humour

Publié le 5 Décembre 2019

PAX AMERICANA de Roland C. Wagner

Les auteurs de SF avaient quand même parfois le nez creux… En 2005, le trop tôt disparu Roland C. Wagner imaginait déjà très bien les conséquences possibles du Réchauffement et de la disparition des ressources.

XXIème siècle…le pétrole n’est plus qu’un souvenir pour beaucoup. Les USA (rebaptisés Zu’ssa) se sont accaparé les derniers stocks afin d’alimenter leur armée chargée d’imposer la Pax Americana au reste du monde. Violemment privés de leurs réserves, l’Europe a dû se tourner, contrainte et forcée, vers les énergies renouvelables. Bien sûr, la transition a entrainé des changements drastiques : fini la voiture individuelle, bonjour l’ordinateur à pédales. Les USA, de leur côté, ont continué d’épuiser les dernières ressources à la manière d’un ogre insatiable. Aujourd’hui le pays fonce droit dans le mur au point que le Président des USA s’apprête à renouer les relations avec le Vieux Continent. Mais la rumeur d’un attentat à son encontre enfle…

Roland C. Wagner propose ici une anticipation crédible avec d’un côté une Europe retournée à l'avant pétrole et des USA qui épuisent le peu de ressources restantes en guerroyant à tout va. Ils gardent ainsi la maitrise des énergies fossiles au point de s’être illusionné : pensant ces dernières inépuisables voilà le grand pays rattrapé par la réalité.

Mi satire, mi politique fiction, cette anticipation parfois grave et parfois amusante n’oublie pas de raconter une histoire et évite les excès loufoques (mais rapidement lassant) de LA SAISON DE LA SORCIERE du même Wagner. L’écrivain brosse quelques jolis portraits, dont un président européen aussi gentleman qu’insatiable sexuellement. Le tout donne une novella bien ficelé qui n’oublie pas l’humour pour parler de choses sinistres car comme le disait Didier Super « On va tous crever, on va tous crever,
Y'a la fin du monde qui nous guette et nous on fait la fête!”.

Sympathique et finalement optimiste donc recommandé même si le bouquin aurait mérité quelques dizaines de pages supplémentaires pour développer un univers à peine effleuré.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Roman court (novella), #anticipation, #science-fiction, #Humour

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Publié le 22 Mars 2019

ELRIC A LA FIN DES TEMPS de Michael Moorcock

Comme bien des auteurs avant lui (cf. Asimov et ses robots fondateurs), Moorcock s’est laisse tenter par le crossover entre ses deux plus fameuses créations, Elric le Necromancien et la saga des Danseurs de la Fin des Temps. Notre empereur albinos atterrit donc dans un futur incroyablement lointain dans lequel s’ennuie des immortels blasés qu’il identifie aux Seigneurs du Chaos.

Rédigé en 1981 cette « ultime » (rire) aventure d’Elric s’avère très agréable mais nécessite une bonne connaissance des deux sagas précitées pour être pleinement appréciée. Longue nouvelle (ou roman court), ELRIC A LA FIN DES TEMPS constitue un divertissement amusé à l’humour très anglais : les immortels de la Fin des Temps s’amusent des combats du Loup Blanc, de son souci d’équilibrer la Loi et le Chaos mais, au final, le trouvent un peu raseur, comme tous les voyageurs temporels égocentriques. Moorcock se joue des clichés qu’il a lui-même contribué à établir et offre un récit alerte découpé en une suite de courts chapitres, le tout s’achevant par une pirouette ironique. Nous sommes clairement proche de l’auto-parodie et il est possible de rejeter le récit en le taxant de bouffonnerie mais, avec un peu d’ouverture d’esprit (et en sachant à quoi s’attendre), ELRIC A LA FIN DES TEMPS est plutôt une réussite. L’autre nouvelle, beaucoup plus courtes, consacrée à Elric, « Le dernier enchantement », se laisse lire sans déplaisir mais reste totalement dispensable. Le recueil est complété par une très courte nouvelle, « la chose dans la pierre » (pas lue) et un roman de jeunesse, écrit par un Moorcock adolescent, SOJAN, une fantasy qui annonce apparemment Elric et qui est également incluse dans le gros volume consacré au GUERRIER DE MARS. J’y reviendrais donc (ou pas) à ce moment mais les avis disponibles n’encouragent guère à franchir le pas.

En résumé, ELRIC A LA FIN DES TEMPS constitue un recueil composé en dépit du bon sens dans lequel on lira en priorité le court roman intitulé lui aussi « Elric a la fin des temps » qui en constitue l’élément essentiel (et, à n’en pas douter, l’argument de vente principal). Un texte plaisant (également disponible dans l’énorme omnibus consacré à Elric) qui ne justifie en rien cette édition fourre-tout aux limites de l’arnaque pure et simple.

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Publié le 2 Janvier 2019

UNE CHALEUR VENUE D'AILLEURS de Michael Moorcock

Cycle romanesque en trois tomes (accompagné d’un recueil de nouvelles annexes), LES DANSEURS DE LA FIN DES TEMPS envisage l’avenir extrêmement lointain d’une humanité déifiée. Les hommes, devenus immortels, s’ennuient fatalement et se complaisent dans les spectacles grandioses (quitte à incendier un continent pour la beauté de la vision), les perversions sexuelles et la collectionnite. Jherek, par exemple, s’intéresse quasi exclusivement au XIXème siècle de la Terre. Il faut dire qu’en cette époque proche de la fin des temps « il n’y a plus grand-chose à faire ». Alors Jherek décide, par ce qu’il faut bien s’occuper (comme disait l’autre, « l’éternité c’est très long, surtout vers la fin »), de s’enticher d’une prude jeune mariée du XIXème siècle et de l’arracher à son époque. Dès lors, Moorcock, qui ne devait pas fumer que du tabac, se lance dans une aventure picaresque et déjantée, revisitant d’une certaine manière ALICE AU PAYS DES MERVEILLE par sa propension à construire un univers coloré et sous acide, dans lequel tout devient possible : se balader dans une locomotive volante en pierres précieuses, voyager dans le temps, garder des ménageries où vivent des extra-terrestres,…C’est la fête, le carnaval de Venise et de Rio mélangé pour une bande de partouzards défoncés qui attendent impatiemment la fin des temps parce qu’au moins il va se produire quelque chose d’inattendu dans leur vie ennuyeuse.

Bref, dans ce roman très marqué par son époque, on croise de nombreux voyageurs de l’espace ou du temps, y compris le petit frère de Mao qui critique les « pratiques sexuelles immondes de ces bourgeois dégénérés ». Comme quoi, même dans un million d’années, il restera toujours des gauchistes pour emmerder le monde.

Si la première moitié du roman souffre de quelques longueurs en dépit de son inventivité, Moorcock se lâche dans la seconde partie qui convoque le roman feuilleton et l’esprit des romanciers victorien. L’écrivain, très inspiré, plonge son candide immortel dans le fog épais d’un Londres pétri de convention. Jherek ne comprend rien à ce qui lui arrive (il se rend complice d’un vol, passe en jugement, se fait emprisonner et finalement condamner à mort), ce qui permet à l’iconoclaste Moorcock d’offrir des passages très drôles. Dès lors, cette CHALEUR VENUE D’AILLEURS s’inscrit dans la brève liste des réussites de la SF humoristique.

En résumé, cette vision futuriste mêle humour et désespoir dans un grand foutoir parfois légèrement irritant (on sent l’auteur, sous l’emprise du « new world », vouloir jouer la provocation à grand coup de sexualité débridée, d’inceste et autres perversions) mais souvent vivifiant et divertissant. Une explosion d’inventivités et de non-sens qui réconcilie science-fiction et comédie. Conseillé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #humour, #Michael Moorcock

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Publié le 1 Août 2018

KONNAR LE BARBANT 1 - LE FILS DU GRAND KONNAR de Pierre Pelot

Dans la lignée de LORD OF THE RINGARDS, Pierre Pelot se lance, au début des années ’80, dans la démolition en règle des clichés de la Fantasy.

Au pays des héros, le Grand Konnar s’ennuie de sa morne existence, entre ripailles et orgies rien de vraiment passionnant ne se passe et les humbles humains ne semblent même plus intéressés par les exploits de ces fiers guerriers. Alors le Grand Konnar décide, via un concours, de recruter de nouveaux héros. Gilbert Lafolette, inscrit par ses collègues au concours, remporte la victoire et décide de se rendre au pays des héros afin d’accomplir sa destinée : devenir le fils (adoptif) du Grand Konnar et adopter son nouveau patronyme de Konnar le Barbant.

Publié en feuilleton dans la revue « Fiction », les aventures de Konnar le Barbant seront ensuite reprises au Fleuve Noir, étendues sur pas moins de cinq tomes et finalement republiées dans une intégrale révisée chez Bragelonne en 2006.

Malheureusement, si tout cela peut faire sourire, ce roman ne va guère plus loin, niveau humour, que son titre en forme de contre-pétrie un peu facile. Sans doute parti d’une boutade en forme d’agacement à l’encontre de la mode des barbares à gros bras, LE FILS DU GRAND KONNAR, premier volet de la saga de notre apprenti héros Konnar le Barbant, avance à gros sabots, bien loin de la dérision respectueuse d’un Pratchett ou d’un Gayman. Ici, Pelot donne dans la parodie bien lourde et sans la moindre subtilité, avec gags pachydermiques et intermèdes graveleux.

Les blagues les plus courtes étant, on le sait, souvent les meilleures cette pochade qui semble écrite au fil de la plume devient assez rapidement lassante, voire laborieuse, tant le romancier parait avoir, à mi-parcours, épuisé toutes les ressources comiques de son intrigue.

En résumé on ne se pressera pas à lire les suites…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Humour, #Parodie

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