splatterpunk

Publié le 3 Mai 2023

DOTTIE FOR YOU - FEELING DOTTIE de Regina Watts

Après le moyennement convaincant (car trop référentiel) BABYSITTER BLOODBATH, deuxième lecture d'un Regina Watts, autrice spécialisée dans l'horreur et l'érotisme. Ici, Watts combine les deux avec une novella d'horrotica: Harold, un riche quinquagénaire, éprouve beaucoup de difficultés à aborder les femmes. Il se détend donc sur des sites web et à des fantasmes liés au Dolcett, autrement dit la gynophagie et le cannibalisme durant l'acte sexuel. Or, Harold découvre que sa secrétaire, la forcément ultra séduisante Dottie, partage les mêmes penchants. Mais le couple peut-il durer? Oui, car Dottie cache un secret qui permet de renouveler les plaisirs et fait basculer cette intrigue dans le fantastique…
Premier volet d'une saga constituée de longues nouvelles consacrées à Dottie, ce FEELING DOTTIE se montre plaisant avec son côté outrancier et franc du collier. Evidemment peu crédible, le récit se repose sur un twist final plutôt bien vu et surprenant qui annonce la suite et devrait permettre davantage de développement.

Ce premier tome, décrit comme "la rencontre sous acide de 50 nuances de Grey avec American psycho" constitue une lecture divertissante, un mélange de romance tordue, de sexe déjanté (les scènes érotiques occupent l'essentiel du récit) et de fantastique, dans l'attente des développements plus pervers et gore annoncé par la conclusion (provisoire) de cette histoire bien vicieuse.

Avec ses personnages bien cinglés, son humour noir effectif et ses passages de cul enthousiastes, FEELING DOTTIE donne envie de lire la suite pour découvrir comment tout ça va se combiner. Regina Watts s'éloigne ici des récits simplement érotiques pour proposer quelque chose de plus bizarre et nauséeux dans sa fantasmatique. Bref, à découvrir pour les curieux. 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Horreur, #Splatterpunk

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Publié le 27 Avril 2023

LOCH NESS de Matt Shaw

Le grand spécialiste du splatterpunk nous offre cette fois quelque chose de différent : un court roman basé sur la légende du Loch Ness. En dépit d’une pagination restreinte, Matt Shaw élabore un récit imbriqué et bien ficelé dans lequel nous suivons un auteur à la dérive parti se ressourcer aux abords du Loch Ness pour rédiger un roman au sujet du fameux monstre.

L’auteur plonge donc dans l’imaginaire du romancier et propose un bouquin façon « poupée russe » puisque de larges portions de l’intrigue sont, en réalité, des extraits du livre écrit par le héros. Quelque peu déstabilisant de prime abord, le procédé se révèle toutefois bien pensé et donne une réelle originalité à ce qui aurait pu être un « creature feature » supplémentaire.

L’écrivain donne également quelques informations factuelles sur la légende et examine l’impact du Covid sur l’industrie touristique écossaise qui, en 2022, peine encore à remonter la pente entre les annulations en cascade des candidats vacanciers.

LOCH NESS est bien une histoire de monstres mais le romancier y apporte un twist bienvenu non dénué de second degré. Pas complètement original et même un brin prévisible, le retournement final demeure agréable et bien mené, rendant la lecture plaisante. Certains reprochèrent au bouquin de ne pas se conformer aux clichés attendus… un faux débat : Matt Shaw surprend et emmène le lecteur dans une direction différente mais, au final, satisfaisante. Le roman se montre également nettement plus timoré que la majorité de la production de l’auteur : peu de sexe et de gore, l’important, ici, étant le développement du récit et la caractérisation, certes brèves mais réussie, du principal protagoniste. Une bonne surprise !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Splatterpunk

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Publié le 23 Avril 2023

BABYSITTER BLOODBATH de Regina Watts

Autrice influencée par le Marquis de Sade et bien d'autres, Regina Watts œuvre dans l'horreur et surtout l'érotisme avec des œuvres explicites tournant autour de perversions diverses, de fantasmes de harem, de viols, etc. Elles proposent aussi des séries inspirés par les mangas Yuri (lesbiens) situés dans des écoles de jeunes filles dévergondées et une saga de Fantasy décrite comme du "Donjons & Dragons porno". Bref, un soucis de ruer dans les brancards et de pourfendre les tabous appréciables.

Premier volet d'une série génériquement dénommée "VHS Terror" (miam!), voici un hommage respectueux (trop sans doute) à "Halloween" agrémenté d'une touche de "Terreur sur la ligne" et d'une pincée de "Black Christmas". Le roman constitue en réalité la novélisation d'un jeu vidéo homonyme édité par Puppet Combo, un petit éditeur spécialisé dans l'horreur.

En 1960, Neklaus Burr (yep!) devient fou et assassine toute sa famille, dévorant même son enfant. 20 ans plus tard, enfermé à l'asile Monroe, notre dingue s'échappe et entame un périple pour retourner vers sa ville natale. Or, dans sa propriété, à présent occupée par le couple Johnson, Sarah est chargée de garder le jeune Billy.

BABYSITTER BLOODBATH est une petit bouquin agréable mais qui hélas ne s'élève jamais au-dessus de l'hommage servile. L'intrigue reprend largement celle de "Halloween", sans se soucier de crédibilité. Le redoutable Neklaus Burr devient fou sans raison et, malgré deux décennies dans un asile, en sort plus balèze que Rambo et Chuck Norris réunit. Il avance vers sa ville natale et fait couler énormément de sang, battant même un militaire surentrainé. Comment est-il passé de tueur dérangé à machine à tuer quasiment invulnérable? Mystère.  

L'écriture est rudimentaire, les personnages hâtivement brossés, le déroulement attendu et Watts se soucie surtout de contenter les fans de brutalités sanglantes. Son bouquin s'apparente, dès lors, à un remake du John Carpenter à la manière de Rob Zombie ou du récent "Halloween Kills".

Bref, pas beaucoup de subtilités ni d'originalité (en même temps le titre annonçait la couleur) mais, dans l'ensemble, le divertissement est rempli et les 220 pages se lisent avec un certain plaisir. Certes, on eut aimé quelques idées novatrices ou l'un ou l'autre retournements de situations mais on devra se contenter d'un démarquage plus appliqué qu'inspiré. Néanmoins, pris pour ce qu'il est (un hommage pur et simple un peu "facile") BABYSITTER BLOODBATH demeure plaisant et permet 3 heures de détente sans prise de tête.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Gore, #slasher, #Splatterpunk

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Publié le 4 Avril 2023

KILL FOR SATAN de Bryan Smith

Halloween approche et, dans une petite ville américaine typique, les festivités se préparent avec, notamment, le marathon annuel de l'horreur présenté par le Comte Victor Von Gravemore. Malheureusement, la période de l'année est également propice à une grande fête satanique. Cette année, Satan demande à ses servants de tuer un maximum de vierges. Toutes les personnes en âge d'avoir des relations sexuelles mais encore pures émettent un halo lumineux visibles par les satanistes. Dès lors, la chasse commence…

Bryan Smith, un des auteurs de splatterpunk les plus prolifiques, ne perd guère de temps en considérations ou en développement de ses personnages. Il prend toutefois le soin de caractériser un minimum deux couples mal assortis. D'un côté Micah, jeune homme récemment converti au satanisme et totalement sous l'influence de la très sexy Sindie, de l'autre Seth et Caitlin, forcés d'assister aux réunions hebdomadaire de la Ligue pour l'abstinence. Forcément, les choses vont mal se passer entre les deux oies blanches et les satanistes armés de machettes.

KILL FOR SATAN ne prétend pas être de la grande littérature ni révolutionner l'horreur. L'intrigue, basique, se développe sur 150 pages en chapitres courts qui s'enchainent sans temps mort. L'auteur se soucie surtout de multiplier les scènes de carnages, bien gore mais sans tomber dans les descriptions chirurgicales vomitives. Le sexe, également, occupe une large portion de ce court roman. On peut même affirmer que si on devait expurger KILL FOR SATAN de tous ses passages gore ou porno il ne resterait plus qu'une dizaine de pages bien ternes.

Si on peut regretter une certaine précipitation (les personnages sont plus intéressants que de coutume et auraient mérités un peu de développement), l'humour se montre bien présent et le roman verse pratiquement dans la parodie avec ses références assumées et son côté loufoque, jusqu'au final légèrement attendu.

En renversant les conventions du slasher (ici seuls les vierges succombent), Brian Smith apporte une certaine fraicheur à un récit convenu mais plaisant. Pourquoi lire KILL FOR SATAN? Pour des scènes de cul et de boucherie quasiment non stop saupoudrées d'un humour bienvenu. En attendre davantage serait illusoire mais le contrat est rempli et le livre se lit avec plaisir et sans ennui.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Splatterpunk, #Gore, #Erotique, #Horreur

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Publié le 29 Mars 2023

NAZI GUT MUNCHERS de Harrison Phillips

Harrison Phillips est un des nombreux auteurs spécialisés dans la novella splatterpunk / extrême. Fort actif l'Anglais délivre régulièrement des titres incitatifs comme WHORES OF SATAN, SHOTGUN NUN ou VALLEY OF THE CANNIBALS. Ici il s'attaque de manière frontale à la Naziexploitation en situant son intrigue dans un camp de prisonniers en Pologne, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Le commandant imagine de nombreux moyens de supprimer les détenus mais n'y aurait-il pas moyen d'utiliser tous ces Juifs assassinés? Et pourquoi ne pas les cuisiner pour les dignitaires du parti? Tout se déroule pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce qu'un rabbin pas content fasse appel à un Golem violeur pour venger l'extermination de son peuple.

Avec NAZI GUT MUNCHERS, Philips propose un bouquin plutôt porté sur l'humour, avec un côté Tarantino sous acide lors du final. Bien évidemment, l'humour déployé n'est pas vraiment politiquement correct et les lecteurs aisément offensés peuvent passer leur chemin (on ne les retient pas!). Les répliques sont souvent drôle ("je pensais qu'un Juif aurait un goût de rat mais finalement c'est très bon, on dirait du porc") et le réalisme relatif des premières scènes s'efface avec l'intervention d'Hitler et du Golem. Le Führer finit d'ailleurs (attention spoiler!) sodomisé à mort et étouffer par le foutre du Golem. N'est-ce pas rigolo?

Malgré l'humour, l'auteur ne lésine pas sur les ingrédients indispensables d'un roman splatterpunk divertissant: tortures, cannibalisme, viols collectifs, démembrements et descriptions longues et chirurgicales de scènes vomitives.

Si le tout reste linéaire, NAZI GUT MUNCHERS remplit son contrat: du cul, du gore, de l'humour. Une sorte de relecture du célèbre "Ilsa louve des SS" par le Tarantino des "Inglorious basterds' avec des scènes inspirées par les métrages les plus excessifs du bis italien, "La dernière orgie du troisième Reich" et "Holocauste Nazi" en tête.

Avec sa pagination réduite à 130 pages, le tout ne laisse guère le temps de s'ennuyer et offre au lecteur deux heures de fun donc pourquoi s'en priver? Pour les facilement offensés, "sensitive readers", "woke" et autre trous du cul je vous livre en prime la version expurgée de tout contenu choquant:

"Pologne, 1945….Fin"

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Splatterpunk

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Publié le 23 Mai 2022

LIKE PORNO FOR PSYCHOS de Wrath James White

Le titre annonce la couleur sans ambiguïté, on plonge encore une fois dans les eaux fangeuses du splatterpunk le plus gouleyant, dans la barbaque dégoulinante et l’extrême porn-horror la plus crade. Heureusement, l’auteur n’en oublie pas moins de raconter des histoires, créant des nouvelles certes dégueulasses (c’est le but premier !) mais efficaces.

Dans la première (« Like Peyote For Pimps ») un souteneur voit son cheptel décimé par un tueur monstrueux qui s’en prend aux putes et conçoit l’expression « bouffer la chatte » au sens propre.

Belle réussite aussi pour ce récit concernant une jeune Nigériane excisée par sa mère puis violée dans une ruelle avant d’être rejetée par sa famille qui l’accuse d’avoir porté des vêtements trop sexy. Devenue prostituée elle croise la route de son violeur et en appelle aux anciennes divinités africaines pour se venger. Prévisible mais bien mené avec un personnage principal joliment brossé dans les limites de ce genre de récit très porté sur le sexe et le sang.

Autre point fort pour son délire porno-gore zoophile, « Feeding Time » ne lésine pas sur l’extrême: une jeune femme sexuellement frustrée par son mari (un homo qui l’a épousé pour faire plaisir à ses riches parents) se rend régulièrement au zoo pour fantasmer sur les lions. Elle s’imagine défoncée par les fauves et, faute de mieux, se masturbe devant la cage lorsque les félins sont nourris. Repérée par le gardien du zoo, elle entame une relation avec lui tout en regardant les lions se battre pour leur nourriture. Un jour, ivre de rage, elle blesse son mari et emmène son corps au Jardin zoologique. Tandis qu’elle se fait besogner par son amant, la jeune femme observe les fauves dévorer vivant l’infortuné mari. Mais le twist final lui permettra de satisfaire son fantasme et de sucer un des félins pendant que celui-ci la mange toute crue. Sans doute la nouvelle la plus délirante et originale du recueil, un vrai concentré de porno et de gore non-stop! Comme on dit, pas pour les fragiles, il n’y aurait pas assez de « trigger warning » pour les dissuader de poursuivre la lecture.

D’autres nouvelles sont moins réussies où recourent à des intrigues déjà lues et relues dans le splatterpunk, notamment ce type poussé à bout qui tue son épouse, viole son cadavre par tous les orifices puis finit dévoré par des créatures surgies de l’intimité de la défunte. Tomber amoureux d’une sorcière n’est pas toujours recommandé et tel est pris qui croyait prendre. Du E.C. Comics porno gore trop classique pour susciter l’enthousiasme mais agréable à lire.

Avec ses hauts et ses bas, LIKE PORNO FOR PSYCHO atteint son but : c’est sanglant, déjanté, porno, trash à souhait et cradingue mais les récits restent bien construits et l’humour, certes très noir, en rend la lecture digeste. Dans un genre qui, trop souvent, ne compte que sur la surenchère pour emporter l’adhésion, une petite réussite appréciable.

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Publié le 22 Mars 2022

MORTE SAISON de Jack Ketchum

Ce roman fut d’abord publié dans la collection « Gore » dans une version largement raccourcie, passant de 280 pages aux 150 permettant de tenir dans le format de la collection. Alors titré SAISON DE MORT, le bouquin est ensuite réédité dans sa version intégrale, celle qui lui avait valu de sévères critiques au début des années ’80. Jack Ketchum, fer de lance du mouvement splatterpunk, y allait trop loin selon l’opinion des gens de bon goût. Son crime ? Avoir transposé un fait divers du XVIème siècle pour aboutir à une sorte de décalque rentre-dedans de « La colline a des yeux » mâtiné de « Massacre à la tronçonneuse ». Soit la déclinaison littéraire des « survivals » si populaires dans les années ’70 (« Survivance », « The Final Terror », « Rituals » et, bien sûr, le plus réputé et respectable « Délivrance »). Ketchum présente donc six copains s’en allant passer un week-end tranquille dans le Maine. Une fois sur place, ils tombent aux mains d’un clan de dégénérés cannibales qui entend bien les utiliser à bon escient : les femmes à la reproduction et les hommes au barbecue.

Avec MORTE SAISON, Ketchum offre un récit très classique, très gore et très cul, cependant moins malsain que son UNE FILLE COMME LES AUTRES. A l’horreur psychologique de ce-dernier, il substitue de nombreuses descriptions vomitives et une réelle sauvagerie. « Le cauchemar ne s’arrête jamais » pourrait constituer le sous-titre d’un roman qui, après une entrée en matière un brin longuette, opte dans sa seconde partie pour une accumulation de passages gore qui laisse peu de répit au lecteur. Assez linéaire, l’intrigue voit les assiégés d’abord attaqués de toutes part finirent par réagir et contre-attaquer de manière également primitive : huile bouillante, couteaux et autres armes improvisés jusqu’au final plutôt déprimant.

Bouquin d’horreur archétypal, MORTE SAISON peut quelque peu décevoir par rapport à sa réputation (surtout que ce genre de survival a été exploité jusqu’à la corde tant au cinéma qu’en littérature) mais reste un jalon important du gore et sa lecture demeure vivement conseillée pour parfaire sa culture.

MORTE SAISON de Jack Ketchum

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Splatterpunk

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Publié le 20 Mars 2022

THE PIG d'Edward Lee

Quasiment inventeur de l’horreur hardcore, du splatterpunk et du pornogore, Edward Lee livre régulièrement des petits bouquins très méchants qui bousculent joyeusement les tabous. Contrairement à la plupart de ses collègues, Lee possède surtout un sens de l’humour certes tordu mais appréciable. Et une imagination suffisante pour élever ses romans au-delà du simple étalage de boucherie sexuelle. Alors, évidemment, nous sommes très loin de l’horreur « grand public » jadis publiée dans des collections de prestige comme « Terreur » ou « J’ai lu Epouvante ». Edward Lee aurait davantage eu sa place chez Gore…quoiqu’il ne soit même pas certain qu’il aurait été accepté là-bas !

THE PIG est pourtant souvent drôle (mais si !) à la manière d’un film des frères Coen. Si ces derniers, après « Fargo », avait décidé de se tourner vers le porno et l’horreur extrême nous aurions eu un métrage proche de THE PIG. Car l’écrivain nous présente une série de personnages sacrément déjantés embarqués dans une intrigue complètement horrible mais aussi loufoque.

Nous sommes dans la seconde moitié des années ’70 avec la « bande son » et les références obligées au punk. Le naïf Leonard désire percer dans la mise en scène. Son rêve ? Réaliser un grand film, quelque part « entre Bergman et Polanski avec un peu d’Hitchcock et de Fulci ». Un bon programme. Mais, suite à diverses péripéties tragi-comiques, le pauvre prend de nombreuses mauvaises décisions, passe 18 mois en prison (avec intermède sodomie inévitable) et se retrouve incapable de rembourser une grosse somme d’argent à la mafia. Comme Leonard est doué avec une caméra, le Parrain éponge sa dette à la condition qu’il tourne des films pour lui. Et voilà Leonard plongé dans le monde du porno underground : golden shower, scatologie, déformations sexuelles et toute une série d’animaux. Car la spécialité de Leonard est la zoophilie. Leonard accueille ainsi les « stars » de sa dernière production : deux junkies à la dérive et un énorme cochon. Or, ce dernier a été volé à une secte religieuse. Et il est maudit. Ce qui avait mal commencé ne peut donc qu’encore plus mal se terminer…

THE PIG s’affirme comme un bel exemple de la « méthode » d’Edward Lee : il ne cherche pas à effrayer, simplement à provoquer une réaction viscérale qui oscille entre la répulsion et le rire. Bien sûr, son humour est sacrément malsain et ce court roman (une centaine de pages) franchit joyeusement toutes les limites avec un barrage continuel de viols, tortures, scènes zoophiles et carnages en tout genre. Le tout de manière très « Grand Guignol » dans ses excès. Le dernier acte vire au fantastique pure avec l’influence du cochon maudit : après avoir été dévoré par le héros le porc de l’angoisse transforme celui-ci en un monstrueux Hulk démoniaque. Si THE PIG sera réservé aux estomacs bien accroché, THE PIG est plutôt fun à condition de suivre l’auteur dans son délire !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Humour, #Erotique, #Splatterpunk

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Publié le 14 Février 2022

FIRENZE ROSSA de David Didelot

Fanéditeur bien connu, David Didelot revient à la collection Karnage dont il avait signé le volume initial (sous le pseudo de Talion), SANCTIONS. Après ce premier méfait très « porno-gore », FIRENZE ROSSA rend, cette fois, hommage à deux des grandes passions de Didelot, le giallo et le Monstre de Florence. L’auteur met ainsi en scène, quoique de manière détournée, le plus célèbre des tueurs en série italiens. Actif pendant une vingtaine d’années, « il mostro » entame sa croisade meurtrière en 1968 en tuant un jeune couple (un crime que certains refusent néanmoins de lui imputer). Huit ans plus tard, il récidive, tuant un autre couple occupé à faire l’amour dans leur voiture. La fille est défigurée par 97 coups de couteau et une branche de vigne enfoncée dans son intimité. Après une longue éclipse, le monstre de Florence revient sur le devant de la scène en juin 1981 : six couples seront tués, de manière similaire, en quelques années. En septembre 1985, « il mostro » disparait. Son identité ne sera jamais révélée.

Le journaliste Mario Spezi (devenu, dans le roman, Mario Brezzi) rédige, en 1983, un livre non fictionnel qui relate cette affaire. Plusieurs films parleront également de l’enquête, de manière beaucoup plus libre : « Il mostro di Firenze », « The killer is still among us », « Hannibal » (adapté du roman de Thomas Harris), etc. Mario Spezi, associé à l’auteur de thriller Douglas Preston, revient sur l’affaire en 2008 avec LE MONSTRE DE FLORENCE. David Didelot, qui a déjà écrit un zine complet sur le sujet, s’en inspire cette fois, mêlant à ce « true crime » son amour du giallo, de l’érotisme et des bandes dessinées pour adultes italiennes (les fumetti). Pour l’amateur, c’est donc un festival de références aux actrices du « cinéma rose » (soft ou hard) comme Lili Carati, Laura Gemser et quelques autres, sans oublier les érotiques de Joe d’Amato, une poignée de giallo (avec même une référence au pire d’entre eux via un titre de journal) en particulier les plus crasseux (« Giallo a Venezia » ou « Play Motel »), la bande dessinée porno, etc.

L’auteur nous invite donc à suivre une enquête bien sanglante qui plonge dans les bas-fonds de Florence, au cœur de la fange, avec clubs libertins, viols sordides, urologie, partouzes, etc. Guère étonnant qu’une sorte d’ange de la vengeance vienne s’incruster dans le paysage pour nettoyer tout ça à coup de scalpels.

Moins extrême que SANCTIONS (mais, cependant, fort sanglant et cul, que l’on se rassure !), ce deuxième roman se montre plus maitrisé avec plusieurs intrigues en parallèles qui, forcément, se rejoignent lors d’un final satisfaisant. L’auteur n’hésite pas à plier la réalité à sa plume pour imaginer un monde où le monstre est démasqué, terminant son récit de manière classique et effective. Un bel hommage au giallo dont nous aurions tort de nous priver !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Gore, #Horreur, #Policier, #Thriller, #Splatterpunk

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Publié le 8 Février 2022

DJINN de Sam West

Sam West est un auteur britannique spécialisé dans le splatterpunk, l’extrême horreur et le porno-gore. Dans DJINN, le romancier nous présente Pam Wilkins, laquelle n’a pas gagné le grand prix au jeu du destin. Grosse, moche, sans ambition, elle se fait battre par son petit copain et nettoie les toilettes pour gagner son misérable salaire. Comme disait Kurt « elle se déteste et veut crever ». Toutefois, un jour, elle découvre une lampe magique. Et qui en sort ? Un génie bien sûr, ou plutôt un djinn, autrement dit un démon oriental qui lui promet tout ce qu’elle désire. Ou presque : il lui accorde six vœux à condition d’accomplir différentes tâches dégradantes. Le djinn lui demande ainsi de boire l’eau croupie des toilettes. Pam accepte. Ce n’est qu’un début, évidemment.

Splatterpunk et porno-gore ne sont pas réputé pour leur finesse et DJINN ne cherche pas à revitaliser le genre ni à se montrer particulièrement original. Le déroulement de l’intrigue se montre ainsi très prévisible et linéaire avec un développement quasi nul. Quoique le personnage principal occupe toutes les scènes, le lecteur n’aura pas beaucoup de précisions la concernant. Elle est juste vénale, détestable et immonde. Si Divine était encore de ce monde elle pourrait jouer son rôle dans une adaptation signée John Waters. Bref, si la première moitié du bouquin reste correcte et propose les passages classiques du genre (viols, tortures, etc.), la suite peine à convaincre. Ainsi, après une partie relativement sobre qui se montre distrayante et relativement bien menée, la suite se vautre dans la surenchère et la scatologie. Quitte à perdre toute crédibilité et à sombrer dans l’excès pour l’excès, l’auteur se fait plaisir et en rajoute dans le trash total. Notre héroïne se fait sauter par un clochard, est « gangbangée » par trois voyous, suce six kikis, boit des litres de sperme et permet à un chien de l’enculer. Pour les habitués de l’extrême, rien de très novateur, juste la routine du porno gore crasseux. Mais les descriptions sont très longues, au point que la narration – plutôt convaincante dans les soixante premières pages – se délie complètement et donne envie de survoler en diagonale l’énième dégueulasserie imaginée par le romancier.

DJINN possédait un certain potentiel et sa thématique, certes traditionnelle, laissant espérer une réelle originalité. Malheureusement le bouquin retombe dans les travers du splatterpunk et l’impression reste mitigée. Censé donner la nausée, le livre suscite surtout l’ennui. Parfois trop c’est juste…trop.

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