roman de gare

Publié le 24 Avril 2021

COPLAN SUR DES CHARBONS ARDENTS de Paul Kenny

Lors de la grande vague de l’espionnage, chaque maison d’édition souhaite « son » personnage et lorsque Jean Bruce quitte le Fleuve Noir, emportant avec lui OSS 117, une place se libère pour un nouvel héros. Deux écrivains belges, Gaston Vandenpanhuyse (1913 – 1981) et Jean Libert (1913 – 1995) inventent ainsi, au début des années 50, l’agent secret français Francis Coplan, dit FX 18, de la SDECE. Le duo d’auteurs adopte le pseudo collectif de Paul Kenny, repris ensuite par leur successeur, Serge Jacquemart, qui écrira les aventures de Coplan de 1989 à 1996. En tout 237 bouquins seront publiés et connaitront un énorme succès, encore accentué par six films puis une série télé.

Avec COPLAN SUR DES CHARBONS ARDENTS, écrit par Jacquemart, nous sommes dans le roman de gare certes écrit à la chaine mais qui ne se moque pas de son public. Le bouquin se montre en tout cas fort divertissant et c’est bien l’essentiel. Nous avons droit à toutes les conventions : des complots d’espionnage, des agents doubles, de belles espionnes chaudasses, etc. Pour détourner l’attention des jeux d’espion, s’ajoute en outre un tueur en série obsédé par la dépravation qui pense trouver la pureté auprès d’une touriste hollandaise obèse qui aime ça « par derrière ». Lorsqu’il comprend que la jeune femme (100 kilos sur la balance !) n’est pas aussi pure qu’escompté, notre homme l’étrangle en pleine action. Capturé mais refusant d’avouer ses crimes, le maniaque est balancé dans une cellule d’une prison turque peuplée de dizaines d’homosexuels en rut qui le prennent non-stop par tous ses orifices. Du coup il finit par craquer ! Coplan, de son côté, aboutit dans le harem d’un cinglé mégalomane : s’identifiant à un sultan il se constitue une cour féminine parfaite et enlève des jeunes filles issues d’à peu près tous les pays. Coplan, pour sa part, doit finir eunuque une fois qu’un chirurgien pas net l’aura soulagé de ses bourses. Bref, c’est excessif à tous les étages et le roman se rapproche davantage des aventures de Bob Sainclair évoquées dans « Le magnifique » que de John Le Carré.

Plus ludique et délirant qu’un OSS 117, nettement moins sérieux et politisé qu’un SAS, encore plus déjanté que le James Bond le plus délirant, ce Coplan parait construit de bric et de broc. Un écrivain plus consciencieux ou moins pressé par le temps aurait probablement pu en tirer trois romans différents (l’un d’espionnage, l’un consacré au sultan fou et un dernier centré sur le tueur en série) mais, à la place, notre « Paul Kenny » (ici, Serge Jacquemard donc), préfère mélanger toutes les intrigues possibles pour en tirer un brouet pas toujours très subtil mais incontestablement nourrissant. Très fun !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 1 Avril 2021

L'EFFROI SURGI DES MERS d'Edward Jarvis

Edward Jarvis, quasiment inconnu au bataillon, a proposé deux romans d’agressions animales chez Hamlyn : « pestilence » et « maggots ». Le premier fut traduit chez gore sous le titre L’EFFROI SURGI DES MERS mais ne restera pas dans les classiques de la collection, loin de là. Tout ici, n’est que clichés, à tel point qu’une volonté quasiment parodique semble poindre (un des héros se nomme quand même Kalmar !) dans cette intrigue voyant le monde envahi par des lamproies géantes de plus en plus agressives.

La construction suit la tradition de James Herbert (période LES RATS mais aussi LE SOMBRE ou FOG) déjà reprise de manière encore plus tapageuse par Shaun Hutson (LA MORT VISQUEUSE) ou Guy N. Smith (CRABS, BATS OUT OF HELL, etc.) et la seule originalité réside dans l’utilisation de coupures de journaux pour donner un certain vérisme à l’ensemble. Cela aurait pu marcher (on pense au found footage « The Bay » vraiment bien ficelé tourné 30 ans plus tard) mais ça ne fonctionne que très (trop) rarement.

Le premier tiers du bouquin tente de construire une certaine atmosphère et y parvient par intermittence mais, par la suite, la crédibilité s’étiole de plus en plus et le roman s’écroule comme un château de cartes. Tout devient trop gros et pas seulement les lamproies ! Celles-ci peuvent provoquer quelques frissons lorsqu’elles mesurent 2 ou 3 mètres mais que dire lorsqu’elles atteignent la taille mammouth (c’est le terme employé !) puis le stade « lamproie suprême » (470 mètres !). Bref, pour contrebalancer cette invraisemblance il eut fallu un socle solide. Mais peine perdue : alors que les attaques se multiplient tout le monde continue ses occupations (régates, shopping,…). La femme du héros voyage même de l’Angleterre à Boulogne pour faire ses emplettes…au lieu de ça elle se fait boulotter par une lamproie géante. Du coup notre héros, manifestement chagrin, se console immédiatement entre les fesses d’une demoiselle pour la scène érotique gratuite indispensable à ce genre de livre. Facepalm power !

Et que font les états du monde ? Rien du tout, ils attendent, alors que les survivants fuient de manière désordonnée pour gagner les hauteurs, à croire que chacun se trouve à proximité d’un plan d’eau…L’auteur passe d’un pays à un autre sans transition, aucun personnage ne possède un minimum de personnalité, rarement aura-t-on vu protagonistes plus transparents. Les dialogues, eux aussi, sont affligeants. Oui, ça fait beaucoup !

Le final atteint, de son côté, des sommets : l’armée parvient à se débarrasser de toutes les lamproies sauf une… épargnée suite à une erreur d’estimation (dix pages plus tôt on expliquait pourtant que tout était précis au millimètre). Il reste donc une seule bestiole sur une île et la seule solution, apparemment, consiste à bombarder cette île ce qui la détruit totalement et tue, accessoirement, un bon million de citoyens. Mais tout le monde semble content et satisfait de l’opération. A ce niveau, on peut, il est vrai s’en amuser et considérer cet EFFROI SURGI DES MERS comme une parodie complètement débile du genre…En le prenant ainsi, le lecteur peut éprouver un certain plaisir. Difficile, en outre, de blâmer une traduction tronquée, le bouquin original fait 158 pages et n’a donc aucunement souffert de la transposition aux formats « Gore ». Le lecteur, lui, souffre…le seul refuge reste, celui, facile du second degré. Une porte d’échappatoire pour un bouquin si mauvais qu’il en devient, quelque part, mémorable. On oublie les centaines de livres « moyens » ou « sympas » pour ne retenir que les « excellents » et les « exécrables ». L’EFFROI SURGI DES MERS appartient clairement à la seconde catégorie.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur, #Roman de gare

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Publié le 29 Mars 2021

LE MERCENAIRE - LES PAVOTS DE LA MORT de Paul Edwards

Sous le pseudonyme de Paul Edwards se dissimule trois écrivains s’étant relayés sur la série « John Eagle », alias Le mercenaire. L’inconnu Paul Eiden se charge de quatre romans (apparemment) de la série dont LES PAVOTS DE LA MORT, classique histoire d’espionnage.

John Eagle est un agent au service d’une compagnie secrète mais également un fier combattant Apache, un amant hors pair, un homme, un vrai. Eagle est envoyé en mission sous couverture (comme Bond il passera une partie de sa mission dans un lit donc…) en Russie afin de dérober un prototype d’avion qu’il doit ramener dans le monde occidental. Il laisse donc derrière lui sa copine, Loup Solitaire, qui apprécie une existence simple à la manière indienne, pour partir vers Moscou avec à son bras une montre digitale Pulsar II. Probablement le top dans les 70’s, « un mini-ordinateur de poignet ». Bref, Eagle apprend en deux mois les rudiments du pilotage sur un 707 afin de s’emparer d’une copie russe, le Tu-350. En Russie, notre Apache rencontre Ludmilla la veuve d’un romancier s’étant montré trop critique envers le régime (le KGB ne rigole pas avec ça !). Donc elle est veuve. Et charmante. Avec des seins tellement énormes que même John Eagle en reste tout esbaudi. Bien sûr, le sex-appeal d’Eagle agit et la belle tombe dans ses bras. La suite consistera à voler l’avion…ce qui se produit au deux tiers d’un bouquin pourtant pas très longs (190 pages environ). Du coup que faire pour meubler durant le dernier tiers ? Et bien lancer une intrigue totalement différente et pratiquement déconnectée de la précédente qui voit John Eagle débarquer en Turquie pour détruire un trafic de drogue. D’où, enfin, l’explication du titre.

LES PAVOTS DE LA MORT s’affirme comme un roman de gare assez bizarre : la première partie est avare en action mais parvient à divertir en dépeignant la Russie des années ’70 avec une certaine acuité. Nous sommes dans l’espionnage feutré, les jeux de chat et de souris, les trahisons et les agents doubles. L’ensemble rappelle les premiers volumes de SAS, du temps où Malko Linge se montrait humain. Par la suite, le bouquin adopte un côté plus entrainant, avec davantage d’action et de rebondissements. John Eagle semble peu à son élément ici, il se demande même ce qu’il vient faire dans cette galère d’espionnage. Le personnage accomplit pourtant son job dans la grande tradition de la littérature virile : une bonne dose de James Bond, une louche d’Implacable, une pincée d’Exécuteur,… Le bouquin se lit vite et avec plaisir, ponctué de quelques scènes érotiques pas trop envahissantes et, au final, le lecteur en ressort satisfait avec l’assurance d’avoir passé un bon moment de détente. Trois heures d’évasion, du sexe, de la violence, de l’action, de la bagarre,…la recette des bouquins « pour mecs » de la grande époque des halls de gare. On en redemande !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Erotique, #Roman de gare

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Publié le 6 Mars 2021

TERREUR RAMPANTE de Peter Tremayne

Né en 1943, l’Anglais Peter Tremayne s’est imposé comme une des valeurs sures du policier historique via sa saga consacrée à sœur Fidelma qu’il débute en 1994 avec Absolution par le meurtre et qui compte à présent 31 volumes ! Mais, précédemment, l’auteur s’était déjà essayé à l’écriture, parfois sous pseudo, avec une trilogie consacrée à Dracula, une demi-douzaine de polars et, surtout, une quinzaine de romans d’horreur aux titres évocateurs (THE CURSE OF LOCH NESS, KISS OF THE COBRA, THE ANTS, TROLLNIGHT) dont seul un fut traduit en français, chez Gore, ce « Morgow rises ! » de 1982 alias TERREUR RAMPANTE.

L’intrigue s’avère tellement classique qu’elle frise l’hommage et même la parodie en se référant aux classiques films de grandes bestioles irradiés des années 50 comme « Des monstres attaquent la ville ». Ici ce sont des vers de mers que les radiations ont rendus gigantesques au point de les voir assimilés au légendaire Morgow, une créature du folklore celte proche du monstre du Loch Ness. Pour les combattre : l’inévitable héros d’à peu près tous les bouquins de ce style dans les années ’80, le romancier solitaire mais séduisant aussi malin que prêt à en découdre façon Rambo avec les animaux géants. Une romance attendue, des dialogues amusants, quelques scènes d’angoisse (mais, au final, peu de réel gore) et un déroulement très linéaire, emballé en 200 pages dans sa version originale et en 150 chez Gore. Autrement dit, peu de place pour le développement des personnages, tous très schématiques, ou des sous-intrigues, le bouquin filant tranquillement vers son climax attendu. A la manière des bouquins de James Herbert qui restent la référence (en particuliers LES RATS), Tremayne aligne les scènes de manière quelque peu disparate, présentant des personnages pour simplement les tuer sous les coups des vers géants. Le tout se lit cependant sans déplaisir : c’est rythmé, efficace, agréable, tranquille (l’horreur reste, au final, « familial » sans les excès immondes d’un Shaun Hutson). L’originalité est proche du néant et le lecteur peut avoir l’impression d’avoir déjà lu cette histoire trop souvent, y compris dans la collection Gore (de VRILLES à LA MORT VISQUEUSE en passant par LA NUIT DES VERS VORACES) mais, dans l’ensemble, le contrat de divertissement est rempli y compris par sa scène finale (au cinéma nous dirons post-générique) pessimiste et prévisible.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Roman de gare

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Publié le 19 Février 2021

LES ENFANTS DU DIABLE de Don A. Seabury et Terence Corman

Troisième tome de la saga initiée par l’éditeur Media 1000 dans sa collection Apocalypse avec, derrière le pseudo collectif de Don A. Seabury et Terence Corman une poignée d’auteurs bien connus de l’imaginaire francophone : Michel Pagel, Michel Honaker et Richard D. Nolane en guise de réviseur pour ce troisième tome (et auteur complet du premier).

Sorti en septembre 1987, LES ENFANTS DU DIABLE se conforme à ce qu’on attend de cette collection populaire qui s’inspire à la fois des romans post-apocalyptiques pulp (comme la collection du SURVIVANT chez Gérard De Villiers) et du gore alors vendeur via la série dédiée chez Gore. L’intrigue n’innove pas vraiment et se contente de reprendre les aventures de Russ Norton, aventurier baroudeur n’ayant plus rien à perdre mais accomplissant des missions suicides dans le but de sauver son fils dont la maladie nécessite des soins couteux. Car l’humanité s’est effondrée, l’apocalypse a eu lieu et les régions dévastées sont, à présent, hantées par des sortes de mutants. Dans ce monde à la « Mad Max » la seule règle est la survie du plus apte et surtout du plus fort. Russ Norton, héros pur et dur qui rappelle un peu le Snake de « New York 1997 » se charge donc de rétablir un minimum de justice en affrontant sans relâche le terrible Terminateur.

Une pincée d’érotisme, beaucoup de violences sanglantes, quelques descriptions peu ragoutantes (arrachage de zigounette à coups de dents), un climat digne des meilleurs (ou des pires) films post-nuke italiens, entre « Les Nouveaux Barbares » et « Les Exterminateurs de l’an 3000 », LES ENFANTS DU DIABLE n’a pas de prétentions littéraires mais cherche simplement à divertir son lecteur pendant 2 ou 3 heures. Pari gagné pour ce bouquin plaisant et rondement mené.

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Publié le 7 Février 2021

SAS CONTRE CIA de Gérard De Villiers

Publié en 1965, le deuxième roman mettant en scène Son Altesse Sérénissime le Prince Malko Linge se déroule en Iran alors que le Chah est toujours au pouvoir mais que les forces révolutionnaires fomentent un attentat à son encontre. L’Iran des sixties plait davantage à Malko que celui qu’il visitera ultérieurement au cours de ses aventures : musique, danse, vodka, caviar et jolies filles.

La CIA a été avertie par le KGB d’un futur coup d’état en vue de placer à la tête de l’Iran le général Kadjar. Schalberg, chef de la CIA dans le pays, soutient les révolutionnaires. Mais si le coup d’état réussi, les forces soviétiques envahiront le pays. Malko Linge a donc mission d’empêcher la révolution. Il débarque incognito en Iran avec dix millions de dollars, somme nécessaire à corrompre qui de droit. Mais l’argent se voit confisqué par la police au service de Schalberg et Malko doit recourir à l’aide de deux Belges traficotant dans le pays, Jean Derieux et Van der Staern. Ce-dernier est tué lors d’une reconnaissance au cours de laquelle Malko obtient la preuve de l’implication de Schalberg dans les manigances de Kadjar. SAS devra encore naviguer entre les factions rivales, les Russes, les mollah et les politiciens corrompus pour tenter de sauver le Chah.

Tout comme le précédent, SAS A ISTAMBUL, cette aventure de Malko tranche avec ce que le personnage deviendra par la suite. Nous sommes ici dans un espionnage beaucoup plus feutré, davantage porté sur la politique et les manigances de l’ombre. L’action est donc réduite (seul les derniers chapitres avec leur course-poursuite aérienne pour détruire une bombe volante relève du genre), l’érotisme quasi absent (Malko flirte mais ne coucher pas),…L’essentiel réside dans les jeux d’influences entre personnages souvent peu recommandables qui tentent de tirer leur épingle d’un jeu de dupe : trafiquant belge, agent double, fonctionnaire corrompu, général sadique se rêvant roi à la place du Chah, jeune fille amorale qui vont de l’un à l’autre par intérêt,…Le petit monde des barbouzes se trouve joliment dépeint, dans un Iran encore paradisiaque mais déjà menacé par l’extrémisme religieux : entre deux maux (communisme et islamisme) il faut choisir le moindre et Malko aura bien du mal à s’en dépêtrer, tout comme il aura du mal à choisir entre une belle Iranienne et une hôtesse de l’air suédoise.

En définitive, SAS CONTE CIA constitue un bon roman d’espionnage, beaucoup plus sérieux que les suivants qui verseront de plus en plus dans l’aventure kilométrique et l’érotisme envahissant. Conseillé pour découvrir un des personnages les plus emblématiques de la littérature de gare.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 5 Février 2021

LA NUIT DES VERS VORACES de John Halkin

Né en 1927, John Halkin a livré une poignée de romans horrifiques, dont sa « Slither trilogy » (composée de ce LA NUIT DES VERS VORACES et des inédits SLIME et SQUELSH) au milieu des années ’80.

Le roman se rapproche fortement de ce que proposait James Herbert à ses débuts (avec sa saga des RATS) ou Guy N. Smith (le grand spécialiste de l’agression animale avec NIGHT OF THE CRABS, BATS OUT OF HELL, MANHEATER, etc.). On peut également effectuer un rapprochement certain avec le plaisant film « La nuit des vers géants » : titre très proche, intrigue relativement similaire en tout cas dans son principe. Bref, Halkin ne cherche pas à innover. Ni à surenchérir dans l’ignoble. Publié chez Gore il aurait pu aboutir chez Terreur ou J’ai lu Epouvante bien que le ton très « série B » de ce roman le destinait naturellement à la collection Gore, tout comme l’intrigue ramassée, le déroulement linéaire, les quelques passages gentiment sexy et les séquences sanglantes mais sans excès. Nous sommes vraiment dans l’horreur tranquille, pas de quoi attraper des hauts le cœur comme chez Necrorian ou se sentir mal à l’aise comme chez Ketchum. Nous suivons classiquement un technicien de télévision, Matt Parker, qui, au cours d’un reportage dans les égouts, se fait attaquer et mutiler par de redoutables vers agressifs. Devenu obsédé par ses créatures il va même jusqu’à en faire élevage pour les transformer en peau destinés à confectionner des sacs pour les ladies londoniennes.

Le personnage principal, qui occupe la quasi-totalité des scènes, s’avère classique et typique de l’horreur 80’s. Il est arriviste, veut faire carrière mais se lamente de vivoter. Une histoire d’adultère traditionnelle et l’amour à reconquérir de sa jeune fille qui le méprise tiennent lieu de caractérisation. Dans les clichés d’époque on notera également la détermination sans faille de notre héros qui réussira, tout seul et quasiment avec uniquement sa bite et son couteau, à stopper une invasion animale d’ampleur nationale tandis que les autorités se contentent de ne pas intervenir et de de constater les dégâts (citoyens dévorés à la pelle !).

Le tout constitue, au final, un roman enlevé, parfois saugrenu (toute l’histoire de l’élevage des vers laisse perplexe mais offre indéniablement une touche de folie à un titre sinon convenu), avec suffisamment de passages mordants et d’attaques sanguinaires pour satisfaire le lecteur. Ce n’est pas aussi efficace que LES RATS de Herbert ni aussi crade que LA MORT VISQUEUSE de Shaun Hutson mais, dans la masse des nombreux bouquins du genre publié chez Gore, ce modeste NUIT DES VERS VORACES ne démérite pas.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Gore, #Horreur, #Roman de gare

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Publié le 31 Janvier 2021

CULTE SANGLANT - L'IMPLACCABLE de Richard Sapir & Warren Murphy

Lancé en 1971, la saga de L’IMPLACABLE est à l’origine aux mains de Richard Sapir et Warren Murphy. Par la suite, comme la plupart des grandes séries de littérature de gare, divers « ghost writers » continuèrent les aventures de Remo, jeune policier laissé pour mort et engager dans l’organisation secrète Cure afin de débarrasser officieusement les Etats-Unis des menaces. Pour cela, Remo subit l’entrainement strict de Chiun, dernier maitre de Sinanju, art martial coréen ultime. Au fil du temps, la saga verse de plus en plus dans l’outrance et l’auto-parodie, prenant sa distance avec des personnages plus conventionnels comme L’Exécuteur ou SAS. Nos héros combattent ainsi des cyborgs, des mutants, des vampires, des change-formes, des monstres, des mutants, des pyrokinésistes, etc. Plus de 150 bouquins sont disponibles, CULTE SANGLANT étant le 29ème.

Comme souvent avec L’IMPLACABLE, l’intrigue part dans tous les sens et échappe rapidement à toute vraisemblance, ce qui n’empêche pas l’ensemble de demeurer divertissant. Le bouquin tire à boulet rouge sur les vegans anti-viande (et ça, ça n’a pas de prix !), se moque plus gentiment des Trekkies via une séduisante fan de la série en uniforme seyant et convoque des vampires chinois pour faire bonne mesure. Chiun, une fois de plus, offre les meilleurs passages du roman puisque, déçu par l’évolution prise par ses feuilletons télévisés préférés, il ambitionne à présent d’écrire son propre soap et envisage de transformer Remo en agent (payé 5%) pour promotionner ses chefs d’œuvres ! On retrouve aussi la mauvaise foi légendaire du vieux maitre et sa complète xénophobie pour tout ce qui n’est pas coréen. Bref, rien de neuf mais on s’amuse beaucoup. Cependant, au fil des pages, avouons que l’intérêt se dilue et la traduction calamiteuse n’aide guère à apprécier le rythme enlevé et les nombreuses touches d’humour.

Trop dispersé, CULTE SANGLANT n’est qu’à demi convaincant (en tout cas dans sa traduction disponible) mais reste un plaisant bouquin de gare qui ne lésine pas sur les personnages outranciers, l’humour absurde et les idées foldingues pour maintenir l’intérêt. Si ce pas le meilleur roman de la série, on ne s’ennuie pas à la lecture de ce livre suffisamment inventif et déjanté pour maintenir l’intérêt.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Humour, #Polar, #Implacable, #Roman de gare

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Publié le 10 Décembre 2020

CHINOISERIES POUR OSS 117 de Jean Bruce

Jean Bruce a régné sur l’espionnage « à la française » avec 88 romans écrit entre 1949 (avec ICI OSS 117) et 1963. Par la suite c’est son épouse puis ses enfants qui se chargèrent de faire perdurer OSS 117 jusqu’au début des années ’90 (jusqu’à OSS 117 PREND LE LARGE en 1992). Plus de quarante ans de succès, 265 romans et 75 millions d’exemplaires vendus. Alors évidemment nous sommes dans le pur bouquin de gare mais, dans le genre, l’ensemble possède son charme. Tout d’abord par le contexte : dans CHINOISERIES POUR 0SS 117 nous visitons Macao et Hong Kong au milieu des années ’50 avec ses zones de non-droits abandonnées par la Chine ou l’Angleterre, ses prostituées opérant sur des sampans, ses criminels minables qui s’imaginent rois du (tout petit bout de) monde, ses chefs de gangs voulant être califes à la place du calife et pactisant une fois à gauche (la Chine), une fois à droite (l’Occident) pour garder leurs misérables prérogatives. Bref, voilà un roman qui, par la grâce des soixante ans écoulés, s’est paré d’un charme certain au niveau de l’ambiance historique bien rendue et imprégnée, forcément, des fumées d’opiums et des parfums des dames légères. L’intrigue, comme souvent, reste excessivement simple dans ses grandes lignes mais bien compliquées dans les détails. Trahisons, agent double, agent triple, on s’y perd un peu et, à vrai dire, ce n’est guère important, c’est juste le bal des barbouzes entre les communistes et les Américains pour un petit bout de territoire stratégiquement important.

Alors, comme tous les autres de la série, le roman rappelle évidemment la parodie « Le Magnifique » avec Bebel mais c’est plutôt positif à condition que le lecteur s’amuse des excès de cette littérature de pur divertissement. Hubert Bonnissoeur a même droit à être comparé à un fauve à la manière de Bob Saint Clare. Pour les plus jeunes ce sera sans doute les versions humoristiques de l’agent secret, campé par Jean Dujardin, qui viendront à l’esprit. Car tout cela n’est pas toujours franchement crédible et les coïncidences s’accumulent pour permettre à notre espion de se sortir d’un panier de crabes en plein cœur de l’enfer du jeu. Clichés touristiques, violences, érotisme (frileux, époque oblige), rebondissements,…Jean Bruce assure cependant un réel plaisir de lecture avec son style très simple mais pas trop relâché pour autant. Disons qu’il possède une certaine efficacité, un sens du rythme et du rebondissement que n’ont pas toujours les besogneux de l’espionnage ou du polar. CHINOISERIES POUR OSS 117 emporte donc l’adhésion et se lit en une soirée tout comme on visionne un film d’espionnite des sixties : sans être dupe de la qualité réelle du produit proposé mais néanmoins avec plaisir et sans ennui. N’est-ce pas là l’essentiel ?

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 3 Septembre 2020

LES MERCENAIRES DE LA COKE de Mike Newton

308ème (!) épisode américain de la saga, LES MERCENAIRES DE LA COKE constitue également le premier volet d’une trilogie (poursuivie en France avec OTAGE DU CARTEL et ULTIME DEFI). Nous y retrouvons forcément Mack Bolan mais aussi son petit frère, Johnny, lequel se balade incognito sous le pseudo de…Johnny Depp. Petite note d’humour dans un récit globalement sérieux qui développe une intrigue complexe et multiplie les « méchants » : mercenaires, rebelles, mafieux,…Un véritable bazar qui débute dans les bayous de Louisiane et prend ensuite son envol dans le reste du monde, Mike Newton prenant le temps d’introduire différentes lignes narratives qui vont pouvoir se développer au fil des pages et maintenir l’intérêt du lecteur tout au long de cette saga. De bonnes intentions mais, en pratique, le résultat demeure mitigé : la multiplication des personnages ne rend pas l’ensemble spécialement passionnant et ce premier tome apparait quelque peu brouillon.

Les scènes d’action, placées à intervalles réguliers, apparaissent comme autant de figures imposées exécutées avec professionnalisme mais sans véritable implication ni surprise. La recette très « pulp » reste donc respectée avec son lot de vilains, ces protagonistes venus des quatre coins de la planète et ses passages d’action brutale sans parvenir à susciter un réel intérêt.

LES MERCENAIRES DE LA COKE se laisse cependant lire sans grande difficulté et reste dans la moyenne de ce genre de roman de gare mais on a connu Newton plus original ou inspiré (par exemple dans son très réussi SANGLANT ELDORADO) pour ressortir réellement satisfait de cette aventure routinière. Le final donne modérément envie de poursuivre la lecture de la trilogie mais, dans le doute, mieux vaut sans doute choisir un autre des innombrables bouquins consacrés à l’Exécuteur…

LES MERCENAIRES DE LA COKE de Mike Newton

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Exécuteur, #Roman de gare

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