science-fiction

Publié le 14 Mai 2018

GREEN LANTERN REBIRTH TOME 2: ENNEMIS RAPPROCHES

Les conséquences du rebirth voient le corps des Green Lantern en pleine reconstruction, les Verts étant réinstaurés « police de l’univers » et devant s’allier, bon gré mal gré, avec les Jaunes du corps de Sinestro. Logiquement, John Stewart et Soranik se partagent la direction de ce corps unifiés. Pendant ce temps nous suivons les aventures de Kyle Rayner convié par les deux derniers Gardiens de l’Univers à ramener parmi nous un Hal Jordan supposé mort (ah ah ah !).

Alors que les Green Lanterns partent affronter Starro, ils tombent dans un piège puis finissent miniaturisés dans une des fameuses bouteilles de Brainiac. Pour ne rien arranger, l’avaricieux Larfleeze est également de la partie. Heureusement Hal parviendra à sauver la situation et à libérer ses amis de couleurs.

GREEN LANTERN REBIRTH TOME 2: ENNEMIS RAPPROCHES

Un arc simple (sans être simpliste) qui joue avec un certain bonheur la carte de la nostalgie et offre au lecteur une bonne dose d’évasion sans réellement parvenir à innover. Les incessants retours de personnages supposés décédés sapent les bonnes idées d’un récit trop focalisé sur l’action et pas assez sur ses personnages (on retrouve la rivalité coutumière entre les Jaunes et les Verts et les querelles viriles entre les différents Lanterns terriens…bref rien de nouveau sous le soleil). Les auteurs parviennent néanmoins à réinstaurer un status quo « classique » donc les codes deviennent cependant de plus en plus pesants…un peu de changement n’aurait pas fait de mal pour les anciens  lecteurs qui se retrouveront en terrain (trop) balisé.

Si ce deuxième tome ne propose rien de neuf sa lecture n’en reste pas moins agréable, les dessins étant, dans l’ensemble, de qualité. Le rythme alerte et les nombreuses batailles spatiales rendent le récit dynamique à l’image des anciens bouquins de space opera : peu de profondeur ou de surprises mais suffisamment de divertissement pour passer un bon moment.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Comic Book, #Superhéros, #DC, #Space Opera, #Green Lantern

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Publié le 9 Mai 2018

OPÉRATION NAUTILUS - TOME 6 : LE TRÉSOR DE LA PYRAMIDE de Wolfgang Hohlbein

Ecrivain allemand spécialisé dans la littérature « jeunesse », Wolfgang Hohlbein, né en 1953, débute sa carrière dans l’épouvante au début des années ’80. Avec la complicité de son épouse il publie en 1982 un roman de Fantasy, MÄRCHENMOND, qui obtient un grand succès. Depuis, le prolifique romancier qui se dit inspiré par Lovecraft, Tolkien, Poe et King, a écrit plus de deux cents romans, vendu à plus de 40 millions d’exemplaires. Hohlbein, pourtant méconnu en France et en Belgique, est aujourd’hui un des auteurs allemands les plus lus dans le monde, notamment grâce à sa longue saga des CHRONIQUES DES IMMORTELS.

Dans la série OPERATION NAUTILUS, il revisite le mythe du Capitaine Némo, lequel a eu un fils, Mike, qui découvre, à seize ans, son héritage. Mike parcourt ensuite le monde, vingt mille lieues sous les mers, en compagnie de divers personnages dont une jeune princesse atlante et un chat télépathe. Les récits (la saga compte une douzaine de tomes) se déroulent durant la Première Guerre Mondiale et permettent, en puisant à Jules Verne, de s’abreuver à différentes sources du Merveilleux. Ainsi, dans cette sixième aventure, nos héros partent à bord du Nautilus en compagnie de la mystérieuse Lady Granysmith en vue de récupérer un mystérieux trésor ayant coulé avec le Titanic. Un trésor qui pourrait bien être d’origine extra-terrestre.

Voici un roman pour adolescents fort plaisant, à l’intrigue originale, dans lequel l’auteur mêle adroitement vérités historiques, faits avérés, emprunts littéraires (à Verne mais aussi, de manière plus diffuse, à Lovecraft) et imagination délirante (la princesse atlante, le chat télépathe, les aliens) qui contribuent à la réussite de ce récit enlevé mené sur un rythme haletant. Cette bonne surprise donne envie de découvrir les nombreux autres tomes de cette vaste saga d’aventures historico-science-fictionnelles. Très divertissant !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Fantastique, #Aventures, #Jeunesse

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Publié le 4 Mai 2018

2001 ODYSSEE DE L'ESPACE de Arthur C. Clarke

Pour le grand public, 2001 ODYSSEE DE L’ESPACE reste sans doute le plus célèbre roman d’Arthur C. Clarke. Rappelons que Stanley Kubrick souhaitait réaliser un grand film de science-fiction épique et qu’il finit par puiser sa source d’inspiration dans une nouvelle de Clarke, publiée en 1951, « La sentinelle ». A partir de cette base Clarke et Kubrick rédigent un scénario dont l’écrivain tire parallèlement un roman édité peu après la sortie du long-métrage.

Le récit se veut plausible et réaliste quoique l’auteur prévienne dès l’introduction : « il s’agit d’une fiction et la vérité sera bien plus étrange ». Le roman, assez court (188 pages) se divise en six chapitres de longueur à peu près égale. Nous commençons notre voyage aux temps préhistoriques, durant « la nuit ancestrale », où un homme-singe, Guetteur de Lune, entre en contact avec un monolithe transparent qui lui envoie d’étranges images mentales : la frustration apparait dans l’esprit de Guetteur de Lune qui décide d’utiliser des outils pour affronter un léopard puis le chef d’une tribu rivale. L’Homme a appris à maitriser son environnement : il « était maître du monde et il n’était pas sûr de ce qu’il devait faire. Mais il lui viendrait bien une idée ».

Nous allons ensuite rencontrer le Dr Heywood Floyd en route pour la base lunaire Clavius, placée en quarantaine suite à une probable épidémie. En réalité, cette mise au secret est justifiée par une découverte au centre du cratère Tycho dénommé AMT 1 (pour Anomalie Magnétique de Tycho N°1) : un monolithe noir parallélépipédique dont les dimensions obéissent très exactement au rapport 1 / 4 / 9 (le carré des 3 premiers nombres premiers). L’Homme vient de découvrir la preuve de l’existence d’une vie extraterrestre et l’objet lance un flux d’énergie en direction des étoiles.

Toutes les analyses, toutes les tentatives pour déterminer l'origine ou la nature de cet « objet » se sont révélées infructueuses. Aucune des hypothèses faites à son sujet n’est totalement satisfaisante. C’est un mystère total. Mais des certitudes existent : le monolithe n’est pas d’origine humaine et il a été enfoui il y a trois millions d’années. Lorsque Floyd se rend sur place pour le voir de ses propres yeux, il ne peut rien conclure d’autre.

Quelques temps plus tard un voyage spatial « entre les planètes » est organisé : la vie routinière de David Bowman et Frank Poole est perturbée par la rébellion de l’ordinateur de bord Carl 9000, normalement incapable de la moindre erreur. Après avoir « accidentellement » tué Poole et les trois membres de l’équipage encore en hibernation, l’ordinateur est déconnecté par Bowman. Celui-ci continuera son voyage vers Saturne et franchira la « Porte des Etoiles » pour aboutir à un autre monde en ne laissant à la Terre, en guise d’ultime message, qu’un mystérieux « Oh ! Mon Dieu ! C’est plein d’étoiles ! »

Si le roman et le film sont similaires (il existe de menues différences mais celles-ci sont insignifiantes sur le déroulement du récit), le livre se montre plus explicatif que sa version cinématographique, offrant quelques réponses supplémentaires à ceux qui trouvaient la réalisation de Kubrick trop absconse. Toutefois, 2001 (le livre) se montre un peu trop descriptif pour que l’ennui ne pointe pas à l’une ou l’autre reprise, surtout lorsqu’on a vu (et revu) son adaptation cinématographique. Il constitue cependant un honnête complément au long métrage dont il éclaire certaines zones d’ombre pour les plus cartésiens. Mais, d’un point de vue purement littéraire, nous sommes loin des plus grandes réussites de Clarke et de l’émerveillement suscité par ses classiques comme, par exemple, RENDEZ VOUS AVEC RAMA. A découvrir néanmoins pour les amateurs de science-fiction qui voudront prolonger le voyage avec ses trois suites qualitativement supérieures.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #anticipation, #Arthur C. Clarke

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Publié le 3 Avril 2018

LE VOLCRYN de George R.R. Martin

Avant d’obtenir gloire et fortune avec sa saga du TRONE DE FER, George R.R. Martin était déjà un écrivain réputé, spécialisé dans la nouvelle et le roman court (ce qui, aujourd’hui, peut surprendre). Il a ainsi obtenu quatre fois le Hugo (deux fois pour des nouvelles, deux fois pour des novellas), seize (!!!) fois le Locus (pour des nouvelles, novella, romans, anthologies, etc.), deux fois le Nebula, deux fois le World Fantasy, etc. Bref, une riche carrière loin de Port Real récemment mise en lumière par le très épais recueil R.R.ETROSPECTIVE. L’indispensable SCIENCE-FICTIONNAIRE de Stan Barets affirmait même que Martin touchait à l’excellence dans les textes courts…c’était avant les 2345 tomes de sa saga fétiche.

Originellement écrite en 1980 sous la forme d’une novella de 23 000 mots, le VOLCRYN fut allongé l’année suivante pour atteindre 30 000 mots, Martin pouvant dès lors donner davantage d’épaisseur aux personnages secondaires du récits. Nominé pour le Hugo, le roman court gagna le prix Locus ainsi que le prix des lecteurs de la revue Analog. Des récompenses méritées.

En 160 pages, Martin nous conte le récit d’une poignée d’astronaute embarqués à bord du vaisseau spatial Armageddon pour aller à la rencontre des Volcryn, une mystérieuse race extraterrestre parcourant l’espace depuis des millénaires. Cependant, à bord du vaisseau, la tension grimpe rapidement : des faits étranges surviennent, des morts endeuillent le voyage et chacun s’interroge sur la réelle nature du commandant, Royd Eris, qui refuse de se montrer physiquement et n’interagit que via son hologramme.

Voici un petit roman d’aventures spatiales fort plaisant et teinté d’angoisse : l’intrigue, guère originale, fonctionne cependant efficacement : les personnages sont bien typés (quoique sans développements trop pesants), le rythme est alerte, les rebondissements nombreux et tout cela rappelle les meilleurs récits de l’âge d’or, lorsque les romanciers de SF se préoccupaient davantage d’efficacité et moins de longues explications pseudoscientifiques. L’univers reste donc crédible mais ne s’embarrasse pas de fatigantes descriptions façon « hard science », les protagonistes sont brossés de manière succincte mais mémorables et l’auteur joue la carte du huis-clos façon « maison hantée » en enfermant ses héros avec une intelligence « artificielle » (n’en disons pas plus) menaçante. Martin retrouve ici le sense of wonder originel en détaillant ce périple spatial à la rencontre d’une forme de vie totalement différente de l’humanité dont, au final, nous n’apprendrons pas grand-chose car l’intérêt est ailleurs. L’auteur assume ses influences (en particulier la partie centrale de « 2001 Odyssée de l’espace » et, plus lointainement, « Alien »), annonce quelques réussites de la SF cinématographique comme « Event Horizon » et offre au lecteur une bonne soirée de divertissement. Pas de raison de s’en priver pour les fans de science-fiction et les curieux décidés à découvrir la partie immergée de « l’iceberg » Martin.

A noter qu’il existe une (peu réputée) adaptation cinématographique tournée en 1987 et que, dans un futur proche, la novella devrait donner lieu à une série télé chez Syfy.

LE VOLCRYN de George R.R. Martin

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Roman court (novella), #Prix Loucs

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Publié le 30 Mars 2018

LES GARDIENS DE LA GALAXIE - INTEGRALE 3 (1990) de Jim Valentino

Cette copieuse intégrale constitue la troisième que Panini consacre au groupe atypique des Gardiens de la Galaxie. Des héros créés dans les sixties (voire même à la fin des années 50 pour Groot) et qui connurent deux incarnations majeures. Celle-ci est la première, différente de l’équipe rassemblée autour de Starlord et rendue célèbre par les longs-métrages à succès.

 

Les premières pages sont donc quelque peu déstabilisantes : il faut découvrir des personnages aujourd’hui complètement oubliés et assez stéréotypés, les derniers survivants de diverses colonies terriennes combattant, au XXXIème siècle, diverses menaces cosmiques et en particuliers les redoutables extraterrestres Badoons. Nous apprenons ainsi à mieux connaitre le destin tragique de Vance Astro avant de découvrir Charlie 17, Starhawk, Yondu, Martinex, etc. L’idée est sympathique, quelque peu dans l’esprit space opéra de la Legion of Super Heroes de la concurrence, mais pas franchement transcendante.

 

La suite, cependant, se montre plus intéressante, une fois passé le cap de la narration « d’époque » et des dessins pas toujours réussis (ils sont tout à fait passables mais sans éclat) assortis d’une colorisation flashy aujourd’hui désuète. Pourtant, peu à peu, on se prend au jeu d’une intrigue feuilletonnesque aussi classique que plaisante, riche en action et en rebondissement. Les Gardiens partent ainsi à la recherche d’un symbole mythique de liberté qui se révèle être le bouclier de Captain America, leur principale source d’inspiration.

 

Jim Valentino, qui allait bientôt s’en aller fonder Image Comics, assure le dessin et le scénario de ces histoires légèrement naïves mais également rafraichissantes et qui, au final, offrent un réel plaisir de lecture. On note aussi de belles idées, par exemple cette race extraterrestre ayant récupéré la technologie d’Iron Man et s’appelant les Starks. Après avoir pollué leur planète nos aliens en armure s’en vont conquérir l’univers. On retrouve également Vision, devenu un ordinateur vivant dénué de corps.


 

 

LES GARDIENS DE LA GALAXIE - INTEGRALE 3 (1990) de Jim Valentino

Si les 7 épisodes de « Guardians of the Galaxy » occupent la première partie de ce recueil, la suite (près de 150 pages) se révèlent un gros morceau franchement enthousiasmant qui se compose de quatre annuals : l’annual 24 de Fantastic Four, l’annual 16 de Thor, l’annual 4 du Silver Surfer et, enfin, le premier annual des Gardiens. Un récit épique, suite à la fameuse saga de Korvac, que les Gardiens vont combattre à différentes époques en compagnie des plus grands héros de l’univers Marvel : les 4 Fantastiques, le Thor du futur et le Surfer. En effet, Korvac, juste avant d’être frappé par l’annihilateur ultime de Galactus, parvient à transférer sa force vitale et son immense pouvoir dans le corps d’un de ses lointains ancêtres. D’où une suite de combats dantesques mais également une réelle recherche, une caractérisation soignée des personnages et une inventivité constante. Si la première moitié de cette intégrale est divertissante, cette seconde se révèle carrément excellente et constitue une superbe saga qui invite le lecteur à un voyage sans répit dans le temps et l’espace.

 

Un bon moment de lecture.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics, #Space Opera

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Publié le 29 Mars 2018

UNE FILLE BRANCHEE de James Tiptree Jr
UNE FILLE BRANCHEE de James Tiptree Jr

Ce court roman a été écrit par Alice Shelton sous son pseudonyme de James Tiptree Jr et a obtenu le Prix Hugo dans cette catégorie « novella » en 1974.

L’intrigue, située dans un futur crédible prend place dans une société entièrement contrôlée par les multinationales mais ayant banni l’envahissante publicité d’antan. Cependant les grandes compagnies n’ont pas tardé à réagir en multipliant les « placements de produits » assurés par des célébrités diverses. Après une tentative de suicide, la jeune Philadelphia Burke, 17 ans et souffrant d’une maladie dégénérative sévère, est choisie pour « incarner » une célébrité fabriquée, la superbe Delphi. Cette jeune femme parfaite conçue en laboratoire est une enveloppe « vide » sans esprit ni émotion. Burke va lui donner « vie » en la contrôlant à distance, telle une simple marionnette, pour en faire l’absolu fantasme et objet d’adoration du monde. Stratégiquement placée sur le tournage d’un documentaire, Delphi y fait sensation et, aussitôt repérée, devient une star internationale. Elle tourne rapidement dans des feuilletons télévisés à succès dans lesquels elle impose ses choix (en réalité ceux dictés par les multinationales) et encourage les spectateurs à consommer certains produits bien précis. Mais, sur un tournage, le riche Paul Isham tombe amoureux de Delphi, ignorant qu’elle n’est qu’une enveloppe physique pour la pauvre Phil.  

Récit très cynique (le lecteur est souvent moqué ou qualifié de « zombie ») décrivant une dystopie réaliste, UNE FILLE BRANCHEE constitue une indéniable réussite de la science-fiction spéculative. Le monde de demain, dans lequel des « célébrités » fabriquées de toutes pièces possèdent un pouvoir décisionnel immense et dont le moindre choix vestimentaire (ou autre) se voit imité par des cohortes de spectateurs passifs semble, en 2018, encore bien plus crédible qu’en 1974. Encore plus lorsqu’on apprend qu’un tweet de Kylie Jenner, considérée avec ses 95 millions d’abonnés comme une des personnalités les plus influentes du monde aurait fait chuter l’action Snapchat d’un milliard de dollar. Bref, le règne des personnes « célèbres parce qu’elles sont célèbres ».

UNE FILLE BRANCHEE est donc un grand texte totalement visionnaire et excellement mené, à découvrir, en français, dans LE LIVRE D’OR DE JAMES TIPTREE Jr.

Enfin, signalons que la novella a été adaptée à la télévision dans le cadre de la série « Welcome to Paradox ».

UNE FILLE BRANCHEE de James Tiptree Jr
UNE FILLE BRANCHEE de James Tiptree Jr

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Prix Hugo, #Roman court (novella)

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Publié le 27 Mars 2018

RENDEZ-VOUS AVEC MEDUSE d'Arthur C. Clarke

Cette novella d’Artur C. Clarke, originellement publiée dans Playboy, remporta en 1972 le Nebula Award. Bien plus tard, en 2016, Alastair Reynolds et Stephen Baxter lui donnèrent une suite, sous forme de roman, avec THE MEDUSA CHRONICLES.

Howard Falcon est le capitaine d’un nouveau dirigeable expérimental, le Queen Elizabeth IV, qui, tel le Hindenburg un siècle et demi plus tôt, s’écrase lors de son vol d’essai au-dessus du Grand Canyon. Falcon, grièvement blessé, demande, quelques années plus tard, à explorer l’atmosphère de Jupiter. L’expédition découvre ainsi l’existence d’étranges formes de vie, des sortes de raies-mantas et une gigantesque créature ressemblant à une méduse.

Clarke joue ici la carte du mystère et de l’étrangeté : comment aborder l’atmosphère jovienne qui semble, par essence, impossible à explorer de manière conventionnelle ? Le romancier plonge le lecteur dans les nuages chargés de gaz, au cœur des tempêtes électriques, et le guide vers la découverte d’une forme de vie radicalement différente, tout comme il le fera plus tard dans son classique RENDEZ VOUS AVEC RAMA.

Certains passages de la nouvelle annonce aussi les différentes séquelles données par Clarke à son fameux 2001 et, en particulier, l’excellent 2010 écrit une dizaine d’années après ce RENDEZ VOUS AVEC MEDUSE.

Le récit mélange avec un certain bonheur hard science (Clarke décrit avec soin l’équipement nécessaire à ce voyage vers Jupiter) et sense of wonder (les extra-terrestres sont très originaux) tout en y ajoutant quelques touches plus spéculatives sur le devenir de l’homme lors d’une conclusion surprenante empreinte de questionnement un brin philosophique.

Récompensée par le Nebula, voici donc un court roman (également connu sous le titre FACE A FACE AVEC MEDUSE) de belle tenue qui se lit avec beaucoup de plaisir et d’émerveillement. Une réussite supplémentaire pour celui qui fut, sans contestation possible, un des plus grands auteurs de science-fiction du XXème siècle.  

 

Publiée dans de nombreuses anthologies, la novella se retrouve forcément dans la très copieuse INTEGRALE DES NOUVELLES dont nous reparlerons ultérieurement.

Publiée dans de nombreuses anthologies, la novella se retrouve forcément dans la très copieuse INTEGRALE DES NOUVELLES dont nous reparlerons ultérieurement.

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Publié le 26 Mars 2018

NOUS SOMMES LES GARDIENS DE LA GALAXIE

Les Gardiens de la Galaxie existent depuis 50 ans puisqu’ils ont effectué leurs débuts en 1969. Et certains de leurs membres sont même antérieurs : le célèbre Groot est ainsi apparu dans les pages de « Tales to Astonish » en 1960 sous la forme d’un végétal extra-terrestre décidé à envahir la Terre.

 

Les Gardiens eux-mêmes sont rassemblés à la toute fin des années 60 pour combattre les envahisseurs reptiliens Badoons dans le lointain futur, aux alentours de l’an 3 000. A cette époque ils sont les derniers survivants de diverses colonies terriennes et l’équipe comprend Charlie 27, un colosse originaire de Jupiter, Martinex, un plutonien à la peau cristalline, l’archer Yondu et, enfin, un astronaute venu du XXème siècle et ayant passé 1000 ans en hibernation, Vince Astro. D’autres membres, comme l’étrange Star Hawk (surnommé Celui qui sait) vont les rejoindre et les Gardiens, voyageant dans le temps et l’espace, feront des apparitions ponctuelles dans plusieurs publications Marvel, en particuliers lors de la Saga de Korvac où ils sont associés aux Avengers (et réédité dans LES GARDIENS DE LA GALAXIE – INTEGRALE 2).

 

L’anthologie doit donc effectuer de grands bonds temporels tant les Gardiens ne furent, durant près de quatre décennies, que des vedettes invitées dans les pages de Marvel Super-Heroes, Marvel Two-in-One, Marvel Presents. La plupart des récits dans lesquels ils interviennent constituent, en outre, de grandes et longues sagas, d’où la difficulté coutumière du recueil à sélectionner des histoires qui se suffisent à elles-mêmes. Cependant, dans l’ensemble et grâce aux textes d’accompagnement plutôt bien écrits et éclairants, le lecteur parvient à suivre ces récits dont certains n’ont plus aujourd’hui, il faut bien l’avouer, qu’un intérêt historique pour les plus curieux.

 

NOUS SOMMES LES GARDIENS DE LA GALAXIE

La relance de 2008 sera donc une bénédiction pour les Gardiens qui intègrent à cette époque Star Lord, Drax le destructeur, la dangereuse Gamora, Adam Warlock, Quasar et le mignon Rocket Raccoon, par la suite rejoint par Dragon Lune, Mantis, Groot et même Vance Astro qui assurera une certaine continuité avec la première équipe. Les intrigues sont meilleures, l’action fonctionne, tout comme les notes d’humour, ce qui n’empêche pas cette seconde mouture des Gardiens de ne durer que deux ans, fréquentant les excellents crossovers cosmiques ANNIHILATION.

 

Il faut attendre 2013, sous la plume de Brian M. Bendis, le scénariste star de la Maison des Idées, pour que les Gardiens trouvent leur formation la plus connue, celle illustrée dans les longs-métrages récemment sortis. D’où quelques plaisants épisodes racontant les origines de Star Lord ou invitant Iron Man a un petit tour de l’univers.

 

Toute cette histoire, franchement méconnue (peu connaissait ces personnages avant la sortie des films, encore moins étaient au courant de leur passé), donne un copieux album de plus de 300 pages proposé à un prix modique (22 euros). Evidemment, il y a à boire et à manger mais, globalement, NOUS SOMMES LES GARDIENS DE LA GALAXIE réussit son pari de défricher un demi-siècle d’aventures spatiales.

NOUS SOMMES LES GARDIENS DE LA GALAXIE

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics, #Space Opera

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Publié le 23 Mars 2018

UN PONT SUR LA BRUME de Kij Johnson

De par son format batard (trop long pour une nouvelle, trop court pour un roman sauf si on s’appelle Amélie Nothomb), la novella a connu des publications difficiles. Bien des classiques sont encore inédits ou ne furent publiées que dans des revues spécialisées. Dans le meilleur des cas on a pu les découvrir dans des recueils, accompagnées de trois ou quatre textes courts souvent choisis sans grand soucis de cohérence. Saluons donc les Editions Le Belial’ pour en proposer un joli florilège via leur collection « Une heure lumière » (dont on peut toutefois regretter le prix excessif) sous de jolies couvertures harmonisées. UN PONT SUR LA BRUME y est donc disponible et il eut été dommage de laisser dans l’ombre un texte d’une telle qualité.

Prix Hugo, prix Nebula, prix Asimov, Grand prix de l’imaginaire…une belle collection de récompense pour ces PILIERS DE LA TERRE version science-fantasy. Un empire de tout temps coupé en deux par un fleuve de brume peuplé de mystérieux et redoutables géants. Pour aller d’une rive à l’autre il faut se résoudre à emprunter le bac, ce qui n’est pas sans risque. Kit Meinem d'Atyar, le meilleur architecte du royaume, se voit donc confier la tâche titanesque de bâtir un pont sur la brume et de relier les deux parties de ce monde divisé.

En une centaine de page, l’auteur(e) livre une belle aventure humaine, un récit très plaisant qui laisse la part belle à l’émotion tout au long des nombreuses années nécessaires à l’achèvement de ce monumental chantier architectural. L’écrivain s’intéresse à la personnalité de Kit et à son évolution au fur et à mesure des peines, épreuves et joies qui jalonnent la construction de ce pont gigantesque, lequel aura une influence déterminante sur l’avenir de cette société. En effet, par ce lien entre deux parties du monde jusque-là séparées, la société sera radicalement transformée.

« Un pont remplit une fonction. Il n’a d’importance que par ce qu’il accomplit. Il relit un endroit à un autre. Si tu fais bien ton travail, les gens ne le remarqueront même pas. »

Couronné du Hugo et du Nebula, UN PONT SUR LA BRUME constitue une bien belle lecture qui aurait pu donner lieu à une vaste fresque étant donné la richesse d’un background à peine évoqué (la brume, les géants, ce royaume scindé en deux, ses personnages dont le patronyme s’identifie à la fonction) et les années nécessaires à la construction du pont. Kij Johnson, au contraire, choisit la concision et offre un excellent petit roman où chaque mot est pesé, chaque phrase ciselée. De la bel ouvrage, hautement recommandé à tous les amateurs de fantasy et de science-fiction.

UN PONT SUR LA BRUME de Kij JohnsonUN PONT SUR LA BRUME de Kij Johnson

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Publié le 13 Mars 2018

GREEN LANTERN REBIRTH – LA LOI DE SINESTRO

Comme les autres séries de l’écurie DC, GREEN LANTERN se paie, lui aussi, son rebirth après diverses péripéties pas toujours très faciles à suivre. Heureusement, Urban facilite la compréhension de ses lecteurs en résumant la situation : depuis la fin de la précédente série Hal Jordan a vécu plusieurs aventures (publiées dans des hors-séries) tandis que le Corps s’est perdu dans le temps et l’espace à l’occasion de deux mini séries inédites en français.

Puisque l’univers ne possède plus sa police galactique, un « homme » a occupé le terrain en régnant par la peur. Qui ? Sinestro bien sûr, à la tête du corps des redoutables et terrifiants Yellow Lanterns. Fatigué et vieilli, le dictateur moustachu intègre l’entité Parallax et devient surpuissant, ce qui n’est guère du goût de sa fille Soranik. Hal Jordan, de son côté, accède lui aussi à un nouveau niveau de puissance, au point qu’il est capable de prodiges en tous genres et même de se confectionner un nouvel anneau. Il met la pâtée aux Yellow Lanterns, ce qui énerve Sinestro, bien décidé à le stopper. Belle Moustache ne se sent plus de joie lorsque ses sbires lui apprennent la capture du Green Lantern mais, pas de bol, il ne s’agit pas de Jordan mais bien du toujours charmeur Guy Gardner. Cela voudrait-il dire que les Verts sont de retour dans la galaxie ?

GREEN LANTERN REBIRTH – LA LOI DE SINESTRO

En sept chapitre, ce rebirth (sous la bannière HAL JORDAN AND THE GREEN LANTERN CORPS) revient aux fondamentaux avec une intrigue ultra classique : le Corps est absent, Hal Jordan se balade, Sinestro a pris le pouvoir,…Du déjà lu et relu.

On note d’ailleurs le nombre élevé de dessins « pleine page » : c’est joli et ça contente le lecteur ayant soif de combats. Seulement lorsqu’un numéro se trouve constitué pour moitié de pleine page tout cela manque un peu de profondeur pour intéresser vraiment et les 192 pages se lisent un peu trop rapidement pour rester durablement en mémoire. Pourtant, si on accepte le postulat « blocbbuster space opéra » de ce tome, l’ensemble reste globalement agréable : l’histoire, certes classique et sans surprise, demeure agréable, facile à lire (y compris par les néophytes de l’univers Green Lantern) et bien dessinée par deux artistes au style assez proche, ce qui évite les ruptures d’unités désagréables.

Ces sept épisodes semblent surtout destinés à permettre à la série de repartir d’un bon pied dans un style cosmique et épique traditionnel. On peut donc les considérer comme réussis puisqu’ils donnent envie de poursuivre la lecture des aventures de Jordan et ses petits amis émeraudes.

Contenu : Hal Jordan and the Green Lantern Corps #1-7: Sinestro's Law

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Comic Book, #Superhéros, #DC, #Space Opera, #Green Lantern

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