horreur

Publié le 9 Août 2020

L'EXORCISTE, LA SUITE de William Peter Blatty

Bien qu’il ait écrit une douzaine de romans, William Peter Blatty reste essentiellement connu pour L’EXORCISTE, publié en 1971 et adapté à l’écran deux ans plus tard. En France, excepté L’EXORCISTE, le seul autre de ses livres a avoir été traduit est « L’esprit du mal », écrit en 1983 et ensuite ressorti sous le titre de L’EXORCISTE LA SUITE. Il s’agit effectivement d’une continuation des événements du roman de 1971 (qui ignore totalement le film « L’exorciste 2 ») dans lequel le principal protagoniste est, cette fois, le lieutenant Kinderman. En 1990, Blatty l’adapta d’ailleurs pour le cinéma sous le titre « L’exorciste 3 ».

A mi-chemin du fantastique et du thriller policier, le roman suit l’enquête de Kinderman sur les pas d’un mystérieux sérial killer, le Gémeau (inspiré par le véritable Zodiac), abattu par la police voici une douzaine d’années mais dont le corps n’a jamais été retrouvé. De nouveaux meurtres semblent l’œuvre d’un imitateur mais Kinderman croit qu’il s’agit du véritable Gémeau : en effet, certains indices jamais dévoilés à la presse laissent penser que le tueur est toujours vivant. Les différentes victimes (un jeune garçon crucifié, un prêtre décapité,…) laissent penser à des crimes inspirés par la religion, ce qui teste les croyances de Kinderman. Ce-dernier finit par aboutir dans un asile psychiatrique où est enfermé, depuis douze ans, un individu ressemblant trait pour trait à Damien Karras, le prêtre supposé mort lors de l’exorcisme de Regan McNeil.

Roman étrange, L’EXORCISTE LA SUITE permet à Blatty de revisiter son oeuvre la plus célèbre en truffant le récit de considérations philosophiques, psychologiques ou théologiques. Son héros, Kinderman, doute et s’exprime sur la religion (chrétienne et juive), sur la psychiatrie, sur les croyances et théories énoncées au fil des siècles. Cet emballage peut rebuter et n’est pas toujours aisé à aborder, certains passages sont mêmes difficiles à lire et s’élèvent largement au-dessus de la « simple » littérature d’épouvante : Blatty livre une sorte d’essai sur la nature du Bien et du Mal, sur la place de l’Homme, sur Dieu et la religion mais, au lieu de proposer ses idées dans un bouquin hermétique, il développe une intrigue à mi-chemin du thriller de « serial killer » et du fantastique. Au final, de façon assez inattendue mais habile, il réussit à connecter cette « suite » avec le final de L’EXORCISTE et la mort (supposée ?) de Karras.

L’EXORCISTE LA SUITE constitue donc un roman déstabilisant mais riche et intéressant, que l’on peut relire avec plaisir en dépit de certains passages un brin ardus : la première moitié s’avère intrigante et la seconde, plus proche de L’EXORCISTE, cultive un climat de fantastique et d’épouvante bien rendu. Une réussite pour cette suite atypique !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Fantastique, #Horreur, #Thriller

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Publié le 26 Juillet 2020

R.R.RETROSPECTIVE de George R.R. Martin

Le succès littéraire (avant télévisé) du TRONE DE FER a permis la sortie de ce superbe recueil, évidemment incomplet mais largement suffisant pour contenter les plus exigeants. Publié en 2003 aux USA il ne fut traduit que fin 2017 en France, sans doute pour profiter de la popularité acquise par Martin. En tout cas, l’attente en valait la peine. Plus de 1500 pages pour résumer la première partie de carrière de George R.R. Martin, du tout début des années ’70 à l’aube du XXIème siècle. Trois décennies bien remplies puisque l’auteur commença dans les scénarios de comics amateur, récolta un paquet de récompenses en science-fiction, se tourna vers l’horreur lors du grand « boom » des années ’80, se laissa tenter par Hollywood (« La quatrième dimension », « La belle et la bête » et même une série avortée, « Doorways », dont n’existe que le pilote) et trouva finalement la richesse et la gloire dans la Fantasy.

Les textes, judicieusement présentés, sont entrecoupés de larges passages biographiques qui, rassemblés, forment une bonne centaine de pages aussi passionnantes qu’éclairantes sur la manière de Martin de concevoir ses récits.

Ce voyage débute donc à la fin des 60’s avec un texte « amateur » et anecdotique rédigé par un Martin âgé de 17 ans sous influence des comics, « Y a que les gosses qui ont peur du noir » (également disponible dans le recueil LA FLEUR DE VERRE, tout comme « Cette bonne vieille mélodie », « Fleur de verre » et « Le régime du singe », vainqueur du Locus) et on poursuit avec « La forteresse » et « « Et la mort est son héritage » (issus de AU FIL DU TEMPS, tout comme « Assiégés » et « Variante douteuse »).

Nous entrons ensuite dans le vif du sujet, alors que Martin devient un auteur confirmé et professionnel, ce qu’il explique dans l’ironique article « le sale pro ». Cinq textes sont tirés du formidable recueil UNE CHANSON POUR LYA (« Le héros », « La sortie de San Breta », « Il y a solitude et solitude », « Au matin tombe la brume » et, bien sûr, une premier chef d’œuvre, le court roman « Une chanson pour Lya » vainqueur du Hugo).

« La clarté des étoiles lointaines » était jusqu’ici inédit en français et le recueil suivant de l’auteur, DES ASTRES ET DES OMBRES, publié en France en 1983, se voit représenté par « Tour de cendres », « sept fois, sept fois l’homme, jamais » et « Un luth constellé de mélancolie »

Autre gros morceau, LES ROIS DES SABLES, représenté par « Aprevères », l’exceptionnel « Par la croix et le dragon » (récompensé par le Hugo et le Locus) et le fameux « Les rois des sables », lauréat du triplet magique (Hugo, Nebula, Locus) dans la catégorie des nouvelles longues et adapté pour le reboot de la série télévisée « Au-delà du réel ».

Le recueil DRAGON DE GLACE, pour sa part, à droit à la totale puisque ses quatre nouvelles sont reprises ici : le conte / fantasy « Dragon de glace », « Dans les contrées perdues », « L’homme en forme de poire » (lauréat du Bram Stocker Award) et l’angoissant « Portrait de famille »

« Retour aux sources » n’est pas un inédit mais il fallait chercher pour le trouver : soit dans l’anthologie ORBIT parue dans la collection « le livre d’or de la SF » soit dans le N° de Bifrost consacré à Martin. Sa republication constitue donc une aubaine pour les fans.

« Le Volcryn », court roman de science-fiction horrifique déjà disponible à l’unité et adapté en série télévisée, se voit ici republié à nouveau et reste toujours prenant et efficace. L’inédit « Une bête pour Norne » s’enchaine avec « Les gardiens », gagnant du Locus et jadis publié dans l’anthologie UNIVERS 83 (ça ne nous rajeunit pas !)

R.R.RETROSPECTIVE propose ensuite les scénarios d’un épisode de « La quatrième dimension » (« j’étais au Canada ») et celui de la série avortée « Doorways ». Le premier est plaisant en dépit de son classicisme, le second s’avère plus intéressant et aurait mérité davantage de développement (sous forme d’un roman par exemple mais Martin est tellement occupé avec son trône de fer…). On y retrouve une ambiance proche de « Sliders » avec son héros emporté dans un monde parallèle uchronique.

« Partir à point » et « Le journal de Xavier Desmond » sont tiré de l’univers partagé WILD CARDS établi par Martin à la fin des années ’80, une uchronie super héroïque dans laquelle une infime portion de la population s’est trouvée dotée de superpouvoirs (les As), certain au prix d’horribles mutations (les Jokers). On entre finalement facilement dans ce vaste univers des plus réussis que l’on a envie d’explorer de manière plus approfondie.

Cette rétrospective se poursuit avec « Skin trade », un court roman horrifique (récompensé par le World Fantasy en 1989 mais qui ne connut une première publication française qu’en 2012) et un autre roman court, « Le chevalier errant » jadis publié dans l’anthologie LEGENDES de Silverberg (à l’époque Martin n’était même pas mentionné sur la couverture qui préférait miser sur Stephen King, Anne McCaffrey, Terry Goodkind, Raymond Feyst et Robert Jordan). « Le chevalier errant » fut, par la suite, réédité en compagnie de « L’épée lige » (non repris ici) dans un volume assez roublard sous-titré « Préludes au Trône de fer »

De par sa taille (1500 pages), son ambition (résumer 30 ans de carrière), sa variété (fantastique, fantasy, horreur, science-fiction), son alternance de texte allant de la brève nouvelle au roman court en passant par le scénario, ses illustrations évocatrices et ses pages biographiques passionnantes, R.R.RETROSPECTIVE constitue un recueil absolument indispensable et pratiquement sans équivalent. Au total, une trentaine de nouvelles, trois romans courts et deux scénarios de série télévisées, sans oublier une bibliographie très complète et de très nombreuses notes biographiques composent cette exceptionnelle rétrospective. On souhaite donc que d’autres éditeurs publient de similaires pavés rétrospectifs sur d’autres écrivains. En tout cas, pour 30 euros, voici une belle affaire et un incontournable pour tous les amateurs de littérature de l’imaginaire.

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Publié le 21 Juillet 2020

L'ABOMINATION D’INNSWICH d'Edward Lee

Fanatique de Lovecraft, le riche Foster Morley, quelques années après le décès de son idole, entreprend de visiter ces régions du Massachussets qui l’inspirèrent. Morley découvre ainsi le petit bled côtier d’Innswich, modèle évident pour le mythique Innsmouth…mais à quel point Lovecraft s’est-il basé sur la réalité pour construire son univers ? Foster Morley s’apprête à le découvrir.

Ecrivain ayant déjà une belle carrière derrière lui, Edward Lee (né en 1957) donne volontiers dans le « splatter punk » et l’excessif comme en témoigne ses recueils de nouvelles (non traduits) généralement gratinés qui ne lésinent jamais sur l’horreur sanglante et le sexe explicite. Les titres parlent d’eux-mêmes : BRIDES OF THE IMPALER, HOUSE INFERNAL, NIGHT LUST, etc.

Il s’est attaqué plusieurs fois à Lovecraft avec des pastiches HAUNTER OF THE THRESHOLD ou DUNWICH ROMANCE et, comme son titre l’indique, cette ABOMINATION D’INNSWICH constitue son hommage aux classiques LE CAUCHEMAR D’INNSMOUTH et L’ABOMINATION DE DUNWICH. Excepté ce court roman seuls trois de ses nouvelles furent traduites en français.

Cependant, Lee écrit d’une manière totalement différente de Lovecraft, quoiqu’il lui reprenne certains « tics » (construction alambiquée, vocabulaire suranné, etc.) et surtout son écriture se montre nettement plus frontale. Sans être érotique, ce court roman patauge dans la sexualité, devenue pivot central d’une intrigue à la fois référentielle et déjantée. L’horreur, elle aussi, y est décrite frontalement, avec tout ce que cela implique de monstruosités tentaculaires gluantes. Et comme l’auteur n’hésite jamais à en faire trop il convoque même, lors d’un final outrancier,…Non ! n’en disons pas plus et laissons la surprise au lecteur qui passera un bon moment avec cette ABOMINATION D’INNSWICH très fréquentable.

Bien sûr il faut accepter un certain second degré (plus ou moins volontaire) et la modestie de l’entreprise qui se contente de reproduire LE CAUCHEMAR D’INNSMOUTH en y ajoutant un paquet de sexe et de sang. On imagine très bien le présent récit servant d’inspiration à une bonne série B cradingue après le passage de Lovecraft au rouleau compresseur de producteurs avides (« bon coco, ton histoire elle est sympa mais si tu pouvais y mettre des filles à poil qui baisent avec des bestioles à tentacules ça serait quand même plus vendeur »). Pour le meilleur et pour le pire, le tout se rapproche beaucoup du roman graphique NEONOMICON d’Alan Moore qui, lui aussi, revisitait dans le sang et le foutre, la mythologie lovecraftienne. Plus récemment, le Suédois Anders Fager a suivi, lui-aussi, une voie similaire avec ces recueils LA REINE EN JAUNE et LES FURIES DE BORAS. Bref, après des décennies d’auteurs imitant plus ou moins habilement Lovecraft (ou Derleth !), voici venir les « cultistes » du XXIème siècle, plus démonstratifs et délirants.

Pas un chef d’œuvre, loin de là, L’ABOMINATION D’INNSWICH reste un divertissement tout à fait acceptable qui eut très bien pu figurer dans les pages de la Collection Gore durant les années 80.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Fantastique, #Gore, #Horreur, #Lovecraft, #Roman court (novella)

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Publié le 25 Juin 2020

LES YEUX DES TENEBRES de Dean Koontz

Remis sous les feux de l’actualité, le roman, écrit en 1981, donnait à Koontz des allures de visionnaire car il traitait d’un virus échappé d’un laboratoire de Wuhan, offrant aux complotistes quelques nouvelles théories à reprendre, notamment l’origine artificielle du virus imaginé ici comme une arme bactériologique. C’est oublié un peu vite que, dans la version originale, le super virus a été créé en Russie, la Chine n’étant devenue l’ennemi que dans la version remaniée par Koontz et vendue depuis 2008. Pas grave, cela permet de lire (ou relire) cet honnête thriller qui manque cependant un peu de réelle tension pour maintenir l’intérêt.

La première partie, la plus intéressante, reste également la plus mystérieuse avec cette mère, Tina, qui ne parvient pas à admettre la mort accidentelle de son petit garçon, Danny, et commence à assister à d’étranges manifestations paranormales. Lorsque le message « pas mort » apparait sur le tableau noir de Danny notre héroïne est persuadée qu’on lui a caché la vérité : elle se met en tête d’exhumer le corps de Danny et, à partir de ce moment, devient la cible à abattre d’une organisation gouvernementale secrète. Evidemment, comme dans beaucoup de romans de ce style écrit par Koontz, notre jeune femme, qui se remet difficilement d’une rupture difficile avec un mec pas sympa, rencontre un brave type avec qui elle entame directement une grande histoire d’amour. En plus c’est un ancien des services secrets, un bonus appréciable lorsqu’on est traqué par le gouvernement.

On retrouve dans LES YEUX DES TENEBRES la recette classique du Koontz des débuts, avec ce mélange de thriller, de polar, de science-fiction et de fantastique agrémenté d’un soupçon d’horreur et d’une cuillère d’érotisme sans oublier quelques scènes d’action pour dynamiser le récit. Tout est donc calibré, sans grande surprise, les coïncidences et les passages peu vraisemblables se multiplient pour orienter l’histoire dans la bonne direction et les pouvoirs paranormaux de Danny aident bien évidemment sa maman à résoudre l’énigme, ce qui s’apparente parfois à une sacré facilité « scénaristique ».

Pour le côté virus / conspiration / prophétie annoncé il faut attendre les derniers chapitres qui révèlent donc la vérité sur l’origine des pouvoirs de Danny.

Dans l’ensemble, LES YEUX DES TENEBRES s’avère un honnête Koontz, plutôt plaisant en dépit de personnages souvent très clichés, et qui fonctionne agréablement, notamment par sa pagination restreinte et son art déjà affirmé du page-turning : chapitres courts, cliffhangers et rebondissements permettent de terminer rapidement un roman un peu inconsistant mais satisfaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Thriller, #anticipation, #Dean Koontz

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Publié le 17 Juin 2020

CASSIE de John Saul

Le Californien John Saul, né en 1942, fut un des grands pourvoyeurs de l’épouvante durant le « boom » de cette littérature, essentiellement au cours des années 80. Pas moins de 20 de ses romans furent alors traduits, enrichissant les collections dédiées comme « J’ai lu Epouvante », « Terreur » « Claude Lefrancq » ou « Forces obscures ». CASSIE constitue un de ces bouquins situés, pour faire court, dans les eaux fréquentées à l’époque par Stephen King : on y retrouve un personnage principal féminin, adolescente « à problèmes » (ou définie comme telle) peu à l’aise dans sa petite ville américaine traditionnelle et rapidement soupçonnée de divers méfaits. Divers personnages secondaires tissent des liens entre eux, des amitiés se nouent et la petite ville devient, elle aussi, avec ses légendes, pratiquement un protagoniste à part entière. Cassie (et non pas Carrie même si elle lui ressemble un peu) aurait des pouvoirs, serait une sorcière et aurait commis quelques crimes après avoir été « instruite » en magie noire par Miranda, l’inévitable vieille ermite un peu folle vivant dans les marécages locaux. Des individus peu amicaux envers la jeune fille en paient le prix et sont retrouvés morts, couverts d’étranges blessures peut-être attribuable à un animal. A un félidé peut-être, le chat étant l’indispensable allié des sorcières ?

John Saul possède du métier et tient son lecteur en haleine, emballant son bouquin en 280 pages bien tassées qui évitent les longueurs et les digressions inutiles. Il se focalise sur ses personnages et, bien sûr, en premier lieu sur la jeune Cassie, recueillie par son père après le décès de sa mère. Elle vivra des relations familiales un peu tendues, avec son paternel et sa belle-mère qui la soupçonne d’être une sorcière. Mais elle trouve un appui auprès d’Eric, son voisin, élève populaire ayant à son bras une petite amie tout aussi populaire. Cependant, ce-dernier commence à s’intéresser de plus en plus à cette intrigante Cassie tandis que les événements mystérieux se multiplient.

Ecrit de manière traditionnelle, avec un style simple et effectif, CASSIE délivre un parfum « old school » prononcé : nous sommes dans un fantastique feutré, ponctué de passages d’épouvante plus allusifs que graphiques, où la psychologie des personnages et l’ambiance prédominent. Les effets chocs, les « booh fais-moi peur », le gore, etc. n’y ont pas (ou très peu) leur place, nous ne sommes pas dans l’effet de manche ou l’horreur extrême façon splatter punk. CASSIE ne déraille jamais de sa voie et, à l’exception d’un twist final plutôt réussi, peut sembler quelque peu linéaire en raison, justement, de l’enchainement logique des situations qui conduisent, fatalement, à la conclusion.

Dans l’ensemble, un bon bouquin typique de son époque qui aurait pu donner une bonne série B horrifique dans les années ’80 si un cinéaste avait daigné se pencher sur son cas. Tant pis, on se contentera de la lire avec plaisir.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur

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Publié le 27 Mai 2020

RIO DIABLO de Christophe Lambert

Sous le haut-patronage de ses maitres et modèles (« Rio Bravo » de Hawks, « La nuit des morts vivants » de Romero et « Assaut » de Carpenter), voici un réjouissant mélange de western et de fantastique horrifique. On pense également à l’excellent et plus méconnu « Quand les tambours s’arrêteront » avec ses attaques d’Indiens quasi surnaturelles.

Enquêteur fédéral, Martin Pawley débarque dans le territoire des Indiens Chiricahua pour s’entretenir avec le shaman Tu-Tanka au sujet d’événements mystérieux s’étant récemment déroulés dans la région. Pawley et Tu-Tanka partent donc vers le pays des Blancs mais, sur le chemin, effectuent une courte halte dans le petit bourg de Rio Diablo. Malheureusement, une dispute dégénère et le duo se retrouve emprisonné aux côtés d’un pilleur de banque surnommé Dynamite Jack. Le sorcier indien utilise alors ses pouvoirs pour quitter la prison mais l’opération réveille surtout les morts du cimetière local qui s’en viennent prendre d’assaut le village.

Roman d’horreur destiné aux adolescents mais appréciable pour les adultes, RIO DIABLO constitue le second hommage de l’auteur au western après SOUVIENS TOI D’ALAMO qui mêlait les conventions du genre à celle de la science-fiction. Ici, en 2005, il revisite le « film de siège » et le transforme en un savoureux cocktail de roman western et d’épouvante avant que les zombies ne deviennent à la mode et ne supplantent les vampires comme « personnages » cultes du fantastique.

On repère les clins d’œil aux classiques du genre, comme le scorpion dévoré par les fourmis de la « Horde sauvage », quelques ajouts renvoyant au steampunk (la montgolfière que le savant farfelu souhaite équiper d’un gouvernail pour la transformer en dirigeable) et on imagine très bien les trognes d’une poignée d’acteurs mal rasés (Américains ou Italiens) se démener dans ce bled cerné de morts-vivants. Si les Italiens avaient encore une industrie cinématographique digne de ce nom ils se seraient surement précipités sur le bouquin pour l’adapter…Tant pis, on se contentera de rêver à ce qu’aurait donné à l’écran cette aventure échevelée et sans temps morts. Un fort bon moment à savourer dès 12 ans.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Christophe Lambert, #Fantastique, #Historique, #Horreur, #Jeunesse, #Western

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Publié le 22 Mai 2020

LES MEILLEURS RECITS DE WEIRD TALES VOLUME 3 de Jacques Sadoul

Dernière anthologie de Sadoul consacrée à Weird Tales, ce volume aborde la période sans doute la moins glorieuse du magazine, après son âge d’or évoqué dans le volume 2. Les grands noms sont cependant toujours de la partie : Henry Kuttner (deux fois… dont le lovecraftien « L’Hydre » qui convoque les Grands Anciens), Robert Bloch, Clark Ashton Smith,…

Catherine L. Moore nous offre également une nouvelle aventure de son héros Northwest Smith co-écrite avec le collectionneur fou de la science-fiction, Forrest J. Ackerman. Sympathique.

Moins connu, David H. Keller (redécouvert avec son recueil de nouvelles LA CHOSE DANS LA CAVE) propose une plaisante histoire avec « La déesse de Zion » dont le héros a vécu une extraordinaire aventure sept siècles plus tôt. Assez classique mais intéressant.

Robert Barbour Johnson, totalement oublié, nous offre avec « Tout au fond » un excellent pastiche lovecraftien (dans lequel Lovecraft est cité en tant qu’initié de connaissances interdites…un rôle qui lui sera, par la suite, souvent réservé dans les « pastiches » de Cthulhu) au sujet de goules rodant dans les souterrains du métro (on pense, sur le même thème, à une nouvelle de Clive Barker ou au plaisant roman L’HORREUR DU METRO). Une très bonne lecture !

Seabury Quinn, le plus prolifique et populaire des auteurs de Weird Tales (plus de 500 nouvelles à son actif !) revient avec « Routes » (qui, pour une fois, n’a pas pour héros son détective de l’étrange Jules de Grandin). On a déjà mentionné tout le mal que Lovecraft disait à propos de Quinn. Disons donc que, comme pas mal de récit de l’âge d’or, ses nouvelles ont connu trois stades : d’abord encensées par le public puis massacrées par la critique (qui n’y voyait que ringardises abrutissantes) avant, à nouveau, d’être appréciées par un public certes non dupe de leur qualité mais content d’y retrouver la fougue et l’inventivité (confinant souvent au n’importe quoi) du pulp. Son histoire, divisée en trois parties, se montre plutôt inventive et réussie quoique le twist se devine à des kilomètres (sans que cela nuise réellement à l’ensemble). Très plaisant.

Fritz Leiber boucle le bouquin avec une angoissante histoire brodant sur le thème de la vie antérieure avec ce personnage entrant peu à peu dans la peau de son oncle, un ancien flic qui cachait de sombres secrets. Brillant et fort adroitement mené.

En résumé, si ce troisième volet ne se montre pas aussi glorieux que ses deux prédécesseurs, il reste une très agréable anthologie fantastico-horrifique pour les amateurs.

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Publié le 20 Mai 2020

L'ABOMINATION DU LAC de Joseph A. Citro

Le roman, écrit au tout début des années 90, reprend toutes les conventions des bouquins d’horreur de série B de la décennie précédente. Harryson, un jeune homme un peu paumé ne sachant pas trop quoi faire de son existence, décide, sur un coup de tête, de partir à la recherche de « Champ », monstre légendaire proche de son cousin du Loch Ness qui vivrait dans un grand lac du Vermont. Harryson s’installe donc dans une maison prêtée par un de ses vieux amis d’université (ça tombe bien vu qu’il n’a pas beaucoup de pognon) et s’improvise crypto zoologiste. Notre brave gars commence à interroger les gens du patelin, en particulier un vieil expert local  en légendes (toujours pratique !) puis tombe amoureux, en une après-midi, de la nouvelle et forcément super séduisante institutrice fraichement débarquée de la ville. Cette dernière s’attire parallèlement les regards du bouseux alcoolique et violeur de la région et le lecteur devine que tout ça va mal finir. Harryson en apprend également davantage sur sa maison, potentiellement hantée, qui serait la cachette du trésor d’un pirate. Un ancien monastère où se déroulait des rites de sorcellerie, un cimetière indien et une vieille femme maléfique dotée de pouvoirs magiques complètent l’intrigue.

Joseph A. Citro, dont c’est l’unique roman traduit chez nous, livre un bouquin plutôt plaisant et relativement surprenant. On s’attend à une histoire de grosse bête (façon téléfilm Syfy du genre « Loch Ness Terror ») mais en réalité le lecteur se voit balader gentiment entre fantastique rural et thriller mystérieux. Nous avons une galerie de personnages très typées mais plaisants, un cadre sympathique (les îles du Vermont), une histoire « vraie » (celle du fameux monstre), des légendes locales, des clichés très 80’s, un héros un peu fade et sa nouvelle conquête, deux gamins (façon STAND BY ME) confrontés à l’horreur… L’auteur reprend les méthodes de Stephen King pour décrire ses protagonistes et saupoudre le tout d’un côté lovecraftien agréable (quelques décennies avant que ce ne soit à la mode). Le style du bonhomme s’avère d’ailleurs efficace, même si ce n’est pas de la grande littérature et qu’il s’agit d’un premier roman, les bonnes ficelles sont bien usitées et l’alternance des points de vue au travers de courts chapitres donne du rythme à un ensemble suffisamment court (300 pages) pour ne pas ennuyer.

Les amateurs de fantastique horrifique d’antan peuvent donc se risquer avec un certain plaisir à cette lecture estimable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur

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Publié le 9 Mai 2020

ILS SONT REVENUS de G.J Arnaud

Dans ce pur bouquin populaire, Arnaud convoque les alchimistes de Prague en quête de la vie éternelle, des tortionnaires nazis (qui sont donc revenus !), la légende du Juif Errant, les homoncules, le Golem et les enquêteurs du BURAS, branche d’investigations spécialisées dans le surnaturel, précurseur des X-Files.

Nous avons donc un trio de SS revenant, dans le Prague de 1972, semer la terreur parmi la population juive et, plus spécifiquement, les survivants des camps de concentration. Marianna Staker voit ainsi ses parents enlevés par l’Obersturmfürher Ranke, mystérieusement disparu trente ans plus tôt. Est-ce le véritable SS, son fils, son fantôme ou autre chose encore ? Le Bureau Universel de Recherche des Anomalies Scientifiques, préalablement croisé dans le très réussi DOSSIER ATREE du même Arnaud, délègue un de ses enquêteurs à Prague, ville des légendes et de l’alchimie où l’antisémitisme ressurgit également.

Le roman fonctionne excellement dans sa première partie, mystérieuse et inquiétante, moins bien dans sa seconde, qui mêle mythes juifs, science-fiction, alchimie, catalepsie et recherches paranormales avec un détour par un camp de concentration recréé dans les entrailles de Prague. Cependant, ILS SONT REVENUS reste un plaisant roman fantastique, sorte de thriller d’angoisse qui se paie en outre un détour dans les souterrains de la ville pour de belles scènes de suspense. Bref, une bonne petite réussite, divertissante et de lecture aisée.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantastique, #Horreur, #Roman de gare, #Fleuve Noir Angoisse

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Publié le 24 Avril 2020

LA CHOSES DES PROFONDEURS de Matthew J. Costello

Né en 1948, Matthew John Costello est un des nombreux écrivains ayant émergé lors du « boom » de l’horreur et du thriller fantastique des années ’80. On lui doit des novelisations (pour la saga « Chucky », la série télévisée « SeaQuest » ou les jeux vidéo « Doom » et « 7th Guest »), des scénarios de jeux vidéo (dont « Doom 3 ») et plus d’une vingtaine de romans dont seuls quatre furent traduits dans la collection « Terreur ».

LA CHOSE DES PROFONDEURS traite de la découverte d’une nouvelle espèce de ver géant intelligent aux fonds des océans. Bien sûr, les créatures une fois libérées entreprennent la conquête du monde. En dépit de nombreuses critiques enthousiastes lues sur Interner, cette lecture ne m’a pas convaincu. En effet, pour ma part, le roman n’a guère fonctionné, entre horreur organique parasitaire à la « Alien » ou « The Thing » (le titre français appuie la référence), récit de domination mondiale par le « Ver conquérant » (un peu façon récit catastrophe ou apocalyptique) et drame familial centré sur les relations entre deux parents divorcés et leur fille adolescente. Costello court beaucoup (trop) de lièvres à la fois, passant de passages intimistes à d’autres nettement plus outrancier dans la tradition de l’horreur « pulp » des années 80. Le romancier essaie manifestement d’élever le propos (à l’inverse de titres à l’intrigue similaire publiés chez Gore comme VRILLES, TERREUR DELIQUESCENTE ou TERREUR RAMPANTE) mais l’ensemble parait longuet.

Une déception.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur

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