science-fiction

Publié le 19 Juin 2019

L'HOMME VARIABLE de Philip K. Dick

Ce recueil spécifiquement français (l’édition américaine comprend des nouvelles supplémentaires) rassemble trois longues nouvelles ou romans courts. Nous débutons avec « L’homme variable », proche des thèmes développés par Van Vogt. L’intrigue débute au cœur d’une guerre larvée entre les Terriens et les Centauriens. Des ordinateurs calculent quasi en temps réel les chances de voir l’un des deux camps remportés le conflit. Mais un homme ramené accidentellement du passé introduit une variable imprévisible dans les calculs. Un thème assez fascinant mais pas très crédible dans lequel on retrouve bien les manières de Van Vogt dont Dick semble s’inspirer avec cet humain ordinaire qui change sans le vouloir l’avenir de l’humanité. Un peu long, pas très vraisemblable mais plaisant et plutôt convaincant dans sa construction jusqu’au dénouement final réussi.

« Seconde variété », pour sa part, s’avère très efficace en dépit d’un dénouement linéaire et d’un twist prévisible. Mais, encore une fois, les prémices sont excellentes : après une guerre totale entre la Russie et les Etats-Unis apparaissent des robots meurtriers à l’apparence anodine, soldat blessé ou gamin avec son nounours, qui massacrent les derniers survivants. Nous sommes en pleine SF parano cette fois typiquement dickienne pour un récit très prenant adapté avec plus de bonne volonté que de moyen dans le très sympathique « Planète hurlante »

Enfin, « Rapport minoritaire » est sans doute le plus connu de trois récits grâce à l’excellente adaptation signée par Spielberg. Encore une fois, du grand Dick, du pur Dick avec cette agence chargée, grâce aux prédictions de trois mutants télépathes, de prévenir les crimes avant qu’ils soient commis. Mais un jour Anderton, le préfet de cette police « pré crime », reçoit un rapport l’avertissant qu’il va assassiner un certain Kaplan. Anderton, persuadé d’être victime d’un complot, s’enfuit…

Un texte un peu daté mais plaisant et deux incontestables réussites, bref un recueil incontournable.

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Publié le 14 Juin 2019

OPERATION CAY (CHUTE LIBRE) - LA SAGA VORKOSIGAN TOME 1 de Lois McMaster Bujold

Deux cents ans avant la naissance de Mike Vorkosigan, Leo Graf, ingénieur au service de la toute puissante GalacTech, est envoyé dans une station spatiale orbitant autour de la planète Rodeo. Sur place, Leo découvre l’existence de mutants créé par la génétique, les quaddies, qui, privés de leurs jambes, possèdent quatre bras et sont adaptés à l’absence de gravité. Pour GalacTech il s’agit de biens matériels sans valeur mais Leo comprend que les quaddies forment une nouvelle race appelé à un grand avenir. Hélas, une nouvelle technologie antigravité les rend rapidement obsolète et GalacTech les condamne à l’oubli et à une mort prochaine. Refusant ce destin, Leo décide de s’emparer de la station spatiale avec l’aide de quelques humains prenant faits et causes pour les quaddies afin de fonder une colonie libre.

Rattaché à la saga Vorkosigan dont il constitue le premier volet, OPERATION CAY (rebaptisé ensuite CHUTE LIBRE dans l'INTEGRALE VORKOSIGAN) peut parfaitement se lire indépendamment. Il sert en quelque sorte de très lointain prologue au dix-septième volume (!) de la série, IMMUNITE DIPLOMATIQUE, qui nous apprendra ce que sont devenus les quaddies après deux siècles de libre colonie.

Récompensé par un Nebula, nommé au Hugo (Lois McMaster Bujold se rattrapera puisque LES MONTAGNES DU DEUIL, MIKE VORKOSIGAN et BARRAYAR l’obtiendront ensuite, sans compter PALLADIN DES AMES et la série CHALION), voici un roman court et rythmé qui se lit et même se dévore en dépit d’un certain manque d’action dans sa première partie, certes bavarde mais néanmoins plaisante. La deuxième moitié du livre, plus énergique, multiplie les péripéties en suivant les tentatives de Leo pour sauver les quaddies d’une mort annoncée.

OPERATION CAY constitue, au final, un divertissement des plus sympathique et plus intelligent qu’on ne le croit de prime abord. L’auteure aborde les thématiques de tolérance, de mutations et de manipulations génétiques de manière simple mais pas simpliste, frôlant parfois la caricature et le manichéisme mais en offrant une lecture toujours agréable et bien menée. De son côté le style s’avère efficace, professionnel, sans aspérité et les touches d’humour disséminées dans le récit le rendent très plaisant. Parfois, McMaster Bujold la joue émotion, romance et eau-de-rose sans sombrer dans la mièvrerie. Une bonne surprise tout à fait recommandable aux amateurs de Mike Vorkosigan et…même aux autres !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Prix Nebula, #Space Opera, #science-fiction

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Publié le 13 Juin 2019

X MEN INTEGRALE 1980 de Chris Claremont

Ce volume reprend les numéros 129 à 140 des X Men et, par conséquent, contient le plus célèbre récit des enfants de l’atome, la saga du Phoenix Noir, fréquemment éditée et rééditée. L’intrigue poursuit et développe les éléments mis en place l’année précédente avec les machinations de Jason Wyndarge pour amener Jean Grey à rejoindre le Club des Damnés. Après avoir défait Proteus, les X men repèrent, via Cerebro, deux nouveaux mutants : il s’agit de la très jeune Kitty Pride et le chanteuse disco Dazzler. Deux équipes de X-Men sont envoyées pour tenter de les recruter pour le compte de Xavier. Wolverine, Tornade et Colossus prennent contact avec Kitty mais sont capturés par Emma Frost, alias La Reine Blanche, tandis que Phoenix, Cyclope et Diablo sont attaqués, dans la discothèque où se produit Dazzler, par des soldats en armure au service du Club des Damnés. Par la suite la personnalité de Jean Grey se voit submergée par l’entité du Phénix et détruit une planète entière, la conduisant à passer en jugement sous l’autorité de l’impératrice Shi’ar. Les X-Men vont exiger un duel avec la garde impériale pour la vie de Jean…Mais cette dernière, coupable d’un génocide cosmique, désire-t’elle être sauvée ?

Que dire de plus sur cette saga légendaire, laquelle continue encore, après 40 ans, a trusté les premières places des listes des « meilleurs épisodes des X-Men » ? Et même des « meilleurs comics » tout court. Ainsi, lors du 75ème anniversaire de la Maison des Idées, lorsque les fans eurent à voter pour choisir leurs 75 histoires préférées parmi les milliers publiées la saga du Phénix Noir termina cinquième !

 

X MEN INTEGRALE 1980 de Chris Claremont

Epique, dramatique, enlevée (en dépit d’une mise en place un brin longuette), magnifiée par des dessins très efficaces et quelques cases anthologiques, la saga n’a pas volé ses nombreuses louanges. Dommage que les innombrables résurrections ultérieures de Jean Grey ternissent aujourd’hui la réussite de ce monument du comics US. Alors bien sûr il y a la naïveté de l’ensemble (qui fera sourire les cyniques lecteurs d’aujourd’hui), les couleurs façon bad trip aux champi et les descriptions pesantes qui envahissent chaque case. C’est l’époque qui voulait ça. On fera avec ces défauts pour savourer l’intrigue en elle-même, mémorable et toujours pertinente.

L’épisode rétrospectif sur Cyclope (« Elegy ») complète cette intégrale et laisse la porte ouverte à un nouveau départ avec l’arrivée de Kitty Pride dans l’école du Professeur Xavier. Enfin on termine l’année avec deux épisodes corrects dans lesquels une partie des X-Men et de la Division Alpha partent combattre le redoutable Wendigo (précédemment rencontré par Wolverine). L’annual, voyant les mutants partir en enfer pour sauver Tornade et Nightcrawler avec l’aide du Docteur Strange s’avère, lui, aussi, une belle réussite.


En résumé une intégrale complètement indispensable par la seule présence de l’arc consacré à Phoenix même si le reste ne démérite pas non plus.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Marvel Comics, #science-fiction, #Space Opera, #X-Men

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Publié le 11 Juin 2019

LA MORT DU CAPITAINE FUTUR d'Allen Steele

Auteur quasiment inconnu dans nos contrées, Allen Steele, né en 1958, n’a vu aucun de ses romans traduits chez nous. Il a pourtant gagné le Locus pour son roman ORBITAL DECAY et obtenu deux fois le Hugo dans la catégorie « roman court » sans oublier pas moins de six prix Asimov pour des nouvelles (ou novellas). Pour le découvrir en français il faut fouiller les revues, comme par exemple dans ce N°16 de Bifrost qui nous offre l’intégralité de son court roman LA MORT DU CAPITAINE FUTUR, hommage distancé, ironique mais également respectueux à la création d’Edmond Hamilton, le célèbre Capitaine Futur, autrement dit Capitaine Flam.

L’intrigue se rapproche, forcément, du space opéra d’antan mais opte pour une voie plus humoristique et cynique sans toutefois sombrer dans la parodie.

Dans l’urgence Rohr Furland s’embarque à bord d’un vaisseau spatial piloté par un type à moitié cinglé, obèse, crasseux et surtout passionné par la science-fiction du début du XXème siècle. Le bonhomme assume d’ailleurs l’identité d’un des plus fameux héros de ces romans pulp, le valeureux Capitaine Futur qui porte secours à la veuve et l’orphelin dans son vaisseau, le Comet, en compagnie de son fier équipage composé de vaillants Futuristes. Lorsqu’il reçoit un appel de détresse, le Capitaine Futur n’hésite pas et plonge à l’aventure…au risque de se confronter aux dangers de la réalité.

Bien mené, très divertissant, LA MORT DU CAPITAINE FUTUR paie son hommage à la science-fiction de grand-papa en mêlant aventures spatiales et émotion lors d’un final quelque peu attendu mais très efficace. Dans ce joyeux hommage à l’aventure spatiale teinté de réflexion « meta » une fois de plus la morale reste inchangée : au risque d’être déçu mieux vaut souvent « imprimer la légende » plutôt que la réalité. Classique mais efficace, Allen Steele réussit à passionner et amuser son lecteur durant une centaine de pages et s’il n’a peut-être pas livré un chef d’œuvre incontournable, il nous donne un récit alerte et agréable.

Sans doute pas au niveau de certains classiques récompensé par le Hugo mais certainement plus réussi, honnête et plaisant que des textes plus récents et imbuvables (au hasard le similaire REDSHIRTS de Scalzi, hommage désastreux à Star Trek). Loin de se moquer des ancêtres, Steele donne en outre l’envie de se replonger dans les aventures du Capitaine Futur…qui sont à présent disponibles au Belial.

Recommandé !

LA MORT DU CAPITAINE FUTUR d'Allen Steele

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Publié le 6 Juin 2019

ALIENS PERDITION (DEAD ORBIT) de James Stokoe

La franchise Aliens revient au Neuvième Art via un one-shot aussi classique qu’efficace dans lequel l’auteur retrouve l’atmosphère des premiers et troisième opus de la saga cinématographique. Il s’éloigne par conséquent du bourrinage des deux autres volets (et en particuliers d’ « Aliens le retour »).

Après avoir repéré un vaisseau à la dérive, une équipe de secours du Sphacteria découvre trois membres d’équipages dans des caissons d’hibernation. Hélas, lors de leur réveil, l’azote liquide se répand dans les caissons et brûle terriblement les trois infortunés. Au mépris des protocoles les agonisants sont alors ramenés sur le Sphacteria…malheureusement deux d’entre eux abritent des créatures extra-terrestres qui ne tardent pas à s’en prendre aux humains.

ALIENS PERDITION (DEAD ORBIT) de James Stokoe

Simple, énergique, rythmé, ALIENS PERDITION (DEAD ORBIT) fait honneur à la saga initiée (et suicidée ?) par Ridley Scott. Ici, nous sommes nettement plus proche, heureusement, du « Alien le 8ème passager » initial que du piteux « Alien Covenant ». L’intrigue, pourtant, n’innove guère et s’avère même tout à fait classique. Un équipage réduit, un vaisseau exploré sous toutes les coutures et un monstre fort bien mis en valeur par des dessins de toutes beautés qui jouent adroitement des ombres pour parvenir, comme dans le premier long-métrage, à dévoiler la créature tout en lui gardant sa part de mystère. Bref, une recette ultra convenue mais il n’est pas toujours nécessaire de vouloir innover à tout prix pour proposer un plat intéressant. Après tout mieux vaut une bonne tambouille soigneusement mitonnée par un petit chef chevronné plutôt qu’une escapade gastronomique aventureuse au final complètement ratée.

De plus, visuellement, le comic est une grande réussite avec des dessins précis, remplis de détails, soigneusement colorisés, qui placent les personnages au cœur d’une intrigue étouffante et d’ombres menaçantes. 104 pages bien tassées riches en action, suspense et scènes chocs. On en redemande !

ALIENS PERDITION (DEAD ORBIT) de James Stokoe

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Horreur, #science-fiction, #Cinéma

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Publié le 20 Mai 2019

LES SABLES DE MARS d'Arthur C. Clarke

Voici le tout premier roman d’Arthur C. Clarke, daté du début des fifties et originellement publié au Fleuve Noir. Nous sommes aux prémices de cette science-fiction spéculative et anticipative basée sur un scientisme rigoureux qui sera, par la suite, appelée la « hard science ». Clarke offre donc la description relativement minutieuse et précise d’un voyage spatial et d’une possible terraformation de la planète rouge. Idée reprise par la suite par plusieurs épigones de Clarke, notamment Kim Stanley Robinson, Ben Nova ou Stephen Baxter.

Alors qu’il n’est que débutant, l’auteur s’invite pratiquement dans son œuvre sous l’apparence de Gibson, écrivain ayant beaucoup traité de Mars dans des romans à présents dépassés d’un point de vue scientifique comme son célèbre « Poussière martienne ». Il est autorisé à se rendre sur la planète afin d’en rapporter un compte rendu de ses voyages.

Dans le vaisseau, Gibson a une intéressante discussion concernant les romans de Verne ou Wells s qui, 70 ans plus tard, s’applique également à ces SABLES DE MARS : pourquoi lire encore de la science-fiction lorsque les postulats des romans se révèlent périmés ? La SF d’anticipation proche est-elle condamnée à une rapide obsolescence et faut-il que les écrivains se tournent vers le futur le plus lointain ou la Fantasy la plus débridée? Autrement dit LES PREMIERS HOMMES DANS LA LUNE ou LA GUERRE DES MONDES doivent-ils être oubliés au seul profit de LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS pas encore dépassé par les avancées scientifiques ? On laissera les personnages (et le lecteur) en débattre. LES SABLES DE MARS lui aussi apparait anachronique (toutefois Clarke fut parfois visionnaire en datant vers 1970 l’alunissage) et l’auteur se trompa aussi lourdement, notamment sur tout ce qui concerne l’informatique quasi inexistante dans son livre. Néanmoins, malgré ses approximations scientifiques, l’histoire reste suffisamment intéressante pour que le lecteur oublie ses incohérences. Nous rencontrerons même des plantes martiennes et de petites créatures proches des marsupiaux terrestres qui aideront finalement les humains dans leur grande entreprise de terraformation de Mars. Le roman n’en aborde que les premières phases (avec, entre autres, la transformation du satellite Phobos en un second soleil capable de hâter la production d’oxygène).

Clarke maitrise sa narration et alterne grand spectacle (voyage spatial, création d’un second soleil…annonçant 2010 ODYSSEE 2), péripéties (le périple des héros dans les sables martiens et leur découvertes des natifs de la planète rouge) et discussions quasi philosophiques sur le devenir de l’humanité. Clarke y ajoute les relations compliquées entre le héros et un jeune homme, en réalité son fils (bien qu’il l’ignore). Le style, comme toujours chez l’écrivain, se montre précis, relativement simple sans verser dans le simpliste, le vocabulaire bien choisi et le métier est déjà là dans la construction de l’intrigue, les dialogues et les descriptions réussies sans devenir encombrantes (un travers qui empoisonne bien des livres hard science récents).

Roman de jeunesse de Clarke (précédé, dans l’édition ressortie chez Milady, d’une intéressante préface le remettant en perspective), LES SABLES DE MARS n’est pas le meilleur bouquin de l’auteur mais, pour un coup d’essai, on peut dire – sans parler de coup de maître - qu’il reste sacrément efficace et divertissant près de 70 ans après sa première publication.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Arthur C. Clarke, #Hard Science, #anticipation, #science-fiction

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Publié le 16 Mai 2019

NIGHTFLYERS (et autres récits) de George R.R. Martin

A l’occasion de la nouvelle série « Nightflyers » adaptée de George R.R. Martin (un film en avait déjà été tiré voici quelques années), ActuSF republie une nouvelle fois ce court mais efficace roman (sous son titre du « Volcryn ») en compagnie d’une poignée d’autres nouvelles. L’intéressant « Pour une poignée de Volutoines » et le chef d’œuvre « Une chanson pour Lya », un autre court roman récompensé par le Hugo, sont également bien connus et furent précédemment publiés dans l’excellent recueil UNE CHANSON POUR LYA.

« Week-end en zone de guerre » avait, elle aussi, déjà été publié (dans le recueil AU FIL DU TEMPS). C’est un texte intéressant et bien mené sur une guerre considérée comme un jeu, un récit anti-militariste très efficace.

« 7 fois, 7 fois l’homme jamais » est tiré pour sa part du recueil DES ASTRES ET DES OMBRES. Un beau texte toutefois pas aussi convaincant, sur un thème proche, que les formidables « Par la croix et le dragon » ou « Une chanson pour Lya ».

On se concentre sur « Ni les feux multicolores d’un anneau stellaire », jusqu’ici inédit (bien qu’il date de 1976) et, forcément, principal argument pour acquérir de nouveau recueil. Il s’agit une tentative intéressante de mélanger des thématiques hard-science avec une ambition philosophique. L’intrigue traite des fameux anneaux stellaires (devenus depuis un cliché de la SF) qui permettent opportunément, à la manière des « Stargate » de voyager dans l’univers.

NIGHTFLYERS ET AUTRES RECITS apparait donc comme un recueil opportuniste, édité pour bénéficier du regain de popularité de Martin grâce à la série télévisée « Nightflyers » et, bien sûr, à l’approche de l’ultime saison de « Games of Thrones ». Les deux romans courts et la nouvelle « 7 fois, 7 fois l’homme jamais » sont également au sommaire de l’impressionnante R.R.ETROSPECTIVE consacrée à l’auteur…A voir donc l’intérêt de faire l’acquisition de ce volume (de très haute qualité avouons-le toutefois) pour la présence d’un unique inédit.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Prix Hugo, #Recueil de nouvelles, #Space Opera, #science-fiction

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Publié le 8 Mai 2019

100 % STAR WARS TOME 6 : DES REBELLES NAUFRAGES

Star Wars (2015) #33-37 et Annual #3.

Pour sa fin de run, Jason Aaron choisit de se concentrer sur les différents protagonistes de la saga, souvent deux par deux. Nous avons ainsi droit à l’association entre Luke et Leia dans le sans intérêt « Des rebelles naufragés », une intrigue tarabiscotée où s’affrontent Sana et Lando dans le plaisant « Les treize caisses », un retour de Grakkus face à Han Solo avec l’amusant « Passeur de Hutt », un focus sur R2D2 à la recherche de C3PO dans « La revanche de l’astromécano » et enfin le sergent Kreel, chef des Stormtroopers d’élite de l’escadron SCAR pour « Fierté impériale ».

Comme toujours les dessins sont vraiment « spéciaux » : si, dans l’ensemble, ils ne sont pas mauvais (décors, armures, vaisseaux), les visages sont, eux, découpés des films et plaqués sur les dessins (une sorte de rotoscope à l’envers !) pour donner des personnages franchement ratés tant ils sont disgracieux.

100 % STAR WARS TOME 6 : DES REBELLES NAUFRAGES

Les scenarios, eux, restent dans la lignée des précédents arcs narratifs: c’est pas mal, divertissant mais sans enjeu ni véritable intérêt. En fait, tout ça rappelle les STAR WARS CLASSICS d’il y a 40 ans: les dessinateurs ne semblent pas savoir où va la saga (ou ils s’en fichent) donc ils sont incapables d’élaborer des intrigues d’ampleur et se contentent de suivre la petite vie des rebelles sans se soucier d’un plan global. De plus, Aaron pense manifestement que voir nos héros à l’oeuvre suffit à maintenir l’intérêt du lecteur qui assiste à une suite de petites escarmouches sans conséquences entre l’Empire et les rebelles. Parfois c’est chouette, parfois c’est médiocre, parfois c’est drôle,…dans tous les cas on reste dans le statu quo en évitant grandement d’avancer…on finit même par ne plus trop savoir à quelle époque de la chronologie officielle ces histoires se situent tant elles pourraient (quasiment) se dérouler n’importe quand entre « Rogue One » et « Le Réveil de la Force », puisqu’elles n’ont, en réalité, aucune incidence sur la timeline globale de la saga.

On ajoute deux récits courts parfaitement dispensables pour boucler le sommaire de ce recueil pas spécialement mauvais (les récits sont courts et donc on ne s’y ennuie pas) mais tellement anecdotique qu’il sera réservé aux seuls complétistes.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Space Opera, #Star Wars, #science-fiction

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Publié le 6 Mai 2019

GRAVE SUR CHROME de William Gibson

Dans ce recueil de nouvelles nous retrouvons neuf textes qui firent la gloire de William Gibson et lancèrent la vague cyberpunk. A chaque fois, le lecteur embarque par conséquent dans un monde déprimant, bouffé par la technologie envahissante, dans lequel les individus, perpétuellement connectés, s’amusent à modifier leur corps par des implants et se shootent quasi en permanence. Les gouvernements ont capitulé et le pouvoir est tombé aux mains des megacorporations ultra capitalistes. Bienvenue dans la dystopie ultra-connectée du XXIème siècle.

Gibson avait démontré ses capacités de visionnaires dans ces récits (écrits avant l’avènement d’Internet) et, à l’époque, ils avaient fait l’effet d’une véritable bombe, comparable à la « new wave » de la décennie précédente, dans le petit monde de la SF. Qu’en reste-t’il aujourd’hui ? Des récits toujours intéressants, toujours actuels, pas toujours facile d’accès (non pas à cause de leur thématique - finalement très abordable - mais plutôt du style de Gibson parfois aride) mais que l’on relit avec intérêt. « Johnny Mnemonic », typique de l’auteur, reste un classique, tout comme « Fragment de rose en hologramme ». Plus original, « le genre intégré » ajoute à l’ambiance cyberpunk un climat poisseux et un fantastique quasi lovecraftien pour une fiction « weird » réussie. On continue avec « Hinterland » et « Etoile rouge blanche orbite » (pour ma part) moins convaincants.

Co-écrite avec Michael Swanwick, « Duel aérien » fonctionne de belle manière quoique son cadre (voulu futuriste) ait pris un coup de vieux (lunapark, jeu de simulation de combat,…disquettes !).

« Gravé sur chrome » reste probablement la meilleure nouvelle du recueil et un parfait témoignage du courant cyberpunk avec tous les ingrédients indispensables : affrontements de hackers dans le cyberspace, mur de glace protégeant les corporations des intrusions intempestives et trame générale inspirée par le polar hard boiled mais revisitée dans un cadre anticipatif très sombre aux influences nipponnes plus ou moins affirmées.

Aujourd’hui, le cyberpunk semble quelque peu délaissé au profit d’une littérature plus centrée sur l’évasion (steampunk, urban fantasy, etc.). Sans doute parce que la réalité a tellement rattrapé les « élucubrations » des romanciers du genre que ces intrigues n’apparaissent pratiquement plus comme de la science-fiction mais s’apparente aujourd’hui quasiment à de la chronique sociale d’un monde agonisant.

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Publié le 2 Mai 2019

LES MEILLEURS RECITS DE WEIRD TALES - TOME 2

Ce second recueil consacré à la revue « Weird Tales » couvre une période plus restreinte (cinq ans). Après une petite introduction, Jacques Sadoul nous propose « La mort d’Ilalotha » de Clark Ashton Smith (ensuite repris dans son HISTOIRE DE LA SCIENCE-FICTION) et une nouvelle d’Hazel Heald et Lovecraft, « Hors du temps » (alias « Surgi du fond des siècles ») tirée de L’HORREUR DANS LE MUSEE. Lovecraft lui-même est au sommaire avec son poème « Psychompopos ».

J.Paul Suter, inconnu au bataillon, propose de son côté un plaisant « Le juge suprème » tandis d’Edmond Hamilton, vétéran du space opera, livre le très court « Les graines d’ailleurs » sur le thème des « belles plantes »…au sens propre.

En disciple de Lovecraft, Robert Bloch amuse avec « le rodeur des étoiles », également connu sous le titre « le tueur stellaire » ou « le visiteur venu des étoiles ». Ce récit hommage est devenu un classique des « à la manière de HPL » puisqu’on le retrouve au sommaire de HUIT HISTOIRES DE CTHULHU, LEGENDES DU MYTHE DE CTHULHU, L’APPEL DE CTHULHU, LES MYSTERES DU VER, LES YEUX DE LA MOMIE et dans l’Omnibus consacré à Lovecraft.

Autre classique incontournable, « La citadelle écarlate » constitue une des nombreuses aventures de Conan signées par Robert E. Howard. On la retrouvera dans les recueils CONAN L’USURPATEUR, LA GRANDE ANTHOLOGIE DE LA FANTASY, CONAN LE CIMERRIEN et, pour les plus fortunés, la monumentale INTEGRALE CONAN. Nous sommes dans la Fantasy épique, hargneuse, sanglante et barbare de bonne facture.

Seabury Quinn, auteur phare de Weird Tales, propose pour sa part une nouvelle enquête de Jules de Grandin, détective du surnaturel, dans le sympathique « La farce de Warburg Tantavul qui, bien que complètement suranné, se lit avec plaisir, par la barbe d’un bouc vert !

Autre réussite, cette fois du complètement oublié, David H. Keller, « le chat tigre » s’avère par contre un récit d’horreur étonnamment moderne rédigé par un écrivain déjà présent au sommaire de la précédente anthologie « Weird Tales » et dont on aimerait pouvoir lire d’autres récits.

Un peu en deçà du premier recueil, ces MEILLEURS RECITS DE WEIRD TALES TOME 2 demeurent hautement recommandables pour les amateurs d’imaginaire rétro qui y trouveront du fantastique, de la science-fiction, de l’épouvante, de la fantasy et du policier surnaturel. Que demandez de plus ?

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