pirates

Publié le 25 Août 2026

TORTUGA de Valério Evangelisti

Etrangement, les romans consacrés à la piraterie ne sont pas si fréquents. Encore moins ceux qui essaient de donner une image plus historique et moins glamour des frères de la Côte. Car, depuis Errol Flynn et Johnny Depp, le pirate est vu comme un joyeux anarchiste entre l’aventurier souriant et le clown. TORTUGA remet les pendules à l’heure sous le Jolly Rogers : les pirates sont des crapules sanguinaires qui massacrent à tour de bras, violent leurs mousses le soir et boivent comme des trous pour oublier qu’ils ne feront pas de vieux os.

En 1685, alors que la piraterie connait ses dernières heures de gloire, le jésuite Rogerio se voit intégré de force dans l’équipage d’un pirate. Il redécouvre ainsi la vie dans la flibuste et perd peu à peu ses illusions humanistes.

Célèbre pour sa saga sur l’Inquisiteur Nicolas Eymerich, l’écrivain et historien Valerio Evangelisti règle ici son compte à la piraterie de manière similaire, en mêlant adroitement les faits à la fiction. Le contexte est ici la guerre qui oppose les Français (les flibustiers sont aux ordres de Louis XIV) et les Espagnols. Pour amateurs de roman historique, TORTUGA remplit parfaitement son contrat : tout se voit détaillé, que ce soit la hiérarchie sur les navires, les règles et loi qui régissent la piraterie, les expéditions pour trouver les esclaves et l’or, les tortures et autres punitions…C’est brutal et violent à souhait, loin de l’image proprette du boucanier hollywoodien. Mais en même temps on se dit qu’Evangelisti, tant qu’à faire, aurait pu se lâcher davantage. Les carnages sont à peine évoqués, les viols ne sont pas décrits, même les jurons et blasphèmes se voient en quelque sorte censurés. Etrange.

Le romancier ajoute également quelques considérations disons philosophiques sur le Mal, des discussions intéressantes qui brisent un peu la linéarité d’un récit sinon fort prévisible. Donc, historiquement, TORTUGA se montre très intéressant. Malheureusement, le côté aventure s’avère, lui, moins convaincant. L’intrigue est mince, le principal protagoniste imbuvable (il se comporte vraiment comme un idiot et son obsession amoureuse pour une esclave peine à convaincre) et, en se voulant réaliste, le bouquin passe à côté de la gouaille, de la verve, de l’humour et du parfum des vagues. La fin parait également expédiée même si les toutes dernières pages sont, elles, réussies.

Au final TORTUGA constitue donc une semi-déception dont on retiendra surtout quelques éléments factuels et historiques peu connus de cette période troublée.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Pirates

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