fantastique

Publié le 25 Juin 2020

LES YEUX DES TENEBRES de Dean Koontz

Remis sous les feux de l’actualité, le roman, écrit en 1981, donnait à Koontz des allures de visionnaire car il traitait d’un virus échappé d’un laboratoire de Wuhan, offrant aux complotistes quelques nouvelles théories à reprendre, notamment l’origine artificielle du virus imaginé ici comme une arme bactériologique. C’est oublié un peu vite que, dans la version originale, le super virus a été créé en Russie, la Chine n’étant devenue l’ennemi que dans la version remaniée par Koontz et vendue depuis 2008. Pas grave, cela permet de lire (ou relire) cet honnête thriller qui manque cependant un peu de réelle tension pour maintenir l’intérêt.

La première partie, la plus intéressante, reste également la plus mystérieuse avec cette mère, Tina, qui ne parvient pas à admettre la mort accidentelle de son petit garçon, Danny, et commence à assister à d’étranges manifestations paranormales. Lorsque le message « pas mort » apparait sur le tableau noir de Danny notre héroïne est persuadée qu’on lui a caché la vérité : elle se met en tête d’exhumer le corps de Danny et, à partir de ce moment, devient la cible à abattre d’une organisation gouvernementale secrète. Evidemment, comme dans beaucoup de romans de ce style écrit par Koontz, notre jeune femme, qui se remet difficilement d’une rupture difficile avec un mec pas sympa, rencontre un brave type avec qui elle entame directement une grande histoire d’amour. En plus c’est un ancien des services secrets, un bonus appréciable lorsqu’on est traqué par le gouvernement.

On retrouve dans LES YEUX DES TENEBRES la recette classique du Koontz des débuts, avec ce mélange de thriller, de polar, de science-fiction et de fantastique agrémenté d’un soupçon d’horreur et d’une cuillère d’érotisme sans oublier quelques scènes d’action pour dynamiser le récit. Tout est donc calibré, sans grande surprise, les coïncidences et les passages peu vraisemblables se multiplient pour orienter l’histoire dans la bonne direction et les pouvoirs paranormaux de Danny aident bien évidemment sa maman à résoudre l’énigme, ce qui s’apparente parfois à une sacré facilité « scénaristique ».

Pour le côté virus / conspiration / prophétie annoncé il faut attendre les derniers chapitres qui révèlent donc la vérité sur l’origine des pouvoirs de Danny.

Dans l’ensemble, LES YEUX DES TENEBRES s’avère un honnête Koontz, plutôt plaisant en dépit de personnages souvent très clichés, et qui fonctionne agréablement, notamment par sa pagination restreinte et son art déjà affirmé du page-turning : chapitres courts, cliffhangers et rebondissements permettent de terminer rapidement un roman un peu inconsistant mais satisfaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Thriller, #anticipation, #Dean Koontz

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Publié le 23 Juin 2020

DOC SAVAGE: L'OASIS PERDUE de Kenneth Robeson (Lester Dent)

Sixième roman de la grande saga de Doc Savage, L’OASiS PERDUE se montre particulièrement efficace et distrayant.

Ecrit en 1933, il combine tous les ingrédients nécessaires à un bon « pulp » : de méchants criminels ayant réduits quelques infortunés en esclavage pour exploiter une mine de diamants, des dirigeables, des chauve-souris vampires géantes aux dents empoisonnées (!) utilisées comme instruments de mort, une expédition dans la jungle, des plantes carnivores,… Les recettes sont typiques de l’époque et rappellent également les serials : si un personnage tombe d’un immeuble on apprend deux pages plus tard qu’il s’agissait d’un mannequin hâtivement confectionné (aucune vraisemblance n’étant requise) et si l’hélicoptère des héros est détruit, le chapitre suivant nous révèle qu’ils s’en étaient inexplicablement échappés ! Et, bien sûr, si un compagnon de Doc est empoisonné par les méchants, l’Homme de Bronze analyse immédiatement la substance mortelle et élabore, avec les moyens du bord, un antidote. Plus fort que McGyver, Rambo et James Bond réunis !

Comme toujours, les capacités exceptionnelles de Doc Savage, véritable super-héros invincible et même prototype des « super slip » des comics (d’ailleurs il se balade, dans les premiers chapitres, seulement vêtu d’un slip de bain !) éclipse totalement ses cinq compagnons réduits au rôle de sidekicks humoristiques. Dommage car ces derniers possédaient un réel potentiel. Mais qu’importe, lire ou relire Doc Savage reste l’assurance de deux ou trois heures d’évasion pure dans un mélange totalement invraisemblable mais réjouissant de polar, d’action, d’aventure, de fantastique et de science-fiction. Hautement divertissant !

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Publié le 17 Juin 2020

CASSIE de John Saul

Le Californien John Saul, né en 1942, fut un des grands pourvoyeurs de l’épouvante durant le « boom » de cette littérature, essentiellement au cours des années 80. Pas moins de 20 de ses romans furent alors traduits, enrichissant les collections dédiées comme « J’ai lu Epouvante », « Terreur » « Claude Lefrancq » ou « Forces obscures ». CASSIE constitue un de ces bouquins situés, pour faire court, dans les eaux fréquentées à l’époque par Stephen King : on y retrouve un personnage principal féminin, adolescente « à problèmes » (ou définie comme telle) peu à l’aise dans sa petite ville américaine traditionnelle et rapidement soupçonnée de divers méfaits. Divers personnages secondaires tissent des liens entre eux, des amitiés se nouent et la petite ville devient, elle aussi, avec ses légendes, pratiquement un protagoniste à part entière. Cassie (et non pas Carrie même si elle lui ressemble un peu) aurait des pouvoirs, serait une sorcière et aurait commis quelques crimes après avoir été « instruite » en magie noire par Miranda, l’inévitable vieille ermite un peu folle vivant dans les marécages locaux. Des individus peu amicaux envers la jeune fille en paient le prix et sont retrouvés morts, couverts d’étranges blessures peut-être attribuable à un animal. A un félidé peut-être, le chat étant l’indispensable allié des sorcières ?

John Saul possède du métier et tient son lecteur en haleine, emballant son bouquin en 280 pages bien tassées qui évitent les longueurs et les digressions inutiles. Il se focalise sur ses personnages et, bien sûr, en premier lieu sur la jeune Cassie, recueillie par son père après le décès de sa mère. Elle vivra des relations familiales un peu tendues, avec son paternel et sa belle-mère qui la soupçonne d’être une sorcière. Mais elle trouve un appui auprès d’Eric, son voisin, élève populaire ayant à son bras une petite amie tout aussi populaire. Cependant, ce-dernier commence à s’intéresser de plus en plus à cette intrigante Cassie tandis que les événements mystérieux se multiplient.

Ecrit de manière traditionnelle, avec un style simple et effectif, CASSIE délivre un parfum « old school » prononcé : nous sommes dans un fantastique feutré, ponctué de passages d’épouvante plus allusifs que graphiques, où la psychologie des personnages et l’ambiance prédominent. Les effets chocs, les « booh fais-moi peur », le gore, etc. n’y ont pas (ou très peu) leur place, nous ne sommes pas dans l’effet de manche ou l’horreur extrême façon splatter punk. CASSIE ne déraille jamais de sa voie et, à l’exception d’un twist final plutôt réussi, peut sembler quelque peu linéaire en raison, justement, de l’enchainement logique des situations qui conduisent, fatalement, à la conclusion.

Dans l’ensemble, un bon bouquin typique de son époque qui aurait pu donner une bonne série B horrifique dans les années ’80 si un cinéaste avait daigné se pencher sur son cas. Tant pis, on se contentera de la lire avec plaisir.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur

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Publié le 8 Juin 2020

LE BESTIAIRE DE SHERLOCK HOLMES de René Reouven

L’amateur n’est pas sans ignorer que Conan Doyle laissa volontairement dans l’ombre de nombreuses enquêtes de Sherlock Holmes, mentionnant ainsi, au détour d’un récit, des cas mystérieux qui restèrent méconnus du lecteur. Le rat géant de Sumatra, l’étrange affaire du cormoran, le ver qui rendit fou Isadora, etc. Du pain béni pour les épigones en mal d’idées et les pasticheurs de tout poils (et plus ou moins doués !).

John Dickson Carr, avec LES EXPLOITS DE SHERLOCK HOLMES, avaient déjà levé le voile sur plusieurs de ces affaires et offert, dans l’ensemble, de jolies réussites.

Cette fois c’est le Français René Reouven, spécialiste de littérature populaire et auteur des CRIMES APOCRYPHES, qui s’attaque à Holmes en utilisant l’intertextualité et le jeu des références qui s’imposeront, par la suite, dans les romans steampunk. En quatre nouvelles (liées entre elles par le fil conducteur « animalier » qui caractérise les différents récits), Reouven s’amuse mais soigne son pastiche par son évidente érudition, loin du simple clin d’oeil.

Dans « le cormoran », situé en pleine Guerre Mondiale en 1916, le limier de Baker Street doit résoudre une complexe affaire d’espionnage dans laquelle intervient son frère Mycroft. Avec « le rat », c’est la plus fameuse des énigmes oubliées qui ressurgit, celle du monstrueux rat géant de Sumatra, où le détective côtoie le futur écrivain Joseph Conrad. Classique mais efficace et rondement mené. Plus délirant et original, « Le ver » permet à Holmes de rencontrer l’autre grand héros de Conan Doyle, le professeur Challenger, spécialiste des animaux étranges. Au cours du récit, qui implique une série de duel et une vengeance tarabiscotée, Reouven convoque un descendant de Pierre Louis Moreau, mathématicien ennemi acharné de Voltaire, dont les expériences contre-nature inspireront H.G. Wells. Une nouvelle enthousiasmante sur laquelle plane également l’ombre du Chien des Baskerville et de la Bête du Gevaudan, bref, le meilleur texte du recueil.

Enfin, dans l’ultime nouvelle, Sherlock se confronte à une redoutable sangsue géante logiquement assoiffée de sang (« la sangsue ») et à son homonyme, un certain Holmes, considéré comme l’un des premiers serial killers dont le palmarès (une centaine de crimes !) renvoie Jack l’éventreur au rang des amateurs.

Après son roman L’ASSASSIN DU BOULEVARD publié en 1985, Reouven poursuit donc avec bonheur ses pastiches holmesiens (ensuite regroupés dans le très épais volume HISTOIRES SECRETES DE SHERLOCK HOLMES) et livre quatre longues nouvelles tout à fait réussies et divertissantes à savourer pour les fans du plus célèbre des enquêteurs.

 

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Publié le 27 Mai 2020

RIO DIABLO de Christophe Lambert

Sous le haut-patronage de ses maitres et modèles (« Rio Bravo » de Hawks, « La nuit des morts vivants » de Romero et « Assaut » de Carpenter), voici un réjouissant mélange de western et de fantastique horrifique. On pense également à l’excellent et plus méconnu « Quand les tambours s’arrêteront » avec ses attaques d’Indiens quasi surnaturelles.

Enquêteur fédéral, Martin Pawley débarque dans le territoire des Indiens Chiricahua pour s’entretenir avec le shaman Tu-Tanka au sujet d’événements mystérieux s’étant récemment déroulés dans la région. Pawley et Tu-Tanka partent donc vers le pays des Blancs mais, sur le chemin, effectuent une courte halte dans le petit bourg de Rio Diablo. Malheureusement, une dispute dégénère et le duo se retrouve emprisonné aux côtés d’un pilleur de banque surnommé Dynamite Jack. Le sorcier indien utilise alors ses pouvoirs pour quitter la prison mais l’opération réveille surtout les morts du cimetière local qui s’en viennent prendre d’assaut le village.

Roman d’horreur destiné aux adolescents mais appréciable pour les adultes, RIO DIABLO constitue le second hommage de l’auteur au western après SOUVIENS TOI D’ALAMO qui mêlait les conventions du genre à celle de la science-fiction. Ici, en 2005, il revisite le « film de siège » et le transforme en un savoureux cocktail de roman western et d’épouvante avant que les zombies ne deviennent à la mode et ne supplantent les vampires comme « personnages » cultes du fantastique.

On repère les clins d’œil aux classiques du genre, comme le scorpion dévoré par les fourmis de la « Horde sauvage », quelques ajouts renvoyant au steampunk (la montgolfière que le savant farfelu souhaite équiper d’un gouvernail pour la transformer en dirigeable) et on imagine très bien les trognes d’une poignée d’acteurs mal rasés (Américains ou Italiens) se démener dans ce bled cerné de morts-vivants. Si les Italiens avaient encore une industrie cinématographique digne de ce nom ils se seraient surement précipités sur le bouquin pour l’adapter…Tant pis, on se contentera de rêver à ce qu’aurait donné à l’écran cette aventure échevelée et sans temps morts. Un fort bon moment à savourer dès 12 ans.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Christophe Lambert, #Fantastique, #Historique, #Horreur, #Jeunesse, #Western

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Publié le 22 Mai 2020

LES MEILLEURS RECITS DE WEIRD TALES VOLUME 3 de Jacques Sadoul

Dernière anthologie de Sadoul consacrée à Weird Tales, ce volume aborde la période sans doute la moins glorieuse du magazine, après son âge d’or évoqué dans le volume 2. Les grands noms sont cependant toujours de la partie : Henry Kuttner (deux fois… dont le lovecraftien « L’Hydre » qui convoque les Grands Anciens), Robert Bloch, Clark Ashton Smith,…

Catherine L. Moore nous offre également une nouvelle aventure de son héros Northwest Smith co-écrite avec le collectionneur fou de la science-fiction, Forrest J. Ackerman. Sympathique.

Moins connu, David H. Keller (redécouvert avec son recueil de nouvelles LA CHOSE DANS LA CAVE) propose une plaisante histoire avec « La déesse de Zion » dont le héros a vécu une extraordinaire aventure sept siècles plus tôt. Assez classique mais intéressant.

Robert Barbour Johnson, totalement oublié, nous offre avec « Tout au fond » un excellent pastiche lovecraftien (dans lequel Lovecraft est cité en tant qu’initié de connaissances interdites…un rôle qui lui sera, par la suite, souvent réservé dans les « pastiches » de Cthulhu) au sujet de goules rodant dans les souterrains du métro (on pense, sur le même thème, à une nouvelle de Clive Barker ou au plaisant roman L’HORREUR DU METRO). Une très bonne lecture !

Seabury Quinn, le plus prolifique et populaire des auteurs de Weird Tales (plus de 500 nouvelles à son actif !) revient avec « Routes » (qui, pour une fois, n’a pas pour héros son détective de l’étrange Jules de Grandin). On a déjà mentionné tout le mal que Lovecraft disait à propos de Quinn. Disons donc que, comme pas mal de récit de l’âge d’or, ses nouvelles ont connu trois stades : d’abord encensées par le public puis massacrées par la critique (qui n’y voyait que ringardises abrutissantes) avant, à nouveau, d’être appréciées par un public certes non dupe de leur qualité mais content d’y retrouver la fougue et l’inventivité (confinant souvent au n’importe quoi) du pulp. Son histoire, divisée en trois parties, se montre plutôt inventive et réussie quoique le twist se devine à des kilomètres (sans que cela nuise réellement à l’ensemble). Très plaisant.

Fritz Leiber boucle le bouquin avec une angoissante histoire brodant sur le thème de la vie antérieure avec ce personnage entrant peu à peu dans la peau de son oncle, un ancien flic qui cachait de sombres secrets. Brillant et fort adroitement mené.

En résumé, si ce troisième volet ne se montre pas aussi glorieux que ses deux prédécesseurs, il reste une très agréable anthologie fantastico-horrifique pour les amateurs.

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Publié le 20 Mai 2020

L'ABOMINATION DU LAC de Joseph A. Citro

Le roman, écrit au tout début des années 90, reprend toutes les conventions des bouquins d’horreur de série B de la décennie précédente. Harryson, un jeune homme un peu paumé ne sachant pas trop quoi faire de son existence, décide, sur un coup de tête, de partir à la recherche de « Champ », monstre légendaire proche de son cousin du Loch Ness qui vivrait dans un grand lac du Vermont. Harryson s’installe donc dans une maison prêtée par un de ses vieux amis d’université (ça tombe bien vu qu’il n’a pas beaucoup de pognon) et s’improvise crypto zoologiste. Notre brave gars commence à interroger les gens du patelin, en particulier un vieil expert local  en légendes (toujours pratique !) puis tombe amoureux, en une après-midi, de la nouvelle et forcément super séduisante institutrice fraichement débarquée de la ville. Cette dernière s’attire parallèlement les regards du bouseux alcoolique et violeur de la région et le lecteur devine que tout ça va mal finir. Harryson en apprend également davantage sur sa maison, potentiellement hantée, qui serait la cachette du trésor d’un pirate. Un ancien monastère où se déroulait des rites de sorcellerie, un cimetière indien et une vieille femme maléfique dotée de pouvoirs magiques complètent l’intrigue.

Joseph A. Citro, dont c’est l’unique roman traduit chez nous, livre un bouquin plutôt plaisant et relativement surprenant. On s’attend à une histoire de grosse bête (façon téléfilm Syfy du genre « Loch Ness Terror ») mais en réalité le lecteur se voit balader gentiment entre fantastique rural et thriller mystérieux. Nous avons une galerie de personnages très typées mais plaisants, un cadre sympathique (les îles du Vermont), une histoire « vraie » (celle du fameux monstre), des légendes locales, des clichés très 80’s, un héros un peu fade et sa nouvelle conquête, deux gamins (façon STAND BY ME) confrontés à l’horreur… L’auteur reprend les méthodes de Stephen King pour décrire ses protagonistes et saupoudre le tout d’un côté lovecraftien agréable (quelques décennies avant que ce ne soit à la mode). Le style du bonhomme s’avère d’ailleurs efficace, même si ce n’est pas de la grande littérature et qu’il s’agit d’un premier roman, les bonnes ficelles sont bien usitées et l’alternance des points de vue au travers de courts chapitres donne du rythme à un ensemble suffisamment court (300 pages) pour ne pas ennuyer.

Les amateurs de fantastique horrifique d’antan peuvent donc se risquer avec un certain plaisir à cette lecture estimable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur

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Publié le 12 Mai 2020

JUSQU'A LA QUATRIEME GENERATION d'Isaac Asimov

Troisième et dernier recueil francophones des nouvelles d’Asimov regroupées dans le pavé américain « Nightfall and other stories ». Les récits proposés vont de 1953 avec le petit conte fantastique humoristique « Les mouches » consacré à Belzébuth à 1967 avec « Ségrégationniste » jadis publié dans une revue médicale en vue de susciter la réflexion des médecins.

Les 9 nouvelles rassemblées ici sont pour la plupart courtes (le recueil ne fait que 196 pages) avec quelques exemples de très courts récits à chute comme « Introduisez la tête A dans le logement B » écrit en une demi-heure en guise de défi. « Le sorcier à la page » est une parodie des comédies musicales de Gilbert & Sullivan au sujet d’un philtre d’amour répandu dans le punch d’une soirée estudiantine. « La machine qui gagna la guerre » constitue un autre court récit à chute (ici bien trouvée et surprenante) consacrée au fameux super ordinateur Multivac. « Mon fils le physicien », moins convaincant, fonctionne de la même manière : un récit à chute amusant basé sur une astuce (le genre de nouvelles qu’Asimov livra à la pelle avec sa série policière des Veufs Noirs). « Jusqu’à la quatrième génération », rare exemple de récit influencé par le judaïsme, convainc moins.

Plus long et original, « Le briseur de grève » traite des tabous culturels et confronte ici un homme spécialisé, sur un astéroïde habité, dans le recyclage des excréments avec l’ostracisme du reste de la population. Enfin, « Les yeux ne servent pas qu’à voir » est une nouvelle mélancolique réussie bien qu’elle fut refusée par Playbloy.

Ce recueil dans la lignée des précédents (tous trois furent d’ailleurs réédités en un très épais volume intitulé QUAND LES TENEBRES VIENDRONT – L’INTEGRALE assortis d'intéressants commentaires de l'auteur.) montre la variété d’inspiration d’un Asimov allant du fantastique satirique à la science-fiction humoristique en passant par des thèmes plus sérieux. Du bon boulot.

 

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Publié le 9 Mai 2020

ILS SONT REVENUS de G.J Arnaud

Dans ce pur bouquin populaire, Arnaud convoque les alchimistes de Prague en quête de la vie éternelle, des tortionnaires nazis (qui sont donc revenus !), la légende du Juif Errant, les homoncules, le Golem et les enquêteurs du BURAS, branche d’investigations spécialisées dans le surnaturel, précurseur des X-Files.

Nous avons donc un trio de SS revenant, dans le Prague de 1972, semer la terreur parmi la population juive et, plus spécifiquement, les survivants des camps de concentration. Marianna Staker voit ainsi ses parents enlevés par l’Obersturmfürher Ranke, mystérieusement disparu trente ans plus tôt. Est-ce le véritable SS, son fils, son fantôme ou autre chose encore ? Le Bureau Universel de Recherche des Anomalies Scientifiques, préalablement croisé dans le très réussi DOSSIER ATREE du même Arnaud, délègue un de ses enquêteurs à Prague, ville des légendes et de l’alchimie où l’antisémitisme ressurgit également.

Le roman fonctionne excellement dans sa première partie, mystérieuse et inquiétante, moins bien dans sa seconde, qui mêle mythes juifs, science-fiction, alchimie, catalepsie et recherches paranormales avec un détour par un camp de concentration recréé dans les entrailles de Prague. Cependant, ILS SONT REVENUS reste un plaisant roman fantastique, sorte de thriller d’angoisse qui se paie en outre un détour dans les souterrains de la ville pour de belles scènes de suspense. Bref, une bonne petite réussite, divertissante et de lecture aisée.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantastique, #Horreur, #Roman de gare, #Fleuve Noir Angoisse

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Publié le 4 Mai 2020

L'AMOUR VOUS CONNAISSEZ? d'Isaac Asimov

Voici le deuxième recueil des nouvelles d’Asimov paru en France au début des années ’70 et qui correspondait à une partie (un tiers) du gros recueil américain « Nightfall and other stories ».

Les deux premières, « Vide-C » et « En une juste cause… » traitent du thème classique de l’affrontement entre les Terriens et des extraterrestres belliqueux. Deux manières différentes d’approcher cette thématique traditionnelles et deux façons opposées d’imaginer la victoire des Terriens.

« Et si… » constitue une petite nouvelle humoristique sur le thème de l’amour, des mondes parallèles et des événements pouvant mener à un certain choix…ou à un autre. Thème encore une fois classique du changement infime qui modifie radicalement la vie d’un couple…ou pas ? Tout rentrera t’il en ordre à la fin ? Un récit amusant.

« Sally » anticipe les voitures autonomes et également la nouvelle de Stephen King qui conduira au film « Maximum Overdrive ». Une façon originale d’évoquer la fameuse révolte des robots (ou des machines) souvent abordée par la science-fiction. Une des meilleures réussites du recueil.

Autre récit concernant la « révolte des machines », « Personne ici sauf… » traite de la construction d’un ordinateur et de sa prise de puissance, contrariée par deux informaticiens.

Dans le monde futuriste de « Quelle belle journée » (qui anticipe des romans d’Asimov comme FACE AUX FEUX DU SOLEIL), le monde s’est replié sur lui-même et les individus ne supportent plus l’idée de sortir à l’extérieur de leurs habitations ultra sécurisées. Les seuls déplacements tolérés se font au moyen de « portes », sorte de passages permettant la téléportation. Mais un jeune garçon, sans doute inadapté, commence à sortir se balader dans la nature…après tout c’est une belle journée.

Enfin, « L’amour vous connaissez » qui donne son titre au recueil a été écrit en réaction à une parodie de la science-fiction proposée par Playboy inspirée par un éphémère magasine des années ’40, Marvel Science Stories, qui publiait des nouvelles de SF « sexy » (selon les standards de l’époque). Playboy proposa, en 1960, un article sur le sujet intitulé « Girls of the Slime God », ce qui amena finalement Asimov a proposé sa propre satire. Belle réussite pour cette histoire de deux extraterrestres enlevant au hasard un homme et une femme pour les forcer à procréer avec des résultats inattendus.

Au final, une plaisante anthologie qui, en sept nouvelles et 250 pages, offre un bel aperçu du talent d’Asimov et montre qu’au-delà de son aspect sérieux, le bon docteur avait également un solide sens de l’humour.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Isaac Asimov, #Recueil de nouvelles, #science-fiction

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