space opera

Publié le 9 Janvier 2020

ACADIE de Dave Hutchinson

Dave Hutchinson, né en 1960, a déjà quatre recueils de nouvelles et plusieurs romans (dont la tétralogie « Fractured Europe ») sous le coude mais ACADIE, nommé au Locus, est son premier texte publié en français. Comme tous les titres de la collection « Une heure lumière » il s’agit d’un roman court (compter environ 80 minutes de lectures).

Depuis cinq siècles la légendaire et apparemment immortelle généticienne Isabel Potter a quitté la Terre et continue ses travaux sur une Colonie située dans un lointain système solaire. Mais les Terriens, rancuniers, continuent de traquer Potter et envoient des sondes explorer l’espace pour la retrouver. Or, une de ses sondes vient de pénétrer dans le système de la Colonie, ce qui nécessite l’intervention de John Wayne Farrady, dit Duke, président essentiellement honorifique.

Voici une novella fort bien ficelé qui embarque le lecteur dans un monde très convaincant, une sorte d’utopie futuriste hippie peuplée, notamment, de personnages de STAR TREK ou du SEIGNEUR DES ANNEAUX et ce par un mélange bien dosé de manipulations génétiques et de technologies. Bref, une ambiance quelque peu cyberpunk pour un planet / space opera qui ne néglige pas d’injecter une bonne dose de sense of wonder dans son univers hard-science.

Hutchinson déroule son intrigue à cent à l’heure et sans temps morts là où beaucoup d’auteurs auraient allongé la sauce sur un épais roman. Le lecteur doit donc s’accrocher pour assimiler tout cet univers fort bien construit et une narration habile avec des flashbacks bien amenés. Bref, c’est un court roman parfaitement réussi qui conduit à un twist vertigineux à la Philip K. Dick, cerise sur le gâteau d’une œuvre magistrale à découvrir toutes affaires cessantes.

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Publié le 1 Janvier 2020

LE CHANT DU BARDE de Poul Anderson

Ce recueil paru au Belial en 2010 (puis réédité au Livre de Poche deux ans plus tard) rassemble neufs récits non inédits (mais souvent remaniés et retraduits) qui composent un véritable « best of » science-fictionnel de Poul Anderson, notamment inventeur de la célèbre Patrouille du temps. Des récits souvent primés, voire multiprimés et qui sont, pour la plupart, relativement longs pour des nouvelles jusqu’à atteindre ce que les Américains désignent comme des romans courts ou des novellas. Anderson fut d’ailleurs récompensé à sept reprises par un Hugo (six des titres récompensés sont inclus dans ce recueil) et trois fois par le Nebula, sans oublier un Locus. Lauréat de ce triplé parfait « La reine de l’air et des ténèbres » est évidement reprise ici et constitue peut-être le chef d’œuvre de son auteur.

L’anthologie débute avec « Sam Hall » dans lequel un employé modèle du système informatique d’un univers futuriste totalitaire introduit, presque par jeu, un bug dans la machine en créant de toutes pièces un révolutionnaire mystérieux nommé Sam Hall. Un nom puisé dans une vieille chanson populaire  anglaise. A force manipulations, Sam Hall acquiert une sorte de pseudo-existence : tous les crimes sont imputés à ce criminel insaisissable et les membres d’un réseau de résistance clandestin se l’approprient pour signer leurs méfaits. Quoique la technologie ait évolué, la nouvelle qui date de 1953 (et fait écho à la Guerre de Corée et au Maccarthysme) reste étonnamment moderne plus de soixante ans après sa rédaction et son sujet (manipulations gouvernementales, falsification de l’information, oubli numérique, etc.) demeure toujours d’actualité. Un classique de la dystopie.

Le court roman « Jupiter et les centaures », précédemment publié dans la collection « Etoile Double» aux côtés d’une novella de Sheckley  décrit la manière d’explorer Jupiter en utilisant des avatars (la référence à un « classique » récent de la SF cinématographique n’est point innocente tant les intrigues sont similaires).

« Long cours » valu à son auteur un de ses nombreux prix Hugo: un récit d’exploration maritime dans un monde dans lequel on se souvient encore, mais à peine, de la Terre, planète-mère. Le capitaine d’un navire découvre un astronef en partance menaçant, par sa seule existence, le futur de ce monde. Comment réagir ? De la SF intelligente et efficace.

Autre gros morceau, « Pas de trêve avec les rois », obtient lui aussi le Hugo : cette longue nouvelle (90 pages) précédemment publiée en français dans l’anthologie HISTOIRES DE GUERRES FUTURES raconte un affrontement entre deux camps, façon Guerre de Sécession, dont l’un bénéficie d’un appui extraterrestre.

Récit de vengeance très efficace tempéré par la découverte des rites étranges d’une planète étrangère (dont du cannibalisme rituel), l’excellent « le partage de la chair » n’a pas volé son prix Hugo et demeure un des meilleurs récits d’Anderson.

Mi sérieux, mi humoristique, en tout cas toujours sarcastique (pour ne pas dire grinçant), « Destins en chaîne » projette son héros, Bailey, dans une série de réalités alternatives dans lesquelles il se débat jusqu’à la mort. Dans l’un de ces univers parallèle, la simple expression artistique peut vous conduire en prison, dans un autre l’Etat a consacré les inadaptés de tous poils au point qu’ils peuvent revendiquer ce statut et vivre une existence oisive. Mais les simulateurs se multiplient, se prétendant eux aussi malades mentaux afin de bénéficier de l’Etat providence. Les homosexuels ayant déjà réussi à obtenir cette reconnaissance, les Noirs envisagent de s’associer aux Juifs souffrant de discrimination tandis que les prophètes de religion folklorique prêchent à tout va…et pas question d’y trouver à redire car ces religieux risqueraient, sinon, des dégâts psychiques irréparables. Une plongée pas toujours très politiquement correcte (et c’est tant mieux) dans une poignée de sociétés utopiques (ou dystopiques selon les sensibilités) qui se termine dans un monde post-apocalyptique d’apparence paradisiaque après l’anéantissement, par une épidémie, de 95% de l’Humanité. Un excellent texte peut-être encore davantage actuel aujourd’hui qu’à l’époque de sa rédaction.

Autre novella illustre, « La reine de l’air et des ténèbres » a récolté le plus prestigieux des triplets de la SF : Hugo, Nebula et Locus. Nous sommes sur Roland, une planète lointaine colonisée par l’Homme. Un seul détective y exerce, Eric Sherrinford, contacté par une mère afin de retrouver son enfant enlevé par ce qui pourrait être des représentants du Vieux Peuple. Mais Sherrinford refuse d’accorder foi à ces anciennes superstitions celtiques…Une œuvre très efficace, sorte de transposition science-fictionnelle des légendes jadis contées par Arthur Machen.

Plus court, « Le chant du barde » obtint également le Hugo et le Nebula, finissant à la troisième place du Locus. Inspiré par les nouveautés science-fictionnelles lancées par Harlan Ellison, Anderson décrit un monde sous la domination d’un ordinateur omniscient, SUM, lequel enregistre les vies de tous les Humains et leur promet la résurrection un jour prochain. Mais un harpiste se confronte à l’avatar humain de SUM, la Reine Noire et cesse de croire en ses promesses. Une nouvelle dans laquelle Anderson démontre son originalité tout en s’inspirant de nombreux mythes antérieurs et en truffant son texte de citations littéraires. Très réussi.

Le recueil se termine par le court roman « Le jeu de Saturne », sorte de critique assez virulente des jeux de rôles et autres psychodrames auquel je n’ai personnellement pas accroché. Ce n’est pas grave, le reste était très bien.

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Publié le 18 Octobre 2019

DOCTOR APHRA TOME 2: L'ENORME MAGOT

De toutes les créations du nouvel univers étendu, le Docteur Aphra reste la plus originale et intéressante, bien qu’elle s’apparente parfois à une sorte de mélange entre Han Solo et Indiana Jones version féminine (et lesbienne) en plus racaille avec son code moral fluctuent. Les Jedi, l’Empire, les bons, les méchants,…pour Aphra qu’importe du moment qu’on puisse gagner du pognon…

Créée par Kieron Gillen, Aphra tente ici de vendre un artefact renfermant l’essence d’un Jedi mais ce-dernier, bien que mort, ne semble pas décidé à reposer en paix. On retrouve la magouilleuse en pleine tentative d’arnaquer tout le monde, les droïdes psychopathes BT et Triple Zero toujours décidé à se libérer de leurs blocages « mentaux » pour, eux, exterminer tout ceux qu’ils rencontrent, des personnages secondaires truculents,…Dans ce micmac, Aphra tente de survivre. Evidemment, il n’est pas toujours facile de se sortir des embrouilles dans lesquelles elle s’est fourrée quelques minutes auparavant par appât du gain. La seule solution consiste à recourir à la bonne vieille méthode qui consiste à monter l’une contre l’autre les diverses factions rivales ou à nouer des alliances parfois très éphémères avec les uns ou les autres.

Servi par des dessins très corrects (quelques passages un peu bâclés mais globalement les graphismes se montrent très réussis), une narration intéressante avec du rythme, de l’humour et des rebondissements, ce deuxième tome confirme la réussite d’une série enthousiasmante, bien ficelée et agréable. En s’éloignant quelque peu des fondamentaux de Star Wars et de ses principaux protagonistes, le lecteur s’aventure sur des terres neuves avec le sourire. Sans doute la série la plus plaisante et rafraichissante que l’on puisse lire actuellement dans l’univers Star Wars. Conseillé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Marvel Comics, #Space Opera, #Star Wars, #Comic Book

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Publié le 13 Septembre 2019

X MEN - INTEGRALE 1982 de Chris Claremont

Cette nouvelle intégrale des Etranges X Men (Uncanny X-Men 153 à 164) comprend, en guise de plat principal, la célèbre saga des Broods, typique de son époque et fortement influencée par les sagas cinématographiques de l’époque. En effet, il s’agit d’une sorte de space-opéra horrifique comprenant une touche de « Star Wars » et une grosse louche d’« Alien ». L’ensemble joue donc la carte du soap stellaire : Cyclope y retrouve son père, Corsaire, que l’on pensait décédé, devenu une sorte de pirate de l’espace au grand cœur façon Han Solo. Confronté aux méchants alien, Wolverine se montre partisan de l’extermination des extraterrestres mais le reste de l’équipe demeure fidèle au crédo « X men don’t kill » (ce qui s’avère un poil stupide pour le coup)

Si ces épisodes ont quelque peu vieilli ils restent très plaisants et demeurent fort sympathiques à lire. Parmi les bémols citons les couleurs criardes, les costumes un brin ridicules (la bande à Corsaire) et l’influence souvent trop prégnante du long-métrage de Scott (les Broods placent eux aussi des œufs dans les corps de leurs victimes transformées en « mère porteuse »). Cependant, la présence de Caroll Danvers, ex Miss Marvel devenue Binary, s’avère un petit « plus » appréciable qui égalise les forces en présence tant les Broods paraissent puissants.

Aujourd’hui, les nouveaux lecteurs prendront sans doute tout cela avec du recul en se disant que les comics ont beaucoup changés (en bien ou en pire, le débat reste ouvert) mais les anciens, nostalgiques des années Strange et des albums X Men grand format des années ’80 (BELASCO et LA SAGA DES BROODS), devraient apprécier ce voyage cosmique. Toutefois, ils devront attendre l’intégrale suivante pour en connaitre le dénouement.

A côté de cette saga principale, on redécouvre aussi l’épisode qui voit la jeune sœur de Colossus, Magyk, kidnappée aux Enfers et un affrontement plutôt plaisant (mais un peu anecdotique) entre Tornade et Dracula, à l’époque intronisé parmi les grands méchants de l’univers Marvel. Parmi les autres épisodes marquants citons un très réussi flashback qui confrontent Xavier et Magnéto.

En résumé, une Intégrale tout à fait satisfaisante qui se lit (ou se relit) avec bonheur.

X MEN - INTEGRALE 1982 de Chris Claremont

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Publié le 8 Septembre 2019

AU FIL DU TEMPS de George R.R. Martin

Enième recueil de nouvelles de George R.R. Martin, celui-ci comprend sept textes dont quatre figurent au sommaire du monumental R.R.RETROSPECTIVE : « la forteresse », « Et la mort est son héritage », « variantes douteuses » et « assiégés ». On retrouve également « Week-end en zone de guerre » dans un recueil ultérieur, publié en 2018, NIGHTFLYERS ET AUTRES RECITS.

Les textes les plus intéressants pour le fan sont donc « Une affaire périphérique » et « Vaisseau de guerre » puisqu’il fallait, pour les lire, se plonger dans deux n° de « Fiction » paru au début des années ’80. Autant dire que cette republication tombe à pic pour les amateurs de Martin.

« Une affaire périphérique », écrite en 1971 dans le but de donner lieu à une série de nouvelles (seule une deuxième sera finalement écrite) raconte le réchauffement des hostilités entre la Terre et les KwanDelliens après une paix de 50 ans. Mais ce qui paraissait au départ une attaque des KwanDelliens envers un vaisseau d’exploration terrien va rapidement prendre une tournure plus étrange.

Nous sommes en plein space opéra à l’ancienne, le genre de nouvelles qui valut à Martin sa réputation d’auteur néo-classique pas vraiment en phase avec les bouleversements post-soixante-huitard de la new wave. Une nouvelle distrayante assortie d’une petite énigme (comment prouver qu’un Terrien s’est emparé d’un vaisseau spatial pour son propre usage ?) résolue dans les dernières lignes de manière humoristique. Un demi-siècle plus tard, la prose de Martin reste bien plus plaisante et lisible qu’une bonne partie de la SF « new wave » précitée, y compris dans ce texte pourtant mineur.

Quarante-deux ! Quarante -deux c’est quoi à part la réponse à la question ultime ? C’est le nombre de refus cumulés pour « Vaisseaux de guerre » avant son acceptation…comme quoi il faut parfois persévérer quoiqu’il s’agisse d’une nouvelle assez moyenne.

« Variantes douteuses » est le texte le plus long, quasiment un roman court (oui la phrase semble paradoxale). Une des passions de Martin a toujours été les échecs et il souhaitait publier une anthologie sur le sujet. Il contacta divers auteurs dont Fred Saberhagen, lequel avait eu la même idée…Finalement Martin écrira pour son collègue cette novella incluse dans le recueil « Pawn to Infinity ».

Le recueil se clôt sur « Assiégés », une véritable curiosité puisqu’il s’agit d’une nouvelle version, entièrement réécrite quinze ans plus tard et sous forme science-fictionnelle de la nouvelle historique « Forteresse ». Un cas sans doute pas unique mais cependant suffisamment rare pour mériter le coup d’œil d’autan qu’AU FIL DU TEMPS (le titre est donc bien trouvé) nous présente les deux versions afin de faciliter les comparaisons. Le récit n’est pas le meilleur de Martin mais les interactions entre les personnages sont adroitement gérées et l’intrigue, proche du cycle de LA GUERRE MODIFICATRICE de Fritz Leiber, fonctionne bien avec ses protagonistes qui, en cas de réussite de leur mission d’altération temporelle, cesseront tout simplement d’exister.

Une série de récits plaisants qui permettent de mesurer l’évolution de l’auteur quoiqu’aucun ne soient au niveau des « rois des sables » ou de « Une Chanson pour Lya ». Néanmoins agréable et globalement réussi.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Historique, #Recueil de nouvelles, #science-fiction, #Space Opera

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Publié le 24 Août 2019

STAR WARS - DARK VADOR SEIGNEUR NOIR DES SITH TOME 3 de Charles Soule et Giueseppe Camuncoli

Contenu US: Darth Vader 13-18 et Annual 2, publiés précédemment dans les revues STAR WARS (V2) 11-12 et STAR WARS (V3) 5)

Voici le troisième des quatre tomes prévus de cette série consacrée au Seigneur Noir des Sith. L’arc principal, « Mers de feu » se centre sur Mon Cala, monde aquatique encore peu exploré de la galaxie Star Wars soumis à la tyrannie impériale. Afin d’étouffer tout risque de rébellion, l’Empire dépêche Vador et le Grand Moff Tarkin pour remettre de l’ordre sur cette planète.

La particularité de « Mers de feu » consiste à expliquer les événements qui se dérouleront, 20 ans plus tard, dans la série de comics « Star Wars » et en particulier durant l’arc MUTINERIE SUR MON CALA. A cette occasion, on découvre que certains Jedi sont très proches de l’Obscur dans leurs manigances et que leurs actes sont loin d’être héroïques, ce que l’on soupçonnait déjà au vu des agissements de certains personnages de la nouvelle continuité. Après l’Ordre 66, les Jedi ont dû s’adapter et les derniers survivants n’hésitent plus à prendre des décisions radicales en estimant que la fin justifie les moyens. N’ayant que peu de pages à dispositions, les scénaristes avancent très vite, d’où une impression de précipitation parfois dommageable. Le background reste ainsi peu développé, les scènes d’action occupent une (trop ?) grande partie du récit et la résolution semble expédiée. Ce qui n’empêche pas cet arc de se montrer efficace, bourrin à souhait (la résistance de Mon Cala donne lieu à des scènes de destructions massives qu’on aimerait retrouver dans un futur long-métrage) : star destroyers pour bombarder la planète, stormtroopers et Inquisiteurs pour mener le combat au sol,…Ca explose dans la joie et la fureur.

Artistiquement, la série reste d’un bon niveau général : les combats impressionnent, les vaisseaux et la technologie sont bien rendus et seuls les visages paraissent moins réussis, un peu trop lisses et pas suffisamment caractérisés. Néanmoins, lorsqu’on compare ces dessins aux horreurs vues dans la série parallèle STAR WARS on se dit que ces petits bémols ne sont guère préjudiciables. Un arc dans l’ensemble très appréciable et plaisant quoiqu’il ne s’élève pas vraiment au-dessus d’un bon divertissement bourrin.

STAR WARS - DARK VADOR SEIGNEUR NOIR DES SITH TOME 3 de Charles Soule et Giueseppe Camuncoli

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Marvel Comics, #Star Wars, #Space Opera

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Publié le 21 Août 2019

GUIDE DES GENRES ET SOUS GENRES DE L’IMAGINAIRE d'Apophis

Ce guide, disponible gratuitement en ebook, constitue la version remaniée de treize articles parus sur le blog d’Apophis. Le bonhomme s’est donc lancé dans un projet un peu fou : créer une taxonomie des littératures de l’imaginaire cohérente et érudite en environ 200 pages. Pari un peu fou car selon les pays les définitions varient…et les spécialistes éprouvent également les pires difficultés à s’accorder. Mais ce n’est pas grave car l’important est de permettre aux lecteurs débutants d’avoir un panorama des littératures de l’imaginaire.

Tout d’abord, Apophis distingue science-fiction, fantastique et fantasy en utilisant la « parabole du chat » pour expliquer clairement aux néophytes ce que sont ces genres majeurs de l’imaginaire. Jusque là tout est simple et abordable par tous.

La suite se montre plus pointue et s’adresse davantage aux connaisseurs ou à ceux qui souhaitent élargir leur horizon. On explore ainsi les différentes branches de la fantasy (high, heroic, grim,…), de la SF (militaire, anticipation, space opera, etc.). On aborde aussi les récents développements de la Fantasy qui viennent (enfin !) mettre un peu de nouveauté dans un genre dominé par le médiéval fantastique d’inspiration européenne en situant leur intrigue dans des époques différentes (renaissance par exemple) ou dans des contrées peu communes (Afrique, Inde,…réelle ou fantasmée voire imaginaire).

Les innombrables dérivés du « punk » littéraire sont évidemment couverts : l’ancêtre cyberpunk, le très riche et populaire steampunk, les émergeants biopunk, nanopunk, solarpunk, etc.

A chaque fois Apophis aborde le sous-genre en donnant ses principales caractéristiques : sciences dures vs sciences molles, complexité des personnages, richesses de l’écriture, ancrage spatio temporel, etc.

Tout cela donne parfois l’impression de vouloir couper les cheveux en quatre (ce n’est pas la faute de l’auteur mais bien des romanciers eux-mêmes souvent contents de catégoriser leur œuvre dans un nouveau sous-genre dont ils seraient l’unique représentant…comme le superbe EMPIRE ELECTRIQUE qui se définit comme « Voltapunk ») mais les listes de lecture proposées s’avèrent bien pratiques. D’une part elles aident à situer un sous-genre en proposant des titres connus et, d’autres part, elles offrent une multitude de pistes de lecture pour ceuw qui souhaitent approfondir la « fantasy à mousquets inspirées des TROIS MOUSQUETAIRES » ou « la science-fiction de terre mourante ».

En résumé un guide pratique, complet, ludique et gratuit…Que demander de plus ?

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Publié le 18 Août 2019

LA CROISADE NOIRE DU JEDI FOU TOME 2: LA BATAILLE DES JEDI de Timothy Zhan

Publiée au début des années ’90, bien avant l’annonce de nouveaux films, LA CROISADE NOIRE DU JEDI FOU fut considérée comme le prolongement official de “Star Wars”. Pour les fans il s’agissait des épisodes VII à IX d’une saga qui n’existerait jamais au cinéma. Bien sûr, aujourd’hui, la donne a changé et la série de Timothy Zahn a quitté le « canon » pour devenir « légendaire », remplacée par une autre histoire officielle.

Mais qu’importe, il nous reste la croisade menée par le Grand Amiral Thrawn avec l’aide d’un Jedi fou pour permettre à l’Empire de retrouver sa suprématie sur une galaxie lointaine. Alors que la Nouvelle République menace de s’effondrer chacun cherche à sauver la fragile organisation que peut anéantir un retour des Impériaux. Luke, Leia, Han, Mara Jade et bien d’autres protagonistes apprennent également l’existence de la mythique flotte Katanna, composée de deux cents cuirassés stellaires abandonnés. Qui parviendra à les maitriser et, par conséquent, à s’imposer dans la galaxie ?

Avec ce deuxième volet, Zahn poursuit sa grande intrigue ayant vu, dans L’HERITIER DE L’EMPIRE, le Grand Amiral perdre la première bataille contre les Rebelles. Mais la guerre, elle, est loin d’être perdue…Avec sa flotte perdue et aujourd’hui retrouvée Thran pourrait reprendre l’avantage et réinstaurer l’Empire.

Quoiqu’il s’agisse d’une lecture « facile », l’auteur soigne son intrigue, complexe, et multiplie les personnages et les lignes narratives, lesquelles s’entremêlent subtilement pour annoncer le  troisième et dernier tome où les protagonistes vont s’affronter. Zhan suit les pas de Lando, Han, Luke, Leia, Mara Jade, Thrawn, etc., avançant ses pions comme un joueur d’échec décidé à s’assurer la maitrise du terrain. D’où un rythme soutenu (presque gavant par moment) qui alterne discussions politiques, complots, machinations plus ou moins secrètes et passages d’action avec combats spatiaux « bigger than life ».

Depuis sa publication voici trente ans, LA BATAILLE DES JEDI et l’ensemble du cycle de Thrawn est considéré comme une des meilleures (si ce n’est la meilleure) saga de l’Univers Etendu Star Wars. Pas de mauvaise surprise donc avec ce récit plaisant, rythmé et efficace, plutôt adroit dans ses développements et soutenu par une écriture effective de bon « page turner ». Ce n’est pas un chef littéraire ni un incontournable de la science-fiction mais voici un très plaisant divertissement sci-fi qui plaira aux amateurs de ce vaste et fascinant univers. Une bonne lecture détente.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Space Opera, #Star Wars, #science-fiction

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Publié le 1 Juillet 2019

DARK VADOR LE SEIGNEUR NOIR DES SITH - TOME 2: LES TENEBRES ETOUFFENT LA LUMIERE

Darth Vader (2017) #7-12

Nous reprenons les aventures de Dark Vador quelques temps après « La revanche des Sith », alors qu’il n’est pas encore la créature toute puissante qu’il deviendra par la suite.

Vador doit donc apprendre à agir aux côtés des Inquisiteurs, d’anciens Jedis ayant retourné leur robe pour embrasser le côté obscur. Leur mission consiste à traquer les derniers survivants de l’Ordre 66. Vador n’apprécie guère ces Inquisiteurs mais se voit contraint de les tolérer tandis qu’il essaie de localiser Jocasta Nu, archiviste des Jedi ayant en sa possession des informations vitales. Par la suite Vador montrera aux officiers impériaux qui est le véritable maître.

DARK VADOR LE SEIGNEUR NOIR DES SITH - TOME 2: LES TENEBRES ETOUFFENT LA LUMIERE

Ce second tome nous offre deux arcs intéressants : « les ténèbres étouffent la lumière » (sur 4 épisodes) et le très court mais efficace « La règle des cinq » (2 numéros) qui montrent l’ascension de Vador, sa prise de pouvoir progressive au sein de l’Empire jusqu’à ce qu’il devienne le Seigneur Noir que nous connaissons depuis le premier « Star Wars » voici quarante ans. On repart ainsi aux débuts de l’Empire et à sa façon de s’imposer un peu partout dans la galaxie, nous sommes davantage dans les coulisses avec des luttes de pouvoir et des intrigues plus axées sur la politique (au sens large). Un scénario bien ficelé mis en image avec talent par un dessinateur généralement inspiré (on note quelques approximations au niveau des visages mais sans que cela soit préjudiciable).

Après une première série consacrée à Vador assez inégales, ces nouveaux épisodes réunis sous l’intitulé « Seigneur Noir des Sith » sont, pour l’instant, de belles réussites.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Space Opera, #Star Wars

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Publié le 14 Juin 2019

OPERATION CAY (CHUTE LIBRE) - LA SAGA VORKOSIGAN TOME 1 de Lois McMaster Bujold

Deux cents ans avant la naissance de Mike Vorkosigan, Leo Graf, ingénieur au service de la toute puissante GalacTech, est envoyé dans une station spatiale orbitant autour de la planète Rodeo. Sur place, Leo découvre l’existence de mutants créé par la génétique, les quaddies, qui, privés de leurs jambes, possèdent quatre bras et sont adaptés à l’absence de gravité. Pour GalacTech il s’agit de biens matériels sans valeur mais Leo comprend que les quaddies forment une nouvelle race appelé à un grand avenir. Hélas, une nouvelle technologie antigravité les rend rapidement obsolète et GalacTech les condamne à l’oubli et à une mort prochaine. Refusant ce destin, Leo décide de s’emparer de la station spatiale avec l’aide de quelques humains prenant faits et causes pour les quaddies afin de fonder une colonie libre.

Rattaché à la saga Vorkosigan dont il constitue le premier volet, OPERATION CAY (rebaptisé ensuite CHUTE LIBRE dans l'INTEGRALE VORKOSIGAN) peut parfaitement se lire indépendamment. Il sert en quelque sorte de très lointain prologue au dix-septième volume (!) de la série, IMMUNITE DIPLOMATIQUE, qui nous apprendra ce que sont devenus les quaddies après deux siècles de libre colonie.

Récompensé par un Nebula, nommé au Hugo (Lois McMaster Bujold se rattrapera puisque LES MONTAGNES DU DEUIL, MIKE VORKOSIGAN et BARRAYAR l’obtiendront ensuite, sans compter PALLADIN DES AMES et la série CHALION), voici un roman court et rythmé qui se lit et même se dévore en dépit d’un certain manque d’action dans sa première partie, certes bavarde mais néanmoins plaisante. La deuxième moitié du livre, plus énergique, multiplie les péripéties en suivant les tentatives de Leo pour sauver les quaddies d’une mort annoncée.

OPERATION CAY constitue, au final, un divertissement des plus sympathique et plus intelligent qu’on ne le croit de prime abord. L’auteure aborde les thématiques de tolérance, de mutations et de manipulations génétiques de manière simple mais pas simpliste, frôlant parfois la caricature et le manichéisme mais en offrant une lecture toujours agréable et bien menée. De son côté le style s’avère efficace, professionnel, sans aspérité et les touches d’humour disséminées dans le récit le rendent très plaisant. Parfois, McMaster Bujold la joue émotion, romance et eau-de-rose sans sombrer dans la mièvrerie. Une bonne surprise tout à fait recommandable aux amateurs de Mike Vorkosigan et…même aux autres !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Prix Nebula, #Space Opera, #science-fiction

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