gore

Publié le 11 Octobre 2021

LES CONTES INTERDITS: LE PETIT CHAPERON ROUGE de Sonia Alain

Encore une relecture « interdite » du conte du Petit Chaperon Rouge et une intrigue très classique pour une ré-imagination qui, finalement, en manque pas mal (d’imagination !). Nous sommes dans un bouquin classique de la collection, avec ses passages obligés finalement très répétitifs, à savoir des scènes de cul à intervalles réguliers et des moments gore tout aussi systématiques.

Notre Petit chaperon rouge vengeresse se transforme donc en louve pour traquer ceux qui lui ont causé du tort dans sa jeunesse. Elle peut compter sur la magie de sa mère-grand tzigane pour l’aider dans sa mission qui consiste à détruire de l’intérieur, et en usant de sa séduction (ah ! on y vient !) l’organisation criminelle du très méchant Arnaud St-Cyr. Parallèlement, un flic bien sous tous les rapports, l’honnête et obstiné Olivier, tente également de faire tomber St-Cyr. Et c’est parti pour des chapitres courts qui s’enchainent rapidement et de manière linéaire. Le petit plus, cette fois, c’est l’importance (relative) accordée à la magie tzigane et au surnaturel avec présence de fantômes et autres événements paranormaux.

Niveau horreur et sexe, on reste dans la norme de la collection mais sans aller très loin finalement. Du malsain « grand public » pourrait-on dire (LA PETITE SIRENE est plus glauque par exemple), à l’image du VILAIN PETIT CANARD qui cherche à choquer mais sans repousser le lecteur (ou la lectrice ? car on dirait que la collection attire davantage un public féminin). Bref, du frisson un peu frelaté, du dégout un poil calibré.

Ceux (et surtout celles) qui ont connu les grandes heures de la bit-lit (souvenez-vous d’ANITA BLAKE « deuxième époque », de PLEINE LUNE ou de SUCCUBUS BLUES) voici une dizaine d’années seront d’ailleurs en terrain connu avec ce mélange de fantasy urbaine, de lycanthropie, de magie, de (beaucoup) de sexe et de (pas mal) de sang. Dire que c’est complètement mauvais serait injuste mais affirmer que ce petit bouquin vite écrit (en deux mois prévient l’autrice) et vite lu (une grosse soirée mais on peut survoler certains passages sans perdre le fil) est réussi serait foncièrement mensonger. De la littérature pseudo offensante bien banale, qui peut éventuellement détendre le lecteur mais qui ne restera surement pas dans les mémoires. D’ailleurs après un mois j’en ai déjà quasi tout oublié.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Fantastique, #Horreur, #Gore

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Publié le 13 Septembre 2021

ACCURSED de Guy N. Smith

Guy N. Smith, spécialiste des agressions animales, s’attaque ici à la malédiction des pharaons. Un vieux prêtre anglais, ayant ramené deux momies d’Egypte, accompagnées par la maléfique amulette de Seth, les réenterre dans la campagne anglaise. Les années passent. Milieu des années ’80, la peur de l’holocauste nucléaire pousse George Brownlow a construire un abri antiatomique. En creusant, George découvre l’amulette et tombe en son pouvoir…

Si ACCURSED traite de momies et de malédictions égyptiennes, le principal focus reste la famille du principal protagoniste et la manière dont ses membres subissent l’influence maléfique de l’artefact exhumé. Les plaies d’Egypte frappent la région et la folie s’empare de ce petit coin tranquille d’Angleterre, l’intrigue rappelant quelque peu LA COULEUR TOMBEE DU CIEL dans sa manière d’envisager la lente progression du surnaturel. Le contexte de la Guerre Froide et l’escalade de la course à l’armement permet pour sa part de varier les événements. Cette période s’impose d’ailleurs comme un background intéressant, la descente dans la folie de la famille au centre du récit s’opérant en parallèle avec la possible apocalypse nucléaire annoncée.

Bref, Guy N. Smith propose ici un roman agréable, qui débute de manière très traditionnelle pour dévier ensuite vers une épouvante plus moderne et davantage psychologique. Moins outrancier que la majorité de ses romans (on se souvient des excès gore de NIGHT OF THE CRABS ou BATS OUT OF HELL), voici une facette plus mesurée du talent de l’auteur a concocter de petits romans bien emballés qui souffrent certes de faiblesses manifestes (le texte trahit parfois la précipitation d’un auteur peu enclin à se relire et surtout pressé de terminer un récit visant l’efficacité maximale) mais démontrant également son art de torcher de petits page-turners horrifiques efficaces. Plaisant.

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Rédigé par hellrick

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Publié le 25 Août 2021

AMOK de Gilles Bergal

Gilles Bergal nous avait offert, chez Gore, CAMPING SAUVAGE et surtout l’excellent CAUCHEMAR A STATEN ISLAND : entre polar et horreur (et bien qu’écrit avant la sortie du long-métrage), il reprenais la thématique du très chouette film C.H.U.D.

Dans le même esprit, AMOK, initialement prévu chez Gore, se rapproche du cinéma de George A. Romero, influence assumée pour un récit qui rappelle « La nuit des fous vivants » et autre « Zombie ». D’autres films, plus axés séries B (comme « Nightmare at noon » ou « Impulse »), ont explorés un thème similaire : une contamination qui rend rapidement les habitants d’une petite ville fous furieux.

L’auteur, ici, ne perd pas de temps, sans doute contraint par la pagination restreinte exigée par la collection « Gore » à plonger directement dans l’action. Dès la première page ça saigne et ça charcle : le héros, immunisé contre la folie furieuse (l’amok du titre donc), est témoin d’une suite de carnage. En chemin, au fil des pages, il continue d’affronter des cinglés homicides, proches des zombies et prend une jeune femme sous son aile. La conclusion, ironique, verse dans le thriller parano et se permet un clin d’œil quelque peu prévisible mais agréable au final nihiliste de « la nuit des morts vivants ».

Premier « Gore » de l’auteur pour la collection, le roman, annoncé pour une prochaine parution en janvier 1988, ne parut finalement jamais. Juliette Raabe le souhaitait pourtant mais l’arrêt de la collection condamna AMOK a l’oubli pour quelques années.

AMOK frappe donc très fort dès son entame, au risque de ne pas maintenir par la suite (ce qui est sans doute inévitable) cette même énergie. Le bouquin n’en reste pas moins plaisant, avec ses nombreuses scènes d’action sanglante (sans le côté vomitif prisé dans le Gore français façon Necrorian), et cet hommage à George Romero mâtiné d’un peu de Stephen King, d’une bonne louche de Rambo et d’une pincée des romans de gare post-apocalyptique (style « Le survivant » et ces titres alléchants style ENFER CANNIBALE) se lit avec plaisir.

Court et rythmé, AMOK divertit plaisamment et c’est bien là l’essentiel quoique son intrigue soit plus simple et carrée que celle de CAUCHEMARS A STATEN ISLAND ou LA NUIT DES HOMMES LOUPS.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur, #Roman court (novella)

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Publié le 11 Août 2021

LA NUIT DES HOMMES LOUPS de Gilles Bergal

Né en 1954, Gilbert Gallerne est un vieux routier de la littérature populaire : il a signé (du pseudo de Milan) des romans chez Fleuve Noir Anticipation (LE RIRE DU KLONE), de son vrai nom des polars (notamment AU PAYS DES OMBRES, lauréat du prix du Quai des Orfèvres ou LES SALAUDS DU LAC pour le Poulpe),…Sous le nom de Gilles Bergal, il propose CAMPING SAUVAGE et CAUCHEMAR A STATEN ISLAND pour la collection « Gore ». Dans ce dernier, nous faisions connaissance avec Coogan, un enquêteur confronté à des créatures étranges. LA NUIT DES HOMMES LOUPS, hommage aux classiques de la lycanthropie (en particulier à HURLEMENTS, roman également publié chez Gore et adapté par Joe Dante), devait lui-aussi enrichir la collection « Gore » mais celle-ci s’est arrêtée avant sa publication. On le retrouve heureusement près de vingt ans plus tard à la Rivière Blanche.

Le détective Coogan, forcément un peu sur le retour (comme tout bon enquêteur de polar), doit, cette fois, retrouver un enfant disparu apparemment enlevé par son père. Mais l’affaire n’est pas aussi simple. Coogan va se confronter à une secte adepte des sacrifices humains dont les membres sont des…hommes-loups.

Voici un roman enlevé, avec une touche d’humour bienvenue, des personnages bien typés et des scènes énergiques (le recrutement d’un commando de mercenaires pour aller buter du loup-garou semble tout droit sorti d’un actioner des eighties). Le rythme rapide ne laisse guère le temps de souffler et les combats entre les hommes-loups et les hommes de guerre équipés de balles d’argents possèdent un souffle que l’on aimerait voir transposé sur grand écran, à la manière de « Dog Soldiers ».

Au lieu de sombrer dans la surenchère sanglante (souvent un brin stérile) de certains « Gore » (et assimilés comme Maniac, Trash et à présent Karnage), Bergal offre une intrigue efficace et des scènes d’horreur adroitement placées pour relancer une machine parfaitement huilée. Ceux qui ont jadis aimé CAUCHEMAR A STATEN ISLAND seront ravi de pouvoir enfin lire cette seconde aventure de Coogan, d’un niveau équivalent à la précédente. Bonne pioche !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur

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Publié le 18 Mai 2021

GRAND GUIGNOL 36 - 88 de Kurt Steiner

Kurt Steiner, alias André Ruellan…Un poids lourd de l’imaginaire francophone né en 1922 et décédé en 2016. Près d’un siècle au service du fantastique, de la science-fiction, de l’épouvante,…Une carrière débutée en 1953 au Fleuve Noir. Le bonhomme a également été scénariste, par exemple des « Chiens » de Jessua ou du « Seuil du vide » de Jean-François Davy…mais également du « Distrait » de Pierre Richard !

Il publie également un unique « Gore », un hommage au théâtre du Grand Guignol et aux années ’30 situé à Paris. L’intrigue rappelle vaguement « Wizard of Gore » d’Hershell Gordon Lewis, inventeur du gore cinématographique et héritier naturel du théâtre horrifique parisien. Bref, la boucle est bouclée avec ce Gorps, organisateur de pièces de théâtre sanglantes qui se terminent par d’authentiques mises à mort afin de contenter un public de cannibales. Du snuff avant la lettre qui inquiète Sophie, une jeune femme dont une amie à disparu après avoir été sélectionnée pour une tournée au Canada. Or elle n’a jamais embarqué sur le navire transatlantique. Son compagnon, Thierry, enquête tout en voyageant dans l’avenir, jusqu’en 1988…

GRAND GUIGNOL 36-88 constitue une curiosité qui aurait pu figurer dans les collections Angoisse ou Anticipation : Steiner bouscule les genres et les mélange avec un talent de vieux routier de l’imaginaire. La description historique des troubles années ’30 (avec l’accession au pouvoir de Franco et la montée d’Adolph) permet toutefois à l’auteur de réfléchir sur les vertus cathartiques du Grand Guignol, le théâtre permettant à tout un chacun d’évacuer ses pulsions violentes. Mais l’écrivain n’est pas complètement dupe et pointe le caractère répétitif et attendu des spectacles, l’alternance de pièces sanglantes et d’autres purement humoristiques à la façon du Vaudeville.

Quelque peu déstabilisant, le roman glisse peu à peu vers la science-fiction et les « mondes truqués », opérant un virage en forme de boucle temporelle guère explicable mais intéressante et adroitement négociée. Les scènes gore, de leur côté, sont rares et relativement timorées, manifestement elles n’intéressaient guère Steiner, ce qui change (agréablement) d’un Necrorian qui se vautrait dans la barbaque avec un BLOOD SEX utilisant déjà le principe de la mise en abime.

Intéressant par son contexte et sa localisation spatio-temporelle rarement usité dans le domaine du fantastique, ce GRAND GUIGNOL 36-88 constitue donc un bouquin atypique et globalement plaisant, à découvrir pour les curieux qui pensent que le gore francophone se limitait à la boucherie vomitive d’un Necrorian, au sadisme social d’un Corsélien ou à la dégueulasserie comico-porno d’un Vertueil.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur, #Roman de gare, #science-fiction

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Publié le 10 Mai 2021

ACID COP de Zaroff

Deuxième livraison de la collection Karnage, héritée de Gore, après le très extrême SANCTIONS !, cet ACID COP adopte une voie moins rentre-dedans et davantage ludique. Les influences y sont assumées et même avouées dès l’introduction : les vigilantes, les rape and revenge, les films de flics impitoyables,…Entre les bouquins de gare dans le genre de l’EXECUTEUR et le cinéma qui tape fort (« Maniac cop », « The exterminator », « L’Inspecteur Harry », « Un justicier dans la ville », « Robocop » et une pincée de « Toxic Avenger »…) l’auteur adopte une construction façon polar dans sa première partie, dans laquelle un flic, Frank, sans pitié tente de retrouver une bourgeoise kidnappée par une bande de loubards qui se surnomment les Morlocks. Après être tombé dans une embuscade, notre Frank est massacré par les Morlocks et laissé pour mort le visage ravagé par l’acide. A la manière d’un Robocop qui aurait couché avec Maniac Cop, Frank survit et commence sa vengeance à la manière d’un Punisher déchaîné.

En 160 pages, Zaroff tire joyeusement dans le tas et défouraille sur le politiquement correct : ça saigne et ça explose, les scènes d’action étant entrecoupées de passages de cul à la manière des romans de gare d’antan façon SAS ou Brigade Mondaine. Mais ACID COP se sont aussi des punchlines qui fleurent bon les années 80.

Exemple :

« J’aime pas les pédés qui se prennent pour Rocky Balboa » déclare le héros

« Je te pisse à la raie Bruce Lee de mon cul » rétorque son indic’

Le roman ne donne donc pas dans l’humour fin et raffiné, plutôt dans la satire qui patauge dans la tripaille, le foutre et la pisse. Dès lors, ACID COP joue la carte de l’outrance et du délire très cinéma bis : lorsque le flic interroge une secrétaire cela se termine directement à l’horizontale et dans sa croisade purificatrice notre Acid Cop se soucie peu des dégâts collatéraux. Pour un pourri de dézingué deux innocents peuvent bien y passer. Tuez les tous, dieu reconnaitra les siens !

Le bouquin se montre donc divertissant à souhait avec toutes les scènes attendues du lecteur de littérature populaire : scènes érotico-pornos nombreuses, viols à la pelle, tortures et mutilations à profusion et carnage bien sanglant. On s’amuse beaucoup et en particuliers lors d’un dernier tiers qui passe à la vitesse supérieure au niveau massacre puisque notre émule de Paul Kersey s’arme d’un lance-flamme et d’une mitrailleuse lourde afin d’augmenter le body count.

Comme dans toute série B burnée qui se respecte, la fin laisse la porte ouverte à une suite. Nous ne dirions pas non !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Polar, #Roman de gare

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Publié le 26 Avril 2021

CANYON ROUGE de Michel Honaker

Michel Honaker est déjà une valeur sure de l’horreur, de la SF et du fantastique au milieu des années ’80 lorsqu’il publie le premier de ses 2 « Gore ». On lui doit, par exemple, la très brutale saga du Commandeur, des bouquins de gare nerveux, très cul et très gore (du moins dans leur forme originelle puisqu’ils seront réédités dans des versions assagies). Du coup, le lecteur se dit qu’une fois adoubé par la collection Gore Honaker va se lâcher complètement. Surprise, CANYON ROUGE s’avère plutôt timoré : certes il y a quelques passages sanglants et l’une ou l’autre scènes « érotiques » mais, dans l’ensemble, nous sommes loin d’un Houssin ou d’un Necrorian. Pas grave ! Ce que le lecteur perd en potentiel trash, il le gagne au niveau du récit, très réussi, maitrise et bien mené.

Nous sommes à San Isabel, petite communauté brûlée de soleil où les individus, poissés de sueurs, vivotent en espérant, un jour, partir pour la grande ville. Stone Face, le chef indien Zunis, dirige une réserve dans le désert. Son peuple s’est adapté aux Blancs et lui-même ne croit plus en ses dieux, ce qui ne l’empêche pas de déposer, chaque année, des présents aux esprits de la rivière. Or, un flic, Joe McCurdy, n’aime guère les Indiens et décide de dévaster les offrandes laissées aux entités surnaturels, les Kachinas. Ce geste aura de lourdes conséquences…Honaker livre un Gore dominé par l’atmosphère étouffante d’un été caniculaire avec des personnages partagés entre modernité et tradition. Le chef Stone Face a droit, par exemple, a un développement intéressant et devient un protagoniste possédant une réelle épaisseur, loin des clichés. Ce climat donne au roman un côté intéressant, assez peu usité, parfois proche du western moderne. En réalité, avec CANYON ROUGE, Honaker braconne sur les terres d’un Graham Masterton première époque mais réussit un roman fantastique et horrifique de haute volée ponctué de rares mais effectifs scènes sanglantes. La plus réussie reste sans doute l’attaque d’un car de touristes dans la canyon maudit et le viol de la guide par le chauffeur décapité.

Dans son déroulement et ses références à la culture amérindienne, CANYON ROUGE s’avère soigné et, osons le dire, se montre au moins aussi réussi que le célèbre MANITOU de l’Anglais. Un des meilleurs Gore francophone de la collection, sans doute moins novateur que ceux de Corsélien ou moins rentre-dedans que ceux de Houssin mais tout aussi efficace et palpitant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur

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Publié le 1 Avril 2021

L'EFFROI SURGI DES MERS d'Edward Jarvis

Edward Jarvis, quasiment inconnu au bataillon, a proposé deux romans d’agressions animales chez Hamlyn : « pestilence » et « maggots ». Le premier fut traduit chez gore sous le titre L’EFFROI SURGI DES MERS mais ne restera pas dans les classiques de la collection, loin de là. Tout ici, n’est que clichés, à tel point qu’une volonté quasiment parodique semble poindre (un des héros se nomme quand même Kalmar !) dans cette intrigue voyant le monde envahi par des lamproies géantes de plus en plus agressives.

La construction suit la tradition de James Herbert (période LES RATS mais aussi LE SOMBRE ou FOG) déjà reprise de manière encore plus tapageuse par Shaun Hutson (LA MORT VISQUEUSE) ou Guy N. Smith (CRABS, BATS OUT OF HELL, etc.) et la seule originalité réside dans l’utilisation de coupures de journaux pour donner un certain vérisme à l’ensemble. Cela aurait pu marcher (on pense au found footage « The Bay » vraiment bien ficelé tourné 30 ans plus tard) mais ça ne fonctionne que très (trop) rarement.

Le premier tiers du bouquin tente de construire une certaine atmosphère et y parvient par intermittence mais, par la suite, la crédibilité s’étiole de plus en plus et le roman s’écroule comme un château de cartes. Tout devient trop gros et pas seulement les lamproies ! Celles-ci peuvent provoquer quelques frissons lorsqu’elles mesurent 2 ou 3 mètres mais que dire lorsqu’elles atteignent la taille mammouth (c’est le terme employé !) puis le stade « lamproie suprême » (470 mètres !). Bref, pour contrebalancer cette invraisemblance il eut fallu un socle solide. Mais peine perdue : alors que les attaques se multiplient tout le monde continue ses occupations (régates, shopping,…). La femme du héros voyage même de l’Angleterre à Boulogne pour faire ses emplettes…au lieu de ça elle se fait boulotter par une lamproie géante. Du coup notre héros, manifestement chagrin, se console immédiatement entre les fesses d’une demoiselle pour la scène érotique gratuite indispensable à ce genre de livre. Facepalm power !

Et que font les états du monde ? Rien du tout, ils attendent, alors que les survivants fuient de manière désordonnée pour gagner les hauteurs, à croire que chacun se trouve à proximité d’un plan d’eau…L’auteur passe d’un pays à un autre sans transition, aucun personnage ne possède un minimum de personnalité, rarement aura-t-on vu protagonistes plus transparents. Les dialogues, eux aussi, sont affligeants. Oui, ça fait beaucoup !

Le final atteint, de son côté, des sommets : l’armée parvient à se débarrasser de toutes les lamproies sauf une… épargnée suite à une erreur d’estimation (dix pages plus tôt on expliquait pourtant que tout était précis au millimètre). Il reste donc une seule bestiole sur une île et la seule solution, apparemment, consiste à bombarder cette île ce qui la détruit totalement et tue, accessoirement, un bon million de citoyens. Mais tout le monde semble content et satisfait de l’opération. A ce niveau, on peut, il est vrai s’en amuser et considérer cet EFFROI SURGI DES MERS comme une parodie complètement débile du genre…En le prenant ainsi, le lecteur peut éprouver un certain plaisir. Difficile, en outre, de blâmer une traduction tronquée, le bouquin original fait 158 pages et n’a donc aucunement souffert de la transposition aux formats « Gore ». Le lecteur, lui, souffre…le seul refuge reste, celui, facile du second degré. Une porte d’échappatoire pour un bouquin si mauvais qu’il en devient, quelque part, mémorable. On oublie les centaines de livres « moyens » ou « sympas » pour ne retenir que les « excellents » et les « exécrables ». L’EFFROI SURGI DES MERS appartient clairement à la seconde catégorie.

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Rédigé par hellrick

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Publié le 6 Mars 2021

TERREUR RAMPANTE de Peter Tremayne

Né en 1943, l’Anglais Peter Tremayne s’est imposé comme une des valeurs sures du policier historique via sa saga consacrée à sœur Fidelma qu’il débute en 1994 avec Absolution par le meurtre et qui compte à présent 31 volumes ! Mais, précédemment, l’auteur s’était déjà essayé à l’écriture, parfois sous pseudo, avec une trilogie consacrée à Dracula, une demi-douzaine de polars et, surtout, une quinzaine de romans d’horreur aux titres évocateurs (THE CURSE OF LOCH NESS, KISS OF THE COBRA, THE ANTS, TROLLNIGHT) dont seul un fut traduit en français, chez Gore, ce « Morgow rises ! » de 1982 alias TERREUR RAMPANTE.

L’intrigue s’avère tellement classique qu’elle frise l’hommage et même la parodie en se référant aux classiques films de grandes bestioles irradiés des années 50 comme « Des monstres attaquent la ville ». Ici ce sont des vers de mers que les radiations ont rendus gigantesques au point de les voir assimilés au légendaire Morgow, une créature du folklore celte proche du monstre du Loch Ness. Pour les combattre : l’inévitable héros d’à peu près tous les bouquins de ce style dans les années ’80, le romancier solitaire mais séduisant aussi malin que prêt à en découdre façon Rambo avec les animaux géants. Une romance attendue, des dialogues amusants, quelques scènes d’angoisse (mais, au final, peu de réel gore) et un déroulement très linéaire, emballé en 200 pages dans sa version originale et en 150 chez Gore. Autrement dit, peu de place pour le développement des personnages, tous très schématiques, ou des sous-intrigues, le bouquin filant tranquillement vers son climax attendu. A la manière des bouquins de James Herbert qui restent la référence (en particuliers LES RATS), Tremayne aligne les scènes de manière quelque peu disparate, présentant des personnages pour simplement les tuer sous les coups des vers géants. Le tout se lit cependant sans déplaisir : c’est rythmé, efficace, agréable, tranquille (l’horreur reste, au final, « familial » sans les excès immondes d’un Shaun Hutson). L’originalité est proche du néant et le lecteur peut avoir l’impression d’avoir déjà lu cette histoire trop souvent, y compris dans la collection Gore (de VRILLES à LA MORT VISQUEUSE en passant par LA NUIT DES VERS VORACES) mais, dans l’ensemble, le contrat de divertissement est rempli y compris par sa scène finale (au cinéma nous dirons post-générique) pessimiste et prévisible.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Roman de gare

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Publié le 21 Février 2021

SANCTIONS! de Talion

Sous le pseudonyme de Talion se dissimule (très peu) une personnalité bien connue du cinéma et de la littérature « bis » ayant débuté par le fanzine Videotopsie avant de livrer quelques livres de référence comme GORE AUTOPSIE D’UNE COLLECTION ou BRUNO MATTEI – ITINERAIRES BIS. Le bonhomme, que l’on sait férocement critique envers le climat de politiquement correct actuel et de « bien pensance » généralisé a donc tiré profit de son expérience personnelle dans le milieu scolaire (sur lequel il a, également, beaucoup de – mauvaises – choses à dire) pour livrer son premier récit de fiction. Nous suivons ainsi un couple d’enseignants totalement frappés qui ont décidé d’infliger quelques sévères sanctions à une poignée d’élèves récalcitrants et autres petites frappes de cité. Inutile de dire que le lecteur va se délecter à lire les tortures sexuelles innommables (mais pas indescriptibles puisque Talion ne nous épargne aucun détails) vécues par nos adolescents.

Premier bouquin de cette nouvelle collection Karnage (qui succède à Gore et aux plus confidentiels Maniac, Apocalypse ou encore Trash), il était logique de confier ce démarrage à un admirateur inconditionnel de « Gore » et Talion s’est permis toutes les outrances. Le romancier propose un roman pour adultes avertis, au contenu très explicite, qui mélange horreur, gore et pornographie. Il synthétise ainsi les différents sillons jadis labourés par les principaux pourvoyeurs français du gore : le côté sexe et sang (ou BLOOD SEX) de Charles Necrorian, l’aspect plus social véhiculé par Corsélien (on note une référence au chef d’œuvre de ce-dernier, LE BRUIT CRISSANT DU RASOIR SUR LES OS) et une touche d’humour noir rappelant les bouquins plus légers et référentiels d’Eric Vertueil (LES HORREURS DE SOPHIE, SANG FRAIS POUR LE TROYEN, etc.).

En 150 pages bien tassées, Talion dispense un véritable cauchemar de sang et multiplie les meurtres, les mutilations et autres supplices. Sans oublier une suite de scènes carrément pornos qui ne lésinent pas sur le sado-masochisme, l’urologie, la scatologie, etc. Bref, ça charcle, c’est parfois franchement dégueulasse (mais c’est voulu), c’est complètement extrême et traversé de quelques clins d’œil à divers « classiques » du cinéma bis italien (comme le signale un protagoniste on parle beaucoup d’holocauste et de cannibales) comme « Pulsions cannibales », « Holocauste Nazi », « Blue Holocaust », « Cannibal Holocaust », « Porno Holocaust », etc.

Avec ce titre, la collection Karnage débute très fort et on se demande comment les successeurs de Talion pourront faire mieux (ou pire). Pour les nostalgiques de la littérature « de gare » et « de gore » des années ’80, SANCTIONS ! fait figure d’incontournable. Par contre pour ceux qui pensent que l’horreur se limite à Stephen King ou l’érotisme à CINQUANTE NUANCES DE GREY, le choc risque d’être violent ! Un des bouquins les plus « jusqu’au boutiste » publié depuis longtemps, sorte de rencontre entre un AMERICAN PSYCHO et les 120 JOURS DE SODOME qui se déroulerait sur un lit souillé de merde, de foutre et de sang.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Gore, #Horreur, #Roman court (novella), #Karnage, #Splatterpunk

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