science-fiction

Publié le 29 Janvier 2020

STAR WARS: L'ULTIME COMMANDEMENT (LA CROISADE NOIRE DU JEDI FOU 3) de Timothy Zahn

Et voici le dernier volet de la célèbre « Croisade noire du Jedi fou », le livre événement qui lança l’univers étendu de Star Wars et qui demeure, pour bien des fans, la meilleure œuvre littéraire basée sur la saga de George Lucas.

Après L’HERITIER DE L’EMPIRE et LA BATAILLE DES JEDI, voici donc L’ULTIME COMMANDEMENT dans lequel on retrouve le Grand Amiral Thrawn aux commandes de la flotte Katana, prêt à lancer le dernier assaut contre les forces de la Nouvelle République. De leur côté Luke et Leia doivent détruire les usines de clones impériaux sur Wayland et combattre le Jedi fou Joruus C'baoth.

Célébré par les fans, L’ULTIME COMMANDEMENT constitue pour beaucoup la culmination du “Star Wars” post trilogie…oui à l’époque – le début des années 90 - on parlait de trilogie et nul n’imaginait que l’univers serait enrichi (ou pas, pas de polémique) d’une dizaine de films supplémentaires, de séries télés, etc. Bref, la saga était canonique, c’était la véritable suite des aventures de Luke, Leia, Han et les autres et le lecteur frustré de ne plus les voir au cinéma (« Le retour du Jedi » datait déjà de dix ans !) se délectaient de nouveaux personnages comme l’ambigüe Mara Jade, le contrebandier Talon Karrde, le dément Joruus C'baoth et le redoutable mais finalement honorable Thrawn, sorte de Rommell de l’espace qui insiste sur son éloignement du fou furieux que fut Dark Vador.

Vu le nombre de critiques positives, voire dithyrambique, on se permettra quelques petites réserves : le roman, comme les précédents, alterne adroitement action à grand spectacle et scènes intimistes, manigances tordues et stratégie militaire, mais souffre parfois d’un rythme en dent de scie. Parfois l’histoire semble patiner ou se perdre dans les détails, parfois les choses s’emballent et la résolution finale, par exemple, parait expédiée avec un goût de « tout ça pour ça » quelque peu regrettable.

L’écriture, très professionnelle, manque aussi un peu de souffle épique en dépit de l’accumulation de batailles spatiales colossales. Néanmoins, L’ULTIME COMMANDEMENT reste dans le haut du panier des romans adaptés de licence connue. Pour les fans de « Star Wars », la trilogie du Jedi Fou demeure un incontournable qui offre une continuation très travaillée (on mesure l’écart entre les personnages complexes proposés ici et les protagonistes tout lisses de la troisième trilogie cinématographique) aux aventures de Luke et ses amis. Bref, des bémols mais un réel plaisir de lecture et une bonne dose de nostalgie sont au programme de ce grand space opéra.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Space Opera, #Star Wars, #science-fiction

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Publié le 10 Janvier 2020

ROSEE DE FEU de Xavier Mauméjean

Etrange roman que ce ROSEE DE FEU, écrit par un Mauméjean féru d’histoire. Le romancier s’attaque ici à la guerre du pacifique et décrit les défaites successives des Japonais après leurs premières victoires, notamment à Pearl Harbour. Les Nippons ont alors recours aux kamikazes, ces fameux pilotes lancés dans des missions suicides pour tenter de couler les navires américains.

Xavier Mauméjean aurait pu tirer de cette fascinante histoire un roman historique « de guerre » traditionnel sur le sens du sacrificie mais il a choisi une approche différente. Le romancier livre, en effet, une étrange uchronie et remplace les avions japonais par des dragons. Ce sera, étrangement, le seul élément fantasy introduit dans l’histoire (ou l’Histoire), d’ailleurs assez peu développé quoique l’auteur s’attarde sur le lien qui unit les créatures à leur pilote, un peu à la manière de la BALLADE DE PERN. On aurait aimé davantage de divergence entre cette Histoire et la notre suite à la présence des dragons mais, dans l’ensemble, il n’y a pas d’altérations majeures.

Au-delà de cet aspect fantastique, beaucoup de faits historiques sont donc présents et peu (ou pas) romancés, certains connus, d’autres nettement moins. Le livre revient ainsi sur l’anecdote du soldat ne sachant pas que la guerre est terminée depuis des décennies. Mauméjean décrit aussi le massacre de Nankin (immortalisé au cinéma dans « City of life and death » mais aussi dans le très déviant « Black Sun »), les exactions de la fameuse Unité 731 (vue dans les films d’exploitations « Men behind the sun »), la création des kamikazes, etc. Les grandes figures historiques de l’époque répondent également présentes à côté de personnages fictifs, ROSEE DE FEU suivant les points de vue de trois protagonistes principaux : un jeune soldat idéaliste qui découvre la guerre dans toute sa violence, son jeune frère, resté au pays et plein d’admiration pour lui et, enfin, un gradé qui lance le projet kamikaze. Ils représentent, comme nous le dit l’auteur dans la postface, les trois éléments (terre, air, feu), rejoints par le quatrième (l’eau) à la toute fin du roman, en signe d’harmonie retrouvée.

L’inclusion des éléments fantasy dans ROSEE DE FEU produit, au final, une impression étrange. D’un côté le lecteur peut les trouver superflus. De l’autre, il peut aussi avouer que sans la présence de dragons sur la magnifique couverture il serait passé à côté d’un roman historique instructif et réussi. A découvrir en sachant à quoi s’attendre…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Historique, #science-fiction, #Uchronie

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Publié le 9 Janvier 2020

ACADIE de Dave Hutchinson

Dave Hutchinson, né en 1960, a déjà quatre recueils de nouvelles et plusieurs romans (dont la tétralogie « Fractured Europe ») sous le coude mais ACADIE, nommé au Locus, est son premier texte publié en français. Comme tous les titres de la collection « Une heure lumière » il s’agit d’un roman court (compter environ 80 minutes de lectures).

Depuis cinq siècles la légendaire et apparemment immortelle généticienne Isabel Potter a quitté la Terre et continue ses travaux sur une Colonie située dans un lointain système solaire. Mais les Terriens, rancuniers, continuent de traquer Potter et envoient des sondes explorer l’espace pour la retrouver. Or, une de ses sondes vient de pénétrer dans le système de la Colonie, ce qui nécessite l’intervention de John Wayne Farrady, dit Duke, président essentiellement honorifique.

Voici une novella fort bien ficelé qui embarque le lecteur dans un monde très convaincant, une sorte d’utopie futuriste hippie peuplée, notamment, de personnages de STAR TREK ou du SEIGNEUR DES ANNEAUX et ce par un mélange bien dosé de manipulations génétiques et de technologies. Bref, une ambiance quelque peu cyberpunk pour un planet / space opera qui ne néglige pas d’injecter une bonne dose de sense of wonder dans son univers hard-science.

Hutchinson déroule son intrigue à cent à l’heure et sans temps morts là où beaucoup d’auteurs auraient allongé la sauce sur un épais roman. Le lecteur doit donc s’accrocher pour assimiler tout cet univers fort bien construit et une narration habile avec des flashbacks bien amenés. Bref, c’est un court roman parfaitement réussi qui conduit à un twist vertigineux à la Philip K. Dick, cerise sur le gâteau d’une œuvre magistrale à découvrir toutes affaires cessantes.

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Publié le 1 Janvier 2020

LE CHANT DU BARDE de Poul Anderson

Ce recueil paru au Belial en 2010 (puis réédité au Livre de Poche deux ans plus tard) rassemble neufs récits non inédits (mais souvent remaniés et retraduits) qui composent un véritable « best of » science-fictionnel de Poul Anderson, notamment inventeur de la célèbre Patrouille du temps. Des récits souvent primés, voire multiprimés et qui sont, pour la plupart, relativement longs pour des nouvelles jusqu’à atteindre ce que les Américains désignent comme des romans courts ou des novellas. Anderson fut d’ailleurs récompensé à sept reprises par un Hugo (six des titres récompensés sont inclus dans ce recueil) et trois fois par le Nebula, sans oublier un Locus. Lauréat de ce triplé parfait « La reine de l’air et des ténèbres » est évidement reprise ici et constitue peut-être le chef d’œuvre de son auteur.

L’anthologie débute avec « Sam Hall » dans lequel un employé modèle du système informatique d’un univers futuriste totalitaire introduit, presque par jeu, un bug dans la machine en créant de toutes pièces un révolutionnaire mystérieux nommé Sam Hall. Un nom puisé dans une vieille chanson populaire  anglaise. A force manipulations, Sam Hall acquiert une sorte de pseudo-existence : tous les crimes sont imputés à ce criminel insaisissable et les membres d’un réseau de résistance clandestin se l’approprient pour signer leurs méfaits. Quoique la technologie ait évolué, la nouvelle qui date de 1953 (et fait écho à la Guerre de Corée et au Maccarthysme) reste étonnamment moderne plus de soixante ans après sa rédaction et son sujet (manipulations gouvernementales, falsification de l’information, oubli numérique, etc.) demeure toujours d’actualité. Un classique de la dystopie.

Le court roman « Jupiter et les centaures », précédemment publié dans la collection « Etoile Double» aux côtés d’une novella de Sheckley  décrit la manière d’explorer Jupiter en utilisant des avatars (la référence à un « classique » récent de la SF cinématographique n’est point innocente tant les intrigues sont similaires).

« Long cours » valu à son auteur un de ses nombreux prix Hugo: un récit d’exploration maritime dans un monde dans lequel on se souvient encore, mais à peine, de la Terre, planète-mère. Le capitaine d’un navire découvre un astronef en partance menaçant, par sa seule existence, le futur de ce monde. Comment réagir ? De la SF intelligente et efficace.

Autre gros morceau, « Pas de trêve avec les rois », obtient lui aussi le Hugo : cette longue nouvelle (90 pages) précédemment publiée en français dans l’anthologie HISTOIRES DE GUERRES FUTURES raconte un affrontement entre deux camps, façon Guerre de Sécession, dont l’un bénéficie d’un appui extraterrestre.

Récit de vengeance très efficace tempéré par la découverte des rites étranges d’une planète étrangère (dont du cannibalisme rituel), l’excellent « le partage de la chair » n’a pas volé son prix Hugo et demeure un des meilleurs récits d’Anderson.

Mi sérieux, mi humoristique, en tout cas toujours sarcastique (pour ne pas dire grinçant), « Destins en chaîne » projette son héros, Bailey, dans une série de réalités alternatives dans lesquelles il se débat jusqu’à la mort. Dans l’un de ces univers parallèle, la simple expression artistique peut vous conduire en prison, dans un autre l’Etat a consacré les inadaptés de tous poils au point qu’ils peuvent revendiquer ce statut et vivre une existence oisive. Mais les simulateurs se multiplient, se prétendant eux aussi malades mentaux afin de bénéficier de l’Etat providence. Les homosexuels ayant déjà réussi à obtenir cette reconnaissance, les Noirs envisagent de s’associer aux Juifs souffrant de discrimination tandis que les prophètes de religion folklorique prêchent à tout va…et pas question d’y trouver à redire car ces religieux risqueraient, sinon, des dégâts psychiques irréparables. Une plongée pas toujours très politiquement correcte (et c’est tant mieux) dans une poignée de sociétés utopiques (ou dystopiques selon les sensibilités) qui se termine dans un monde post-apocalyptique d’apparence paradisiaque après l’anéantissement, par une épidémie, de 95% de l’Humanité. Un excellent texte peut-être encore davantage actuel aujourd’hui qu’à l’époque de sa rédaction.

Autre novella illustre, « La reine de l’air et des ténèbres » a récolté le plus prestigieux des triplets de la SF : Hugo, Nebula et Locus. Nous sommes sur Roland, une planète lointaine colonisée par l’Homme. Un seul détective y exerce, Eric Sherrinford, contacté par une mère afin de retrouver son enfant enlevé par ce qui pourrait être des représentants du Vieux Peuple. Mais Sherrinford refuse d’accorder foi à ces anciennes superstitions celtiques…Une œuvre très efficace, sorte de transposition science-fictionnelle des légendes jadis contées par Arthur Machen.

Plus court, « Le chant du barde » obtint également le Hugo et le Nebula, finissant à la troisième place du Locus. Inspiré par les nouveautés science-fictionnelles lancées par Harlan Ellison, Anderson décrit un monde sous la domination d’un ordinateur omniscient, SUM, lequel enregistre les vies de tous les Humains et leur promet la résurrection un jour prochain. Mais un harpiste se confronte à l’avatar humain de SUM, la Reine Noire et cesse de croire en ses promesses. Une nouvelle dans laquelle Anderson démontre son originalité tout en s’inspirant de nombreux mythes antérieurs et en truffant son texte de citations littéraires. Très réussi.

Le recueil se termine par le court roman « Le jeu de Saturne », sorte de critique assez virulente des jeux de rôles et autres psychodrames auquel je n’ai personnellement pas accroché. Ce n’est pas grave, le reste était très bien.

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Publié le 5 Décembre 2019

PAX AMERICANA de Roland C. Wagner

Les auteurs de SF avaient quand même parfois le nez creux… En 2005, le trop tôt disparu Roland C. Wagner imaginait déjà très bien les conséquences possibles du Réchauffement et de la disparition des ressources.

XXIème siècle…le pétrole n’est plus qu’un souvenir pour beaucoup. Les USA (rebaptisés Zu’ssa) se sont accaparé les derniers stocks afin d’alimenter leur armée chargée d’imposer la Pax Americana au reste du monde. Violemment privés de leurs réserves, l’Europe a dû se tourner, contrainte et forcée, vers les énergies renouvelables. Bien sûr, la transition a entrainé des changements drastiques : fini la voiture individuelle, bonjour l’ordinateur à pédales. Les USA, de leur côté, ont continué d’épuiser les dernières ressources à la manière d’un ogre insatiable. Aujourd’hui le pays fonce droit dans le mur au point que le Président des USA s’apprête à renouer les relations avec le Vieux Continent. Mais la rumeur d’un attentat à son encontre enfle…

Roland C. Wagner propose ici une anticipation crédible avec d’un côté une Europe retournée à l'avant pétrole et des USA qui épuisent le peu de ressources restantes en guerroyant à tout va. Ils gardent ainsi la maitrise des énergies fossiles au point de s’être illusionné : pensant ces dernières inépuisables voilà le grand pays rattrapé par la réalité.

Mi satire, mi politique fiction, cette anticipation parfois grave et parfois amusante n’oublie pas de raconter une histoire et évite les excès loufoques (mais rapidement lassant) de LA SAISON DE LA SORCIERE du même Wagner. L’écrivain brosse quelques jolis portraits, dont un président européen aussi gentleman qu’insatiable sexuellement. Le tout donne une novella bien ficelé qui n’oublie pas l’humour pour parler de choses sinistres car comme le disait Didier Super « On va tous crever, on va tous crever,
Y'a la fin du monde qui nous guette et nous on fait la fête!”.

Sympathique et finalement optimiste donc recommandé même si le bouquin aurait mérité quelques dizaines de pages supplémentaires pour développer un univers à peine effleuré.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Roman court (novella), #anticipation, #science-fiction, #Humour

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Publié le 13 Novembre 2019

HISTOIRES DE MIRAGES

Ce recueil de nouvelles vient enrichir la fameuse « grande anthologie de la science-fiction » qui, mine de rien, a permis d’accéder à une foule de textes incontournables. Quatorze titres accompagnés d’une préface de Gérard Klein et d’un bien pratique dictionnaire des auteurs. Comme toujours, la sélection est forcément inégale mais la plupart des récits sont intéressants…sans les détailler tous, pointons en quelques-uns particulièrement réussis.

« Souvenirs garantis, prix raisonnable » de Philip K. Dick, un court texte mis en lumière par l’excellent film de Paul Vehroeven (« Total Recall ») dans lequel on retrouve certaines obsessions de Dick, notamment sa paranoïa non dénuée d’un humour grinçant (« à partir de maintenant tout ce que vous pensez pourra être utilisé contre vous »). Banal employé, Douglas Quail rêve de visiter Mars, ce que ses modestes revenus lui interdisent. Heureusement, le futur lui permet de réaliser ce désir en passant par une entreprise spécialisée dans l’implantation de faux souvenirs, Rekal. Le patron, McClane, lui explique que Rekal peut lui offrir le souvenir de deux semaines de voyage assortis d’une poignée d’accessoires (photos, etc.) lui « prouvant » la réalité de son voyage sur la Planète Rouge. Bien sûr, Quail oubliera également avoir sollicité les services de Rekal. Mais, au cours du traitement, McClane découvre que Quail a réellement été sur Mars en tant qu’agent secret travaillant pour les mystérieux et tout puissant Interplan…

La suite de la nouvelle dévie du scénario retenu pour le film mais garde la même interrogation de base : Quail est-il un espion ou tout cela fait-il partie d’une implantation de souvenirs réalisés par Rekal ? Au final, Quail sauve le monde (la Terre dans la nouvelle, Mars dans « Total Recall »)…à moins qu’il ne s’agisse d’un fantasme infantile ? Un classique et une superbe réussite de Dick.

Citons aussi « Je vois un homme assis dans un fauteuil, et le fauteuil lui mord la jambe” d’Ellison et Schekley. Les deux trublions de la science-fiction s’associent pour ce texte déjanté dont la dernière ligne constitue une explication logique (hum !) de son titre farfelu. Après une Troisième Guerre Mondiale dévastatrice l’Humanité s’est réfugiée dans des villes souterraines mais, heureusement, la surpopulation a été vaincue grâce à un étrange plancton mutant, surnommé « La Vase », recueillie au fond des océans radioactifs et transformé en nourriture providentielle. Joe Paretti, le héros, reçoit une forte « indemnité de danger » pour le récolter mais, malheureusement, chope une maladie inconnue, dite « d’Ashton », aux symptômes incertains et variables. La situation échappe rapidement à son contrôle tandis que les objets inanimés prennent vie sur son passage. Paretti décide de passer ses derniers jours dans une sorte de paradis de la perversion, un Las Vegas démentiel dans lequel des attrapes-touristes injectent aux demandeurs toutes les aberrations sexuelles envisageables.

Toutes les nouvelles d’Harlan Ellison n’ont pas bien vieilli, certaines ayant manifestement été écrites dans le (seul ?) but de choquer le lecteur de science-fiction « de papy ». Outre son titre imparable, celle-ci, écrite en collaboration avec Sheckley, a étonnamment bien traversé les années. Datée de janvier 1968, elle synthétise les craintes de l’époque (guerre mondiale, surpopulation, pollution, mutations) et aussi les envolées libertaires sixties (usage des drogues généralisé, sexualité débridée,…) en un tout harmonieux, entre satire sociale et SF décalée. Superbe !

Dans les autres réussites citons le court roman (120 pages) « le façonneur » de Roger Zelazny et le plaisant « un affreux pressentiment » de Kuttner & Moore sur le thème classique du « je rêve que je suis éveillé ou je suis éveillé réellement ? ».

Les autres nouvelles, sans doute moins marquantes (c’est évidemment subjectif) n’en reste pas moins plaisante et cette anthologie mérite donc, comme toutes les autres de cette prestigieuse collection, la lecture.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Recueil de nouvelles, #science-fiction

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Publié le 5 Novembre 2019

LE MYSTERIEUX Dr XHATAN d'Henri Vernes

Ce personnage haut en couleurs (hum !) de Xhatan était apparu dans le précédent OPERATION WOLF à la tête d’étranges canidés « truqués ». On le retrouve régnant en despote dans une contrée perdue de Haute Birmanie avec l’aide de divers gadgets dont une étrange lumière verte mortelle qu’il manipule à sa guise. Bien évidemment notre mégalomane super vilain (pléonasme) va trouver sur sa route Bob et Bill qui, capturés, vont feindre de rejoindre les rangs du tyran.

Souvenir ému de Bob Morane, relecture toujours plaisante des années plus tard, il y a peu à ajouter à ce petit roman qui mélange adroitement aventures et science-fiction à la manière d’un serial d’antan. Super vilain, inventions maléfiques, poursuites, captures et évasions,…Sans oublier un Xathan assez bête pour penser pouvoir convertir Bob et Bill à ses plans de domination mondiale.

Rien de novateur mais Henri Vernes cuisine habilement ce récit divertissant à souhait qui s’inscrit sans nul doute parmi les classiques de Bob Morane.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Bob Morane, #Jeunesse, #science-fiction

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Publié le 30 Octobre 2019

RAI INTEGRALE de Matt Kindt

Changement de décor et d’époque pour l’univers Vaillant avec RAI…Exit le monde actuel et les super slips pour un environnement ultra futuriste et technologique d’inspiration Cyberpunk.

Bien que l’on retrouve certains éléments issus de l’univers Vaillant (La Géomancienne, le Guerrier Eternel), RAI s’impose comme un titre pouvant parfaitement se lire indépendamment. Nous sommes dans une histoire cyberpunk relativement classique (la révolte d’un « servant » contre une intelligence artificielle toute puissante) mais bien menée et servie par des dessins de très haute qualité. En 4001, le Japon s’est élevé, au sens propre, au-dessus d’une terre dévastée, irradiée et polluée. Bienvenue dans ce Néo-Japon dirigé par le Père, intelligence artificielle toute puissante, et protégé par Rai, techno-justicier chargé de résoudre une affaire de meurtre. Or, au Neo-Japon, le crime a normalement disparu.

La plongée de Vaillant dans la science-fiction donne lieu à une jolie réussite en termes de création d’univers avec un bel effort accordé à rendre crédible ce Japon futuriste. Malheureusement, l’intrigue elle-même parait parfois un brin confuse et les protagonistes ne sont pas toujours caractérisés aussi bien qu’ils le mériteraient, rendant la lecture un peu superficielle.

RAI INTEGRALE de Matt Kindt

On apprécie le design futuriste, on admire les dessins parfaitement adaptés au projet mais on reste un peu en retrait devant ce roman graphique sinon épique et impressionnant, traversé de l’une ou l’autre fulgurance, qui évoque vaguement « Matrix », « Blade Runner » ou les classiques littéraires d’Asimov et consort. Nous sommes donc loin d’un échec, au contraire RAI s’avère plutôt réussi et agréable avec de belles scènes d’action et des passages plus intimistes efficaces mais on ne peut s’empêcher de penser que ces prémices auraient pu donner une œuvre encore plus définitive. Une certaine confusion, l’impression de regarder de « belles planches » plutôt qu’un récit totalement maitrisé atténue la réussite de ce RAI qui mélange toutefois la science-fiction d’inspiration cyberpunk, les références nippones, un côté polar noir et quelques éléments super-héroïques avec une certaine dextérité et de manière plutôt intelligente dans ses réflexions sur l’avenir de l’humanité et la mainmise de l’intelligence artificielle. Au risque de se répéter on marche à nouveau dans les territoires de « Blade Runner » et « Matrix » pour cette manière de synthétiser les références populaires tout en les sublimant.

Malgré quelques quelque bémols, RAI demeure un comic book hautement satisfaisant et une lecture, dans l’ensemble, fort plaisante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Cyberpunk, #science-fiction, #Valliant Comics

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Publié le 2 Octobre 2019

THIS IS NOT AMERICA de Thomas Day

Un bref recueil destiné aux fans de Thomas Day, lesquels seront aux anges devant ces textes dans lesquels on retrouve tout ce que l’on aime chez cet immense auteur: des intrigues délirantes, des personnages bien brossés et une écriture très personnelle et travaillée (allant d’un côté “littérature de gare” assumé à une vraie recherche stylistique). Et puis un ton, là aussi personnel et rapidement reconnaissable, où se mêlent critique caustique de la société, références à la pop culture (et ici plus spécifiquement à l’Amérique plus ou moins fantasmée) et humour décalé.

La première nouvelle (« Cette année-là, l'hiver commença le 22 novembre ») suit trois tueurs à gage chargés d’exécuter John Kennedy, soupçonné d’être un extra-terrestre infiltré. Un « road movie littéraire » avec alien, fusillades, théorie du complot et tous les éléments nécessaires à un divertissement rondement mené que n’aurait pas renié un Tarantino sous acide. On aime !

“American Drug Trip” pousse encore plus loin le délire avec ce pauvre Américain plongé dans une succession de mondes parallèles et qui finit par discuter avec un ours polaire à côté de sa voiture Rocco Siffredi. Jubilatoire, hilarant et cependant parfaitement maîtrisé, voici le meilleur texte du recueil et un petit chef d’œuvre de nouvelle parfaitement ciselé dont les apparentes excentricités trouvent finalement une explication plausible.

Enfin, “Eloge du sacrifice” contraint le futur président des USA à revivre une série de batailles historiques, des Thermopyles à Massada et le confronte à un dilemme moral. Plus posé, plus grave, cette nouvelle, certes un peu en deçà des deux précédentes, clôt de belle manière un recueil tout à fait recommandable.

Composé de trois textes de longueur sensiblement équivalente (une quarantaine de pages), ce petit recueil constitue une jolie réussite pour les fans de l’auteur. THIS IS NOT AMERICA, This is Thomas Day ! Et c’est mieux ainsi.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Recueil de nouvelles, #science-fiction

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Publié le 30 Septembre 2019

EXPERIENCE TERMINALE de Robert J. Sawyer

Robert James Sawyer n’est pas, en France, le plus réputé des auteurs de science-fiction, il a même été pas mal égratigné par la critique. Aux USA, l’accueil semble tout autre et EXPERIENCE TERMINALE fut d’ailleurs lauréat du prestigieux Prix Nébula (et nomminé des Hugo et Locus) tandis que « Hominids » récoltait le Hugo (sans être traduit chez nous !).

L’intrigue, touffue mais simple à suivre, mélange interrogation philosophique, influences cyberpunk, un zeste de hard science et beaucoup d’action nerveuse façon techno thriller. Un mélange surprenant, parfois un peu « facile » (on a l’impression que Sawyer transforme un sujet complexe en « simple » thriller science-fictionnelle) mais indéniablement efficace.

Peter Hobson a mis au point un appareil médical révolutionnaire capable de l’aider à définir la mort de manière précise. Mais son invention va plus loin puisqu’il lui permet de prouver l’existence de l’âme et d’une  vie après la mort. Devenu célèbre, Hobson poursuit ses recherches dans le but de déterminer à quoi peut bien ressembler l’au-delà. Incroyant, Hobson se rend compte de la révolution entrainée par son invention et avec l’aide de son ami Sarkar, croyant musulman, il conçoit trois clones informatiques destinés à conceptualiser l’au-delà. Il crée ainsi Esprit (l’immortel spirituel), Ambrotos (l’immortel physique) et un clone témoin

EXPERIENCE TERMINALE est un bouquin curieusement schizophrène : la première partie consiste en un mélange de SF pointue et de religiosité bien dosée qui pose d’intéressantes questions sur la science, la foi, les croyances,  etc. Que se passerait il si l’esprit scientifique parvenait à prouver de manière irrévocable des théories relevant jusque-là de la religion ou de la philosophie comme l’existence de l’âme et d’un « paradis » ? Voici un excellent sujet…mais Sawyer ne l’explore qu’à demi, préférant opter, à mi-parcours, pour une intrigue parallèle envahissante à base de clone informatique meurtrier…Le romancier semble marcher sur les traces d’un Michael Crichton pour offrir un thriller technologique mâtiné de polar procédural et de « murder mystery » franchement plaisant à lire (c’est court, rythmé et globalement efficace) mais dénué de l’ambition des premiers chapitres. L’aspect psychologique convaincant du début se délite aussi pour laisser place à des personnages beaucoup moins nuancés qui semblent agir afin de faire avancer l’intrigue à toute force dans la direction voulue par l’auteur.

Sawyer a livré pas mal de best-sellers SF qui reposent sur une idée forte aux conséquences vertigineuses (FLASHFORWARD, adapté en série TV) mais se transforment rapidement en thrillers plus convenus néanmoins agréables à lire. EXPERIENCE TERMINALE ne fait pas exception : de la SF honnête malheureusement un peu convenue et un brin décevante tant les prémices s’annonçait capables d’offrir au lecteur un grand moment de réflexion. Sawyer a privilégié l’action et le divertissement mais le résultat, s’il ne méritait sans doute pas un Nebula, reste suffisamment plaisant pour maintenir l’intérêt pendant un peu plus de 300 pages. Correct.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Prix Nebula, #Technothriller, #science-fiction

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