fantasy

Publié le 29 Août 2018

AUX ARMES D'ORTOG de Kurt Steiner

Originellement publié au Fleuve Noir (en 1960) et maintes fois réédité depuis, AUX ARMES D’ORTOG s’est imposé comme un classique de la science-fiction française. Soixante ans plus tard, le bouquin tient encore joliment la route par son mélange de SF, de planet opéra et de space opéra teinté de Fantasy.

Nous sommes au XXXème siècle, dans une galaxie dévastée par une Guerre Bleue ayant fait trente milliards de victimes. Sur une Terre ravagée, un nouveau mal frappe l’humanité dont l’espérance de vie se réduit chaque année davantage. Après la mort de son père, le berge Dal Ortog se rebelle et décide ni plus ni moins d’œuvrer pour sauver les Hommes. Pour cela il doit subir diverses épreuves et devenir Chevaliers-Nautes…

Kurt Steiner propose un roman très enlevé, ramassé en 160 pages, ce qui l’oblige à maintenir un rythme rapide et à ne jamais trainé en route. Animaux fabuleux, extraterrestres variés, rayons mortels, combats, chevaliers futuristes,…l’auteur mélange le décorum néo féodal de la Fantasy avec la technologie avancée de la science-fiction, aboutissant à une décoction très plaisante. On note aussi une belle idée avec cette opposition entre les défaitistes (pour la plupart des prêtres) qui veulent laisser l’humanité s’éteindre et les optimistes soucieux de sauver, coûte que coûte, les Hommes.

Alors, évidemment, AUX ARMES D’ORTOG semblera un peu daté aujourd’hui et certaines péripéties risque de paraitre clichées mais, dans l’ensemble, le tout demeure divertissement et offre même, en prime, une pointe de réflexion quelque peu philosophique ce qui n’est pas si mal pour un petit bouquin publié au Fleuve Noir voici six décennies.

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Publié le 1 Août 2018

KONNAR LE BARBANT 1 - LE FILS DU GRAND KONNAR de Pierre Pelot

Dans la lignée de LORD OF THE RINGARDS, Pierre Pelot se lance, au début des années ’80, dans la démolition en règle des clichés de la Fantasy.

Au pays des héros, le Grand Konnar s’ennuie de sa morne existence, entre ripailles et orgies rien de vraiment passionnant ne se passe et les humbles humains ne semblent même plus intéressés par les exploits de ces fiers guerriers. Alors le Grand Konnar décide, via un concours, de recruter de nouveaux héros. Gilbert Lafolette, inscrit par ses collègues au concours, remporte la victoire et décide de se rendre au pays des héros afin d’accomplir sa destinée : devenir le fils (adoptif) du Grand Konnar et adopter son nouveau patronyme de Konnar le Barbant.

Publié en feuilleton dans la revue « Fiction », les aventures de Konnar le Barbant seront ensuite reprises au Fleuve Noir, étendues sur pas moins de cinq tomes et finalement republiées dans une intégrale révisée chez Bragelonne en 2006.

Malheureusement, si tout cela peut faire sourire, ce roman ne va guère plus loin, niveau humour, que son titre en forme de contre-pétrie un peu facile. Sans doute parti d’une boutade en forme d’agacement à l’encontre de la mode des barbares à gros bras, LE FILS DU GRAND KONNAR, premier volet de la saga de notre apprenti héros Konnar le Barbant, avance à gros sabots, bien loin de la dérision respectueuse d’un Pratchett ou d’un Gayman. Ici, Pelot donne dans la parodie bien lourde et sans la moindre subtilité, avec gags pachydermiques et intermèdes graveleux.

Les blagues les plus courtes étant, on le sait, souvent les meilleures cette pochade qui semble écrite au fil de la plume devient assez rapidement lassante, voire laborieuse, tant le romancier parait avoir, à mi-parcours, épuisé toutes les ressources comiques de son intrigue.

En résumé on ne se pressera pas à lire les suites…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantasy, #Humour, #Parodie

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Publié le 28 Mai 2018

DRAGON PARK TOME 1: L'ACADEMIE DE SAINT HYDRE de Thomas Verdois

Nouvelle série de fantasy destinée à la jeunesse, DRAGON PARK développe un univers riche imaginé par un jeune auteur, Thomas Verdois. L’idée de base est simple : en combinant divers ADN, un généticien, Lucas Belrêve, a créé différentes sortes de dragons : Azuréens, Vouivrards, Sylvérites, etc. Un parc d’attraction, dirigé avec fermeté par l’ancien champion de catch Hercule Barnum, a ensuite été ouvert pour permettre aux amateurs d’observer les légendaires créatures. Mais Lucas a disparu. Ses enfants, Nino et Louison, vivent dans le parc, délaissés par leur mère accaparée par ses recherches. Louison se destine à devenir dragonnautes, autrement dit une dompteuse de dragons, et loge à l'Académie Saint Hydre. Nino, lui aussi, va pouvoir suivre les cours de cette académie et apprendre à voler avec les dragons. Mais, alors que le parc fête en grande pompe ses dix années, des créatures mi hommes mi dragons le prennent d’assaut et s’emparent d’œufs de Volcaons. Dans l’attaque, Nino est blessé par le dard d’un des monstres…

A partir d’une louche de HARRY POTTER, d’une cuillère de JURASSIC PARK et d’une pincée de LA BALLADE DE PERN, l’auteur nous propose un monde cohérent et plaisant, joliment illustré de dessins proches du manga. L’auteur, enseignant et fan de BD, avoue aussi l’influence (diffuse) de Hayao Miyazaki, de WATERSHIP DOWN, du SEIGNEUR DES ANNEAUX et des « Livres dont vous êtes le héros ».

Les chapitres, courts, sont nombreux (une quarantaine, chacun d’une dizaine de pages), et ne laissent guère de place aux longueurs, évitant au lecteur tout ennui. Le style est simple sans être simpliste, le vocabulaire abordable pour les plus jeunes, le roman pouvant s’apprécier dès 10 ans. L’action, de manière aussi classique qu’efficace, alterne les événements afin de relancer l’intérêt. Les personnages sont, dans l’ensemble, bien typés avec quelques réussites dont cet Hercule, ancien champion du monde de catch devenu responsable musclé du dragon park. On peut regretter une conclusion à la foi précipitée et ouverte mais ce défaut n’en est pas vraiment un puisqu’il s’agit du premier tome d’une trilogie. Un bon moment pour les jeunes adolescents (et les autres).

Merci à Babelio de m’avoir envoyé ce livre pour chronique.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Aventures, #Jeunesse, #Fantasy

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Publié le 23 Mars 2018

UN PONT SUR LA BRUME de Kij Johnson

De par son format batard (trop long pour une nouvelle, trop court pour un roman sauf si on s’appelle Amélie Nothomb), la novella a connu des publications difficiles. Bien des classiques sont encore inédits ou ne furent publiées que dans des revues spécialisées. Dans le meilleur des cas on a pu les découvrir dans des recueils, accompagnées de trois ou quatre textes courts souvent choisis sans grand soucis de cohérence. Saluons donc les Editions Le Belial’ pour en proposer un joli florilège via leur collection « Une heure lumière » (dont on peut toutefois regretter le prix excessif) sous de jolies couvertures harmonisées. UN PONT SUR LA BRUME y est donc disponible et il eut été dommage de laisser dans l’ombre un texte d’une telle qualité.

Prix Hugo, prix Nebula, prix Asimov, Grand prix de l’imaginaire…une belle collection de récompense pour ces PILIERS DE LA TERRE version science-fantasy. Un empire de tout temps coupé en deux par un fleuve de brume peuplé de mystérieux et redoutables géants. Pour aller d’une rive à l’autre il faut se résoudre à emprunter le bac, ce qui n’est pas sans risque. Kit Meinem d'Atyar, le meilleur architecte du royaume, se voit donc confier la tâche titanesque de bâtir un pont sur la brume et de relier les deux parties de ce monde divisé.

En une centaine de page, l’auteur(e) livre une belle aventure humaine, un récit très plaisant qui laisse la part belle à l’émotion tout au long des nombreuses années nécessaires à l’achèvement de ce monumental chantier architectural. L’écrivain s’intéresse à la personnalité de Kit et à son évolution au fur et à mesure des peines, épreuves et joies qui jalonnent la construction de ce pont gigantesque, lequel aura une influence déterminante sur l’avenir de cette société. En effet, par ce lien entre deux parties du monde jusque-là séparées, la société sera radicalement transformée.

« Un pont remplit une fonction. Il n’a d’importance que par ce qu’il accomplit. Il relit un endroit à un autre. Si tu fais bien ton travail, les gens ne le remarqueront même pas. »

Couronné du Hugo et du Nebula, UN PONT SUR LA BRUME constitue une bien belle lecture qui aurait pu donner lieu à une vaste fresque étant donné la richesse d’un background à peine évoqué (la brume, les géants, ce royaume scindé en deux, ses personnages dont le patronyme s’identifie à la fonction) et les années nécessaires à la construction du pont. Kij Johnson, au contraire, choisit la concision et offre un excellent petit roman où chaque mot est pesé, chaque phrase ciselée. De la bel ouvrage, hautement recommandé à tous les amateurs de fantasy et de science-fiction.

UN PONT SUR LA BRUME de Kij JohnsonUN PONT SUR LA BRUME de Kij Johnson

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Publié le 21 Mars 2018

MAUVAISE RENCONTRE A LANKHMAR de Fritz Leiber

Le Souricier Gris et Fafhrd, le géant barbare, dérobent des gemmes de grande valeur à deux membres de la Guilde des Voleurs, Fissif et Slevyas. Le Souricier et Fafhrd célèbrent ce vol au repaire caché du premier en compagnie de leur compagne respective, Ivrian et Vlana. Poussé par son épouse et à moitié ivré, le Souricier persuade ensuite son ami de s’introduire dans le quartier général des Voleurs. Déguisés en mendiants, les deux aventuriers remplissent leur mission mais attirent le courroux d’un sorcier, Hrsitomilo, au service du grand maître des voleurs, Krovas. Le magicien convoque alors une bête monstrueuse, Sliviken, pour dévorer les épouses de nos aventuriers. Ceux-ci, ivres de rage, décident de se venger et investissent une nouvelle fois le repaire de la Guilde des Voleurs.

Classique de l’Heroic Fantasy, ce court roman fréquemment republié appartient au vaste cycle de Lankhmar, ou cycle des épées, qui conte les aventures du Souricier Gris et de son ami Fafhard. Les deux personnages nous ont été précédemment présentés dans deux nouvelles et MAUVAISE RENCONTRE A LANKHMAR permet de les réunir. Ces aventuriers vivent diverses péripéties, à la fois picaresques et teintées d’humour, en dépit de la noirceur de l’intrigue qui prend tout son sens après la mort de leur compagne.

Le style de Leiber, fluide, professionnel et légèrement ampoulé, convient bien à ce type d’histoires situées dans le monde de Nehwon, autrement dit « no when », un univers dépourvu de situation géographique ou temporelle précise. Les six recueils de nouvelles, accompagnés d’un roman (ensuite republiés dans une massive intégrale chez Bragelonne) offrent donc leur lot d’affrontement et de magie et ont pleinement participé, avec les romans de Moorcock consacrés au Guerrier Eternel, à la relance de la Fantasy dans les années 60, après les réussites des anciens (Howard, Tolkien, Lovecraft, etc.). MAUVAISE RENCONTRE A LANKHMAR eut d’ailleurs une énorme influence sur les jeux de rôles et même, par la suite, sur les jeux vidéo. En effet, la novella magnifie le principe du « dongeon crawling » avec ses deux protagonistes à la fois opposés et complémentaires (un petit voleur magicien et un grand barbare) s’en allant explorer le repaire des méchants jusqu’à affronter le big boss de fin de niveau, ici un sorcier cruel au service de la Guilde des Voleurs.

En bref, si la nouveauté du récit s’est aujourd’hui complètement estompée (des centaines de romans de Fantasy en ont repris les codes narratifs…pour le meilleur et souvent pour le pire), MAUVAISE RENCONTRE A LANKHMAR, récompensé en son temps par les prix Hugo et Nebula, demeure un classique de la « sword and sorcery ». Une lecture encore étonnamment plaisante et divertissante plus de cinquante ans après sa publication initiale. Pas sûr que certains énormes cycles romanesques actuels dans le même style passent aussi bien les épreuves du temps.

MAUVAISE RENCONTRE A LANKHMAR de Fritz Leiber
MAUVAISE RENCONTRE A LANKHMAR de Fritz LeiberMAUVAISE RENCONTRE A LANKHMAR de Fritz Leiber

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Publié le 5 Mars 2018

PICATRIX L'ECHELLE POUR L'ENFER de Valerio Evangelisti

1361. Le redoutable inquisiteur Nicolas Eymerich se voit confronté à de nouveaux phénomènes étranges : des savants musulmans sont assassinés, des roues de feu apparaissent dans le ciel et des monstres mi hommes mi chiens hantent les rues de Saragosse. Après la destruction du palais de l’Inquisition, Eymerich, flanqué de son serviteur Alatzar (d’origine juive mais fils d’un converti au christianisme) part sur la piste d’un ouvrage impie, le Picatrix. Pour cela il doit s’enfoncer au plus profond des terres ennemies, le royaume de Grenade, sous la domination de l’islam. Parallèlement, à notre époque, nous suivons l’avancée de l’Euroforce au Libéria et les étranges cérémonies d’adoration du diable aux Canaries.

Théologien et inquisiteur ayant réellement existé, Nicolas Eymerich (1320 – 1399) entame ses enquêtes historico-fantastique sous la plume d’Evangelisti en 1994 avec l’excellent NICOLAS EYMERICH, INQUISITEUR. Au fil des récits, l’écrivain met au point sa formule : nous suivons l’Inquisiteur et, en parallèle, d’autres fils narratifs situés à différentes époques, tout se rassemblant forcément à la fin du roman.

Cette fois, Evangelisti nous entraine à Saragosse, en 1361, sur les traces d’un mystérieux ouvrage d’occultisme, le Picatrix, dont les détenteurs sont assassinés par des créatures à tête de chien. Eymerich mène donc l’enquête dans le royaume arabe de Grenade en compagnie d’un jeune juif converti et du savant musulman Ibn Khaldûn à Al-Farabi.

Dans un futur proche, en Afrique, des « roues lumineuses » surgissent dans le ciel tandis que les mercenaires de l’Euroforce combattent des tribus rebelles.

Parallèlement, aux îles Canaries, le professeur en exil Marcus Frullifer et une charmante journaliste assistent à la fête annuelle donnée en l’honneur du diable.

Ce sixième tome des aventures d’Eymerich constitue une sacrée déception. Evangelisti semble avoir perdu son habileté de conteur pour délivrer trois récits (quatre si on y ajoute une séance de tortures) sans véritables liens entre eux. Les péripéties de l’inquisiteur manquent de rythme et de charme, le lecteur n’y retrouvera pas le côté « enquête » des premiers romans, ici l’écrivain laisse beaucoup trop de place aux palabres religieuses et philosophiques, certes érudites et parfois intéressantes mais surtout épuisantes tant elles ralentissent le récit. Eymerich apparait également de plus en plus comme une ordure totale, il perd son côté « détestable mais pourtant fascinant » pour devenir beaucoup moins intéressant. La charge anti religieuse devient si écrasante qu’elle en perd paradoxalement sa pertinence : « il devait encore beaucoup travailler sur lui-même pour parvenir à la cruauté spontanée du véritable croyant » nous dit ains l’auteur.

Le récit africain, lui aussi, tourne en rond et accumule les massacres. Une partie qui prend là encore beaucoup de pages dans un roman sans doute trop long pour que le lecteur n’en perde pas le fil.

Après l’excellence des trois premiers tomes (NICOLAS EYMERICH, INQUISITEUR, LES CHAÎNES D’EYMERICH et LE CORPS ET LE SANG D’EYMERICH) ce PICATRIX s’avère peu convaincant et constitue une sacrée déception.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Fantastique, #Thriller, #Historique, #Fantasy

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Publié le 10 Janvier 2018

L'EMPLOYE DU DIABLE de Guillaume Nicolleau

Ce roman se situe dans la veine « urban fantasy » ou « paranormal romance », en contant l’histoire d’Edwards, un démon âgé de 300 ans. Il œuvre au service de Mr L. et obtient la prolongation de son immortalité en poussant les humains au péché. Toutefois, son histoire d’amour avec Abigael, la fille d’un de ses amis, modifie la donne.

Tout d’abord, le bouquin aurait mérité une relecture plus rigoureuse pour éviter les redondances et les répétitions de mots (beaucoup de dialogue utilise « dit untel »). Les constructions de phrases paraissent aussi un peu trop lourdes et freine la lecture, on sent l’enthousiasme de l’auteur, pas encore le métier, ce qui somme toute est normal pour un premier roman.

La longueur du livre, pour sa part, constitue autant une qualité qu’un défaut : si l’écrivain évite les longueurs, il ne fait qu’effleurer un univers dont la richesse aurait mérité davantage de développements. Ainsi, le livre nous apprend ce que peut accomplir (ou non) un employé du diable : « Pour un démon, pousser un humain au suicide était une opération très facile à réaliser ».  Par contre, le démon n’a pas le droit de tuer lui-même un homme. La caractérisation de cet employé du diable s’avère sympathique, il est présenté non comme un être démoniaque mais simplement comme une sorte de fonctionnaire au service des Enfers, soucieux de faire son boulot correctement, de satisfaire son patron déchu, de gagner des points, d’avoir de l’avancement,…L’Enfer comme métaphore de la bureaucratie ? Pourquoi pas, ce n’est pas franchement novateur mais ça reste amusant.

Le véritable dilemme d’Edward Blake survient lorsqu’Abigael, la fille de son plus vieil ami, décide de se suicider. A partir de là le récit s’emballe mais, malheureusement, au détriment de la crédibilité. Tout est trop rapide et si l’intrigue reste plaisante, elle s’avère souvent expédiée, en particulier en ce qui concerne cette relation amoureuse. Par la suite nous avons droit à l’attaque du bar d’Abigael (et à l’agression de son père) par une bande de voyous auquel un apprenti démon à chuchoté de commettre un crime sous les conseils de Lucifer en personne. Edward comprend dès lors que les actes démoniaques ne sont pas sans conséquence, ce qui accentue son envie de révolte.

La fin, une fois encore, parait trop hâtive même si l’humour atténue la déception. L’EMPLOYE DU DIABLE révèle néanmoins un potentiel et bien des histoires similaires (et publiées) se révèlent moins imaginatives. On conseille à l’auteur, pour son prochain roman (ou pour une éventuelle version retravaillée), de développer davantage ses personnages et de soigner un peu plus la forme. Ce premier jet, de par sa longueur réduite, ses idées intéressantes et ses quelques notes d’humour, pourra toutefois plaire aux amateurs de romance surnaturelle.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Paranormal Romance

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Publié le 9 Novembre 2017

L’EPEE DE RHIANNON de Leight Brackett

Leigh Brackett (1915 – 1978) fut, avec son époux Edmond Hamilton, une des grandes romancières de la science-fiction de l’Age d’Or. Connue pour sa participation au scénario de classiques cinématographiques comme « Rio Bravo », « Le grand sommeil » ou « L’Empire contre-attaque »), Brackett commença à publier dans les pulp comme Astounding ou Planet Stories au début des années ’40. Elle se spécialisa rapidement dans une science-fantasy épique et lyrique inspirée par Edgar Rice Burrough, mélange de space-opéra, de planet opéra et d’heroic-fantasy. De nombreuses nouvelles datant de cette époque furent, par la suite, remaniée et allongées pour donner les romans formant le cycle de Mars.

L’EPEE DE RHIANNON se rattache à cette saga martienne mais nous emmène dans le passé de la planète rouge où l’archéologie Matt Carse pille les ressources de l’antique civilisation aujourd’hui disparue. Un jour, on lui propose la légendaire épée du dieu Rhiannon. Intéressé, Matt se rend avec son interlocuteur à l’emplacement de la tombe de Rhiannon, laquelle se révèle bourrée de trésors. Cependant, nos deux hommes se querellent et Matt est projeté dans un gouffre temporel qui le conduit dans un autre temps, alors que la civilisation martienne vit son apogée. Mais c’est également une période de conflit entre l’Empire de Sark et les redoutables Rois de la Mer. Armé de l’épée de Rhiannon et peut-être même habité par l’esprit du maléfique dieu en quête de rédemption, Matt affrontera mille périls en ces temps reculés afin, peut-être, de regagner son monde.

Ce récit d’aventures court et rythmé annonce le similaire LES ROIS DES ETOILES que rédigera son mari Edmond Hamilton en 1949 : un individu se retrouve déraciné, loin de son monde et de son temps, mais en possession d’une arme redoutable et « habité » par l’esprit d’un être supérieur, ici le dieu déchu Rhiannon.

Brackett propose ici un space / planet opéra à l’ancienne, loin de la complexité des grandes fresques actuelles (parfois indigestes) et qui recourt volontiers à une imagerie et un imaginaire proche de la fantasy à base de superbe reine, d’épée fabuleuse, de pirates, etc. En moins de 200 pages, l’écrivain emballe son récit sans laisser au lecteur le temps de souffler, avec une verve constante qui ne se retrouve que dans les meilleurs romans feuilletons ou les pulp les plus échevelés. Alors, évidemment, le lecteur d’aujourd’hui, à près de 80 ans de distance, peut trouver cela un peu « léger » ou prévisible : l’intrigue, quoique riche en rebondissement, reste linéaire et sans grande surprise, les protagonistes ne sont guère fouillés (mais ils demeurent joliment brossés en quelques lignes évocatrices) et le tout accuse le poids des ans. Mais qu’importe, L’EPEE DE RHIANNON n’en reste pas moins un roman d’aventures parfaitement rythmé et mené qui se dévore pratiquement d’une traite. Un vrai bon moment de lecture divertissante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Golden Age, #Fantasy

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Publié le 25 Octobre 2017

LA DERNIERE ODYSSEE de Fabien Clavel

Comme son titre l’indique, ce romain de Fabien Clavel raconte une histoire parallèle à celle contée par Homère. Ulysse n’est, en effet, pas l’unique héros à avoir combattu durant la Guerre de Troie. Le prince Niréus, par exemple, est venu avec une flotte modeste de trois navires. Après dix ans de combats, dégoutté de la guerre, il embarque pour retrouver son royaume. Lorsqu’une tempête menace de couler son navire, Niréus demande à ses hommes de jeter le butin par-dessus bord pour alléger le bateau. Evidemment, ceux-ci refusent et se révoltent. Après avoir échappé à la noyade, Niréus rencontre divers personnages destinés à l’accompagner dans sa quête. En chemin vers son île, le prince croise la route des Gorgones, affronte les Amazones et se voit confier la mission de supprimer une redoutable hydre pour récupérer son trône tombé aux mains d’un régent usurpateur.

La malheureusement éphémère collection « Royaumes perdus » de chez Mango (15 titres parus) débutait de bien belle manière avec ce roman revisitant à sa manière l’Odyssée et, plus généralement, la mythologie grecque. La collection se voulait, en effet, dédiée à « fantasy, aux mythes et légendes qui nourrissent l’imaginaire mondial » et, quoique présentée comme destinée à la jeunesse, elle mentionnait un plus adapté « tout lecteur ».

Fabien Clavel nous propose ici de la belle fantasy historique et légendaires, un roman « grand public » (dans le bon sens du terme) qui, en 220 pages, nous permet de voyager aux côtés des héros de la Guerre de Troie. Enfin, héros… le terme est peut-être mal choisi comme le constate Niréus, défiguré par une vilaine blessure, au début du récit : « Je suis venu avec trois navires remplis chacun de cent vingt jeunes gens, il ne m’en reste plus qu’un seul (…) et pas même cinquante hommes. J’ai tout perdu : ma beauté, ma jeunesse, mes amis ». Mentionné par Homère sans que son destin ne soit explicité, Niréus, lui aussi, désire rentrer chez lui. Clavel nous conte ce retour dans un récit épique dont la linéarité se voit brisée par quelques sous intrigues réussies. Car l’auteur s’intéresse non seulement à Niréus et ses compagnons mais également aux dieux de l’Olympe qui observent les actes des hommes après la chute de Troie. Et aussi à un étrange Chasseur Noir, mystérieux personnage désirant se venger de notre héros tourmenté qui, chaque nuit, « retrouve ses victimes et se réveille en sursaut le corps baigné de sueur ».

Adroitement dosé, le mélange entre action, aventure et merveilleux alterne l’intimiste et le grand spectacle avec les rencontres vécues par les compagnons sur le chemin du retour : les Gorgones, les Amazones, l’hydre, les Ichthyocentaures mi-hommes mi-poissons, les lycaons (proches des loups-garous), la Sybille et ses prophéties, Hermès le messager des dieux, etc.

Un roman d’évasion hautement recommandable dont la conclusion en demi-teinte pour Niréus annonce une suite, LES GORGONAUTES.

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Rédigé par hellrick

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Publié le 6 Juillet 2017

L'ETRANGE VIE DE NOBODY OWENS de Neil Gaiman

En 1985, Neil Gaiman a l’idée d’une sorte de démarquage macabre du LIVRE DE LA JUNGLE (« The Jungle book » devient dès lors logiquement « The Graveyard Book ») situé dans un cimetière où grandit un jeune garçon. Divisé en huit chapitres qui fonctionnent tels des nouvelles situées dans le même univers (la quatrième histoire fut d’ailleurs précédemment publiée dans une anthologie et récolta le Prix Locus de la meilleure nouvelle), celui de ce plaisant cimetière, le livre suit la vie de cet étrange Nobody Owens et ces démêlées avec le mystérieux Jack.

Un enfant de dix-huit mois échappe par miracle à la mort lorsque le Jack, un assassin membre d’une confrérie secrète, tue tout le reste de sa famille. Le garçonnet trouve refuge dans un cimetière où il est adopté par un couple de fantôme, Monsieur et Madame Owens, et confié  à la garde de son tuteur, le vampire Silas. Rebaptisé Nobody, l’enfant grandit en compagnie des spectres  et des lycanthropes, apprend à côtoyer les vivants et, parfois,  à les effrayer. Il se lie aussi d’amitié avec Scarlett qui aime bien discuter avec lui même si elle le considère comme son ami imaginaire. Mais le Jack, lui, cherche toujours à le tuer…

Après CORALINE, voici une nouvelle réussite éclatante de Neil Gaiman, aussi à l’aise dans le roman adulte (AMERICAN GODS), le comic book (SANDMAN, 1612), la nouvelle (comme en témoigne ses divers recueils) que dans la littérature « jeunesse ». Ici, comme souvent avec cet auteur,  nous sommes dans un univers gothique et macabre non dénué d’humour, proche du cinéma de Tim Burton (celui des « Noces Funèbres ») qui reprend également les codes du roman d’apprentissage. On peut aussi évoquer une version à la fois plus sombre et décalé d’un Harry Potter affrontant un nouvel adversaire qui ne peut être nommé,  un tueur sanguinaire rappelant Jack l’Eventreur et simplement baptisé le Jack. Chacun des chapitres propose une avancée de deux ans et marque ainsi une étape dans la vie de Nobody, dit Bod.

Neil Gaiman, en 300 pages qui se lisent très rapidement et rehaussées de belles illustrations en  noir et blanc évocateur, laisse libre cours à ses talents de conteur pour convier tout un bestiaire de morts, de vivants et de morts-vivants. Son joyeux cimetière est peuplé de sorcière défunte mélancolique (car nulle pierre ne marque l’emplacement de sa tombe), de goules affamées, des fantômes bavards, de tuteur vampire et de louve-garou autoritaire. Un mélange de fantasy, d’épouvante et d’humour destiné aussi bien aux adolescents qu’aux adultes et justement couronné par le Prix Hugo du meilleur roman et le Prix Locus du meilleur roman « jeunesse ».

L'ETRANGE VIE DE NOBODY OWENS de Neil Gaiman

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Jeunesse, #Prix Hugo, #Fantasy, #Neil Gaiman

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