marvel comics

Publié le 28 Décembre 2017

DARK AVENGERS VOLUME 2 de Brian Michael Bendis

Nouvelle livraison de 264 pages pour conclure la saga de Norman Osborne à la tête de ses Vengeurs Noirs. La plupart des récits composant ce recueil sont soigneusement écrits par Brian M. Bendis et illustrés par Mike Deodato qui offre un très bon boulot.

On commence avec un gros affrontement (étalé sur quatre numéros) entre nos Avengers et le tout puissant Homme Molécule, autrement dit ce qu’on fait de plus puissant, ou peu sans faut, dans le domaine du super vilain détraqué. Du coup, Norman a bien du mal à garder la tête froide, d’autant que son « arme secrète », le quasi divin Sentry, est immédiatement abattu par le maitre des manipulations moléculaires. Comme disent les autres Avengers « ce type était plus puissant que nous tous réunis, alors qu’allons-nous pouvoir faire ? ». Débarquent les hommes du Hammer et le combat continue.

Ce récit efficace jongle entre les aspects les plus dramatiques et l’action, avec une bonne caractérisation des protagonistes. Si Norman tente de contrôler Sentry ce-dernier éprouve bien des difficultés à se maitriser lui-même, toujours prêt à laisser exprimer son côté obscur, représenté par Void. Ces démêlées schizophréniques apportent le sel nécessaire à un récit classique mais bien mené et agréable.

DARK AVENGERS VOLUME 2 de Brian Michael Bendis

L’annual consacré à Marvel Boy fait office d’interlude et n’apporte pas grand-chose tandis que les cinq petits épisodes, chacun consacré à un « second couteau » de l’univers Marvel se feuillettent distraitement mais seul celui sur Jack O’ Lantern se montre intéressant. On a aussi droit à quelques pages sur Spymaster qui se laissent lire. Mais dans l’ensemble rien de bien folichon dans cette fournée proche du remplissage.

Les épisodes 13 à 16 de la série signent la fin de la période « Dark reign », laquelle s’étendit quand même sur environ deux ans de publication. Elle impacta plus de vingt-cinq séries régulières, sans compter autant de mini-série ou de one-shots. Cependant, contrairement à la plupart des « events » Marvel, tel le précédent SECRET INVASION auquel il succède, le Dark Reign ne s’appuie pas sur une mini-série, d’où la difficulté à le résumer en volume. Ces quatre derniers épisodes des Dark Avengers s’intègrent ainsi dans la continuité de l’event SIEGE et sont par conséquent assez difficiles à évaluer isolés de ce crossover pas spécialement réputé. 

Bien sûr, Panini n’a - encore une fois ! - pas accompli le moindre effort pour faciliter la lecture aux néophytes. Les histoires s’enchainent sans résumé, sans présentation des personnages ou du contexte, sans même une page de transition entre les différentes intrigues. Le niveau zéro de la politique éditoriale. Le comble intervient entre les épisodes 15 et 16, normalement séparés par l’intrigue de SIEGE. Du coup on passe, d’une page à l’autre, entre un Norman tout puissant accompagné de ses Vengeurs à un Norman emprisonné et désavoué sans qu’il soit possible d’y comprendre quelque chose. Dommage car la période du Dark Reign reste une des plus excitantes et plaisantes dans la chronologie récente de Marvel. Il aurait donc était intéressant d’effectuer une présentation plus cohérente de cette suite d’événements non seulement pour attirer le novice mais aussi afin d’en expliquer les tenants et aboutissants. Peine perdue. Reste un album correct et d’une lecture agréable quoique l’on ait la désagréable impression de lire des fragments épars d’une plus vaste intrigue.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics

Repost0

Publié le 3 Novembre 2017

SPIDERMAN OMNIBUS de David Michelinie et Todd McFarlane

Panini propose ici un omnibus très épais (850 pages !) qui compile deux années d’Amazing Spiderman, soit 35 épisodes pour la plupart illustrés par Mac Farlane. Evidemment, tout n’est pas du même niveau mais, dans l’ensemble, cette copieuse lecture se révèle de qualité.

On débute avec un arc consacré au Docteur Octopus qui, lassé d’être toujours battu par Spidey, décide de détruire entièrement New York et on enchaine avec un double épisode centré sur un vilain de seconde zone, Chance. Ce-dernier est cependant relativement intéressant puisque ce mercenaire ne travaille pas pour l’argent mais bien par amour du risque. D’abord adversaire de Spidey, il finit par s’allier au monte-en-l’air et se retourne contre ses employeurs qui l’ont trahi. Plutôt agréable.

Vient ensuite le légendaire épisode 300 qui marque les 25 ans de Spiderman et introduit le plus célèbre de ses vilains, le fameux symbiote extra-terrestre Venom. Pas mal, quoiqu’on eût aimé davantage de développement et que la personnalité d’Eddie Brock (le journaliste disgracié porteur du parasite alien) soit plus creusée. Cet épisode permet néanmoins d’inaugurer un nouveau statu quo : le Tisseur récupère son ancien costume rouge et bleu puis déménage pour s’établir avec Mary-Jane dans un appartement huppé de Manhattan, ce qui aura rapidement de dramatiques conséquences.

SPIDERMAN OMNIBUS de David Michelinie et Todd McFarlane

L’arc suivant montre Spidey s’allier avec Silver Sable et l’Homme Sable (beaucoup de sable donc !) afin de dérouiller quelques nazillons. Rien de bien original pour ces trois épisodes qui traitent des hésitations de Peter Parker à déménager au Kansas (où on lui offre un nouveau job). Notre héros se demande en outre comment va réagir une Mary-Jane toujours présentée comme particulièrement futile et uniquement préoccupée par sa carrière de mannequin. Heureusement, lorsque la tension monte, MJ sait comment détendre son mari. Bref, ces épisodes ne sont pas exceptionnels et ont même pris un coup de vieux (le dessin accuse lui aussi le poids des ans) mais se révèlent parfois amusants avec quelques touches d’humour bienvenues.

Pour la suite, Spidey s’associe encore avec un autre personnage borderline, le Rodeur, afin de récupérer un précieux calice dans lequel un puissant homme d’affaires à dissimuler des informations compromettantes. Le cambrioleur grabataire Black Fox complique la donne mais tout rentre dans l’ordre au final. Pendant ce temps, un riche nouveau venu, Jonathan Caesar, propriétaire de l’appart où logent Peter et sa copine, se montre entreprenant envers MJ. Le scénariste, par petite touche, annonce la suite de son intrigue tandis que Peter affronte le ringard Hanneton Brutal dans un épisode humoristique de transition qui annonce le retour de l’autrement plus redoutable Caméléon.

Une longue intrigue va, par la suite, occuper de manière plus personnelle Peter Parker puisque Mary-Jane est kidnappée par un admirateur détraqué, le précité Jonathan Caesar. Peter, qui pense tout d’abord qu’un de ses ennemis a découvert son identité secrète, mène l’enquête. Il croise quelques vilains de seconde zone, retrouve finalement son jackpot de rouquine et arrête Caesar ce qui conduit, directement, à l’expulsion du couple de leur appartement. Les voici donc de retour chez tante May. Entre temps, Spidey a été pris dans le crossover « Inferno » dont nous ne connaitrons que des épisodes épars. Cela n’aide guère à la compréhension de cet événement qui impacta les trois séries « Spiderman » à la fin des années ’80. Un peu plus tard on croise Mysterio avant un combat entre le Super Bouffon et un Harry Osborn assumant l’identité du Bouffon Vert.

La suite traite des difficultés du couple Peter – MJ, leur recherche d’un appartement abordable à New York, les problèmes de MJ (depuis sa prison Caesar cherche à ruiner sa carrière), le peu de temps dont dispose Peter pour combiner ses études, son job de photographe et sa vie super-héroïque, etc. On retrouve quelques vilains biens connus comme le Lézard, Venom, Scorpion, Rhino, Backlash, etc. Certaines intrigues, malheureusement, se poursuivent hors des pages d’Amazing Spiderman, ce qui nous prive des conclusions de certains arcs, en particulier celui qui voit le Caméléon remplacer Jonah. Pour une fois ne blâmons pas trop Panini : inclure les développements et conclusions de toutes les sous-intrigues auraient doubler l’épaisseur de ce déjà très imposant recueil.

L’histoire la plus longue (en six épisodes) expédie Spidey en Symkarie où il aide Silver Sable à déjouer un « grand complot ». Si le contexte géopolitique se montre restreint et guère crédible, l’intrigue fonctionne agréablement et Spidey croise le Paladin, le radical Solo et même Captain America afin de déjouer les plans de Crane Rouge.

SPIDERMAN OMNIBUS de David Michelinie et Todd McFarlane

Moins convaincant, les derniers récits appartiennent au cross-over ACTS OF VENGEANCE durant lequel les héros combattent des vilains qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de rencontrer. Spidey affronte ainsi Graviton, Magneto et une Tri-Sentinelle, obtenant au passage les immenses pouvoirs de Captain Universe. Malgré les fréquentes notes de bas de page de Panini nous invitant à acheter le cross-over en question (dont les critiques disponibles n’incitent guère à cette couteuse acquisition) tout cela ne semble guère passionnant et lire ces épisodes, souvent amputés de leur début et de leur fin, demeure frustrant. Le tout, assez simpliste, reste cependant compréhensible et distrayant mais ces histoires ne vont jamais au-delà de leur très basique et très geek idée de base : et si on confrontait Spidey à des vilains qu’il n’a jamais combattus, comme ça, sans vraie justification, juste pour voir.

Malgré ses bémols, cet Omnibus s’avère de bonne facture. Au fil des pages MacFarlane prend plus d’aisance avec le personnage et immortalise Spidey dans des poses acrobatiques improbables qui soulignent ses muscles (bon travail d’encrage aussi) et sa toile souvent entortillée de manière très organique. Les histoires combinent, souvent adroitement, la vie quotidienne de Peter et ses soucis journaliers avec son existence super-héroïque, ce qui rend le personnage fort attachant. On a donc les touches d’émotion avec la maladie de Nathan (le protégé de tante May), l’envie de Peter de voler de ses propres ailes tout en restant proche de tantine, les disputes et réconciliations du couple Peter – MJ. Bref, cela se conforme totalement à la volonté de Stan Lee de présenter des personnages extraordinaires dans des situations ordinaires.

Certes, l’omnibus se montre forcément inégal mais, dans l’ensemble, ces quelques 800 pages, agrémentées de bonus un peu chiches, montrent un très bon rapport qualité / prix…à condition de pouvoir aujourd’hui le trouver à un prix décent car la spéculation a fait son oeuvre.

SPIDERMAN OMNIBUS de David Michelinie et Todd McFarlane

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics, #Spiderman

Repost0

Publié le 27 Octobre 2017

DARK AVENGERS - TOME 1 - LES VENGEURS NOIRS de Brian Michael Bendis et Mike Deodato

Fidèle à sa tradition de rééditer en Deluxe les principaux Events de la Maison des Idées, Panini a proposé deux volumes consacrés à la période dite du « Dark Reign », auxquels s’ajoutent trois Monsters qui regroupent chacun douze épisodes supplémentaires. Bref, le grand jeu pour une période de transition importante de l’univers Marvel. Malheureusement, comme toujours avec Panini, aucun bonus, aucun contexte, aucune explication pour se mettre ou se remettre dans le bain, pas même une page de résumé de ce qui s’est passé précédemment. Encore une fois le minimum syndical…et même moins. Enfin, on a l’habitude, on fera avec même s’il est toujours rageant de voir des œuvres réussies amoindries par une politique éditoriale paresseuse.

Suite à la SECRET INVASION, Tony Stark est désavoué et Norman Osborn prend la tête du Hammer, une nouvelle agence gouvernementale succédant au Shield. Afin d’asseoir son autorité, il rassemble une nouvelle équipe de Vengeurs : Osborn engage tout d’abord Ares et Sentry, puis réunit Daken qui passe pour Wolverine, Venom transformé en Spiderman, Opale devenue Miss Marvel et le psychopathe Bullseye qui incarne Œil de Faucon aux côtés d’un guerrier Kree chargé de camper Captain Marvel. Osborn, pour sa part, accède à la technologie de Stark Industrie et prend les rôles laissés vacants par Captain America et Iron Man : équipé d’une armure aux couleurs de la bannière étoilées il parade en Iron Patriot.

DARK AVENGERS - TOME 1 - LES VENGEURS NOIRS de Brian Michael Bendis et Mike Deodato

La première mission de ces « vengeurs noirs » les emmène en Latvérie où ils défendent Fatalis des agissements de Morgane la Fée. Osborne tente également de s’imposer comme le vrai chef d’équipe de cette poignée de fortes têtes.  

Après l’échec de SECRET INVASION, ce nouvel événement Marvel s’avère une très bonne surprise et démontre qu’il est encore possible de proposer un comic-book mainstream intelligent et bien mené avec nos encapés favoris. Quoiqu’un peu trop de pages soient consacrées à des combats assez classiques, le récit avance plaisamment grâce à la caractérisation efficace des protagonistes servie par des dialogues réussis (voir des psychopathes comme Bullseye jouer les héros et déclarer à un flic anti-émeute « je sais pas comment vous faites, c’est nul de pas pouvoir les tuer » reste savoureux). Les dessins de Mike Deodato sont, eux aussi, bien jolis et tirent indéniablement vers le haut un récit dans lequel Sentry et un Norman plus machiavélique que jamais se taillent la part du lion. La personnalité de Norman a rarement été aussi bien cernée et son accession vers un immense pouvoir se fait de manière crédible (même si lui donner, à la base, les clés de ce pouvoir parait peu vraisemblable) jusqu’au cliffhanger final qui le laisse…disons vert de rage. Une bien belle saga !

DARK AVENGERS - TOME 1 - LES VENGEURS NOIRS de Brian Michael Bendis et Mike Deodato

Aux six épisodes de « Dark Avengers » succède un mini crossover intitulé « Utopia » qui oppose nos vengeurs noirs aux X-Men. En effet, le problème mutant ressurgit lorsque des manifestants menés par Trask se heurtent à des mutants hostiles. La situation dégénère et Cyclope semble incapable de ramener le calme. Osborn demande donc à Emma Frost de constituer une nouvelle équipe de « X Men gouvernementaux » avec l’approbation de Charles Xavier et du Fauve. En réalité, les deux mutants sont détenus par Osborn : Xavier a été remplacé par la métamorphe Mystique et Darkbeast, issu d’un monde parallèle, a pris la place de McCoy.

Cet « Utopia » souvent critiqué n’est en effet pas exempt de défauts. Tout d’abord est-ce vraiment une bonne idée pour les mutants rebelles de s’en prendre physiquement aux partisans de Trask ? Pas vraiment puisque la situation, jusque-là simplement tendue, dégénère complètement et impose couvre-feu, contrôle gouvernemental, etc. L’intrigue parait donc rapide à se mettre en place et aurait nécessité un développement plus nuancé et une montée en puissance plus insidieuse. Les scénaristes ont malheureusement opté pour une progression stéréotypée et prévisible, ce qui s’explique sans doute par le nombre de pages impartis. De plus, les trop nombreux dessinateurs qui se succèdent sur le titre en rendent la lecture peu agréable, leur style étant bien différents. L’idée générale, encore une fois, parait très classique : le lecteur assiste à l’opposition entre les partisans des mutants et les défenseurs de l’homo sapiens, les uns modérés, les autres extrémistes. Rien de neuf mais, en dépit de ses nombreux bémols, l’intrigue se suit sans déplaisir et la création des « dark X Men » demeure intéressante. On peut certes chipoter et parler d’un potentiel gâché (le tout aurait pu constituer un petit classique de la Marvel) mais « Utopia » se laisse lire agréablement et se révèle, à tout prendre, largement au-dessus de bien des crossovers récents.

Des défauts, une publication à la va-vite qui risque de laisser une partie des lecteurs sur le carreau mais, en résumé, un tome très estimable que l’on prend plaisir à lire.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics

Repost0

Publié le 19 Octobre 2017

LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN de J. M. DeMatteis & Mike Zeck

Récit emblématique relativement récent (enfin il date à présent d’une trentaine d’années…comme le temps passe !) LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN s’est rapidement imposé comme un véritable classique de l’Homme Araignée. Le récit était d’ailleurs bien aidé par une couverture mémorable et sinistre montrant Spidey sortir de sa tombe après son « assassinat » supposé par Kraven.

Crossover entre les trois séries de Spiderman (« Web of spiderman », « Peter Parker the spectacular spiderman » et « Amazing spiderman »), cette saga en six chapitres eut droit à pas moins de cinq publications en France.

LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN de J. M. DeMatteis & Mike Zeck

L’intrigue montre un Kraven fatigué mais bien décidé à prouver sa supériorité sur son vieil ennemi Spiderman. Il réussit à l’endormir avec une fléchette hypodermique, l’enterre et prend sa place, affublé de son costume. Sauvée d’une agression par Spiderman (donc Kraven), Mary-Jane Watson, épouse de Peter Parker, comprend que quelqu’un d’autre se dissimule sous le masque. Kraven, par la suite, tente de stopper le monstrueux homme-rat Vermine mais Spidey est bien décidé à faire payer au chasseur ces longues journées au fond de son cercueil.

LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN de J. M. DeMatteis & Mike Zeck

Créé par Stan Lee et Steve Dikto en 1964 et souvent considéré comme un second couteau assez ringard, Kraven reste pourtant un personnage intéressant dans la mythologie de Spiderman. Tout d’abord ses motivations sont le plaisir de la chasse et non pas l’argent ou la vengeance. Kraven possède également un code de l’honneur personnel et un background travaillé qui trouve ses sources jusque dans la révolution russe. Ce récit va utiliser ces éléments à bon escient puisque Kraven ne tue pas son ennemi mais se contente de le droguer avant de prendre sa place pour prouver sa supériorité (ce qui annonce le long arc narratif de SUPERIOR SPIDERMAN avec Octopus sous le masque).

Cependant, LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN présente également Kraven sous un jour défavorable puisqu’il perd peu à peu son humanité pour sombrer dans la folie en laissant s’exprimer le côté le plus cruel et animal de sa personnalité. Il faut attendre la fin du récit pour que le Chasseur retrouve son honneur et choisisse la seule voie possible…

La narration, originale et réussie, donne ainsi la vedette au vilain et se focalise essentiellement sur sa personnalité, avec ce mélange de haine mais surtout d’admiration qu’il éprouve envers Spiderman. Les dessins, pour leur part, se révèlent de belle facture et participent activement à la création d’une atmosphère particulière, loin du Spiderman rigolo habituel, qui flirte même avec l’horreur par la présence du monstrueux Vermine.

 

LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN de J. M. DeMatteis & Mike Zeck

Supportant parfaitement de nombreuses lectures, d’une grande richesse thématique, LA DERNIERE CHASSE DE KRAVEN demeure, trente ans plus tard, un des sommets de Spiderman en bandes dessinées. Incontournable !

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics, #Spiderman

Repost0

Publié le 20 Septembre 2017

SECRET INVASION de Brian M. Bendis et Francis Yu

Après l’excellence de HOUSE OF M et CIVIL WAR, deux crossovers parfaitement réussis et dont la richesse autorise plusieurs (re)lectures, l’annonce de SECRET INVASION laissait augurer le meilleur pour la Maison des Idées.

Le concept de base, en effet, se révélait passionnant et intriguant : depuis plusieurs années d’importants héros et alliés (Elektra, le majordome Jarvis, etc.) de la Terre ont été remplacés par des extra-terrestres protéiformes, les Skrulls. Brian Michael Bendis a lancé des pistes à ce sujet depuis plusieurs années au sein de série comme New Avengers et, avec son dessinateur et complice habituel, Leinil Yu, il explore enfin les conséquences de cette lente invasion. 

L’intrigue semblait donc taillée pour une atmosphère de paranoïa grandissante (illustrée par les taglines en partie mensongère comme « who do you trust ? »), de conflit larvé, voire d’infiltration à grande échelle. On pouvait exploiter les répercussions de cette invasion sur la population, voire éclore des mouvements de résistance ou de collaboration puisque les Skrulls promettent un avenir pas forcément sombre aux humains.  Forcément, certains se laissent tenter et les accueillent même à bras ouvert…Des développements intéressants…sauf que la scène dure quelques cases, noyées dans un torrent de bastons inoffensives. Car, à la progression narrative, Marvel préfère le rouleau compresseur des combats et seul Le Fauve suggère un instant « d’arrêter de se frapper pour réfléchir ». Une modération vite balayée, à l’image de ce court moment de réflexion interrompu par un Wolverine qui déclare « on s’en tape ». Ce qui résume malheureusement ce que le lecteur pense d’une SECRET INVASION plus pataude que passionnante. Pourtant, le début de l’histoire promettait beaucoup, entre science-fiction à l’ancienne (Bendis affirmait vouloir rendre hommage aux classiques séries B d’invasion des fifties) et blockbusters d’action plus actuels. Les premières planches donnent ainsi l’impression d’une catastrophe planétaire imminente avec des scènes marquantes comme l’autopsie d’un Skrull ayant pris l’apparence d’Elektra ou le crash récurent d’un héliporteur du Shield.

Elektra était un Skrull!

Elektra était un Skrull!

De l’efficace rondement mené. Mais la suite…ben justement elle ne suit pas. Ayant grillé toutes ses cartouches dans les premières pages, Bendis meuble ensuite par des surprises pas franchement crédibles, des incohérences, de la bagarre sans enjeu, sans émotion, sans…rien ! Des super-méchants protéiformes aux pouvoirs quasi illimités contre les gros vendeurs de la Maison Marvel (Spider Man, Iron Man, Wolverine, etc.) et une conclusion bâclée qui voit s’écrouler en quelques minutes le plan patiemment élaboré par les extra-terrestres. Là on frôle dangereusement le foutage de gueule intégral. Et ce ne sont pas les dessins, corrects mais sans inspiration, qui relèvent le niveau.

L’event offre néanmoins quelques passages sympathiques, comme cette référence lointaine, issue d’un légendaire album des Fantastic Four, à la transformation des premiers Skrulls débarqués sur terre en vaches. Quelques passages, dans un esprit blockbusters pop-corn et régressifs, fonctionnent également, ce qui permet d’arriver au bout de ce comic aussi raté que répétitif.

Baston!!!!!!!!

Baston!!!!!!!!

Si SECRET INVASION se résume à une série de combats sans grande originalité là où il aurait fallu, au contraire, une terreur paranoïaque dans l’esprit (toutes proportions gardées) de L’INVASION DES PROFANATEURS ou THE THING, le dénouement, vite expédié, conduit cependant à un nouveau statu quo intéressant. Ainsi Iron Man, désavoué, se voit destitué de son poste et remplacé par Norman Osborn qui accède à un pouvoir quasi absolu et convoque aussitôt sa cour, composée de Fatalis, Hood, Loki, Emma Frost et Namor. Le tout annonce le prochain event, la prochaine ère Marvel, Dark Reign qui (spoilers !) ne tiendra pas les promesses de cette introduction intrigante.

Le titre s’étant bien vendu (250 000 exemplaires du N°1 ce qui, à notre époque, constitue un beau chiffre) en dépit de critiques souvent mitigées voire hostiles, Marvel a – logiquement - poursuivi dans sa folie du crossover et de l’event tout azimut, aboutissant à l’inextricable situation actuelle dans laquelle toutes les séries sont en état de « crossover permanent » au mépris de tout réel investissement narratif.
 

Bref, SECRET INVASION c’était (déjà) la fin d’un bref renouveau / âge d’or qualitatif de Marvel au début du XXIème siècle.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Comic Book, #Marvel Comics

Repost0

Publié le 15 Septembre 2017

ANNIHILATION CONQUEST (tomes 1 & 2) de Dan Abnett et Andy Lanning

Vu le succès mérité du crossover cosmique ANNIHILATION, Dan Abnett et Andy Lanning proposent une saga similaire, ANNIHILATION CONQUEST, publiée en 2007. Aux côtés de la mini-série principale, Marvel a forcément publié de séries annexes. Les deux tomes français (originellement édités en version « deluxe » puis repris dans le format plus abordable du « select ») comprennent donc (dans le tome 1) « Annihilation Conquest Prologue », les quatre numéros de « Annihilation Conquest : Star Lord », les quatre épisodes de « Annihilation Conquest : Quasar » et les numéros 4 et 5 de « Nova » auxquels s’ajoutent (dans le tome 2) les quatre chapitres consacrés à « Spectre », deux épisodes supplémentaires de « Nova » et la mini-série « Annihilation Conquest » en elle-même (et en six parties). Ouf, un menu copieux pour de longues heures de lecture !

Cette fois, le Phalanx menace la galaxie, aidé par les Chevaliers de l’Espace « convertis » au mal. L’Empire Kree est menacé et différents héros (notamment Quasar, Star Lord et Ronan l’accusateur, à présents bien connus) se liguent pour juguler cette nouvelle invasion.

Au fil des pages, le lecteur découvre des personnages peu connus dont certains sont amenés à un bel avenir, notamment cinématographique, comme l’arbre vivant Groot et le raton laveur mutant Rocket Ragoon, membres fondateurs des nouveaux Gardiens de la Galaxie.

On retrouve également Phila-Vell, fille du décédé Captain Marvel qui a repris le flambeau, le costume et le nom de papa. Elle fait équipe avec sa compagne, Moondragon, laquelle devient finalement un authentique dragon, transformant le récit en une sorte d’heroic-fantasy futuriste pas désagréable auquel s’ajoute une histoire d’amour homosexuelle (encore assez peu courante dans les comics Marvel de l’époque).

ANNIHILATION CONQUEST (tomes 1 & 2) de Dan Abnett et Andy Lanning

Le nouveau venu Spectre, un mutant Kree avide de venger son père, complique la donne et tous les personnages principaux, auxquels s’ajoutent les revenants (Adam Warlock, le Super Skrull, Gamora, Captain Universe, Blaastar, etc.) se rassemblent pour affronter le Phalanx mené par le toujours charismatique et impitoyable Ultron. Les victimes du Phalanx sont, pour leur part, contaminées par une sorte de virus qui les intègre à l’entité collective tout en gardant un minimum de libre-arbitre. Bref, ils sont assimilés par des parasites cosmiques assez proches des célèbres Borg de « Star Trek » (on note les évidentes similitudes entre cette saga Marvel et « Star Trek Premier Contact »).

Dans l’ensemble ANNIHILATION CONQUEST s’avère un honnête divertissement malgré sa longueur (600 pages bien tassées) et ses longueurs. Le grand nombre de protagonistes rend parfois le tout un brin confus et la publication en volume laisse de côté certaines séries annexes, d’où des ellipses agaçantes. Cependant, elles ne sont pas vraiment problématiques, la saga restant, dans ses grandes lignes, globalement accessibles avec un minimum de connaissances de l’univers cosmique de la Maison des Idées. Bien sûr, Panini reste fidèle à ses habitudes en proposant, au niveau éditorial, le strict minimum : aucune contextualisation du récit, aucun texte explicatif et pour une unique bonus quelques couvertures reproduites en fin de volume. N’est pas Urban qui veut.

On peut chipoter en arguant (avec raison) qu’ANNIHILATION CONQUEST constitue, finalement, une simple redite moins inspirée d’ANNIHILATION (aucune des séries n’arrivent à égaler celles de ce titre phare du renouveau Marvel) mais, à tout prendre, on passe malgré tout un agréable moment avec cette vaste épopée alliant space-opéra, fantasy, science-fiction et super héros.

ANNIHILATION CONQUEST (tomes 1 & 2) de Dan Abnett et Andy Lanning

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics

Repost0

Publié le 11 Août 2017

ANNIHILATION (Au commencement + Les Hérauts de Galactus) de Keith Giffen

Grand crossover ayant relancé le versant « cosmique » (bien mal en point) de Marvel au cours de l’année 2006, ANNIHILATION a été (plusieurs fois) republié par Panini en deux gros volumes bien épais. L’événement débute en effet par un prologue centré sur Drax le Destructeur avant de se prolonger par quatre mini-séries de quatre épisodes chacune consacrées aux principaux personnages du récit (Nova, Silver Surfer, Ronan l’accusateur et le Super Skrull). La saga principale, « Annihilation », se découpe ensuite en six épisodes, ce qui nous donne une intrigue épique et riche :

Annihilus envoie, depuis la Zone Négative, une armée de vaisseaux de combats surnommé la Vague d’Annihilation. De nombreuses planètes sont dévastées, notamment Xandar, berceau de la force de maintien de l’ordre galactique du Nova Corps. Ces « flics de l’espace » sont anéantis, laissant pour seuls survivants le terrien Richard Rider accompagné de Drax le Destructeur et la jeune terrienne combative Cammi. Après cette entrée en matière prometteuse, la saga se consacre à ses quatre principaux protagonistes.

Nous commençons avec Nova, alias Richard Rider, dernier survivant du corps spatial Nova Corps, qui reçoit dans son esprit toute la puissance cosmique et les souvenirs des Xandariens avant de devenir Nova Prime. Avec l’aide de Drax et Cammi, Richard parcourt l’espace, bientôt rejoint par Quasar, et défend ceux qui fuient devant la Vague d’Annihilation. Voici une grande aventure épique, un space opera au scénario intéressant et aux dessins très réussis. Bref, du tout bon pour entamer la série.

La suite, consacrée au Silver Surfer, s’avère tout aussi efficace et suit les aventures de notre magnifique héros (graphiquement, le Surfer a toujours été une réussite exceptionnelle d’une grande pureté et il est ici superbement mis en valeur) associés à d’autres anciens hérauts de Galactus comme Firelord. Nous assistons également à la mort d’Air-Walker et à la capture de Terrax et de Morg. Le Surfer va devoir retrouver son ancien statut afin de protéger le Dévoreur de Mondes, remplaçant même Stardust tandis que Firelord mène le combat contre la Vague d’Annhilation. Pendant ce temps Thanos, le Titan fou, s’allie avec Annihilus. Encore une belle réussite pour ce grand affrontement spatial plein d’énergie mais également de passages plus intimistes efficaces. Le tout est servi par un dessin de grande qualité qui rend la lecture de cette mini -série très attrayante.

La suite (qui conclut le premier recueil) présente Ronan l’Accusateur, un personnage assez peu connu (du moins à l’époque puisqu’il fait aujourd’hui partie du Marvel Cinematographic Universe et apparait dans « Les Gardiens de la Galaxie »). Ces quatre épisodes sont en-deçà du reste de la saga, que ce soit au niveau du scénario (un peu confus) et du dessin (avec un rendu pas très plaisant entre le cartoon et le manga). Si ce n’est pas désagréable, on éprouve quelques peines à s’intéresser au sort de Ronan, à son tour accusé à tort et en fuite afin d’échapper aux Krees. Il compte sur Tana Nile pour prouver son innocence mais celle-ci meurt dans un combat contre la Vague d’Annihilation…Ronan doit alors sauver l’empire Kree sans pouvoir prouver son innocence.

 

ANNIHILATION (Au commencement + Les Hérauts de Galactus) de Keith Giffen

Le second recueil s’ouvre sur la mini-série consacrée au Super-Skrull, personnage assez travaillé et joliment caractérisé. Jadis transformé par les savants de l’empire Skrull afin d’acquérir les pouvoirs combinés des Fantastiques, le fameux héros Kl’rt, alias le Super-Skrull, tente de sauver son fils, lequel vit sur une planète menacée par la Vague d’Annihilation. Aidé par un gamin Skrull, R’Kin, le Super-Skrull tente de neutraliser un immense vaisseau capable d’anéantir des planètes entières… Si les dessins, une fois encore d’inspiration cartoons et pas toujours très soignés, gâchent le plaisir de lecture, cette intrigue donnant, pour une fois, la vedette à un super-vilain se révèle bien écrite et riche en rebondissements dont certains franchement inattendus. En plaçant en tête d’affiche du récit un criminel galactique comme le Super-Skrull, la série évite le manichéisme et peut proposer des passages plus violents et cruels que de coutume, notamment lorsque notre « héros », trahi, se venge. De la belle ouvrage avant d’entamer le plat de résistance, à savoir les six chapitres de la mini-série « Annihilation » proprement dite.

Nous sommes 205 jours après le début des hostilités et Richard Rider mène la résistance contre la Vague d’Annihilation en rassemblant ses forces composées de Peter Quill, l’ancien Star-Lord des Gardiens de la Galaxie, Drax, Ronan et Gamora, aidé par les anciens hérauts de Galactus à savoir Firelord, Red Shift, et Stardust. Annihilus, après avoir capturé Galactus et le Surfer, se lance sur la piste des autres hérauts du Dévoreur de Monde afin de s’emparer du Pouvoir cosmique. Le reste de l’histoire va montrer les différents jeux d’alliances entre les forces en présence et fera intervenir de nombreux personnages comme Moondragon et Phyla-Vell. Une belle mini-série, au souffle épique indéniable, que retranscrit un découpage très cinématographique et en version scope puisque les planches sont souvent constituées de cinq cases horizontales, lesquelles donnent l’ampleur nécessaire à un récit entrecoupé de pleines pages effectives, notamment lors des nombreuses mises à mort.

Pour conclure cet important event, le second volume se termine avec la mini-série Les Hérauts de Galactus, intéressante pour connaitre la destinée de ces personnages mais dans l’ensemble assez anecdotique.

ANNIHILATION (Au commencement + Les Hérauts de Galactus) de Keith Giffen

Pour les amateurs de grande saga cosmique avec des super-héros aux pouvoirs incommensurables dont les actes entrainent, forcément, des destructions gigantesques (on parle ici de systèmes planétaires entiers anéantis), ANNIHILATION demeure, dix ans après sa sortie, la manière idéale d’aborder le versant spatial de l’univers Marvel. La réussite, commerciale et critique, de la série entraina une séquelle (ANNIHILATION CONQUEST), une nouvelle saga consacrée à Nova et une incarnation modernisée des Gardiens de la Galaxie sur laquelle se base les long-métrages cinéma.

Une belle réussite en dépit de ses scories (des intrigues secondaires évidemment inégales, un dessin pas toujours approprié et, fatalement, quelques longueurs puisque le récit approche, dans sa globalité, les 600 pages).

ANNIHILATION (Au commencement + Les Hérauts de Galactus) de Keith Giffen

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Marvel Comics, #science-fiction

Repost0

Publié le 3 Juillet 2017

UNIVERSE X d'Alex Ross, Jim Krueger et Doug Braithwaite.

Après le succès de l’excellent KINGDOM COME pour DC Comics, Alex Ross imagine, en 1997, le futur forcément dystopique de l’univers Marvel, un monde dans lequel tous les individus, affectés par les brumes terratogènes libérées par Flèche Noire et les Inhumains, ont acquis des super pouvoirs. Pour réaliser cela, Flèche Noir a rendu aveugle Uatu, le Gardien de la Terre, et ce-dernier se voit forcé de choisir comme remplacement le robot vivant X 51, alias Machine Man.

Que deviennent les autres personnages bien connus ? Captain America quitte les Avengers, Spiderman prend sa retraite, Namor tue la Torche, Susan Richards meurt en compagnie du Dr Fatalis. Reed, pour sa part, s’exile en Latverie où il prend la place laissée vacante par son ennemi.

L’Homme Absorbant, le plus dangereux super vilain de cet univers, est détruit par la Vision tandis que Galactus arrive sur Terre pour dévorer un œuf implanté par les Célestes au cœur de la planète. Il est finalement révélé que Galactus n’est autre que Franklin Richards…

L’intrigue d’UNIVERSE X peut débuter, alors que des perturbations climatiques sans précédents ont tués des millions de personnes. Une secte d’adeptes fanatiques de l’Homme Absorbant rassemble également les membres épars du criminel décédé afin de le ramener à la vie et de détruire les torches créées par Richards afin de débarrasser l’atmosphère des brumes terratogènes et rendre leur humanité aux peuples de la Terre. Mais le veulent-ils ? Pendant ce temps Mar-Vell (autrement dit Captain Marvel) se réincarne sous la forme d’un enfant sur lequel veille un Captain America désabusé.

Bien que la trilogie EARTH X / UNIVERSE X / PARADISE X ait été, au départ, envisagé comme le futur « officiel » de l’univers Marvel, les révélations successives sur la destinée des principaux personnages ont conduit à ce qu’elle soit rétroactivement retirée de la continuité. La saga doit donc s’envisager comme une histoire alternative, un présent possible mais différent, similaire aux Elsewhere de la Distinguée Concurrence.

UNIVERSE X s’étend donc sur plus de 700 pages bien tassées, assez pauvres en action puisque largement consacrées aux dialogues entre le Gardien et Machine Man, ce qui donne un récit très bavard voulu philosophique, adulte et intelligent. Malheureusement, l’impression dominante reste souvent l’ennui devant ces dizaines de pages de développement parfois abscons agrémentés d’appendices littéraires (deux ou trois pages de textes concluent chaque chapitres, censés clarifier le récit, elles le rendent en réalité encore moins compréhensible). L’intrigue reste nébuleuse, confuse, brouillonne. Elle se veut ambitieuse, brasse des dizaines de héros (certains connus d’autres complètement obscurs), les réinvente dans des versions altérées (Thor est devenu une femme suite aux manipulations de Loki, Hulk et Bruce Banner sont dissociés, la fille de Peter Parker a fusionné avec Venom), se déplace de notre monde à un au-delà très guerrier où s’affrontent héros et vilains, imagine des réalités alternatives dans lesquelles Franklin Richards est Galactus et où Mephisto (le Diable ?) a transformé Kurt Wagner en Belasco.

Tout cela démontre un réel foisonnement imaginatif, parfois mégalomane dans sa volonté d’offrir une vision définitive de l’univers Marvel futur, mais n’évite pas un côté hautement rébarbatif pour ne pas dire indigeste sur la longueur. Il est difficile de se passionner pour cette intrigue trop vaste et trop embrouillée pour ne pas en décrocher lorsqu’on se rend compte que les auteurs ne vont nulle part. A moins d’avoir une connaissance encyclopédique de l’univers Marvel cette suite de vignettes d’un intérêt très variable semblera donc peu engageante quoique certaines surnagent, notamment celle consacré à un Magneto privé de ses pouvoirs et asservi par le Crapaud. Les dessins (sans égaler ceux d’Alex Ross qui se charge uniquement des couvertures, de quelques illustrations et de l’idée de base) s’avèrent très corrects et évitent le rejet total de cette vaste épopée plus prometteuse sur le papier que concluante dans sa réalisation.

Que l’on aime ou pas UNIVERSE X nous sommes forcé d’admettre que la série, par sa démesure, son ambition et son écriture très littéraire, tranche avec le tout venant du comic super héroïque et s’impose comme une date importante de la bande dessinée américaine. Les enthousiastes parleront sans doute d’une œuvre foisonnante, les déçus d’un gros foutoir et d’une accumulation de bonnes idées mal exploitées. Décevant mais pas inintéressant, au final, même si, pour être honnête, se taper les 700 pages quasi d’une traite n’est sans doute pas une bonne idée, le tout étant, il faut l’avouer, assez imbuvable.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Uchronie, #Alex Ross, #Marvel Comics

Repost0