space opera

Publié le 13 Juin 2019

X MEN INTEGRALE 1980 de Chris Claremont

Ce volume reprend les numéros 129 à 140 des X Men et, par conséquent, contient le plus célèbre récit des enfants de l’atome, la saga du Phoenix Noir, fréquemment éditée et rééditée. L’intrigue poursuit et développe les éléments mis en place l’année précédente avec les machinations de Jason Wyndarge pour amener Jean Grey à rejoindre le Club des Damnés. Après avoir défait Proteus, les X men repèrent, via Cerebro, deux nouveaux mutants : il s’agit de la très jeune Kitty Pride et le chanteuse disco Dazzler. Deux équipes de X-Men sont envoyées pour tenter de les recruter pour le compte de Xavier. Wolverine, Tornade et Colossus prennent contact avec Kitty mais sont capturés par Emma Frost, alias La Reine Blanche, tandis que Phoenix, Cyclope et Diablo sont attaqués, dans la discothèque où se produit Dazzler, par des soldats en armure au service du Club des Damnés. Par la suite la personnalité de Jean Grey se voit submergée par l’entité du Phénix et détruit une planète entière, la conduisant à passer en jugement sous l’autorité de l’impératrice Shi’ar. Les X-Men vont exiger un duel avec la garde impériale pour la vie de Jean…Mais cette dernière, coupable d’un génocide cosmique, désire-t’elle être sauvée ?

Que dire de plus sur cette saga légendaire, laquelle continue encore, après 40 ans, a trusté les premières places des listes des « meilleurs épisodes des X-Men » ? Et même des « meilleurs comics » tout court. Ainsi, lors du 75ème anniversaire de la Maison des Idées, lorsque les fans eurent à voter pour choisir leurs 75 histoires préférées parmi les milliers publiées la saga du Phénix Noir termina cinquième !

 

X MEN INTEGRALE 1980 de Chris Claremont

Epique, dramatique, enlevée (en dépit d’une mise en place un brin longuette), magnifiée par des dessins très efficaces et quelques cases anthologiques, la saga n’a pas volé ses nombreuses louanges. Dommage que les innombrables résurrections ultérieures de Jean Grey ternissent aujourd’hui la réussite de ce monument du comics US. Alors bien sûr il y a la naïveté de l’ensemble (qui fera sourire les cyniques lecteurs d’aujourd’hui), les couleurs façon bad trip aux champi et les descriptions pesantes qui envahissent chaque case. C’est l’époque qui voulait ça. On fera avec ces défauts pour savourer l’intrigue en elle-même, mémorable et toujours pertinente.

L’épisode rétrospectif sur Cyclope (« Elegy ») complète cette intégrale et laisse la porte ouverte à un nouveau départ avec l’arrivée de Kitty Pride dans l’école du Professeur Xavier. Enfin on termine l’année avec deux épisodes corrects dans lesquels une partie des X-Men et de la Division Alpha partent combattre le redoutable Wendigo (précédemment rencontré par Wolverine). L’annual, voyant les mutants partir en enfer pour sauver Tornade et Nightcrawler avec l’aide du Docteur Strange s’avère, lui, aussi, une belle réussite.


En résumé une intégrale complètement indispensable par la seule présence de l’arc consacré à Phoenix même si le reste ne démérite pas non plus.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Marvel Comics, #science-fiction, #Space Opera, #X-Men

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Publié le 11 Juin 2019

LA MORT DU CAPITAINE FUTUR d'Allen Steele

Auteur quasiment inconnu dans nos contrées, Allen Steele, né en 1958, n’a vu aucun de ses romans traduits chez nous. Il a pourtant gagné le Locus pour son roman ORBITAL DECAY et obtenu deux fois le Hugo dans la catégorie « roman court » sans oublier pas moins de six prix Asimov pour des nouvelles (ou novellas). Pour le découvrir en français il faut fouiller les revues, comme par exemple dans ce N°16 de Bifrost qui nous offre l’intégralité de son court roman LA MORT DU CAPITAINE FUTUR, hommage distancé, ironique mais également respectueux à la création d’Edmond Hamilton, le célèbre Capitaine Futur, autrement dit Capitaine Flam.

L’intrigue se rapproche, forcément, du space opéra d’antan mais opte pour une voie plus humoristique et cynique sans toutefois sombrer dans la parodie.

Dans l’urgence Rohr Furland s’embarque à bord d’un vaisseau spatial piloté par un type à moitié cinglé, obèse, crasseux et surtout passionné par la science-fiction du début du XXème siècle. Le bonhomme assume d’ailleurs l’identité d’un des plus fameux héros de ces romans pulp, le valeureux Capitaine Futur qui porte secours à la veuve et l’orphelin dans son vaisseau, le Comet, en compagnie de son fier équipage composé de vaillants Futuristes. Lorsqu’il reçoit un appel de détresse, le Capitaine Futur n’hésite pas et plonge à l’aventure…au risque de se confronter aux dangers de la réalité.

Bien mené, très divertissant, LA MORT DU CAPITAINE FUTUR paie son hommage à la science-fiction de grand-papa en mêlant aventures spatiales et émotion lors d’un final quelque peu attendu mais très efficace. Dans ce joyeux hommage à l’aventure spatiale teinté de réflexion « meta » une fois de plus la morale reste inchangée : au risque d’être déçu mieux vaut souvent « imprimer la légende » plutôt que la réalité. Classique mais efficace, Allen Steele réussit à passionner et amuser son lecteur durant une centaine de pages et s’il n’a peut-être pas livré un chef d’œuvre incontournable, il nous donne un récit alerte et agréable.

Sans doute pas au niveau de certains classiques récompensé par le Hugo mais certainement plus réussi, honnête et plaisant que des textes plus récents et imbuvables (au hasard le similaire REDSHIRTS de Scalzi, hommage désastreux à Star Trek). Loin de se moquer des ancêtres, Steele donne en outre l’envie de se replonger dans les aventures du Capitaine Futur…qui sont à présent disponibles au Belial.

Recommandé !

LA MORT DU CAPITAINE FUTUR d'Allen Steele

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Publié le 16 Mai 2019

NIGHTFLYERS (et autres récits) de George R.R. Martin

A l’occasion de la nouvelle série « Nightflyers » adaptée de George R.R. Martin (un film en avait déjà été tiré voici quelques années), ActuSF republie une nouvelle fois ce court mais efficace roman (sous son titre du « Volcryn ») en compagnie d’une poignée d’autres nouvelles. L’intéressant « Pour une poignée de Volutoines » et le chef d’œuvre « Une chanson pour Lya », un autre court roman récompensé par le Hugo, sont également bien connus et furent précédemment publiés dans l’excellent recueil UNE CHANSON POUR LYA.

« Week-end en zone de guerre » avait, elle aussi, déjà été publié (dans le recueil AU FIL DU TEMPS). C’est un texte intéressant et bien mené sur une guerre considérée comme un jeu, un récit anti-militariste très efficace.

« 7 fois, 7 fois l’homme jamais » est tiré pour sa part du recueil DES ASTRES ET DES OMBRES. Un beau texte toutefois pas aussi convaincant, sur un thème proche, que les formidables « Par la croix et le dragon » ou « Une chanson pour Lya ».

On se concentre sur « Ni les feux multicolores d’un anneau stellaire », jusqu’ici inédit (bien qu’il date de 1976) et, forcément, principal argument pour acquérir de nouveau recueil. Il s’agit une tentative intéressante de mélanger des thématiques hard-science avec une ambition philosophique. L’intrigue traite des fameux anneaux stellaires (devenus depuis un cliché de la SF) qui permettent opportunément, à la manière des « Stargate » de voyager dans l’univers.

NIGHTFLYERS ET AUTRES RECITS apparait donc comme un recueil opportuniste, édité pour bénéficier du regain de popularité de Martin grâce à la série télévisée « Nightflyers » et, bien sûr, à l’approche de l’ultime saison de « Games of Thrones ». Les deux romans courts et la nouvelle « 7 fois, 7 fois l’homme jamais » sont également au sommaire de l’impressionnante R.R.ETROSPECTIVE consacrée à l’auteur…A voir donc l’intérêt de faire l’acquisition de ce volume (de très haute qualité avouons-le toutefois) pour la présence d’un unique inédit.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Prix Hugo, #Recueil de nouvelles, #Space Opera, #science-fiction

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Publié le 8 Mai 2019

100 % STAR WARS TOME 6 : DES REBELLES NAUFRAGES

Star Wars (2015) #33-37 et Annual #3.

Pour sa fin de run, Jason Aaron choisit de se concentrer sur les différents protagonistes de la saga, souvent deux par deux. Nous avons ainsi droit à l’association entre Luke et Leia dans le sans intérêt « Des rebelles naufragés », une intrigue tarabiscotée où s’affrontent Sana et Lando dans le plaisant « Les treize caisses », un retour de Grakkus face à Han Solo avec l’amusant « Passeur de Hutt », un focus sur R2D2 à la recherche de C3PO dans « La revanche de l’astromécano » et enfin le sergent Kreel, chef des Stormtroopers d’élite de l’escadron SCAR pour « Fierté impériale ».

Comme toujours les dessins sont vraiment « spéciaux » : si, dans l’ensemble, ils ne sont pas mauvais (décors, armures, vaisseaux), les visages sont, eux, découpés des films et plaqués sur les dessins (une sorte de rotoscope à l’envers !) pour donner des personnages franchement ratés tant ils sont disgracieux.

100 % STAR WARS TOME 6 : DES REBELLES NAUFRAGES

Les scenarios, eux, restent dans la lignée des précédents arcs narratifs: c’est pas mal, divertissant mais sans enjeu ni véritable intérêt. En fait, tout ça rappelle les STAR WARS CLASSICS d’il y a 40 ans: les dessinateurs ne semblent pas savoir où va la saga (ou ils s’en fichent) donc ils sont incapables d’élaborer des intrigues d’ampleur et se contentent de suivre la petite vie des rebelles sans se soucier d’un plan global. De plus, Aaron pense manifestement que voir nos héros à l’oeuvre suffit à maintenir l’intérêt du lecteur qui assiste à une suite de petites escarmouches sans conséquences entre l’Empire et les rebelles. Parfois c’est chouette, parfois c’est médiocre, parfois c’est drôle,…dans tous les cas on reste dans le statu quo en évitant grandement d’avancer…on finit même par ne plus trop savoir à quelle époque de la chronologie officielle ces histoires se situent tant elles pourraient (quasiment) se dérouler n’importe quand entre « Rogue One » et « Le Réveil de la Force », puisqu’elles n’ont, en réalité, aucune incidence sur la timeline globale de la saga.

On ajoute deux récits courts parfaitement dispensables pour boucler le sommaire de ce recueil pas spécialement mauvais (les récits sont courts et donc on ne s’y ennuie pas) mais tellement anecdotique qu’il sera réservé aux seuls complétistes.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Space Opera, #Star Wars, #science-fiction

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Publié le 10 Avril 2019

UNE HISTOIRE DE LA SCIENCE FICTION TOME 5 de Jacques Sadoul

Dès l’introduction, Sadoul rappelle les espoirs déçus de la SF française qui, après une belle embolie avec les collections Fleuve Noir Anticipation et Le Rayon Fantastique, suivies par Ailleurs et demain et les magazines comme Fiction, semble ne plus intéresser le public au début des seventies. Il faut dire que la pseudo SF « écolo-gaucho anti-américaine » était passée par là et qu’excepté les sympathisants communistes (une espèce aujourd’hui heureusement en voie d’extinction), peu de lecteurs voulaient perdre leur temps à lire de telles inepties dans lesquels le message (camarades de tous pays unissez-vous !) passé toujours avant l’accessoire (intrigue, style, originalité,…) .

On débute par une histoire très plaisante et humoristique de Gérard Klein, « Civilisation 2190 » et on poursuit avec un texte « à chute » (un peu attendue) de Julia Verlanger, « Le mal de dieu ».  Michel Demuth avec « L’empereur, le servile et l’enfer » signe une nouvelle efficace également reprises dans LES ANNEES METALLIQUES. « Le bruit meurtrier d’un marteau piqueur » de Curval s’avère lui aussi intéressant, tout comme le très bizarre (et en fait très typique de l’auteur) « Funnyway » de Brussolo. On retrouve le Brussolo de ses débuts, lorsqu’il partait d’une idée visuelle déjantée pour l’exploiter jusqu’à l’absurde. Plaisant (davantage que certains de ses romans qui s’essoufflent sur la longueur).

On poursuit avec des textes efficaces de Dunnyach et Wintrebert, sans oublier le vétéran Michel Jeury qui signe l’excellent « Machine donne ». De son côté, Ayerdhal propose un très plaisant « Scintillements » en hommage à Pierre Bordage, lequel clôt ce recueil avec un « Tyho d’Ecce » écrit spécialement pour l’occasion (mais par la suite repris dans son recueil NOUVELLE VIE TM), un très réussi space opera anti militariste.  

Bref, si le recueil n’aligne pas les classiques comme pouvait le faire les quatre volumes consacrés à la SF américaine et que certaines omissions paraissent difficiles à expliquer (en particulier Andrevon), cette ultime livraison reste une addition indispensable pour les curieux.

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Publié le 18 Mars 2019

CHANSON POUR LYA de George R.R. Martin

Pour beaucoup, Martin fut découvert avec sa monumentale (ou interminable, rayez les mentions inutiles) saga du TRONE DE FER. Pourtant l’écrivain possédait déjà un solide métier avant d’aller s’égarer dans les terres de Westeros. Ce recueil de 1976, récompensé par un Nebula, le prouve avec neufs récits (dix pour la réédition qui y ajouter « Le run des étoiles ») de taille variable qui débute par le très réussi « Chanson pour Lya » d’ailleurs primé par le Hugo du meilleur roman court. En une petite centaine de pages, l’auteur illustre la rencontre de deux télépathes amoureux avec un culte religieux en apparence délirant qui pousse ses adeptes (soit la totalité des habitants d’une planète puisqu’ils sont tous croyants) à se laisser dévorer par un parasite afin d’atteindre la plénitude de l’Union. Une excellente novella…on peut même parler, osons le dire, de chef d’œuvre ! On la retrouve d’ailleurs régulièrement dans les listes des meilleurs récits de SF et c’est pleinement mérité.

Relativement classique dans leur thème et leur narration (Martin semble admirer les « grands anciens » de la SF et ne guère s’intéresser aux novateurs pressés de ruer dans les brancards), toutes ces nouvelles brillent par leur grande qualité de maitrise, leurs dialogues ciselés, la qualité des personnages brossés et leur efficacité indéniable qui ne néglige jamais une solide dose de « sense of wonder ».

« Au Matin tombe la brume » constitue d’ailleurs une bonne illustration de ce besoin de merveilleux. Sur une planète isolée des témoignages mentionnent l’existence de spectres hantant la brume. Un passionné y a même construit un hôtel aujourd’hui très prisé. Mais un scientifique débarque avec tous ses instruments afin de prouver leur inexistence. Ce très bon récit rappelle que, pour l’Humanité, le mystère et les questions posées sont bien souvent plus intéressantes que les réponses obtenues. « Il y a solitude et solitude » traite pour sa part d’un astronaute en exil. Loin de la terre depuis quatre ans, il attend l’arrivée imminente de son remplaçant. Ce texte étouffant se conclut par une chute bien amenée à l’efficacité redoutable.

« Pour une poignée de volutoines » s’avère lui aussi classique et relativement linéaire mais ne manque pas d’attrait pour autant. Le thème, lui, est original : des cadavres réanimés à la manière de marionnettes zombies pour effectuer des travaux répétitifs comme l’extraction d’un métal précieux sur une lointaine planète.

« Le héros », une des premières nouvelles publiées de Martin date d’un demi-siècle (elle fut écrite en 1969) mais en dépit de son classicisme et d’une chute prévisible, elle garde un intérêt certain pour les amateurs de science-fiction à l’ancienne.

« La sortie de San Breta » se situe dans un monde futuriste dans lequel les progrès des moyens de transports volants ont rendu les automobiles obsolètes. Seuls quelques fanatiques utilisent encore leur voiture. Sur une autoroute abandonnée et déserte, un de ces nostalgiques percute un étrange véhicule spectral. Ce conte fantastique revisite le thème de la « voiture fantôme » en le transposant dans un contexte science-fictionnel. Bien vu !

Autre récit mélangeant fantastique horrifique et science-fiction post-apocalyptique, « L’éclaireur » se révèle lui aussi réussi et très crédible dans son déroulement et ses dialogues.

La très courte « VSL » traite, elle, de la vitesse supra luminique et fonctionne sur une chute là aussi un peu attendue mais amusante. De par sa brièveté on passe un bon moment.

Plus réflexive, « Diaporama » s’articule sur une thématique et un questionnement revenant régulièrement lorsqu’on discute de conquête de l’espace : ne vaudrait-il pas mieux investir cet argent dans des causes jugées plus valables comme la lutte contre la famine ? Un astronaute mélancolique après avoir été renvoyé du programme d’exploration spatiale et un médecin s’affrontent sur ce sujet, le premier défendant le point de vue du rêveur les yeux rivés sur les étoiles.

Loin des auteurs « new wave » (ou « new world ») qui dynamitaient la science-fiction pour le meilleur (parfois) ou pour le pire (combien de textes pseudo originaux et expérimentaux aujourd’hui illisibles et plus datés que les pulps de l’âge d’or ?), Martin montrait dans ce recueil son attachement à une SF à l’ancienne, un mélange d’idées, de dépaysement et de sense of wonder qui l’inscrivait dans la tradition des écrivains néo-classiques. Avec trois réussites incontestables (les trois premières nouvelles), deux excellents textes (« La sortie de San Breta » et « Diaporama ») et quatre nouvelles moins marquantes mais tout à fait honorables, CHANSON POUR LYA mérite à coup sûr la découverte pour les admirateurs de l’écrivain ou ceux qui souhaitent aborder, par la bande, son imposante production pré-célébrité.

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Publié le 18 Janvier 2019

DANS LA GUEULE DU DRAGON de Laurent Genefort

Publié au Fleuve Noir, voici un plaisant space opéra de la part d’un Genefort encore relativement débutant (ayant début fort jeune il avait déjà du métier) qui propose un mélange de hard science et de sense of wonder bien équilibré.

Nous suivons un enquêteur d’élite, Jarid Moray, au service d’une gigantesque entreprise, la Semeru. Jarid doit rétablir l’ordre lorsque les troubles menacent et, justement, la situation se détériore sur Muspellsheim, une planète de lave, véritable enfer en fusion. Celui-ci abrite pourtant une colonie humaine établie sur l’île artificielle d’Ymir qui navigue, telle un navire, sur les flots bouillonnants. Deux gouverneurs ont déjà été assassinés et Jarid doit résoudre ce mystère afin d’éviter le pire.

A la manière de certains Brussolo, DANS LA GUEULE DU DRAGON part d’une idée en apparence délirante (une colonie humaine qui vit – ou survit – sur une boule de lave inhospitalière à l’extrême) mais Genefort, contrairement à son confrère aimant s’enfoncer dans l’excès, parvient au contraire à la crédibiliser.

Déjà solidement rôdé et conseillé par des experts (d’ailleurs remerciés en fin de volume) scientifiques, l’auteur s’appuie sur des données scientifiques vraisemblables. Il rend ainsi son récit intéressant et crédible en lui conférant un background rigoureux qui plonge volontiers dans une hard science efficace sans devenir inutilement pesante ou exagérément didactique. Limité par les contraintes du Fleuve Noir, l’écrivain ne peut sans doute pas s’appesantir autant que souhaité sur son univers mais cela lui permet de garder un rythme soutenu et d’éviter les disgressions qui rendent certains romanciers de hard-science parfois peu digeste pour quiconque ne possède pas un doctorat en physique. Genefrot adopte ici une construction façon polar qui maintient l’intérêt du lecteur et soigne la caractérisation de ses protagonistes et les implications géopolitiques. Cependant ce sont surtout les descriptions, assez incroyables et vertigineuses, de cet environnement brûlant qui concourent à l’originalité et à la réussite du livre.

Si Genefort n’avait pas encore donné sa pleine mesure, il prouvait déjà avec ce DANS LA GUEULE DU DRAGON sa maitrise des codes du space opera, du polar science-fictionnel et de la hard science, faisant de lui, à moins de 30 ans, un des grands espoirs de la SF française. Un bon divertissement intelligent et un bon « Fleuve Noir »… même si on n’aurait pas craché sur une version plus longue (pour une fois !) d’une centaine  de pages afin d’explorer davantage ce « dragon ».

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Publié le 4 Décembre 2018

SINGULARITE de Stephen Baxter

Ce roman de Stephen Baxter, écrit en 1992, s’inscrit dans sa vaste histoire du futur, le cycle des Xeelees. Il s’agit d’un neo space opéra mêlant l’aventure spatiale à des considérations philosophiques et scientifiques ardues héritées de la hard science et empruntant également aux interrogations technologiques sur le devenir de l’homme souvent évoqué dans le cyberpunk. On y retrouve donc logiquement la notion de « singularité » théorisée par Vernon Vinge qui veut (en résumé et en gros traits) que l’intelligence artificielle entraine un emballement des progrès techniques et une déshumanisation progressive de l’Homme. L’évolution technique deviendrait si rapique que l’humanité, en très peu de temps, serait incapable de la maitriser voir même de la comprendre.

Dans SINGULARITE, le roman, Baxter imagine des trous noirs envoyé dans l’avenir pour créer des passages temporels mais tombant dans un futur où l’humanité vit sous la coupe des Qax. Un autre vaisseau, celui des Amis de Wigner, plonge dans le passé pour transformer Jupiter et frapper les Qax dans ce passé tandis qu’un Qax venu d’un futur où l’humanité a triomphé de l’envahisseur grâce à un certain Bolder vient compliquer la situation…

Paradoxes temporels, univers potentiels ou alternatifs, singularités diverses,…Pas de doute, Baxter joue dans la cour des férus d’hard-science et ceux qui se sont senti perdus devant des films comme « Looper », « L’armée des 12 singes » ou « Retour vers le futur » risquent de devoir consommer un tube entier d’aspirines pour arriver au terme de ce roman pourtant relativement (relativement est important car la lecture s’avère ici quelque peu ardue sans toutefois être indigeste) court.

Par sa longueur acceptable (300 pages) et son mélange de passages hard-sciences pas toujours aisés d’accès et de science-fiction plus « grand public », SINGULARITE demeure une porte d’entrée conseillée dans l’univers d’un des auteurs majeurs de la SF contemporaine. On peut buter sur des descriptions ou des séquences rébarbatives pour le non scientifique tout en se laissant prendre à la vision véritablement cosmique et grandiose du romancier qui apporte, en dépit de son aspect complexe, un véritable plaisir à l’amateur de science-fiction ambitieuse non dénuée d’un réel « sense of wonder ».

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Hard Science, #Space Opera, #science-fiction

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Publié le 22 Novembre 2018

STAR WARS - LA CITADELLE HURLANTE

Second cross over dans l’univers STAR WARS, cette fois entre la série mère et la petite nouvelle, DOCTOR APHRA. Pour ceux qui ne suivent pas cette dernière, Aphra est un peu l’équivalent d’Indiana Jones version féminine (et lesbienne) accompagnée de deux droïdes psychopathes (décalques évidents de C3PO et R2D2), Triple 0 et BT. Un peu à l’image de Han Solo, Aphra est une racaille sympa : elle trahit tout le monde, s’attire toujours les pires ennuis mais, finalement, on l’aime bien quand même. Même Luke l’apprécie et pourtant elle l’expédie toutes les vingt pages dans les griffes d’une reine complètement cinglée. Le fermier s’en offusque t’il ? A peine puisqu’il insiste « c’est mon amie ». Avec des amis comme ça…

Bref, Aphra possède un cristal dans lequel est enfermé « l’âme » d’un Jedi et Luke, toujours aussi naïf, accepte de l’aider en se rendant sur une planète perdue où vit la reine Ktath’atn, laquelle offre une forte récompense, chaque année, à qui lui apportera une « curiosité ». Bien sûr, un fermier pouvant manipuler la force se révèle un bon candidat.

A partir de ces prémices déjà zarbies, l’intrigue part dans tous les sens : des symbiotes extraterrestres vaguement inspirés d’Alien prennent possession d’Han et de Luke pour les transformer en zombies agressifs, un wookie retourné à l’état bestial dévaste une citadelle (hurlante donc) et une méchante reine fume du Jedi (si, si ! prends c’est de la bonne !) pour aspirer la force vitale de Luke à la manière d’un vampire, le récit n’étant pas avare de références au cinéma d’épouvante gothique rétro.

STAR WARS - LA CITADELLE HURLANTE

Ni très cohérent ni très vraisemblable (les réactions des personnages paraissent souvent forcées ou peu crédibles mais nécessaires à l’avancée d’une histoire bien… fumeuse), LA CITADELLE HURLANTE multiplie les coups tordus, les rebondissements incroyables de fin de chapitres et les trahisons. Quelques bons passages, des scènes « WTF » rigolotes et les considérations humoristiques (qui n’évoluent guère mais restent amusante) de nos droïdes meurtriers occupent ces 120 pages d’un intérêt discutable mais globalement divertissantes.

Au niveau des dessins, l’album se montre, là aussi, fort inégal : on apprécie le très beau travail de Marco Checchetto qui propose une ambiance futuriste pluvieuse avant d’alterner entre le photo réalisme de Salvador Larocca (avec ces visages douteux) et le trait beaucoup moins précis, proche du cartoon, d’Andréa Broccardo. 

Ce crossover s’est attiré bien des critiques pour son intrigue déjantée qui s’éloignerait trop du « canon » STAR WAR. Personnellement je trouve qu’il s’agit plutôt d’une qualité avec son mélange d’aventures pulp, de science-fiction déjantée et de passages horrifiques. Quoique le récit n’aura aucune véritable conséquence (à la manière des vieux STAR WARS CLASSICS jadis publiés dans Titan) sur l’intrigue globale développée par ce nouvel univers étendu il n’est pas déplaisant pour autant avec ses références diverses (ALIEN, DRACULA,…), ses dialogues souvent amusant et son rythme soutenu. On a lu bien pire dans les comics récents (LA GUERRE SECRETE DE YODA par exemple) et l’ensemble, certes vite lu et vite oublié, reste donc distrayant et plaisant en dépit de ses défauts. Pas si mal !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Space Opera, #Star Wars, #science-fiction, #Comic Book

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Publié le 29 Octobre 2018

LA LEGION DE L'ESPACE - CEUX DE LA LEGION TOME 1 de Jack Williamson

Décédé quasiment centenaire, Jack Williamson (1908 – 2006) a donc parcouru, la plume à la main, un siècle de science-fiction, puisqu’il débute sa carrière à la glorieuse époque du pulp, fin des années ’20. En 1934 il publie CEUX DE LA LEGION, premier tome d’une saga amenée à définir le space opera avec les œuvres d’Hamilton (CAPITAINE FUTUR / FLAM) et Doc Smith (le FULGUR).

Nous sommes au XXXème siècle et la Légion (pas celle de DC comics) protège la galaxie. Le cadet John Star doit protéger une jeune femme noble, Aladoree, seule détentrice du secret de l’Akka, une arme fabuleuse capable d’arrêter la progression des Méduses, des envahisseurs belliqueux. Mais l’oncle de Star trahit l’humanité et s’associe aux extra-terrestres, enlevant également Aladoree. Star, aidé de trois légionnaires, part à sa rescousse.

Reprenant des éléments des 3 MOUSQUETAIRES (inspiration revendiquée par Williamson) dans un contexte science-fictionnel assez proche des œuvres spatiales d’un Burrough, ce premier tome a plutôt bien vieilli en dépit de sa naïveté. Certes, certains éléments semblent indiscutablement datés mais l’ensemble tient bien la route après plus de 80 ans. Pas sûr que beaucoup de bouquins SF récents encensés par la critique supportent aussi bien le poids des ans.

Une belle princesse en péril, des légionnaires impitoyables mais respectant le code de l’honneur, des vaisseaux qui sillonnent l’espace, des combats spatiaux, des aliens belliqueux, des planètes étranges et hostiles,…nous sommes en plein space opéra militariste à l’ancienne et le tout se révèle rafraichissant, d’autant que, pulp oblige, l’ennui ne pointe jamais son nez. Williamson case un maximum de péripéties sur un minimum de pages et délivre une fresque spatiale épique alors que certains de ses épigones récents présentent encore leur univers à la cinq-centième pages de leur récit en dix tomes. Bref, autre temps, autre méthode de narration ! CEUX DE LA LEGION n’est pas de la hard science ni de la SF complexe, plutôt de l’imaginaire en roue libre avec des personnages attachants, à l’exception d’un Gilles Habibula irritant par son ivrognerie et ses monologues…

Malgré ses défauts, CEUX DE LA LEGION demeure une lecture plaisante, enlevée et globalement divertissante quoique l’on regrette une conclusion bâclée. Après avoir présenté les Méduses comme des ennemis tout puissants et quasiment invincibles toute leur flotte se voit, en effet, balayée par l’invention (littéralement fabriquée avec un bout de ferraille et de la ficelle) d’une jeune fille…Une fin trop facile et expédiée pour que le lecteur ne se sente pas floué mais ce bémol n’affecte pas trop le jugement sur ce space opéra distrayant et relaxant à conseiller en priorité aux plus jeunes ou aux nostalgiques de la SF de grand papa.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Golden Age, #Jeunesse, #Space Opera, #science-fiction

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