horreur

Publié le 25 Novembre 2021

GENITAL GRINDER de Ryan Harding

Empruntant son titre à un morceau instrumental de Carcass et adoubé par Edward Lee en personne qui nous avertit dans la préface du côté extrême du bouquin, ce recueil de nouvelles constitue une bonne surprise.

Le splatterpunk, genre littéraire totalement déjanté qui aligne à longueur de pages sadismes, tortures sexuelles et passages vomitifs, peut vite lasser, surtout dans la forme d’un roman. En optant pour le format court, l’auteur évite beaucoup d’écueils. Il prend d’abord le soin d’écrire de véritables nouvelles, avec une intrigue et des personnages, ne se contentant pas d’aligner les passages dégueulasses même si ceux-ci sont évidemment très nombreux. La première histoire donne le ton et parait de prime abord une variation sur une nouvelle jadis publiée dans le recueil HISTOIRES DE SEXE ET DE SANG : un homme ramène chez lui une obèse qui décède en pleine « action », s’écroulant sur son partenaire et le coinçant sur le lit. Ryan Harding dévie ensuite du scénario imaginé par le récit précité et propose une conclusion différente mais tout aussi crade. La deuxième histoire parait, elle, moins intéressante et sombre un peu trop dans le « full shocks ahead », impliquant un cinglé qui se sodomise avec une brosse de toilette tout en violant un cadavre en s’aspergeant de pisse. Ah oui j’avais oublié de mettre un avertissement. Bon tant pis. Comme disait l’autre « le lecteur est prévenu ». Nous retrouvons nos deux malades mentaux quelques pages plus loin pour un exercice de « snuff movie » avec viols et tortures à gogo.

La troisième histoire se révèle bien plus intéressante et plus proche de l’horreur mainstream (avec quelques détails « beurk » quand même) : un type découvre que son père était un tueur en série. Plutôt que le dénoncer, il imagine de tuer sa femme puis de faire porter le chapeau à papa. Mais tout ne se déroule pas comme prévu. Un très bon récit, enlevé, bien ficelé, aux twists nombreux et saupoudré d’une bonne dose d’humour noir qui oscille entre horreur et thriller. Rien que pour cette histoire, le recueil mérite la lecture !

Autre histoire d’humour noir : la relation qui se noue entre un jeune ado sexuellement frustré et un tueur en série qui garde un harem de proies féminines dans sa cave. Plutôt que de le dénoncer, le gamin décide de participer joyeusement à ses crimes. Un petit côté « Un élève doué » de Stephen King mais version courte et beurk à souhait avec les inévitables conventions du splatterpunk : viol, tortures sexuelles, cannibalisme et autres carnages.

La dernière nouvelle, qui tourne autour du bug de l’an 2000, des théories apocalyptiques et de l’art pouvant créer le réel se montre, elle aussi, efficace.

En résumé, un recueil plaisant pour découvrir le splatterpunk bien que, paradoxalement, la nouvelle titre soit la plus faible du lot.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Gore, #Horreur, #Recueil de nouvelles, #Splatterpunk

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Publié le 24 Novembre 2021

UNE FILLE COMME LES AUTRES de Jack Ketchum

Dans la préface, Stephen King répète tout le bien qu’il pense de Jack Ketchum, chantre de l’horreur extrême et, à ses yeux, un des plus grands écrivains américains vivants (Ketchum décède en 2018). Il le rapproche également de Thomas Harris ou Jim Thompson. La spécialité de l’auteur consistait à s’inspirer d’un faits divers horrible pour accoucher d’une œuvre de fiction brutale. Il se fait ainsi connaitre avec le très gore SAISON DE MORT (ou MORTE SAISON), un des romans fondateurs du splatter punk. Mais UNE FILLE COMME LES AUTRES se montre beaucoup, beaucoup plus dérangeant, prenant place à côté du AMERICAN PSYCHO de Brett Easton Ellis ou du CORPS EXQUIS de Poppy Z. Brite parmi les bouquins les plus insoutenables de la littérature.

David, un garçon de 12 ans, rencontre un jour Meg, une jolie fille qui vient d’emménager chez sa tante Ruth en compagnie de sa sœur Susan encore handicapée suite à un grave accident de voiture. Ruth est une trentenaire charmante, un peu aigrie, un peu misandre mais finalement sympa, qui vit avec ses enfants, Donny, Willie et Woofer et offre des bières aux gamins du quartier. David aime bien Ruth et est copain avec ses fils. Peu à peu Meg devient le souffre-douleur de sa tante. David est témoin de la dégradation de leurs rapports mais ne fait rien et n’en parle à personne. Les adultes pensent sans doute que Ruth à la main lourde mais nul n’interdira jamais à un adulte de corriger un enfant n’est-ce pas ? Lorsque la situation commence à déraper, Ruth attache l’adolescente dans un petit abris anti-atomique. Avec ses fils et la complicité d’autres enfants du quartier elle va s’employer à humilier, torturer et violer Meg à longueurs de journées (et de pages puisque ces scènes occupent la moitié du roman).

Lauréat du Grand Master Award au prix Bram Stocker pour sa contribution exceptionnelle à l’horreur, Jack Ketchum n’utilise pas les conventions habituelles du genre. Un seul de ses livres recourt au surnaturel. Les autres parlent des vrais monstres, ceux qui sourient à leur voisin et qui ont l’air si gentils. Il s’inspire ici du meurtre de Sylvia Likens, tuée en octobre 1965. Un crime décrit comme « le plus sadique de l’histoire des Etats-Unis après une série de dégradations inimaginables ». Pour ceux qui estiment que Ketchum va trop loin (et il va certainement très loin) dans sa description des humiliations, violences sexuelles et autres tortures il précise dans la postface qu’il a « atténué la réalité ». La véritable histoire de Sylvia Likens fut relatée dans le film « An American Crime » avec Ellen Page dans le rôle. UNE FILLE COMME LES AUTRES fut également porté à l’écran en 2007.

Le roman de Ketchum constitue donc un gros coup de poing, un direct à l’estomac qui sans sombrer dans l’excès (et le grand guignol) n’occulte rien des tortures infligées à cette jeune fille pas comme les autres. Ce n’est pas une lecture facile ni agréable ni plaisante. Ce n’est pas un roman d’horreur gentillet avec des vampires, des loups garous ou des zombies. Ce n’est pas un bouquin qu’on referme en souriant en se disant « tout ça n’existe pas, c’était sympa mais là ça va ». C’est une plongée dans ce que l’Humanité est capable, une plongée dans l’ignoble et la dégueulasserie la plus éprouvante. Quasiment de la première à la dernière page il n’y aura ni répit ni espoir.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Thriller, #Histoire vraie, #Splatterpunk

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Publié le 22 Novembre 2021

OFFSHORE CONNECTION de Gerald Montgomery

402ème roman « Exécuteur » publié, OFFSHORE CONNECTION (n’eut-il pas été plus simple de garder le titre original de « Leviathan » ? ) constitue une agréable diversion des routines de la série. Mack doit, cette fois, intervenir sur un important site de forage pétrolier dans l’Océan Atlantique. La station Cassiopée est même considérée comme un état indépendant hors des juridictions nationales. Or, le pétrole n’y est qu’une couverture : on y trafique également de la drogue et la mafia et la CIA en font un terrain d’affrontements. Mais ce n’est pas tout car, pour ne rien arranger, intervient dans l’équation une bande de cultistes vénérant les étranges calamars géants qui nagent dans ses eaux. Nous voici donc entrainé dans un bouquin particulièrement délirant qui reprend quelques tropes de la saga de Mack Bolan mais les intègrent dans un récit plus vaste et plus original. L’auteur propose ainsi des clins d’œil prononcés à l’aventure façon 20 000 LIEUES SOUS LES MERS ou aux séries de science-fiction rétro comme « Voyage aux fonds des mers ». Bien sûr, la présence de cultistes et de monstres marins, fait immédiatement songer à Lovecraft et OFFSHORE CONNECTION ne se prive pas de plonger dans les territoires des Grands Anciens ou d’orchestrer un combat homérique entre un sous-marin et un gigantesque calamar. Pas spécialement vraisemblable mais qu’importe, l’essentiel reste le plaisir du lecteur !

Atypique et déjanté, OFFSHORE CONNECTION s’éloigne radicalement des conventions habituelles de la saga de Mack Bolan, lequel aurait d’ailleurs pu ne pas être présent. Nous sommes bien davantage dans un mélange de science-fiction, de fantastique référentielle et d’aventures à l’ancienne que dans les classiques guérillas urbaines typiques de nombreux « Exécuteur ». Une certaine idée du roman pulp, certes modernisé, mais qui renvoie davantage aux bouquins style Doc Savage qu’aux productions actuelles des « romans de gare ». Et ce n’est pas plus mal tant tout cela s’avère, dans les limites de ses ambitions, plaisant.

OFFSHORE CONNECTION de Gerald Montgomery

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Publié le 16 Novembre 2021

FRIDAY THE 13th: ROAD TRIP d'Eric Morse

Quatrième volume de la saga « Camp Crystal Lake »…Le principe ne change guère : une bande d’adolescents stéréotypés en maraude se retrouve non loin du fameux lac…Les mâles sont tous des joueurs de football, les femelles des cheerleaders. Le seul individu qui fasse tâche c’est Teddy, le geek du groupe et accessoirement la mascotte de l’équipe. Bien sûr, comme dans les précédents volets de la saga, le roman prend son temps pour présenter ses personnages, lesquels cultivent pourtant tous les clichés en vogue dans le slasher des années ’80. Pour meubler, le romancier s’intéresse donc à un militaire décidé à prendre sa revanche sur sa femme infidèle et souhaitant faire porter le chapeau, ou plutôt le masque, à Jason. Pourquoi pas. Sauf que cette sous-intrigue n’est en définitive pas vraiment exploitée. Elle aurait pu donner un roman très différent, avec intrigue polar, humour noir et considération « meta ». Mais ça ne sera pas le cas, contente-nous de ce qu’on a. Et, d’ailleurs, nous avons aussi quelques chapitres consacrés à deux spéléologues coincés dans des grottes. Bon, tout ça se laisse lire mais tourne rapidement en rond. Heureusement, quasiment pile à mi-parcours, Eric Morse se réveille et son pauvre geek maltraité possédé par l’esprit maléfique de Crystal Lake débute sa croisade meurtrière.

En dépit d’une écriture destinée aux jeunes adultes et par conséquent d’une relative timidité à l’égard du sexe et de la violence, les romans « Camp Crystal Lake » demeurent des expériences satisfaisantes pour les fans de la franchise. Après tout, les longs-métrages eux-mêmes, quoique généreux en morts sanglantes et en poitrines dénudées, n’ont jamais prétendu donner dans l’horreur extrême.

ROAD TRIP, tout comme les autres bouquins de la série, reprend donc les clichés des différents films pour placer immédiatement le lecteur dans la bonne ambiance. Nous sommes à Crystal Lake, les jeunes connaissent la réputation du lieu (mais s’en fichent), les avertissements lancés par les sachants restent lettres mortes et les protagonistes sont tous brossés en quelques lignes. Le seul intérêt du coach est le sport ; le playboy ne dit jamais non à un petit oinj ou à une petite escapade amoureuse quand sa copine ne regarde pas (non spoiler warning : lui va y passer) ; le capitaine de l’équipe commence à se fatiguer de son amoureuse encombrante et aspire à davantage de liberté, bien tenté d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus forte en THC et si le gazon est plus doux ; la chef des cheerleaders, forcément grande, blonde, mince et stupide s’avère insupportable ; la brune cynique trompée par son copain se lamente, etc. Une vingtaine de personnages quand même ! Heureusement l’écrivain ne perd pas son temps à caractériser les moins intéressants, lesquels ne feront qu’un petit tour et puis s’en vont, généralement après une rencontre impromptue avec une arme blanche.

Tout comme les films dont il s’inspire, ROAD TRIP constitue un slasher sans prise de tête, distrayant et rythmé (du moins dans sa seconde moitié). Un soupçon d’érotisme, une louche de carnage, une pincée de gore, une petite dose d’humour et une bonne poignée de « fan service ». N’en demandons pas plus, ce serait inutile.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Cinéma, #Fantastique, #Horreur, #Roman de gare

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Publié le 8 Novembre 2021

FRIDAY THE 13th: MOTHER's DAY d'Eric Morse

Si certains pensent que onze films « Vendredi 13 » (sans compter le remake !) c’est déjà dix de trop, d’autres apprécient, au contraire, cette saga certes répétitive mais divertissante. Ce roman reprend le principe des films et nous présente une série de protagonistes caricaturaux menés par Billy Boone. Nous avons donc la fille timide / vierge, la délurée (forcément Française et prénommée Monique) et la baba cool en couple façon inséparables. Du côté des mecs (qui jouent tous à celui qui pisse le plus loin en adoptant un festival de pauses bravaches pour impressionner ces dames) la bande comprend un bad boy à moto, la bête de sexe « tellement beau qu’on ne peut le regarder qu’en protégeant ses yeux de son éclat » (ouch !), le capitaine de l’équipe de basket macho mais pas trop parce qu’il est aussi tendre en fait, le petit gros sympa mais qui reste le petit gros …Ah oui, pour l’originalité on repassera.

Bref, tout ce petit monde débarque à Crystal Lake, bien conscient de la réputation du lieu mais en se disant qu’ainsi « ils seront bien tranquilles ».

Donc les clichés se suivent : la rencontre avec le vieux qui sait tout et les mets en garde (mais ils s’en fichent), les récits racontés autour du feu de camp, le bain de minuit avec la fille trop prude qui finalement n’ose pas plonger toute nue dans l’eau glacée, les coucheries des uns et des autres,… Pas de doute, le bouquin ne va pas surprendre les habitués, même si le Mal s’est apparemment incarné dans le masque de hockey de Jason. Donc celui-ci prend possession d’un chasseur en maraude soudain animé d’une folie meurtrière à l’encontre de tous les adolescents qu’il croise. La maman de Jason revient aussi, du moins sa tête tranchée mais toujours vivante. Ils ont bien sauvé le cerveau d’Hitler, ils peuvent aussi sauver Maman Jason !

Destiné aux grands adolescents (comme les films en fait), FRIDAY THE 13th : MOTHER’s DAY combine donc les éléments de « Vendredi 13 » avec une bonne louche de « Psychose » et la présence du fameux masque, devenu artefact maléfique (cette idée aurait pu se retrouver dans la série télévisée « Vendredi 13 / Vendredi maudit »). Jason n’est donc pas de la partie mais un chasseur possédé prend la relève pour zigouiller du teenagers durant 190 pages. Vu le lectorat visé (disons plus âgé que CHAIR DE POULE mais pas encore prêt pour Clive Barker ou Poppy Z. Brite) le roman reste modéré au niveau de la violence et du sexe. Ce qui, d’un autre côté, évite les longueurs et rend l’ensemble très digeste et plaisant pour les fans de la franchise cinématographique. Inconséquent et oubliable mais divertissant et parfois c’est bien suffisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Horreur, #Cinéma

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Publié le 18 Octobre 2021

LA CHOSE de John W. Campbell

Ce court roman, devenu un classique de la science-fiction horrifique, inspira « La chose d’un autre monde » (qui, revu aujourd’hui et en dépit de son statut, souffre de nombreux défauts, de l’apparence bien anodine du monstre à la présence aussi inutile que décorative d’une « pin-up » dans l’équipe scientifique) et, surtout, « The Thing » de John Carpenter. Ce dernier s’avère d’ailleurs nettement plus fidèle à son concept et ceux qui l’on visionné se sentiront en terrain de connaissance. Nous sommes en Antarctique et les membres d’un groupe de recherche exhument un être monstrueux, inhumain…une chose emprisonnée dans la glace depuis, sans doute, des milliers d’années. Bien évidemment la créature se réveille et infecte les humains, lesquels tentent alors de déterminer qui peut être la chose métamorphe, qui est infecté et qui ne l’est pas. Ecrit par John W. Campbell sous le pseudonyme de Don A. Stuart, « Who goes there ? » sera publiée en 1938 puis traduite en français en 1955 sous le titre « la bête d’un autre monde » dans le recueil de nouvelles LE CIEL EST MORT. Retraduite, la novella intègre en 2020 la collection « une heure lumière ». Quelques années plus tôt, en 2014, LA CHOSE obtient le Prix (Rétro) Hugo du meilleur roman court.

Le point de vue des scientifiques sur la Chose change de celui habituellement décrit dans ce genre de récit. Il se veut rationnel et, pour eux, la créature est morte et donc sans danger. Sauf que, confrontés à l’inconnu, ils commencent à se demander si cette manière de penser peut vraiment s’appliquer à la Chose. Car, après tout, elle est complètement étrangère, totalement différente. Ils vont donc affronter, tout comme l’équipage du Nostromo (« Alien » peut être considéré comme une sorte de décalque spatial de cette novella), un être résolument « autre » pour lequel, peut-être, les certitudes terrestres ne s’appliquent pas. Plus de 80 ans après sa parution, LA CHOSE reste un classique « moderne » qui a fort bien traversé les époques. Ses interrogations, quasi philosophiques (bien que seulement esquissées et qui, d’ailleurs, se retrouveront dans la version de John Carpenter) sur ce qui permet de qualifier l’Humain et le distinguer restent pertinentes. De plus, son rythme haletant confère à ce huis-clos une belle efficacité et l’ensemble se lit avec plaisir, entre passages énergiques teintées d’épouvante et scènes plus portées sur la science-fiction, parfois quasi hard-science (au sens large) lors des tests élaborés pour détecter la créature. Finalement, le seul défaut dont souffre le texte réside dans les (trop) nombreuses imitations dont il a eu à souffrir au fil des ans, tant en littérature qu’au cinéma, atténuant quelque peu son originalité pourtant bien réelle. Un classique à lire ou à relire !

PS : Depuis, une version étendue de ce texte, intitulée FROZEN HELL, a été découverte, portant l’histoire à la dimension d’un roman. En dépit de critiques souvent mitigées, on reste curieux d’en lire une traduction…

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Publié le 11 Octobre 2021

LES CONTES INTERDITS: LE PETIT CHAPERON ROUGE de Sonia Alain

Encore une relecture « interdite » du conte du Petit Chaperon Rouge et une intrigue très classique pour une ré-imagination qui, finalement, en manque pas mal (d’imagination !). Nous sommes dans un bouquin classique de la collection, avec ses passages obligés finalement très répétitifs, à savoir des scènes de cul à intervalles réguliers et des moments gore tout aussi systématiques.

Notre Petit chaperon rouge vengeresse se transforme donc en louve pour traquer ceux qui lui ont causé du tort dans sa jeunesse. Elle peut compter sur la magie de sa mère-grand tzigane pour l’aider dans sa mission qui consiste à détruire de l’intérieur, et en usant de sa séduction (ah ! on y vient !) l’organisation criminelle du très méchant Arnaud St-Cyr. Parallèlement, un flic bien sous tous les rapports, l’honnête et obstiné Olivier, tente également de faire tomber St-Cyr. Et c’est parti pour des chapitres courts qui s’enchainent rapidement et de manière linéaire. Le petit plus, cette fois, c’est l’importance (relative) accordée à la magie tzigane et au surnaturel avec présence de fantômes et autres événements paranormaux.

Niveau horreur et sexe, on reste dans la norme de la collection mais sans aller très loin finalement. Du malsain « grand public » pourrait-on dire (LA PETITE SIRENE est plus glauque par exemple), à l’image du VILAIN PETIT CANARD qui cherche à choquer mais sans repousser le lecteur (ou la lectrice ? car on dirait que la collection attire davantage un public féminin). Bref, du frisson un peu frelaté, du dégout un poil calibré.

Ceux (et surtout celles) qui ont connu les grandes heures de la bit-lit (souvenez-vous d’ANITA BLAKE « deuxième époque », de PLEINE LUNE ou de SUCCUBUS BLUES) voici une dizaine d’années seront d’ailleurs en terrain connu avec ce mélange de fantasy urbaine, de lycanthropie, de magie, de (beaucoup) de sexe et de (pas mal) de sang. Dire que c’est complètement mauvais serait injuste mais affirmer que ce petit bouquin vite écrit (en deux mois prévient l’autrice) et vite lu (une grosse soirée mais on peut survoler certains passages sans perdre le fil) est réussi serait foncièrement mensonger. De la littérature pseudo offensante bien banale, qui peut éventuellement détendre le lecteur mais qui ne restera surement pas dans les mémoires. D’ailleurs après un mois j’en ai déjà quasi tout oublié.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Fantastique, #Horreur, #Gore

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Publié le 30 Septembre 2021

L'AMULETTE TIBETAINE d'August Derleth

Souvent cantonné au simple rang d’imitateur variablement inspiré de Lovecraft, Derleth est aujourd’hui davantage respecté pour son acharnement à éditer des textes peu connus (via Arkham House) que pour ses propres écrits. L’AMULETTE TIBETAINE constitue donc l’occasion pour le lecteur de découvrir des récits ayant peu à voir avec Lovecraft mais qui reprennent les thématiques classiques de l’épouvante rétro.

L’auteur explore ainsi les thèmes de la malédiction, des zombies (« Ils ressusciteront »), des mains maléfiques (« la main de gloire »), de l’écriture automatique teintée de hantise (« L’obsession de McGovern »), des fantômes revanchards (« le retour de Sarah »),…Des thèmes classiques mais bien traités.

Derleth se tourne parfois vers un fantastique plus feutré, une certaine épouvante « tranquille » non dénué de poésie et de tendresse pour les « créatures de la nuit ». On citera, dans ce domaine et en particulier, « le petit garçon perdu » avec son jeune fantôme revenant (oups !) à l’école ou encore « Mademoiselle Esperon » dans laquelle la sorcellerie et les poupées vaudous viennent en aide à un enfant martyrisé par sa belle- mère. Ou même « la couverture à damier » et sa chambre hantée dans laquelle se glisse le soir un jeune spectre pressé de se recroqueviller sous la couverture du titre.

La plupart des nouvelles sont efficaces et courtes, témoignant d’une époque où l’écrivain allait droit à l’essentiel, une approche très pulp qui ne s’embarrasse pas du superflu mais dégraisse à l’extrême le récit jusqu’à n’en garder qu’un squelette d’éléments signifiants. Peu de développement, de background ou de fioritures stylistiques mais l’envie de brosser une situation étrange en une dizaine de pages avant de conclure par une chute plus ou moins inspirée. Dans ce registre, la dernière histoire, « Diner de têtes », apparait comme un petit modèle de concision saupoudré d’un humour noir féroce qui culmine dans une chute en une ligne à la simplicité digne des meilleurs E.C. Comics.

Une seule nouvelle, la plus longue (30 pages) se réfère explicitement à Lovecraft : « La chambre aux volets clos » sorte de suite à « L’abomination de Dunwich ». Ecrite en 1959, elle constitue un exemple honnête mais peu original de récit « à la manière de ». Derleth y reprend les conventions de Lovecraft pour en tirer une intrigue correcte à la progression cependant linéaire et à la chute trop attendue pour pleinement convaincre. Une lecteur néanmoins plus agréable que la vision de la médiocre adaptation qui en fut tirée dans les sixties sous le titre « La malédiction des Whateley ».

Dans l’ensemble ce recueil solide propose des nouvelles de bonne tenue et sans texte réellement faibles. Voici donc une bonne découverte et une occasion d’explorer les récits non liés au Mythe rédigés par un écrivain encore peu connu chez nous à l’exception de ses pastiches lovecraftiens ou à la façon de Conan Doyle.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Golden Age, #Horreur, #Lovecraft, #Recueil de nouvelles

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Publié le 24 Septembre 2021

VERSAILLES OF THE DEAD TOME 2 de Kumiko Suekane

Suite de ce manga uchronique situé dans une France prérévolutionnaire dans laquelle rôde les morts vivants. Le mélange des genres, plus présent que jamais, combine donc fantastique, horreur, histoire, aventures et considérations politiques. En 150 pages, l’autrice balance beaucoup d’idées, peut-être même un peu trop, tant il n’est pas toujours facile de comprendre où elle veut en venir. Les différentes pistes, lancées rapidement, peuvent laisser le lecteur sur sa faim : on suit d’un côté le futur Louis XVI embarqué dans une quête étrange dont on ne comprend pas vraiment la finalité, de l’autre les diverses apparitions de personnages historiques revisités (Napoléon, Jeanne d’Arc) et enfin les magouilles des principaux protagonistes. La Marie-Antoinette (remplacée par son frère dans le précédent volume) reste ici un peu en retrait et le rôle des pierres précieuses qui semblent attirer les zombies s’avère à peine clarifié.

Si l’intrigue principale avance à bon rythme, avec plusieurs scènes d’horreur et d’attaques de morts vivants placées à intervalles réguliers, les véritables raisons des événements décrits demeurent obscures. La suite du récit permettra t’il à la mangaka de retomber sur ses pattes ou continuera-t-elle dans la voie de l’outrance et du délire, avec apparition d’anges et démons en guise de guest-stars ?

D’une lecture rapide et globalement plaisante, servi par des dessins de qualité, ce deuxième tome 2 reste dans la lignée du précédent, les velléités sérieuses et les considérations politico-historiques s’effaçant rapidement au profit d’une sorte de délire bis sans doute inconséquent (nous sommes loin d’un chef d’œuvre ou même d’un incontournable) mais dans l’ensemble agréable et divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Historique, #Manga

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Publié le 13 Septembre 2021

ACCURSED de Guy N. Smith

Guy N. Smith, spécialiste des agressions animales, s’attaque ici à la malédiction des pharaons. Un vieux prêtre anglais, ayant ramené deux momies d’Egypte, accompagnées par la maléfique amulette de Seth, les réenterre dans la campagne anglaise. Les années passent. Milieu des années ’80, la peur de l’holocauste nucléaire pousse George Brownlow a construire un abri antiatomique. En creusant, George découvre l’amulette et tombe en son pouvoir…

Si ACCURSED traite de momies et de malédictions égyptiennes, le principal focus reste la famille du principal protagoniste et la manière dont ses membres subissent l’influence maléfique de l’artefact exhumé. Les plaies d’Egypte frappent la région et la folie s’empare de ce petit coin tranquille d’Angleterre, l’intrigue rappelant quelque peu LA COULEUR TOMBEE DU CIEL dans sa manière d’envisager la lente progression du surnaturel. Le contexte de la Guerre Froide et l’escalade de la course à l’armement permet pour sa part de varier les événements. Cette période s’impose d’ailleurs comme un background intéressant, la descente dans la folie de la famille au centre du récit s’opérant en parallèle avec la possible apocalypse nucléaire annoncée.

Bref, Guy N. Smith propose ici un roman agréable, qui débute de manière très traditionnelle pour dévier ensuite vers une épouvante plus moderne et davantage psychologique. Moins outrancier que la majorité de ses romans (on se souvient des excès gore de NIGHT OF THE CRABS ou BATS OUT OF HELL), voici une facette plus mesurée du talent de l’auteur a concocter de petits romans bien emballés qui souffrent certes de faiblesses manifestes (le texte trahit parfois la précipitation d’un auteur peu enclin à se relire et surtout pressé de terminer un récit visant l’efficacité maximale) mais démontrant également son art de torcher de petits page-turners horrifiques efficaces. Plaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur

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