science-fiction

Publié le 22 Août 2018

DES LARMES SOUS LA PLUIE de Rosa Montero
DES LARMES SOUS LA PLUIE de Rosa Montero

Bien que le titre provienne d’une des répliques finales de « Blade Runner », DES LARMES SOUS LA PLUIE ne constitue pas une suite du film de Ridley Scott (lui-même adapté du roman de Philip K. Dick). Ce n’est pas non plus un spin of, ni un remake, plutôt un hommage à l’univers créé en 1982. Un monde si plausible que, selon Montero, ce « futur noir » deviendra réalité au début du XXIIème siècle.

Le XXIème siècle a été cauchemardesque…Réchauffement climatique, montée des eaux, guerre civile généralisée, conflits menés par des androïdes puis des robots de combats, famines, fanatisme religieux, etc. Le début du siècle suivant voit une terre quelque peu apaisée, à la population réduite à un milliard. Les hommes vivent entassés dans les régions préservées, l’air est devenu irrespirable un peu partout, certaines sectes se sont exilées dans l’espace à bord de « nouveaux mondes » mais, globalement, la situation s’est améliorée par rapport aux précédentes décennies.

Bruna Husky vit à Madrid. C’est un androïde de combat à la durée de vie limitée à 10 ans, autrement dit une « réplicante ». Les « techno humains », déjà peu aimés, s’attirent la haine de la population par une série d’agressions et d’attentats. Sur la demande de Myriam Chi, présidente du Mouvement Radical Réplicant, Huski enquête sur le sujet. Pendant ce temps un de ses amis archivistes, Yannis, découvre une manipulation généralisée des Archives terrestres afin d’attiser l’hostilité envers les réplicants.

En dépit de quelques clins d’œil à Dick et Asimov, Montero prend soin de construire un monde futuriste parfaitement cohérent dont la richesse se voit détaillée par les très intéressantes pages d’archives qui interrompent régulièrement la narration. Celles-ci décrivent non seulement l’Histoire du XXIème siècle mais aussi les différentes altérations subies par ces archives à des fins de propagande. L’humanité a ainsi traversé les « guerres rep » auxquels ont succédé les « guerres robotiques » tandis que la secte de l’Eglise du Credo Unique fondée par le messie Heriberto Labari, né le 11 septembre 2001, gagne en puissance en poussant à la haine des réplicants.

Il y aurait beaucoup à dire sur DES LARMES SOUS LA PLUIE, de la complexité de l’intrigue à la profondeur des personnages en passant par le mélange, très maitrisé, de drame, de polar et de science-fiction. Certes on peut reprocher quelques longueurs ou des passages plus descriptifs et introspectifs qui ralentissent l’action mais, dans l’ensemble, ce roman fonctionne de fort belle manière. Rosa Montero livre un bel hommage à « Blade Runner » que l’on peut estimer plus original et réussi que les suites littéraires jadis proposées par K.W Jeter. A découvrir en attendant de lire la suite, LE POIDS DU CŒUR.

 

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Thriller, #anticipation, #Polar, #Cyberpunk

Repost0

Publié le 13 Août 2018

LE CHOIX de Paul J. McAuley

Courte novella (environ 80 pages) couronnée en 2012 par le prix Sturgeon, LE CHOIX constitue une œuvre plaisante et d’accès aisé, à la lecture fluide et à la thématique intéressante.

Nous suivons les aventures de deux amis dans un monde dévasté par les changements climatiques, l’augmentation de la température et la montée des eaux. Lucas vit avec sa mère, bloggeuse et activiste écologiste minée par la maladie. Damian, de son côté, vit avec son père, un éleveur de crevettes colérique. Dans ce monde à la dérive, les extraterrestres, pourtant, ont pris contact avec l’humanité. Un de leur vaisseau, surnommé un Dragon, tombe non loin de Norfolk. Lucas et Damian décident de s’y rendre et de remonter le fleuve sur un petit esquif afin de se frotter à la technologie des visiteurs de l’espace.

En peu de pages, Paul J. McAuley injecte une bonne dose de sense of wonder dans un récit dystopique, confrontant l’émerveillement de nos jeunes héros à la technologie extraterrestre mais, aussi, à un monde en pleine déliquescence. Comme le titre l’indique, il s’agit d’une sorte de conte moral dans lequel des individus aux caractères opposés vont devoir prendre des décisions aux conséquences importantes. LE CHOIX constitue donc un récit initiatique et traite, en quelque sorte, du passage à l’âge adulte à la suite d’événements tragiques. Si le propos est différent, le ton empreint de mélancolie rappelle, parfois, le film STAND BY ME, lui-même adapté d’une novella de Stephen King, dans le périple de ces deux jeunes à la rencontre de l’étrange et de leur destinée.

Bien ficelé, très abordable (y compris pour les réfractaires à la SF), LE CHOIX s’impose comme une belle réussite où les relations entre les personnages prédominent. Toutefois, l’auteur ne néglige pas le contexte apocalyptique et la description d’un environnement écologique et sociétal en plein effondrement. Encore un très bon choix effectué par les éditions Le Belial pour leur indispensable collection « Une heure lumière ».

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #anticipation, #Roman court (novella)

Repost0

Publié le 8 Août 2018

MEURTRES A 30 000 KM / S. de Christiphe Lambert

A bord du Space Beagle II voyage une poignée d’astronaute qui ramènent des échantillons de vie extraterrestre. Malheureusement, les caissons d’hibernations sont détruits, condamnant les membres d’équipage à des décennies d’enfermement avant de revenir sur Terre. Une seule personne pourra être cryogénisée et bénéficier, une fois revenue sur notre planète, d’une existence « normale »…Plusieurs accidents mortels suspects se produisent également, amenant la jeune Alexia, 13 ans, à soupçonner qu’un assassin mystérieux s’en prend aux membres du vaisseau. Avec l’aide de son très sophistiqué robot Puck, la jeune fille mène l’enquête.

En mélangeant enquête policière en vase clos et science-fiction, saupoudré d’humour, Christophe Lambert livre un récit « jeunesse » efficace et plaisant. L’écrivain ne renie aucunement ses influences : Alien (ce que démontre les patronymes des protagonistes), LES 10 PETITS NEGRES, le recueil LA FAUNE DE L’ESPACE d’Alfred Van Vogt (où apparait le Space Buggle et qui inspira justement « Alien »), 2001 pour le premier « incident » d’un astronaute dans l’espace, Star Wars (dont les suites – encore virtuelle à l’époque de sa rédaction - seront gentiment égratignées),…Autant de clins d’œil qui amuseront les plus âgés.

Vingt ans plus tard, Christophe Lambert publiera une nouvelle version, plus courte et remaniée, qui en rajoute une couche (ironique) sur Star Wars et Harry Potter. L’auteur en profite également pour remettre au goût du jour ses références aux grands poètes du XXIème siècle : la bien oubliée Géraldine (« Bouge ton attitude efface tes certitudes ») y est remplacée par Maitre Gims (qui, on l’espère, sera tout aussi oublié en 2038).

Comme toujours, Lambert nous offre un divertissement de qualité que peuvent apprécier tant les enfants (à partir de 9 – 10 ans sans doute) que les adultes.

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 7 Août 2018

REMAKE de Connie Willis

Dans un futur proche, à Hollywood, une jeune femme, Alis, rêve de participer à des comédies musicales, à danser et faire des claquettes. Mais les temps ont changés et Hollywood ne produit plus de nouveautés depuis longtemps. On se contente de remakes infographiques. On prend des vieux films, on les digitalise, on les traficote,…Les stars d’antan sont de plus en plus starifiées, Marylin Monroe tourne plein de « nouveaux » films et y donne la réplique à Chaplin, Tom Cruise ou River Phoenix. A condition bien sûr que les avocats des défunts parviennent à s’entendre.

Tom est un de ses spécialistes du remake. Il accepte aussi un boulot bien payé qui consiste à nettoyer toutes ces vieilleries de leur contenus offensants. On coupe les scènes où l’on voit des gens fumer, prendre de la drogue, boire de l’alcool. La pression des groupes de vertu est si forte…Un jour, en visionnant un Fred Astaire datant de 1949, Tom tombe sur Alis. Impossible ? Peut-être pas…

De cette love story classique entre une apprentie actrice et un « censeur virtuel », Connie Willis tire une œuvre très originale et pétrie de références cinématographiques. L’opposition entre la vie dépravée des protagonistes (toujours vautrés dans le sexe, la drogue et l’alcool) et leur boulot de censure (la moindre allusion à ces substances doit être éliminées des films) parait quelque peu excessive mais, au final, l’actualité récente dans le domaine du politiquement correct confère à ce REMAKE (écrit en 1994) une portée prophétique indéniable.

Stars d’antan digitalisée, acteurs virtuels, programmes informatiques, logiciel de montages, effets spéciaux et, bien sûr, copyright (bonjour le pognon !) permettent toutes les innovations et la sortie de nouveaux films qui ne sont, en réalité, que des remakes / relectures modifiés d’anciennes productions complètement oubliées et que plus personne ne regarde. Hollywood applique simplement au média cinéma le principe du sampling musical au point de créer des « œuvres originales » à partir d’éléments épars, collant le visage de la maitresse d’un producteur en vogue sur une comédienne de jadis ou faisant se rencontrer les idoles d’antan pour la plus grande joie des touristes qui viennent ensuite visiter l’usine à rêves.

Lauréate du Locus (dans la catégorie « roman court »), Willis prouve avec cette histoire à la pagination restreinte (200 pages) qu’elle peut livrer de grandes réussites sans s’appesantir sur des centaines de pages (défaut principal de ses titres les plus connus comme SANS PARLER DU CHIEN ou LE GRAND LIVRE).

Une excellente lecture (nominé pour le Hugo) qui combine tous les éléments de la bonne science-fiction : univers spéculatif à la fois différent et très proche du notre, humour, références, intrigue intelligente et conclusion donnant volontiers une coloration merveilleuse (dans le sens du sense of wonder anglo saxon) à une dystopie cyberpunk de haut vol. Chaudement recommandé !

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #anticipation, #Cyberpunk, #Roman court (novella)

Repost0

Publié le 30 Juillet 2018

POUMON VERT de Ian R. MacLeod

Cette novella publiée dans la fameuse collection « Une heure lumière » s’avère assez déstabilisante et difficile d’accès. Finaliste du Hugo et du Prix Sturgeon, lauréat du Prix Asimov, POUMON VERT nous emmène dans un univers à l’indéniable originalité pour suivre la destinée de l’adolescente Jalila et de ses trois mères. La société, en effet, y est entièrement féminine et d’inspiration musulmane. Dans la ville côtière d’Al Janb où s’installe la jeune femme tout semble étrange. Si elle tombe amoureuse (du moins le crois t’elle) de Nayra, une belle demoiselle, Jalila rencontre également deux êtres bizarres…des hommes !

Le récit, long d’environ 120 pages, nous plonge directement dans une ambiance quelque peu féérique, un monde de femmes (et donc, forcément, d’amour féminines) moyen orientale, une sorte d’Orient fantasmé et merveilleux. Nous plongeons ainsi dans un conte des milles et une nuit version futuriste et saphique.

En dépit de son côté un peu ardu, POUMON VERT possède donc ce fameux sense of wonder cher aux auteurs d’antan avec cette découverte d’un univers complètement différent du notre. Malheureusement, Ian McLeod ne s’attarde guère sur certains éléments…ainsi le « poumon vert » qui donne son titre à ce court roman reste mystérieux, de même que l’organisation globale de cette société matriarcale à l’extrême. L’histoire parle aussi de voyages spatiaux rendus possibles par les Tariquas, capable de courber l’espace, mais, une fois encore, ce ne sera qu’aborder par l’auteur.

Ce-dernier utilise une écriture « plus qu’inclusive » puisque le féminin prime sur tout, un homme et une femme sont donc dénommés globalement par un « elles » et non un « ils ». Quelque peu déstabilisant au départ mais après quelques pages, le lecteur ne prend plus attention à cette grammaire particulière qui parait aller de soi.

Cependant, en dépit de ses qualités et de son originalité indéniable, POUMON VERT se montre, au final, très descriptif et peine quelque peu à passionner. Le texte, humaniste et philosophique, avance sur un rythme lent, quasiment dénué d’action, pour proposer une réflexion spirituelle et religieuse intéressante qui, néanmoins, peut laisser les moins réceptifs sur le bord du chemin.

Bref, un titre intéressant mais clivant : POUMON VERT risque de diviser les lecteurs entre les enthousiastes et les réfractaires. Une curiosité.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Roman court (novella)

Repost0

Publié le 27 Juillet 2018

LE NEXUS DU DOCTEUR ERDMANN de Nancy Kress

Nancy Kress (à qui on doit l’excellente trilogie de space opéra dite  des « probabilités ») reçut, en 2009, le prix Hugo dans la catégorie du « roman court » pour ce récit original situé dans une maison de retraite où vivote Henry Erdmann, physicien brillant de 90 ans qui donne encore quelques courts à l’université. Après avoir survécu à une attaque cardiaque le scientifique constate que d’autres pensionnaires, tous très âgés, ont vécu des phénomènes similaires associés à des événements inexplicables. Sa jeune amie et aide-soignante, Carry Vesey, tente d’aider le nonagénaire. Parallèlement, l’ancien compagnon de Carry, devenu agressif, voir menaçant, succombe à une inexplicable (mais providentielle) crise cardiaque. Erdmann soupçonne les patients de la maison de retraite d’avoir développé des pouvoirs psychiques et une sorte de conscience collective. Ils seraient donc responsables de la mort du compagnon de Carry ainsi que du crash d’un avion.

En 150 pages, Nancy Kress mélange divers genres : une louche de science-fiction, une autre de thriller, une bonne dose de drame, une rasade de fantastique, une pincée d’angoisse, pas mal d’humour…Le résultat, étonnant et prenant, repose essentiellement sur la caractérisation soignée des principaux protagonistes, bien typés et attachants en dépit de la brièveté du récit.

Pour les plus bisseux, on retrouve dans LE NEXUS DU DOCTEUR ERDMANN un petit côté « Bubba Ho-tep » avec beaucoup de tendresse pour les personnages rencontrés au fil des pages. On peut également songer au très plaisant « Cocoon ». Si tout ce qui concerne les protagonistes et leurs petits tracas se montre fort réussi, l’aspect science-fictionnel, par contre, semble quelque peu plaqué, en particulier durant les derniers chapitres. Ces-derniers, un peu expédié, auraient gagné à se montrer soit plus mystérieux (quitte à ne pas répondre aux interrogations posées par les cent premières pages) soit plus travaillés et vertigineux. L’auteur ne parait pas avoir pleinement exploré les possibilités de son sujet, du moins dans le domaine purement spéculatif. Mais ce n’était sans doute pas là l’essentiel du propos pour Nancy Kress. En effet, celle-ci, dans son précédent L’UNE REVE ET L’AUTRE PAS, se souciait davantage de son récit « terre à terre » et des relations entre les personnages que des aspects les plus fantastiques de l’intrigue.

Malgré ces légers bémols, LE NEXUS DU DOCTEUR ERDMANN,  lauréat du Hugo dans la catégorie « roman court », s’impose comme une très plaisante lecture pour explorer les côtés les plus « humains » et humaniste de la science-fiction. Encore une belle réussite dans la collection « une heure lumière ».

LE NEXUS DU DOCTEUR ERDMANN de Nancy Kress

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Fantastique, #Roman court (novella)

Repost0

Publié le 5 Juillet 2018

2010 - ODYSSEE 2 d'Arthur C. Clarke

Avec cette suite tardive (près de vingt ans se sont écoulés) au roman (et surtout au film puisque l’auteur se base – étonnamment - sur ce-dernier et non pas sur sa version littéraire légèrement différente et surtout fort occultée), Arthur C. Clarke nous ramène dans les étoiles pour un nouveau contact avec les extra-terrestres.

En 2010, le docteur Heywood Floyd, à bord du vaisseau spatial russe Leonov, file vers Jupiter dans le but de rejoindre le Discovery afin de remettre en état l’ordinateur Hal 9000, responsable de l’échec de la mission précédente. Floyd et ses collègues doivent également étudier un immense artefact alien, réplique gigantesque du fameux monolithe noir découvert sur la lune neuf ans auparavant. Mais un événement cosmique d’une ampleur sans précédent s’apprête à avoir lieu…

Plus classique, plus linéaire et conforme aux attentes des lecteurs férus d’explorations spatiales que le précédent volet, 2010 ODYSSEE 2 se montre également – et logiquement – plus explicatif sur les événements décrits. Au risque, parfois, de se montrer ennuyeux, notamment lors du très descriptif chapitre consacré au retour de l’enfant des étoiles Dave Bowman. Clarke reprend également des théories classiques (celle, par exemple, des « Ingénieurs » venus ensemencer la Terre, idée reprise ensuite dans le film « Prometheus ») et les développe avec une certaine lourdeur.

Le premier roman apparaissait déjà plus explicatif que sa version cinématographique aussi n’était-il sans doute pas nécessaire d’en reprendre de longs passages et d’y ajouter encore une nouvelle couche d’éclaircissements. Le lecteur est ainsi pris par la main, comme si Clarke craignait de le désorienter…étrange tant la lecture de 2001 ODYSSEE DE L’ESPACE rendait déjà limpide les passages les plus abscons du film de Kubrick. Bref, cette deuxième odyssée n’apporte finalement pas grand-chose à la mythologie établie par Clarke. Toutefois, le tout se lit sans ennui : reste, heureusement, de jolies scènes qui plongent le lecteur dans l’immensité spatiale et lui offrent l’émerveillement souhaité. Reste aussi un final intéressant où l’humanité – minuscule en regard de l’immensité de l’univers – se confronte à une puissance si étrangère qu’elle apparait forcément comme divine et omnipotente.

Une adaptation cinématographique très réussie et sous-estimée (car sans cesse comparée au Kubrick) vit le jour en 1984, ajoutant un élément important de tension, à savoir la menace d’une guerre nucléaire mondiale entre la Russie et les Etats-Unis. Par contre, les tentatives chinoises pour prendre de vitesse les deux super puissances en envoyant vers la planète géante leur propre vaisseau seront, elles, élaguées. De plus, le long-métrage supprimera les problèmes conjugaux d’Heywood et sa rupture avec son épouse restée sur Terre, rendant l’ensemble plus tendu tout en proposant, en outre, de fabuleuses scènes spatiales aux effets spéciaux encore magnifiques après plus de trois décennies. Bref, le scénario de 2001 se reproduit avec cette séquelle : un roman honnête et plaisant transcendé par son adaptation pour les salles obscures.

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 3 Juillet 2018

CAPITAINE FUTUR: L'EMPEREUR DE L'ESPACE d'Edmond Hamilton

Père fondateur du space opéra, Edmond Hamilton (1904 - 1977) s’est fait connaitre avec diverses sagas cosmiques comme LES LOUPS DES ETOILES ou LES ROIS DES ETOILES. Il travailla également pour DC Comics, écrivant pour Superman, ce qui se ressent dans sa création la plus fameuse, le Capitaine Future, lequel s’inspire à la fois de l’Homme d’Acier (et de Batman) et des héros pulp comme Doc Savage.

Nous sommes dans un lointain avenir (1990 !) et un couple de scientifiques, les Newton, s’établit sur la lune pour éviter que leurs inventions ne tombent entre de mauvaises mains. Malheureusement, les savants sont assassinés par un politicien corrompu. Leur unique enfant, Curt Newton, sera élevé sur la lune par le robot Grag, l’androïde Otho et le Cerveau vivant Simon Wright. Développant ses capacités, le jeune homme décide de lutter contre le crime et prend le pseudonyme de Capitaine Future. Chez nous il sera davantage connu sous le sobriquet de Capitaine Flam popularisé par les dessins animés des années ’70.

 « Tous les habitants du système solaire connaissaient le nom du Capitaine Futur, l’ennemi déclaré du mal et des malfaiteurs ».

Voici un justicier inflexible et incorruptible typique du pulp, avec toutes les qualités requises pour protéger la terre de ses ennemis. En effet, le dernier souhait de sa mère était qu’il « combatte ceux qui utilisent les pouvoirs de la science à des fins maléfiques ». Cependant, Capitaine Future garde le choix : « défendre l’humanité contre les exploiteurs ou chercher le bonheur au gré d’une vie paisible ». Bien évidemment Curt Newton choisit « d’écraser les criminels et de préserver la civilisation des neuf mondes ».

Se voulant « scientifiquement crédible » à l’époque, CAPITAINE FUTUR fera aujourd’hui sourire avec ses dispositifs anti gravité, ses rayons fulgurants, ses gadgets qui rendent invisibles ou immatériels, sans oublier ses descriptions très fantaisistes des neuf planètes du système solaire. Pourtant, tout cela reste très plaisant et divertissant. C’est écrit de manière simple mais cela fonctionne à la manière d’un serial, avec une action échevelée qui ne s’embarrasse pas de subtilité ou de descriptions laborieuses : priorité à l’aventure et au merveilleux.

En dépit de son incroyable naïveté, de son manichéisme suranné (le héros n’a pas le moindre défaut, ses ennemis doivent être anéanti sans la moindre hésitation), ce premier volume (une quinzaine suivront) procure beaucoup de plaisir aux nostalgiques. Du space opéra divertissant, sans le côté parfois pesant des grandes sagas actuelles (qui, en dépit de leurs qualités littéraires plus évidentes et de leurs personnages plus travaillés reposent sur des schémas narratifs similaires). Bref, un bon moment.

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 28 Juin 2018

LES HOMMES D'ACIER de Terence Corman

Dix ans se sont écoulés depuis l’apocalypse…Nul ne sait si ce sont les Russes, les Américains ou d’autres qui ont tirés les premiers et, aujourd’hui, tout le monde s’en fiche, le monde n’est plus qu’un amas de cendres…Dans la nouvelle capitale des USA quelques hommes tentent de reconstruire un semblant de civilisation. Un jour les militaires détectent d’étranges signaux dans un code indéchiffrable et manifestement non humain. Norton, le meilleur agent de ce monde à l’agonie, et son pilote chevronné, Robinson, partent explorer la zone dévastée.

Cinquième roman de la série, signé du pseudonyme collectif de Terence Corman, est le premier à ne pas être supervisé par Richard D. Nolane. Le style s’en ressent d’ailleurs puisque le bouquin s’avère bien plus soft que les précédents. Si le tout débute par une scène d’horreur impressionnante la suite se montre timorée et verse dans les clichés de la SF de série B (ou Z) avec ces robots tueurs (les hommes d’acier du titre) devenus autonomes et capables de s’auto générer, capturant des humains pour greffer leur cerveau sur leur corps mécanique. Ces hybrides, proches des Daleks, visent évidemment à la conquête mondiale mais on besoin, pour cela, de leur « Mom », leur créatrice.

LES HOMMES D’ACIER constitue un petit roman de gare acceptable mais peu mémorable dans une veine post nuke déjà très fréquentée (notamment par la série littéraire LE SURVIVANT et tous les succédanés fauchés de « Mad Max » et autre « New York 1997 »). Mutants cannibales affamés, créatures également mutantes (ici des araignées des sables) qui attaquent les héros, robots détraqués, lien télépathique inexplicable entre une jeune fille et le fiston du principal protagoniste condamné à vivre sous une bulle d’atmosphère protégée,…

Rien de neuf, que du classique, saupoudré d’une touche d’humour (les robots se baptisent d’après des pièces de bagnoles et en réclament de nouvelles inlassablement en dépit de la destruction du monde) et d’une pincée de gore (mais finalement cet élément est très secondaire). L’érotisme, pour sa part, est absent…Bref, la série prend une autre direction après les premiers volumes beaucoup plus rentre-dedans qui s’inscrivaient dans la tradition de la collection « Gore ». Ici nous sommes plus volontiers sur le territoire du « Fleuve Noir anticipation ». Un bouquin surement vite écrit et tout aussi vite lu (en deux heures c’est bouclé). Pas désagréable mais aussitôt oublié.

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Aventures, #Horreur, #Roman de gare, #Gore

Repost0

Publié le 8 Juin 2018

NOVA- ANNIHILATION CONQUEST de Sean Chen, Dan Abnett, Wellington Alves et Paul Pelletier

Richard Rider, un type du Queens sans histoire, fut un jour choisi par le dernier survivant de la planète Xandar poru recevoir l’anneau des Green Lantern…Euh non, pas tout à fait, il fut choisi pour hériter du pouvoir cosmique de Nova et combattre de méchants pirates de l’espace. Cela se passait en 1976 aux Etats-Unis et, deux ans plus tard, dans les pages du légendaire magazine « Nova » des éditions Lug. La série ne dura guère (26 épisodes) et il faudra attendre les années ’90 pour retrouver Richard Rider, cette fois intégré aux New Warriors. Par la suite, cette équipe jouera un rôle crucial dans le développement d’un affrontement épiques entre les super héros, la fameuse « Civil War ». Rider, de son côté, sera l’unique survivant d’une vague de destruction lancée par Annihilus. Le Worldmind, ordinateur intelligent et récepteur de l’intégralité de la Nova Force, choisit Rider pour dernier dépositaire de cette immense pouvoir cosmique, faisant de ce héros de seconde zone un des êtres les plus puissants de l’univers Marvel. Ce sont ses aventures que l’on suit dans ce premier Deluxe lié, comme le titre l’indique, au vaste (et excellent) crossover ANNIHILATION CONQUEST.
 

NOVA- ANNIHILATION CONQUEST de Sean Chen, Dan Abnett, Wellington Alves et Paul Pelletier

Sans être un incontournable, NOVA - ANNIHILATION CONQUEST reste un excellent comic, du bon divertissement typé space opera avec un personnage central intéressant, crédible et bien caractérisé. Le mélange réussi entre les soucis terre à terre du protagoniste et l’immensité de l’univers spatial dans lequel il évolue se montre fort bien traitée, l’histoire est prenante et bien menée, les dessins de qualité et le tout peut se lire indépendamment ou constitué un complément efficace aux précédentes sagas des auteurs (ANNIHILATION et ANNIHILATION CONQUEST).

Comme souvent avec Marvel les récits centrés sur des personnages secondaires de leur univers s’avèrent les plus intéressants et ce NOVA - ANNIHILATION CONQUEST en est, une nouvelle fois, la preuve. Il est évident que les auteurs disposent de bien plus grande latitude que ceux qui oeuvrent sur IRON MAN ou SPIDER MAN, apportant une véritable fraicheur à un récit que l’on lit avec grand plaisir. Recommandé !

Voir les commentaires

Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics, #Space Opera

Repost0