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Publié le 29 Novembre 2021

LA PETITE SIRENE (Les contes interdits) de Sylvain Johnson

Disons-le d’emblée, ce roman s’avère meilleur que LE VILAIN PETIT CANARD ou LE PETIT CHAPERON ROUGE dans cette même collection de contes interdits, ne serait-ce que parce qu’il suit l’histoire originelle de manière plus fidèle. Mais précisons tout de suite que nous sommes loin d’une grande réussite.

Ici, nous suivons le destin d’Angie, jeune fille atteinte d’une véritable maladie, la sirénomélie, surnommée « le syndrome de la sirène », qui a transformé ses jambes en une sorte d’appendice caudale. A sa naissance, rejetée par son père alcoolique, l’enfant est confiée à des forains qui vont la transformer en phénomène de foire et tirer parti de sa condition. Là, Angie se lie d’amitié avec un « garçon homard » et subit des viols à répétition par des pervers qui paient pour coucher avec une « sirène ». Elle finit par s’enfuir et trouve refuge dans un étrange palais habité par des nains.

Comme les autres titres de la série, ce conte interdit se veut horrifique et riche en passages osés. L’auteur étale donc pas mal de scènes chocs qui mêlent sexe et sang de manière très frontale. C’est d’ailleurs la principale qualité du bouquin : plonger dans la fange et offrir au lecteur son quota de scènes de viols et de tortures. LA PETITE SIRENE parvient ainsi à divertir lorsque le romancier joue à fond la carte de la perversité (la sirène se fait violer avec un harpon planté dans sa « queue », l’homme homard ébouillanté vivant,…) ou du délire, en particulier grâce à une bande de nains. Ceux-ci vivent dans un « palais des nains » où ils se livrent à toutes les turpitudes possibles. Faut dire que le nain s’ennuie. A part jouer dans Game of Thrones, Fort Boyard ou du porno hard-crad les débouchés sont minces. Alors il faut bien s’amuser et comme le chantait les VRP tripoter les « nénés des nanas des nains ».

Bref, ces aspects outrés peuvent paraitre ridicules, ils n’en sont pas moins plaisants et permettent de sortir quelque peu des sentiers battus. L’hommage plus ou moins volontaire au classique « Freaks » rend plus digeste un roman qui aurait cependant été plus réussi en sombrant encore davantage dans le porno gore rigolo. Ceux qui ont visionné les perles de cinémathèques que sont « La Baby Sitter violée par un nain » ou « The Sinful Dwarf » me comprendront. Notons toutefois que le bouquin se distingue aussi par son vocabulaire canadien dépaysant avec quelques expressions sympas (« hostie » ou encore « Viens moi dedans ! ») qui donnent le sourire.

Roman totalement invraisemblable mais en partie sauvé, justement, par ses péripéties délirantes, LA PETITE SIRENE aligne viols, tortures, perversions sexuelles et passages cradingues pour le plaisir de l’amateur de littérature déviante. Dommage que le tout se prenne un peu trop au sérieux (couverture classieuse et présentation prestigieuse) sans oser assumer jusqu’au bout ses orientations malsaines. On préfèrera donc relire un bon Gore ou un petit Karnage mais, au niveau des Contes Interdits, voici sans doute le bouquin le plus fun (pour l’instant).

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Gore, #Horreur

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Publié le 27 Novembre 2021

CLAYTON's COLLEGE de Connie O'Hara

Né à Gilly, en Belgique, José-André Lacour (1919  - 2015), fut un prolifique écrivain et dramaturge. Sous le pseudonyme collectif de Benoit Becker, il signe une demi-douzaine de romans dans la collection Angoisse puis, sous le pseudonyme de Marc Avril se lance dans une longue série d’espionnage, toujours au Fleuve Noir. Lacour s’essaie également à la science-fiction et multiplie les bouquins sous le nom de plume de Christopher Stork.

En 1948, il écrit un bouquin de cul, CLAYTON’s COLLEGE, qui subit les foudres de la censure. Soi-disant « traduit de l’anglais » et « venu des Etats-Unis », c’est José-André Lacour qui le rédige incognito. L’intrigue, étalée sur 124 pages, n’innove pas, du moins aujourd’hui, mais devait être plus originale à sa sortie : un collège de jeunes filles, une ambiance estivale chaude et moite (et même bien humide), un côté pesant dans l’atmosphère bien lourde de désirs réfrénés (enfin pas toujours) et de jeunes (pas si) innocentes.

Bref, « Connie O’Hara » inaugure la tradition de l’érotisme adolescent, des jeunes filles en fleur et des nymphettes peu farouches. Pas de doute aujourd’hui avec les conneries pseudo féministes, le retour de la censure, la cancel culture et le politiquement correct tout ça ne pourrait plus être possible. Le roman est en outre enrobé d’un côté « roman noir » et « polar », pas tellement dans l’intrigue (excepté lors du final qui verse davantage dans ce style) mais plutôt dans l’atmosphère.

L’ensemble se lit donc plaisamment, la courte pagination rend le roman assez enlevé et rythmé. Epoque oblige les passages osés ne le sont plus tellement, ils usent davantage de suggestions, laissent entendre plus qu’ils ne décrivent. C’est chaud mais nous sommes loin d’un Esparbec. Pas une mauvaise chose en ces périodes où le porno est partout ! Etrangement, retourner à davantage de retenue, à un climat de « non-dits » s’avère finalement plus intéressant qu’un déluge de mots crus.

Si l’histoire tourne cependant un peu à vide dans ses derniers chapitres et que la fin arrive de manière précipitée, CLAYTON’s COLLEGE mérite l’attention de l’érotomane curieux. Plaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Roman de gare, #Roman court (novella)

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Publié le 25 Novembre 2021

GENITAL GRINDER de Ryan Harding

Empruntant son titre à un morceau instrumental de Carcass et adoubé par Edward Lee en personne qui nous avertit dans la préface du côté extrême du bouquin, ce recueil de nouvelles constitue une bonne surprise.

Le splatterpunk, genre littéraire totalement déjanté qui aligne à longueur de pages sadismes, tortures sexuelles et passages vomitifs, peut vite lasser, surtout dans la forme d’un roman. En optant pour le format court, l’auteur évite beaucoup d’écueils. Il prend d’abord le soin d’écrire de véritables nouvelles, avec une intrigue et des personnages, ne se contentant pas d’aligner les passages dégueulasses même si ceux-ci sont évidemment très nombreux. La première histoire donne le ton et parait de prime abord une variation sur une nouvelle jadis publiée dans le recueil HISTOIRES DE SEXE ET DE SANG : un homme ramène chez lui une obèse qui décède en pleine « action », s’écroulant sur son partenaire et le coinçant sur le lit. Ryan Harding dévie ensuite du scénario imaginé par le récit précité et propose une conclusion différente mais tout aussi crade. La deuxième histoire parait, elle, moins intéressante et sombre un peu trop dans le « full shocks ahead », impliquant un cinglé qui se sodomise avec une brosse de toilette tout en violant un cadavre en s’aspergeant de pisse. Ah oui j’avais oublié de mettre un avertissement. Bon tant pis. Comme disait l’autre « le lecteur est prévenu ». Nous retrouvons nos deux malades mentaux quelques pages plus loin pour un exercice de « snuff movie » avec viols et tortures à gogo.

La troisième histoire se révèle bien plus intéressante et plus proche de l’horreur mainstream (avec quelques détails « beurk » quand même) : un type découvre que son père était un tueur en série. Plutôt que le dénoncer, il imagine de tuer sa femme puis de faire porter le chapeau à papa. Mais tout ne se déroule pas comme prévu. Un très bon récit, enlevé, bien ficelé, aux twists nombreux et saupoudré d’une bonne dose d’humour noir qui oscille entre horreur et thriller. Rien que pour cette histoire, le recueil mérite la lecture !

Autre histoire d’humour noir : la relation qui se noue entre un jeune ado sexuellement frustré et un tueur en série qui garde un harem de proies féminines dans sa cave. Plutôt que de le dénoncer, le gamin décide de participer joyeusement à ses crimes. Un petit côté « Un élève doué » de Stephen King mais version courte et beurk à souhait avec les inévitables conventions du splatterpunk : viol, tortures sexuelles, cannibalisme et autres carnages.

La dernière nouvelle, qui tourne autour du bug de l’an 2000, des théories apocalyptiques et de l’art pouvant créer le réel se montre, elle aussi, efficace.

En résumé, un recueil plaisant pour découvrir le splatterpunk bien que, paradoxalement, la nouvelle titre soit la plus faible du lot.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Gore, #Horreur, #Recueil de nouvelles, #Splatterpunk

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Publié le 21 Novembre 2021

LA BELLE NUIT POUR UN HOMME MORT d'Henri Vernes

Ouvrage délirant, déjanté, rageur et rageux, LA BELLE NUIT POUR UN HOMME MORT porte la signature de  Charles-Henri Dewisme. Ecrit juste après la guerre et publié en 1949, encensé par Léo Mallet, le roman disparait ensuite des radars pour être republié soixante ans plus tard, sous le pseudonyme plus connu d’Henri Vernes. Car, en effet, le créateur de Bob Morane a également rédigé ce bouquin à ne pas mettre entre toutes les mains. Un condensé de cruauté, de nihilisme et de désespoir, parfaitement résumé par son titre explicite.

Brand va mourir, il l’a décidé. Il lui reste une nuit à passer sur terre, plus précisément dans un Paris postapocalyptique. Le jeune homme déambule, rencontre divers protagonistes et passe quelques temps aux côtés d’une demoiselle innocente qu’il s’amuse à pervertir et souiller à plaisir. Pourquoi ? Pour qu’elle accepte, par amour, de se sacrifier elle-aussi. Le bouquin s’avère noir, noir comme la mort, noir comme le souvenir. Et rouge sang. C’est de la littérature inclassable, coup de poing et coup de pied dans les burnes. Du polar brutal, une sorte de version déjantée et teintée de science-fiction (ou de fantastique) du fameux J’IRAIS CRACHER SUR VOS TOMBES de Vian.

L’œuvre est courte (140 pages), l’intrigue est mince, l’essentiel réside dans la charge au vitriol, le côté cruel (tout le temps), érotique (parfois), gore même… Nous sommes à l’opposé du côté gentillet et boyscout des Bob Morane. Ici, Henri Vernes se lâche, n’a jamais peur d’aller trop loin et de déverser sa bile, voire de vomir sa haine. Un flot dévastateur dont l’unique but semble être de tout emporter sur son passage, dans un tourbillon de rage. Du roman punk, qui crache à la gueule du lecteur avant de lui asséner un bon coup dans les valseuses.

Bref, une belle efficacité pour ce roman qui emprunte tout à la fois à la littérature « noble » (prétentions « littéraires » et considérations existentialistes incluses) et à tous les mauvais genres littéraires imaginables (polar, thriller, horreur, gore, fantastique, porno, science-fiction,…). Sa lecture n’est pas particulièrement agréable, ce tir de barrage laisse le lecteur quelque peu épuisé voir groggy. D’où sans doute l’envie ensuite de se replonger dans un bon vieux Bob Morane pour se détendre. Mais, dans l’ensemble, cette expérience reste mémorable et intéressante. A découvrir !

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Publié le 25 Octobre 2021

LE CON D'IRENE de Louis Aragon

Publié anonymement par Aragon (qui a toujours nié, malgré l’évidence, en être l’auteur), en 1928, ce court roman (88 pages) constitue un des fragments ayant survécu d’un roman plus vaste mais inachevé. Considéré comme un classique de la littérature érotique, c’est surtout un texte déstabilisant, peu clair et pas toujours évident à comprendre ni à appréhender. En dépit de longues descriptions à la fois crues et poétiques de la fente d’Irène, le tout embrasse surtout le surréalisme et l’expérimentation littéraire, notamment par des passages de plusieurs pages sans ponctuation, avec des mots répétés en litanie qui transforment l’ensemble en une sorte de poésie en prose dans laquelle la manière de scander les termes s’avère plus importante que le récit proprement dit. Il y a donc de belles tournures de phrases, un rythme alerte, des métaphores inédites, une réelle force du mot.

Annonciateur de mouvement comme le « nouveau roman », LE CON D’IRENE se débarrasse rapidement de l’intrigue pour privilégier les sensations, les impressions et les évocations en multipliant les points de vue : visite d’une maison close, chronique familiale, transgression des tabous (en particulier l’homosexualité et surtout l’inceste), digressions étranges sur la sexualité des poissons, réflexions sur la littérature et surtout sur son versant érotique (aujourd’hui on qualifierait sans doute ces notes sur l’érotisme dans un texte qui se veut cru de « méta »).

Malgré sa brièveté, le texte passe donc d’un genre à l’autre, d’un narrateur à un autre, alternant les passages consacrés au paralytique voyeur incestueux et ceux consacrés à sa fille qui déteste les hommes avec des dérapages surréalistes tour à tour étranges, déstabilisants ou incongrus.

Plus qu’un véritable roman, le tout se déguste comme une œuvre à part dans laquelle, finalement, et en dépit de nombreux passages « osés », l’érotisme n’a droit qu’à la portion congrue. Le tout s’avère plutôt agréable et, heureusement, sa longueur raisonnable évite que l’exercice ne tourne à vide et ne devienne imbuvable. Une curiosité !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Roman court (novella)

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Publié le 11 Octobre 2021

LES CONTES INTERDITS: LE PETIT CHAPERON ROUGE de Sonia Alain

Encore une relecture « interdite » du conte du Petit Chaperon Rouge et une intrigue très classique pour une ré-imagination qui, finalement, en manque pas mal (d’imagination !). Nous sommes dans un bouquin classique de la collection, avec ses passages obligés finalement très répétitifs, à savoir des scènes de cul à intervalles réguliers et des moments gore tout aussi systématiques.

Notre Petit chaperon rouge vengeresse se transforme donc en louve pour traquer ceux qui lui ont causé du tort dans sa jeunesse. Elle peut compter sur la magie de sa mère-grand tzigane pour l’aider dans sa mission qui consiste à détruire de l’intérieur, et en usant de sa séduction (ah ! on y vient !) l’organisation criminelle du très méchant Arnaud St-Cyr. Parallèlement, un flic bien sous tous les rapports, l’honnête et obstiné Olivier, tente également de faire tomber St-Cyr. Et c’est parti pour des chapitres courts qui s’enchainent rapidement et de manière linéaire. Le petit plus, cette fois, c’est l’importance (relative) accordée à la magie tzigane et au surnaturel avec présence de fantômes et autres événements paranormaux.

Niveau horreur et sexe, on reste dans la norme de la collection mais sans aller très loin finalement. Du malsain « grand public » pourrait-on dire (LA PETITE SIRENE est plus glauque par exemple), à l’image du VILAIN PETIT CANARD qui cherche à choquer mais sans repousser le lecteur (ou la lectrice ? car on dirait que la collection attire davantage un public féminin). Bref, du frisson un peu frelaté, du dégout un poil calibré.

Ceux (et surtout celles) qui ont connu les grandes heures de la bit-lit (souvenez-vous d’ANITA BLAKE « deuxième époque », de PLEINE LUNE ou de SUCCUBUS BLUES) voici une dizaine d’années seront d’ailleurs en terrain connu avec ce mélange de fantasy urbaine, de lycanthropie, de magie, de (beaucoup) de sexe et de (pas mal) de sang. Dire que c’est complètement mauvais serait injuste mais affirmer que ce petit bouquin vite écrit (en deux mois prévient l’autrice) et vite lu (une grosse soirée mais on peut survoler certains passages sans perdre le fil) est réussi serait foncièrement mensonger. De la littérature pseudo offensante bien banale, qui peut éventuellement détendre le lecteur mais qui ne restera surement pas dans les mémoires. D’ailleurs après un mois j’en ai déjà quasi tout oublié.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Fantastique, #Horreur, #Gore

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Publié le 9 Octobre 2021

INFIRMIERES DE NUIT d'Alain Grimm

Collection phare de la littérature osée, « Les interdits », rassemble des textes présentés par Esparbec qui suivent ses préceptes concernant le sexe. Considéré comme le « dernier et le plus grand des pornocrates », Esparbec (décédé en 2020) refusait le terme érotique et assumer totalement celui de pornographique. Il se battait pour l’existence d’un porno de qualité mais également contre les tentations des auteurs de « faire joli », de « bien écrire », de privilégier les métaphores ou un vocabulaire recherché. Il ne voulait ni de la préciosité littéraire typique des 70’s ni du blabla « mummy porn » aujourd’hui en vogue.

Alain Grimm, auteur de porno chez Media 1000 se conforme donc à l’éthique du maître : une intrigue réduite au minimum qui aurait sans problème pu servir de scénario à un film X de Marc Dorcel et une suite de passages hard quasi non-stop. Femme frustrée délaissée par son mari, médecin débordé et épuisé, Carole décide de reprendre un boulot d’infirmière de nuit. A l’hôpital, Carole tombe sous la coupe d’Anita la dominatrice. En 126 pages, Alain Grimm déballe tout l’attirail fantasmatique lié au monde médical. Les infirmières baisent donc non-stop : entre elles, avec les docteurs, les internes et même les patients. Loin du roman sexy grand public qui inonde actuellement le marché, Grimm se lâche avec masturbations féminines, domination, triolisme, scènes saphiques, sadisme, masochisme, etc.  Il n’y a pas de véritable progression ni de réelle résolution au semblant d’intrigue : comme dans un film X, le bouquin s’achève après le gros climax final. On pourrait dire que tout ça n’a ni queue ni tête mais pour la première affirmation ce serait un peu mensonger.

Typique des « productions » Esparbec, cette INFIRMIERE DE NUIT constitue une lecture facile pour le curieux qui souhaite explorer la face rose de la littérature de gare. Du porno rentre-dedans (oups !) sans ambition littéraire ou artistique mais efficacement écrit.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Roman de gare, #Roman court (novella)

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Publié le 17 Septembre 2021

DEMON SLAVE TOME 2 de Takahiro & Takemura

Deuxième volet pour ce manga d’Urban Fantasy sexy. L’intrigue est à présent bien en place : un Tokyo alternatif dans lequel des jeunes femmes ont acquis des super-pouvoirs en ingérant un fruit bizarre, la « pêche ». Cela permet aux demoiselles de se rassembler en unité de guerrières afin de combattre des démons… Kyôke, cheffe d’un escadron anti-démon, va donc faire de Yuki, un jeune garçon, son esclave pour qu’il l’aide à combattre les forces du mal. En échange, Yuki peut demander à la jeune fille des faveurs et comme, bien sûr (sinon ça ne serait pas drôle), Yuki est un obsédé sexuel complet…

Ce nouveau tome se lit très vite : bien rythmé, on y retrouve le même univers fantasy, cette fois davantage développé avec de nouveaux avancements de l’intrigue qui ouvre l’histoire générale. Les rebondissements sont nombreux et, bien sûr, l’aventure se conclut sur un nouveau cliffhanger efficace. L’auteur admet avoir placé davantage de « fan service » dans ce nouveau volume, autrement dit le lecteur a droit à davantage de filles nues, de postures sexy et de scènes gentiment érotiques. Mais tout cela reste léger et traité dans la bonne humeur, façon comédie de lycée teintée de soumission / domination / SM.

Les scènes d’action, de leur côté, sont nombreuses et énergiques, bien servies par des dessins de bonne qualité, à l’image de ce manga dans son ensemble. Il est clair que nous ne sommes pas devant un chef d’œuvre impérissable mais plutôt face à un divertissement rondement mené et calibré pour les grands ados (et ceux qui le sont restés). De la magie, des démons, des gros monstres, des batailles homériques et des filles joyeusement dévêtues à la moindre occasion…L’assurance d’une bonne lecture détente, sans plus ni moins mais, parfois, cela suffit pour passer un bon moment.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Erotique, #Manga

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Publié le 15 Septembre 2021

PORN VALLEY de Laureen Ortiz

Juin 2009. La mort de Michael Jackson occupe tous les médias. Laureen Ortiz, de son côté, se lance dans une enquête au long cours au cœur de la Porn Valley. Car, en Californie, non loin de la Silicon Valley et d’Hollywood se niche le haut lieu de l’industrie du X américain. Les geeks de la Silicon qui s’y sont aventurés y travaillent en effet sur les nouveaux sites web du porno, lesquels attirent des millions de click par jour (rien que PornHub tourne autour des… 800 visites à la seconde !).

De leur côté, les apprenties actrices assurent le turn-over constant des nouveaux « visages » du hard. Car depuis son « âge d’or » des seventies et le premier boom de la vhs, le X a bien changé et les vétérans du métier ont parfois beaucoup de mal à s’adapter aux nouvelles manières du XXIème siècle. Le format long-métrage est à présent globalement abandonné, la scénarisation a disparu et les Traci Lords ou Jenna Jameson ont laissé place à des starlettes interchangeables. Elles sont payées à la prestation (chaque spécialité étant tarifée avec précision) et enchainent des centaines de « scènes » en quelques mois avant de disparaitre dans l’anonymat…et la crainte d’être reconnue après leur reconversion. En dépit des sommes importantes qu’elles ont gagné (environ 1 000 dollars la scène), la plupart repartent aussi pauvres qu’elles étaient arrivées : drogue, contrats filous, vie de luxe, dépistage du sida, etc. Les « frais » nécessaires à cette existence.

Si quelques compagnies de « prestige » subsistent (Vivid, l’empire de Larry Flint, Penthouse,…) la majorité des tournages est aujourd’hui aux mains de MindGeek. Cette société tentaculaire se présente comme des spécialistes du développement web mais héberge la plupart des sites pornos les plus visités. Le bouquin revient aussi sur les côtés « rock & roll » du X avec ces karaokés d’actrices, ces cérémonies fastueuses où les studios se décernent des « oscars », ces innombrables starlettes qui passent entre les bras tatoués des stars à la Marylin Manson ou Tommy Lee. Beaucoup d’anecdotes et quelques touches d’humour, par exemple lorsque Ortiz rappelle que si la plupart des performeuses ont l’âge légal pour tourner des vidéos hard elles n’ont pas celui requis pour boire une bière dans les fêtes organisées par les compagnies !

Adoptant un format à mi-chemin entre le journal de bord et le reportage façon journalisme gonzo (ça tombe bien pour le sujet !), l’autrice propose de nombreuses interviews. Des acteurs, des actrices, des réalisateurs et divers autres personnages plus ou moins impliqués dans cette industrie aux marges de la légalité qui emploie pourtant des dizaines de milliers de personnes. De la pornstar éphémère à la militante pour l’imposition de préservatif en passant par ceux qui se retrouvent sur les tournages pour bosser de 9 à 17 heures le plus « simplement » du monde, Laureen Ortiz dévoile le versant méconnu de la Californie. Cette « zone grise » brasse des sommes absolument démentielles et se voit exposée et explorée sans complaisance (assortie d’un rappel des nombreux suicides survenus dernièrement) mais sans charge excessive non plus.

Comme dans tout bon reportage « gonzo », l’autrice tisse également des points communs entre les « performeuses » et son propre parcours. Au final, elle se sent souvent très proche des interviewées et brosse un portrait pas très reluisant mais instructif de « l’industrie la plus décriée des Etats-Unis ». Un bouquin qui, en dépit de quelques longueurs et passages redondants, se lit agréablement.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Erotique, #Essai

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Publié le 2 Septembre 2021

VOYEUR de Joel Houssin

Joel Houssin a toujours aimé ruer dans les brancards, que ce soit avec sa saga du DOBERMANN, celle (sous pseudo) des SCUM ou encore ses gore, parmi les plus crades de la collection (en particulier L’ECHO DES SUPPLICIES).

Avec ce roman, publié chez Anticipation, il se lance dans une étude de personnage, celui d’un voyeur obsédé sexuel qui fréquente les quartiers chauds parisiens et recourt aux services de prostituées. Pendant les deux premiers tiers, le livre donne surtout dans un érotisme assez malsain, avec quelques scènes bien senties, comme la visite du héros chez une dominatrice. Cette-dernière n’y va pas avec le dos de la cuillère (mais utilise adroitement une chaine). Le principal protagoniste évolue donc dans un univers très sexué et fétichiste : il évalue de manière quasiment scientifique la courbe des seins, l’écartement des cuisses, la forme d’un pied, achète des chaussures portées par une prostituée à la démarche excitante, etc.

Les aspects science-fictionnels, eux, sont d’abord présents en demi-teinte et le lecteur ne comprend que progressivement la réalité dévoilée avec cet extraterrestre métamorphe bien particulier doté de particularités étonnantes. Cette partie SF, plus restreinte, émerge par à coup, de manière quasiment poétique grâce à la faculté de la créature de prendre différentes formes, ce qui donne lieu à une poignée de passages surréalistes de bon aloi.

Original, VOYEUR infuse donc la science-fiction (tendance pré-X Files) avec un érotisme franc du collier pour aboutir à un cocktail pas toujours pleinement convaincant (l’auteur semble hésiter un peu trop sur la direction à emprunter et les contraintes de pagination l’oblige à accélérer le rythme dans la seconde moitié) mais globalement intéressant et agréable à savourer.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #science-fiction

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