événements et notre nymphe sort en trombe de la propriété du notable, poursuivie par un chien fort agressif. L’avocat, naturellement, lui porte secours et le voilà embarqué dans une rocambolesque histoire à base de lettre mystérieuse littéralement jetée à la mer dans une bouteille. Après diverses péripéties et un meurtre, Mason va devoir user de toute sa science juridique pour défendre notre naïade négligente et démêler l’affaire.

Les aventures de Perry Mason sont, en quelque sorte, de véritables « doudou » du policier à énigme : l’assurance d’une lecture facile, agréable et satisfaisante, sans véritable surprise (bonne ou mauvaise). Ce ne sont pas des chefs d’œuvres de la littérature ni même des romans qui épatent par la complexité de leur intrigue ou leurs révélations fracassantes. En revanche, ces petits bouquins démontrent la science de l’auteur pour concevoir des page-turners efficaces, tous plus ou moins construits de la même manière : un démarrage en trombe sur une situation saugrenue, un Mason embarqué dans l’aventure et une suite de rebondissements constituent la première partie des romans, soit une centaine de pages enlevées saupoudrées d’humour. La seconde moitié du livre prend invariablement place au tribunal et c’est le grand jeu, très théâtral, des témoins de dernières minutes, des preuves apportées au plus mauvais moment par l’accusation et, surtout, du one-man-show d’un Mason qui lance des « objection ! » et des « contre-interrogatoire ! » à la pelle. Et, bien sûr, tout est expliqué dans le dernier des (courts) chapitres ou l’avocat résume toute l’affaire.

LA NYMPHE NEGLIGENTE se situe dans la bonne moyenne des Mason et assure un whodunit rythmé, amusant et divertissant de bonne facture dont on aurait tort de se priver pour une soirée détente.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Perry Mason, #Policier, #Whodunit

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Publié le 22 Septembre 2023

CINQ HEURE VINGT CINQ d'Agatha Christie

Voici un roman peu connu, qui ne comprend ni Poirot ni Marple mais offre un bon whodunit typique de l’Age d’Or. Comme beaucoup de romans d’énigme de cette époque une touche de fantastique apparent enrichi l’intrigue.

A cinq heures vingt-cinq, lors d’une séance, une table tournante annonce l'assassinat du capitaine Trevelyan, un vieux célibataire misogyne et excentrique. Or, Trevelyan est bel et bien mort, assassin. Selon le médecin légiste il est possible qu’il ait été assassiné à l’heure prédite. L’inspecteur Narracott doit mener l’enquête et les suspects ne manquent pas: deux dames venues s’installer dans la région en provenance d’Afrique du Sud, le neveu de la victime (et son héritier). La fiancée de ce-dernier mène sa propre investigation en compagnie d’un ambitieux journaliste.

Voici du bon policier cosy, dans l’ambiance hivernale d’un petit bled anglais couvert de neige. Une jeune et charmante demoiselle vient bouleverser cette quiétude en posant des questions à tout le monde afin d’innocenter son petit ami, principal suspect du meurtre.

L’intrigue est bien ficelée avec un côté « meurtre impossible » liée à cette séance de spiritisme qui annonce apparemment le crime. Même si le récit se montre moins complexe que dans les romans ultérieurs, il fonctionne parfaitement avec l’interrogatoire des suspects et les révélations finales forcément surprenantes et un coupable qui paraissait classiquement le plus innocent du lot. Très plaisant sans se hisser au niveau des meilleurs Christie.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Agatha Christie, #Policier, #Whodunit, #Cosy Mystery, #Golden Age

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Publié le 20 Novembre 2022

LA NUIT QUI NE FINIT PAS d'Agatha Christie

Ce roman est un des derniers d'Agatha Christie, publié en 1967 (et deux ans plus tard en France), raconté par Michael Rogers, un jeune anglais qui va de métiers en métiers. Bref, il vivote. Un jour il rencontre une riche héritière américaine, Ellie, qui souhaite de son côté échapper à son milieu. Le couple se marie et emménage dans une vaste propriété construite par Rudolph, un ami de Michael, célèbre architecte atteint d'une malade incurable. Une vieille bohémienne qui rode dans le coin promet un jour un sort funeste à Ellie si elle reste dans cette maison. Peu après, le corps d'Ellie est découvert après une promenade à cheval dans les bois.

Ecrit alors que Christie avait 77 ans, ce bouquin s'éloigne des purs whodunit de l'entre-deux-guerres pour un récit plus psychologique qui débute comme une romance. Peu à peu le lecteur se rend compte que quelque chose cloche dans cette histoire. L'ambiance devient pesante, par petites touches subtilement amenées, et les rebondissements commencent, avec quelques coups de théâtre assénés dans les derniers chapitres. Comme souvent avec un auteur qui joue "franc jeu", le lecteur en devine certains mais restent quand même agréablement surpris par d'autres qu'il n'a pas vu venir. On note également un climat bien rendu, angoissant, avec cette touche pratiquement fantastique: prédictions lancées par une gitane un brin sorcière, malédiction qui plane, etc. Le ton mortifère apparait également par ce personnage d'architecte qui, malade, vit ses derniers jours mais veut absolument terminer la maison promise au narrateur.

Par son ancrage temporel à la fin des sixties et son intrigue située dans un milieu aisé, le roman aurait pu servir de base à un giallo de machination italien. Il fut d'ailleurs adapté à l'écran en 1972 lors de la vague britannique des psycho thrillers.

LA NUIT QUI NE FINIT PAS est donc un roman différent, loin des enquêtes traditionnelles de Poirot ou Marple, plus proche d'œuvres comme le "Rebecca" d'Hitchcock ou des thrillers réalisés par la Hammer sur base de scénario de Jimmy Sangster. Les familiers de ce genre de récit ne seront pas complètement trompé car la ligne narrative s'avère assez prévisible dans son déroulé mais l'important réside dans les détails et l'ensemble, en dépit de quelques longueurs, se lit avec plaisir.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Agatha Christie, #Policier, #Whodunit

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Publié le 1 Novembre 2022

LE COUP AU COEUR de Peter Robinson

Décédé en octobre 2022 à 72 ans, le Canadien Peter Robinson fut un des maitres du polar procédural. En 1987, il crée ainsi l’inspecteur Banks, un flic passionné de jazz qui n’hésite pas à « faire ce qu’il faut » pour résoudre ses enquêtes, quitte à déplaire à sa hiérarchie. Robinson écrira 28 polars dans lequel Banks tient le rôle principal.

Dans cette nouvelle aventure, l’inspecteur se heure à sa nouvelle chef, Gervaise, une arriviste. Si elle ne l’apprécie pas, elle se satisfait de ses bons résultats, lesquels devraient lui permettre de gravir rapidement les échelons. Son rêve ? Etre mutée dans une grande ville. Bref, Gervaise demande à Banks de résoudre le plus vite possible son enquête, quitte à employer des méthodes pas tout à fait légales. Et donc notre héros se lance sur la piste du meurtrier de Nick Barber, un journaliste spécialisé dans le rock. Ce-dernier voulait écrire un article définitif sur les Mad Hatters, des stars de l’époque psychédélique récemment reformés pour une lucrative tournée. Mais, en soulevant quelques pierres, Nick a probablement déterré des secrets peu reluisants, probablement liés à la noyade suspecte d’un membre du groupe quelques décennies auparavant.

A cette enquête contemporaine, le roman ajoute une seconde ligne temporelle : le meurtre d’une jeune fille de 18 ans, Linda, en 1969, au cours d’un festival où se produisaient Pink Floyd, Led Zep, etc. Et les Mad Hatters, alors peu connus mais en phase ascendante vers la célébrité. Chadwick, un inspecteur quelque peu réac, qui hait ces musiciens fainéants fumeurs de joints et baiseurs de groupies, mène la danse en 1969. Il fricote au milieu des hippies chevelus qui détestent la police encore plus que la guerre. Pas facile pour Chadwick. En plus celui-ci ne supporte pas le vacarme de tous ces groupes et en particulier celui des Mad Hatters, petite formation locale promise à un bel avenir très appréciée par sa fille adolescente.

Peter Robinson maitrise son métier et, en dépit de quelques longueurs (le bouquin fait 500 pages mais aurait gagné à se voir raccourci d’une centaine), l’ensemble maintient l’intérêt et le suspense. Entre polar, policier classique et whodunit, l’auteur choisit la voie de l’enquête minutieuse, très procédurale, qui avance par petites touches. Pas de révélations fracassantes ni de surprises incroyables, plutôt un faisceau d’indices concordant qui mènent lentement à la (double) vérité, les deux affaires étant forcément liées.

Beaucoup de références musicales entremêlées, de l’authentique (les groupes de l’époque et les festivals comme l’île de Wight) et de l’inventé avec ce groupe dont le destin rappelle celui des stars de l’époque. Un des musiciens est retrouvé noyé dans sa piscine, le claviériste génial reste coincé dans un mauvais trip à l’acide, ils engagent une chanteuse pour gagner davantage de fans et changent leur son « prog folk psyché rock » pour des morceaux pop. Bref, l’auteur mélange les légendes (avec des touches de Pink Floyd, des Doors, de Fleetwood Mac, des Stones, de Led Zep et quelques autres) pour confectionner ce groupe fictif tellement crédible qu’on finit par se demander s’il n’a pas existé.

Un polar « page turner » qui s’appuie également sur la personnalité bien brossée de son héros attachant, le genre à la fois à l’écoute et rentre-dedans qui, lorsqu’il flaire le coupable, ne lâche rien pour l’arrêter. Pour les amateurs de policier procédural et de rock sixties, un incontournable !

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Musique, #Polar, #Policier, #Whodunit, #Western

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Publié le 30 Octobre 2022

EN PLEIN COEUR de Louise Penny

Première aventure pour l’inspecteur Armand Gamache. Louise Penny, devenue la nouvelle reine du cosy mystery, nous emmène dans une petite ville tranquille du Québec, Three Pines. Il ne s’y passe jamais rien, ou presque. Cependant, un jour d’automne, un couple gay est agressé par trois individus masqués. Une vieille dame, Jane Neal, s’interpose. Quelques temps plus tard cette dernière postule à une exposition locale de peinture et son œuvre, qui divise beaucoup le jury, est finalement acceptée. Rien ne laisser donc supposer sa mort, le jour de l’Action de Grâce, d’une flèche en plein cœur. Accident de chasse ou meurtre ? A Armand Ganache de résoudre le mystère.

Cette première énigme démêlée par le héros récurrent de Louise Penny prend son temps. L’inspecteur avance par petites touches, s’imprégnant de l’atmosphère de cette petite communauté du Canada. Il est aidé par Jean-Guy Beauvoir, son adjoint, et la pataude Yvette Nichol qui essaie de montrer bonne figure mais gaffe plus souvent qu’à son tour.

Débat linguistique typiquement canadien, petit bled où l’on s’ennuie, tour pendable des voyous locaux, exposition de peinture censée marquer le côté culturel de l’endroit,… L’auteur nous dépeint les mentalités des protagonistes, les mesquineries de cet environnement campagnard, le monde du tir à l’arc (et les différences entres les flèches et les arcs utilisés pour la chasse ou le sport). Les personnages sont bien campés mais souvent stéréotypés, beaucoup ne sont pas franchement sympathiques (certains sont même complètement antipathiques), ce qui ajoute un côté réaliste au récit. Quoique nettement plus moderne que les whodunit de l’âge d’or, l’intrigue verse souvent dans la caricature. Le couple gay apparait ainsi comme le prototype des homos branchés, cultivés et spirituels ayant quittés la grande ville pour se ressourcer à la campagne. Mais ils chantent quand même « It’s raining men » en duo. Le flic, de son côté, semble détaché et ses réactions laissent parfois songeur. Les dialogues se veulent ainsi teintés d’ironie mais le lecteur peine à trouver tout ça réellement amusant. Yvette Nichol, elle, apparait comme maladroite mais pleine de bonne volonté. Or chaque tentative d’aider dans l’enquête aboutit à des remarques désobligeantes souvent injustes de Gamache. Bizarre.

L’enquête, elle, est correcte mais souffre de nombreuses longueurs et redondances. Tout avance lentement et beaucoup de détails censés épaissir le récit finissent par le rendre pénible. Le roman aurait sans doute pu être dégraissé d’une centaine de pages sans en souffrir aucunement, bien au contraire ! Bien qu’on ait envie de terminer le roman pour connaitre le fin mot de l’histoire on s’ennuite un brin dans ses pérégrinations canadiennes.

Louise Penny est souvent présentée comme la « reine du crime » du XXIème siècle et l’héritière spirituelle d’Agatha Christie. On ressort donc de cette lecture peu convaincu…souhaitons que les romans suivants de la série soient plus réussis.


 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cosy Mystery, #Policier, #Whodunit

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Publié le 17 Octobre 2022

UN CADAVRE DANS LA BIBLIOTHEQUE d'Agatha Christie

Douze ans après L’AFFAIRE PROTHEROE qui marquait la première apparition de Jane Marple, la vieille dame revient pour une deuxième enquête écrite en 1941. Comme le précise Christie dans sa préface, la découverte d’un cadavre dans une bibliothèque constituait, déjà, un cliché éculé du roman policier. L’auteur s’attaque à cette convention en plaçant un corps dans la propriété du riche Arthur Bantry. La victime est inconnue de tous et Miss Marple se voit invitée à résoudre l’énigme. Bientôt, il apparait qu’il s’agit de Ruby Keene, danseuse au cabaret Majestic. Un certain Conway Jefferson s’en était récemment entiché au point de la considérer comme sa fille adoptive… au désespoir du gendre et de la belle-fille de Conway.

Classique, UN CADAVRE DANS LA BIBLIOTHEQUE reste un des Christie les plus connus, justement par son jeu sur les clichés du whodunit, et apparait fréquemment dans les « top » consacrés à Marple. Pourtant, le roman possède quelques défauts évidents : la solution du mystère et le truc utilisé par le meurtrier apparaissent relativement évident pour les amateurs du genre (il a déjà été – et sera par la suite encore – fréquemment utilisé) tandis que les méthodes de Marple laissent perplexes avec sa manière de toujours se référer à des événements survenus dans son village. Ses techniques sont plus intuitives et moins mécaniques que celles de Poirot même si le déroulement de l’enquête, avec ses indices successifs et ses retournements de situation, fonctionne de belle manière. Comme souvent dans les « Marple », l’héroïne n’apparait qu’au début et à la fin du récit, laissant l’essentiel de l’investigation à la police officielle qui, bien sûr, patauge dans la semoule. C’est donc, après de nombreux tâtonnements, à Marple de boucler l’enquête (et le récit) dans les dernières pages. Les personnages secondaires, eux, manquent un peu d’épaisseur et apparaissent souvent stéréotypés, sans doute en partie pour se conformer aux conventions du whodunit, ici proches du pastiche.

Les révélations finales, évidemment tarabiscotées à souhait, ne sont pas toujours pleinement convaincantes en raison de la complexité de la machination élaborées mais participent, quelque part, au charme de ces romans d’énigme constituant de véritables « jeux » avec le lecteur. Pour finir, UN CADAVRE DANS LA BIBLIOTHEQUE manque un peu de nerf ou de réelle originalité pour être une vraie réussite mais l’ensemble reste plaisant et hautement divertissant si on accepte les règles du genre. Pas le meilleur « Marple » mais une lecture toutefois fort agréable.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Agatha Christie, #Golden Age, #Policier, #Whodunit

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Publié le 7 Octobre 2022

ARSENE LUPIN: LE DIADEME DE LA PRINCESSE DE LAMBALLE de Morita Takashi et Maurice Leblanc

Premier tome publié chez nous des adaptations en manga du personnage de Maurice Leblanc, cet épais récit (250 pages) transpose la pièce de théâtre du début du XXème siècle, « Le diadème de la princesse de Lamballe » censé présenter Lupin à un plus large public. L’intrigue se déroule donc quasi exclusivement en huis-clos avec un Lupin dissimulé sous l’identité du Duc de Charmerace. Ce-dernier s’est absenté durant sept ans pour voyager en Antarctique et, une fois revenu, apparait quelque peu différent. Forcément puisque Lupin a pris sa place. Il va menacer Gournay-Martin, un milliardaire parisien, en le menaçant de lui voler sa plus précieuse possession, un diadème de grande valeur. Comme Lupin ignore où le bijou est caché, il espère pousser Gournay-Martin à lui dévoiler sa cachette afin de mettre le diadème en lieu sûr. Mais Lupin trouve un adversaire acharné avec l’inspecteur Ganimard, qui attaque le gentleman cambrioleur en essayant de lui faire révéler sa réelle identité pour protéger une jeune voleuse prise la main dans le sac.

Voici une aventure plaisante mais évidemment capilotractée, Lupin jouant avec son ennemi de manière saugrenue. Le vol semble moins important pour lui que le plaisir de faire tourner en bourrique les forces de l’ordre. On retrouve donc dans cette transposition fidèle les outrances de ce type de récit avec un Lupin insaisissable qui use des identités d’emprunts et des grimages pour continuellement échapper à la police. Epoque oblige on n’échappe pas à une naïveté parfois pénible des protagonistes : les demoiselles en détresse sont vraiment candide, Lupin vraiment très séduisant et sûr de lui, les flics se laissent abuser encore et encore,… Les dialogues en rajoutent dans la guimauve et les jeunes filles larmoyantes se pâment devant le trop sexy cambrioleur.

L’intrigue avance toutefois à bon rythme, permettant d’oublier les invraisemblances. Le côté théâtral est flagrant et le manga reproduit, dans sa mise en page, les mécanismes dramatiques scéniques : les personnages entrent et sortent du récit pour « jouer » leur scène et permettre au récit d’avancer. Les dessins, de leur côté, sont réussis bien que caricaturaux sur certains personnages dessinés de manière un peu trop cartoonesque pour un manga réaliste.

Malgré le côté vieillot de l’histoire et des rebondissements un peu attendu, le lecteur passe un bon moment avec cette transposition bien gérée d’un classique de la littérature policière.

Ce tome fut réédité en 2022, devenant le sixième dans la nouvelle numérotation, au risque de compliquer les efforts du collectionneur.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cosy Mystery, #Manga, #Policier, #Whodunit, #Arsène Lupin

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Publié le 2 Octobre 2022

CADAVRE D'AUTOMNE de Magdalen Nabb

Ce court roman (192 pages) nous emmène à Florence. Dans les eaux de l’Arno, un cadavre est repéché, celui d’une femme de près de cinquante ans, nue sous son manteau de fourrure. Un suicide ? Un meurtre ? L’enquête s’annonce difficile ne serait-ce que pour identifier la défunte. Mais un flic, Guarnaccia, y parvient grâce au témoignage d’un portier d’hôtel : la victime se nomme Hilde Vogel. Mais quels secrets pouvaient cacher cette recluse ? Pourquoi a-t-elle était tuée puisqu’il apparait qu’il s’agit bien d’un meurtre.

Magdalen Nabb, romancière d’origine anglaise établie à Florence, publie en 1981 LE GENTLEMAN FLORENTIN. Cette première enquête de Guarnaccia, saluée par Simenon et récompensée par le prix du meilleur roman policer par la British Writers Association, impose un personnage de flic nonchalant, bon vivant et à l’écoute. Un hommage à Maigret qui reviendra dans une douzaine d’enquêtes où l’énigme ne prend jamais le dessus sur les considérations plus personnelles du personnage. Et puis chaque roman permet également d’explorer la cité de Florence et de découvrir ses habitants, sa vie quotidienne, etc. Le héros, Sicilien, s’est retrouvé affecté à Florence et n’a jamais vraiment été complètement accepté par les Florentins. Il explore la ville, envahie de touristes, et mène ses enquêtes calmement, prenant le temps de discuter avec tout un chacun pour, progressivement, reconstituer le puzzle.

L’énigme en elle-même n’a rien de transcendante. On la qualifierait volontiers de banale, à l’image des faits divers qui encombrent les journaux. D’ailleurs, l’auteur y puisait son inspiration. Pas de machination criminelle complexe et capilotractée, pas de protagonistes très gentils ou très méchants, juste des personnages humains embarqués dans des affaires sordides. Du coup il n’y a ici ni coup de théâtre fracassant ni retournement de situation incroyable. Et encore moins course poursuite ou bagarre. Mais de cette banalité quotidienne, la romancière tire un roman suffisamment plaisant pour maintenir l’intérêt, en particulier par son écriture ciselée et dégraissée. Le cadre dépaysant de Florence est, bien sûr, un autre argument pour suivre l’adjudant sicilien dans sa quête du coupable. Au final, un récit agréable même s’il n’a rien d’exceptionnel.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Polar, #Policier, #Whodunit

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