science-fiction

Publié le 9 Août 2023

LE TEMPS D'UN SOUFFLE, JE M'ATTARDE de Roger Zelazny

Ecrite en 1966, cette longue nouvelle / très court roman de Zelazny s'intéresse, avec 50 ans d'avance, au thème de l'intelligence artificielle. Ici, un ordinateur très puissant s'interroge sur ce qui définit l'humanité.

Tout comme le fameux HOMME BICENTENAIRE d'Asimov, Gel, le super calculateur désire devenir humain. Cette quête l'occupe durant des siècles. Car l'Homme a disparu et la Terre a été ravagée par une catastrophe. Dès lors, avant de disparaitre, l'Homme a inventé des machines pensantes chargées de rebâtir le monde. L'une d'elle, Gel, la plus puissante, se questionne et utilise une partie de son temps libre afin d'en savoir plus sur ses créateurs. Qu'est-ce qu'une émotion, se demande la machine? Ce qu'il voit est-il de l'art ou du cochon?

En une cinquantaine de pages, Zelazny livre une réflexion globalement toujours pertinente sur les questions de l'humanité et de l'intelligence artificielle. Comme le texte précité d'Asimov ou d'autres de Simak à la même époque, l'auteur cherche moins le côté scientifique / technique / prophétique que l'émerveillement poétique du récit. Finalement, il traite plus de l'Homme (pourtant absent) que du robot.

Cette novella, parait-il la préférée de l'auteur, fut publiée une première fois dans le LIVRE D'OR consacré à l'auteur en 1983. Jamais rééditée depuis, elle est ici republiée assortie d'une série de commentaires sur le contexte de l'histoire et ses implications pour la science-fiction. Une belle initiative de la part de la collection "dyschronique" du Passager Clandestin qui permet de redécouvrir des textes oubliés de façon intéressante et ludique accompagnés de « bonus » souvent plaisants.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Novella (roman court)

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Publié le 27 Juillet 2023

DARWINIA de Robert Charles Wilson

Robert Charles Wilson est un des meilleurs écrivains de SF de notre époque, grand spécialiste des récits vertigineux basés sur le "high concept". On lui doit ainsi d'incroyables réussites comme SPIN, BLIND LAKE ou LES CHRONOLITHES, entre hard science et sense of wonder. L'auteur part souvent d'une idée forte, susceptible de développements immenses et d'intrigues incroyablement surprenantes. Une fois encore DARWINIA démarre très fort: dans cette uchronie, l'Europe disparait complètement en 1912. Où sont passé les habitants, les villes, les bâtiments? Personne ne le sait. A la place du continent disparu existe à présent la Darwinie, une terre inexplorée que vont tenter d'explorer, puis de coloniser, les humains.

Avec DARWINIA, le romancier décloisonne les genres: aventures, roman historique, romance, uchronie, science-fiction, voire fantasy…Tout parait donc pour le mieux…oui mais, en fait, l'ensemble peine quelque peu à convaincre. Nous avons, d'un côté, les aventures d'un jeune candide, le photographe Guilford Law, partit découvrir ce nouveau monde avec sa faune dangereuse, sa flore étrange, ses mystères, etc. Un récit façon "monde perdu" dans la lignée de Burroughs (fréquemment mentionné dans le texte) ou même de Verne (idem). Mais, l'auteur s'intéresse également à l'épouse (qui se croit veuve) du héros, laquelle refait sa vie de son côté. Et à un étrange personnage habité par une sorte de dieu extraterrestre. Ces trois lignes narratives sont entrecoupées par une série d'interludes métaphysiques, philosophiques et, surtout, un peu abscons et inutiles.

DARWINIA n'est pas un mauvais roman, loin de là, et certaines idées sont mêmes brillantes avec des questionnements sur l'immortalité, la place de la religion (plus à même de pouvoir "expliquer" ce "miracle" que la science, totalement larguée) mais l'ensemble reste un brin boiteux. Le bouquin semble se perdre dans les différentes pistes évoquées et l'uchronie laisse à désirer: certes l'Europe a disparu et la Darwinie devient une sorte de colonie des Etats-Unis tout puissants mais que se passe t'il dans le reste du monde?

Le roman s'annonçait comme une "simple" aventure uchronique où une poignée d'explorateurs allaient découvrir un continent nouveau mystérieux. Wilson fait plus que ça et cette partie n'occupe, en réalité, qu'environ un tiers du récit. Hélas le reste n'est pas aussi intéressant que prévu: trop de digressions, une intrigue à base de dieu extraterrestre poussive et des interludes nourris de techno babillages épuisants. On en ressort donc plus déçu que convaincu même si le talent de l'auteur sauve globalement les meubles: à condition de survoler les insupportablement ennuyeux "interludes", DARWINIA reste un honnête roman de science-fiction. Mais, de la part de Robert Charles Wilson, on espérait mieux.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Uchronie

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Publié le 6 Juin 2023

L'ENFANT QUI GROGNAIT de John Coyne

Romancier spécialisé dans l'horreur, John Coyne a été peu traduit chez nous (quatre romans dont la novélisation de "Psychose Phase 3") mais L'ENFANT QUI GROGNAIT démontre une imagination assez délirante. L'intrigue se situe dans une typique petite ville de banlieue américaine dans laquelle, normalement, il ne se passe jamais rien. Or des meurtres d'enfants surviennent et une séduisante médecin célibataire, Sara, mène l'enquête. Par la suite, elle est attaquée par une force surnaturelle qui lui donne des orgasmes dévastateurs (!), lesquels deviennent de plus en plus violent au point de menacer de la tuer. Sara se rend compte que la plupart des femmes de la ville connaissent de semblables…expériences. Se pourrait-il que tout soit lié à la présence d'une jeune fille autiste qui "grogne" de manière menaçante?

John Coyne mêle ici plusieurs thématiques assez originales: outre les "orgasmes tueurs venus d'ailleurs", nous avons une autiste transformée en ordinateur vivant par des extra-terrestres, un temple druidique enterré et des théories pseudoscientifiques où intervient la télékinésie et les Anciens Astronautes. Le tout se montre plutôt plaisant et souvent divertissant. Bien sûr, l'auteur part dans tous les sens, ne semble pas toujours sûr de la manière dont il va retomber sur ses pattes (et parfois n'y arrive pas vraiment) mais avance tout de même sans se démonter, adoptant parfois une attitude "plus c'est gros plus ça passe" pour faire clopiner son récit, bon gré mal gré. Pressé par le temps (et les 250 pages reglementaires), il accélère pied au plancher dans les 50 dernières pages et fonce vers sa conclusion science-fictionnelle quasi apocalyptique. Pratiquement du X-Files avant l'heure et une classique fin ouverte sous forme de "watch the skies! Watch the skies!".

Avec L'ENFANT QUI GROGNAIT, Coyne ne cherche pas à pondre un chef d'œuvre mais simplement à livrer un divertissement rondement mené entre épouvante, science-fiction et thriller, sans oublier l'inévitable romance. Très agréable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #J'ai lu Epouvante, #Fantastique, #Horreur, #science-fiction

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Publié le 3 Juin 2023

Rédigé par hellrick

Publié dans #Novella (roman court), #science-fiction, #Humour, #Dystopie

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Publié le 22 Mai 2023

DARKFALL de Stephen Laws

Apparu sur la scène fantastique durant les glorieuses eighties, le Britannique Stephen Laws a publié de nombreux romans dont une demi-douzaine furent traduits chez nous. Des bouquins classiques mais efficaces et rondement menés, entre thèmes traditionnels et passages gore, tels LE VEUR ou TRAIN FANTOME. Situé durant la nuit de Noel, DARKFALL place une poignée de protagonistes dans un immeuble pour une soirée de festivités et de beuveries. Mais, suite à une étrange tempête, nos fêtards disparaissent. Que leur est-il donc arrivé ? C’est la question à laquelle une équipe de spécialistes des phénomènes paranormaux va tenter de répondre.

DARKFALL emprunte plusieurs chemins : polar, thriller parano-conspirationniste, action en huis clos, science-fiction et horreur indicible, sans oublier une pincée de romance. Une sorte de croisement entre X-Files et Lovecraft qui rappelle quelque peu le film « Philadelphia Experiment » ou les bouquins SPECTRES de Dean Koontz, BRUME de Stephen King et DEMENCES de Graham Masterton. Il y a pire références.

Malheureusement, si la première moitié fonctionne très plaisamment, la seconde partie du roman parait beaucoup plus routinière. Les réponses ne sont pas toujours à la hauteur des questionnements esquissés dans les précédents chapitres et les personnages semblent trop caricaturaux et clichés pour convaincre complètement.

DARKFALL est une belle réussite durant environ 200 pages puis le roman perd don énergie, son rythme et, pour tout dire, une bonne part de son intérêt. Ce qui avait débuté comme un récit d'épouvante angoissant et tendu devient une sorte de gloubi-boulga science-fictionnel aux frontières de la parodie. Stephen Laws a livré de bien meilleurs romans que ce DARKFALL au final décevant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Fantastique, #science-fiction, #J'ai lu Epouvante

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Publié le 16 Avril 2023

L'OEUF DU DRAGON de Robert Forward

Originellement publié en 1980 aux Etats-Unis, ce roman fut par la suite édité en France chez Ailleurs et Demain en 1984 et en poche en 1990. Il est cette fois réédité chez Mnemos agrémenté d'une série d'indications techniques sur l'univers développé et d'une interview de la fille de l'auteur, décédé en 2002. Le récit se situant à l'origine en 2020, les dates ont été légèrement modifiées pour rester dans un "futur proche".

Ce roman est de la pure Hard Science avec les qualités et les défauts inhérents au genre. L'intrigue traite d'un corps céleste détecté dans le système solaire. Une expédition part à sa rencontre et découvre une civilisation intelligente. Jusque là pas de grande originalité, nous sommes dans le classique "premier contact" cher à le SF. Oui mais…sur ce corps céleste, en réalité une étoile à neutron de 20 km de diamètre à la densité inimaginable, une civilisation s'est développée. Ses minuscules habitants, les Cheelas, le temps s'écoule relativement un million de fois plus vite que sur Terre. Difficile, dès lors, de communiquer avec des êtres dont l'existence entière, pour un humain, semble ne durer que 30 minutes. Pourtant, il y aurait surement beaucoup de choses à tirer de cette civilisation qui progresse également un million de fois plus vite que la nôtre. Des tribus idolâtres peinant dans le désert à la propulsion supraluminique, les cheelas parcourent l'échelle de l'évolution… en quelques jours "terriens".

L'ŒUF DU DRAGON est un bouquin parfois passionnant et parfois rébarbatif. La moitié du récit se consacre à l'évolution des cheelas, ce qui se montre tour à tour intéressant et convenu, avec l'émergence d'une religion organisée, les expéditions d'exploration, etc. Les créatures fascinent avec leur douze yeux, leur apparence de crêpes aplaties de quelques millimètres, leurs nombreux pédoncules, leur sexualité active et leur découverte des bases mathématiques, sur une base douze. Malgré la différence radicale entre les Humains et les cheelas, Forward joue donc la carte d'un certain anthropomorphisme pour nous rendre acceptable son récit. L'Histoire des cheelas mimique ainsi la nôtre, avec ses tentations dictatoriales et sa religion monothéiste basée sur une étrange bénédiction (un balayage laser) et un prophète qui se déclare Elu de Dieu.

L'écriture de Forward est typiquement hard science: si les concepts sont ici abordables, la manière de les présenter n'est pas toujours évidente pour le lecteur "de base". Les dialogues s'avèrent rudimentaires, en particulier du côté des humains, pas spécialement attachants. Nous avons un équipage ultra éduqué, multiculturel et, autant le dire, interchangeable. Ils n'ont guère d'intérêt, les cheelas se révélant nettement plus intéressants.

Durant les trois quarts du roman, la lecture reste ardue, pas tellement en raison de la complexité scientifique (le bouquin demande de l'attention mais se suit sans difficulté particulière) mais de cette écriture sèche et exempte de poésie ou d'envolée littéraire. Le "sense of wonder" attendu se manifeste néanmoins dans les derniers chapitres, lors du premier contact entre les Humains et les cheelas. Le bouquin semble un brin longuet: le début est excellent, le dernier tiers formidable avec le dépassement de l'humanité par les cheelas mais Forward se perd souvent dans des détails superflus. Le récit aurait probablement mieux convenu à une novella qu'à un roman de plus de 300 pages…

Gros classique, L'ŒUF DU DRAGON possède surtout une idée géniale et bien développée, cette différence temporelle apparemment impossible à combler entre deux espèces en outre radicalement différentes. Si le lecteur pouvait espérer une intrigue plus prenante, le roman demeure, en dépit de ses longueurs, une pièce importante de la science-fiction.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Hard Science, #science-fiction, #Prix Locus

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Publié le 13 Février 2023

LEGION: A FLEUR DE PEAU de Brandon Sanderson

Le retour de Stephen, détective souffrant d'un syndrome de personnalités multiples : il voit des "aspects", c'est-à-dire des personnes qui n'existent pas et qui sont autant de facettes de lui-même. Pourtant, ces "créations" aident Stephen dans ses enquêtes, chacune disposant de compétences exclusives: expertise en combat, psychologie, tir au révolver, etc.

Brandon Sanderson reprend le principal protagoniste de sa longue nouvelle LEGION pour une nouvelle enquête, cette fois d'un peu plus de 200 pages. Ce court roman peut néanmoins se lire de manière indépendante puisque l'auteur débute doucement son récit, rappelant subtilement au lecteur le concept.

L'énigme, de son côté, donne plus classiquement dans le policier mais revisité par la science-fiction tendance cyberpunk. Stephen recherche ici un homme transformé, après sa mort, en une sorte de disque dur géant où sont stockées des informations importantes.

A FLEUR DE PEAU ne traine pas en route: avec sa pagination restreinte, l'auteur, pourtant réputé pour ses pavés, doit aller vite et assurer un rythme enlevé. Le côté polar l'oblige à avancer sans trainer vers la résolution du mystère et les éléments science-fictionnels ou les questionnements plus philosophiques (au sens large) se greffent naturellement sur le récit.

L'exploration de la "maladie" du héros se fait par petites touches, permettant au lecteur de s'intéresser davantage à ce personnage attachant, voire fascinant par ses personnalités multiples bien trempées et parfois tentées par une certaine indépendance. Ces velléités d'émancipation ajoutent quelques notes d'humour qui allègent la lecture et la rendent très plaisante.

Avec ce deuxième tome plus consistant que le premier, Sanderson réussit un beau patchwork entre science-fiction, comédie, thriller et mystère policier traditionnel. Vivement conseillé!

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Novella (roman court), #Thriller, #Cyberpunk, #science-fiction

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Publié le 26 Janvier 2023

DOCTOR WHO: L'HORLOGE NUCLEAIRE d'Oli Smith

Le Docteur, Rory et Amy débarquent en 1981 dans un petit village tranquille perdu en plein désert. Un endroit qui va servir de test à une bombe nucléaire. Le Docteur se trouve ensuite séparé de ses compagnons et remonte le temps…au sens propre! Autrement dit il avance à contre-courant du temps et du reste des personnages. Et c'est parti pour du pur wibbly wobbly timey wimey! Est-ce qu'on comprend tout? Non! Est-ce que tout se tient niveau paradoxe temporal et pseudo-sciences? Non, probablement pas. Mais nous ne sommes pas dans de la SF hard science ou même sérieuse, nous sommes dans une aventure du Docteur. Et de la bonne période du Docteur, pas des versions récentes, à partir de son second cycle, avec les trop sérieux XII et XIII. Ici on est dans le fun, le léger, les théories abracadabrantes et l'humour british – absurde en guise d'excuse à un récit complètement zarbi.

Pas grand-chose à ajouter concernant cette lecture plaisante, rapide, rythmée, qui déroule son intrigue délirante à cent à l'heure et ne laisse pas le temps de souffler. Mieux vaut connaitre un peu le background et les personnages car le roman, qui aurait pu constituer un (bon) épisode supplémentaire de la série, plonge directement dans l'ambiance et l'action. Bref, de la pure détente, sans plus ni moins.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Cinéma et TV, #Humour, #Doctor Who

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Publié le 18 Janvier 2023

AZTEQUES de Vonda McIntyre

Née en 1948, Vonda McIntyre est une romancière américaine ayant récolté nombre de prix prestigieux comme le Nebula et le Hugo (pour LE SERPENT DU REVE). Elle reste pourtant assez méconnue en Europe. Son premier roman, LOUE SOIT L’EXIL, fut publié en 1975. Peu prolifique, McIntyre n’a écrit qu’une douzaine de romans originaux (dont deux situés dans l’univers Star Trek et un dans la galxie Star Wars) auxquels s’ajoutent trois novelisations (encore de la saga « Star Trek ») et un grand nombre de nouvelles, courtes ou longues. AZTEQUES appartient à cette dernière catégorie et, avec ses 70 et quelques pages, se rapproche de ce que les Anglo-Saxons appellent une novella. En France, AZTEQUES fut publiée dans une intéressante mais éphémère collection, « Etoile Double », sous la bannière de Denoel. Le principe était simple : publier deux longues nouvelles (ou courts romans) n’ayant souvent aucun lien entre eux exceptés leur longueur. AZTEQUES fut ainsi accolé à l’excellent LA FOSSE DES ETOILES de Delany.

L’œuvre de McIntyre s’inscrit, elle aussi, dans le cadre du space-opéra et débute par ses mots intriguant : « c’est de très bon cœur qu’elle abandonna son cœur ». Nous suivons Laenae, laquelle rêve d’aventures et souhaite rejoindre la classe des Pilotes. Pour cela elle doit sacrifier son cœur humain et subir une opération visant à lui implanter un organe artificiel afin de permettre à son corps de supporter les voyages dans l’espace. Elle devient rapidement fière de la nouvelle appartenance à cette caste mystérieuse, exhibant crânement la cicatrice qui témoigne de sa nouvelle vie.

En peu de pages et avec une belle économie de mots, McIntyre construit un space-opéra contemplatif, où l’action se fait rare. La psychologie de la principale protagoniste est ici plus importante que les voyages dans le vide stellaire. Une histoire d’amour contrariée avec un homme au patronyme étrange (Radu Dracul) fournit l’épaisseur nécessaire à un récit centré sur la perte d’humanité acceptée par l’héroïne. L’auteur nous permet donc de suivre la nouvelle vie (notamment sexuelle) de cette apprentie astronaute une fois qu’elle s’est intégrée aux pilotes.

Un texte court mais riche (comme quoi il n’est pas toujours nécessaire de pondre des centaines de pages pour réussir de la belle science-fiction) et réussi pour un bel exemple de cette nouvelle vague plus mature et humaniste (voire féministe) apparue durant les seventies. McIntyre en tira d’ailleurs quelques années plus tard un roman plus développé, SUPERLUMINAL.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Roman court (Novella), #science-fiction, #Space Opera

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Publié le 9 Janvier 2023

L'APPRENTISSAGE DU GUERRIER de Lois McMaster Bujold

Ecrit en 1986, voici, par ordre chronologique, la quatrième aventure de la famille Vorkosigan. Quelques années après la conclusion de BARRAYAR, Miles essaie, cette fois d’intégrer l’armée. Mais il échoue aux épreuves d’admission : en voulant montrer sa force, le nabot se casse les deux jambes. Des os fragiles ne pardonnent pas. Il se lance donc dans une autre aventure : aider Elena Bothari à retrouver sa maman. Pour cela, il engage un pilote, achète un vaisseau et le voilà parti à travers la galaxie, assumant l’identité d’un redoutable chef mercenaire. Or les guerriers en question, les Dendarii, n’existent pas. Il va donc falloir que Miles en engage pour donner le change. Problème! Le pauvre n’a plus un rond. Dès lors pourquoi ne pas voler aux mercenaires riches pour donner aux mercenaires pauvres?

Notre Miles, génial petit nabot toujours prêt à un bon coup, alterne coup de bol et grosse malchance, accusé d’un crime, pris en otage et menacé de toutes parts. A chaque fois, par la ruse et la gouaille, le nain renverse la vapeur et prend l’ascendant sur ses ennemis au point de devenir stratège d’une grosse bataille spatiale.

Véritable héros au grand cœur très affecté par ses décisions lorsqu’elles impliquent la mort de ses ennemis ou de ses amis, Miles est le protagoniste principal de ce « coming of age ». Un thème indémodable puisque nous allons suivre son apprentissage (comme le titre le promet) dans un univers militaire (une fois encore pas de tromperies) dans lequel il aimerait s’intégrer sans pourtant pouvoir réellement y trouver sa place.

Dans cette nouvelle histoire bien ficelé, le lecteur retrouve les nombreuses qualités et les quelques défauts coutumiers de la saga : ça se lit très vite, c’est agréable, la prose est de bonne tenue tout en restant abordable,…Bref de la bonne littérature d’évasion qui adopte les techniques habituelles du page-turner : aventures, humour, scènes parfois loufoques, romances, dialogues percutants, rebondissements, action, combats spatiaux et considérations plus profondes sans tomber dans la philosophie de comptoir.

Le genre de livre qui peut s’apprécier par les amateurs de SF mais aussi les réfractaires coutumiers de ce style tant sa lecture s’avère aisée et agréable. Ça n’a peut-être pas la profondeur des classiques les plus réputés du genre façon DUNE ou FONDATION mais la saga Vorkosigan demeure un des meilleurs exemples de divertissement soap / space opéra.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Space Opera

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