fantastique

Publié le 11 Octobre 2021

LES CONTES INTERDITS: LE PETIT CHAPERON ROUGE de Sonia Alain

Encore une relecture « interdite » du conte du Petit Chaperon Rouge et une intrigue très classique pour une ré-imagination qui, finalement, en manque pas mal (d’imagination !). Nous sommes dans un bouquin classique de la collection, avec ses passages obligés finalement très répétitifs, à savoir des scènes de cul à intervalles réguliers et des moments gore tout aussi systématiques.

Notre Petit chaperon rouge vengeresse se transforme donc en louve pour traquer ceux qui lui ont causé du tort dans sa jeunesse. Elle peut compter sur la magie de sa mère-grand tzigane pour l’aider dans sa mission qui consiste à détruire de l’intérieur, et en usant de sa séduction (ah ! on y vient !) l’organisation criminelle du très méchant Arnaud St-Cyr. Parallèlement, un flic bien sous tous les rapports, l’honnête et obstiné Olivier, tente également de faire tomber St-Cyr. Et c’est parti pour des chapitres courts qui s’enchainent rapidement et de manière linéaire. Le petit plus, cette fois, c’est l’importance (relative) accordée à la magie tzigane et au surnaturel avec présence de fantômes et autres événements paranormaux.

Niveau horreur et sexe, on reste dans la norme de la collection mais sans aller très loin finalement. Du malsain « grand public » pourrait-on dire (LA PETITE SIRENE est plus glauque par exemple), à l’image du VILAIN PETIT CANARD qui cherche à choquer mais sans repousser le lecteur (ou la lectrice ? car on dirait que la collection attire davantage un public féminin). Bref, du frisson un peu frelaté, du dégout un poil calibré.

Ceux (et surtout celles) qui ont connu les grandes heures de la bit-lit (souvenez-vous d’ANITA BLAKE « deuxième époque », de PLEINE LUNE ou de SUCCUBUS BLUES) voici une dizaine d’années seront d’ailleurs en terrain connu avec ce mélange de fantasy urbaine, de lycanthropie, de magie, de (beaucoup) de sexe et de (pas mal) de sang. Dire que c’est complètement mauvais serait injuste mais affirmer que ce petit bouquin vite écrit (en deux mois prévient l’autrice) et vite lu (une grosse soirée mais on peut survoler certains passages sans perdre le fil) est réussi serait foncièrement mensonger. De la littérature pseudo offensante bien banale, qui peut éventuellement détendre le lecteur mais qui ne restera surement pas dans les mémoires. D’ailleurs après un mois j’en ai déjà quasi tout oublié.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Erotique, #Fantastique, #Horreur, #Gore

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Publié le 6 Octobre 2021

AZAZEL d'Isaac Asimov

Pour une de ses dernières créations, peu avant son décès, Asimov nous propose le gentil démon de deux centimètres Azazel (à moins qu’il s’agisse d’un extraterrestre venu d’une autre dimension ? La question reste posée), petite créature facétieuse mais pas vraiment méchante, capable d’exaucer bien des vœux. Pas en échange d’une âme (il ignore ce que c’est), mais simplement pour montrer sa puissance et lui permettre de s’occuper depuis qu’il a quitté l’enfer (un endroit très bien, contrairement à ce que disent les mauvaises langues). Le hic c’est qu’il finit toujours par causer des soucis à ceux qui lui réclame un service. D’où 18 nouvelles humoristiques assez courtes (une douzaine de pages en moyenne) qui démontrent l’art de la chute d’Asimov, le principe immuable étant, évidemment, qu’il ne faut jamais souhaiter quelque chose car on pourrait bien l’obtenir. Une seule thématique donc mais beaucoup de variations possibles, d’ailleurs Asimov écrivit par la suite d’autres nouvelles sur ce petit démon, réunies dans le recueil LEGENDES

La jeune fille amoureuse d’un athlète qui souhaite à son élu de devenir un champion, la cantatrice désirant devenir la meilleure chanteuse du monde, la femme qui veut immortaliser sur une photo le sourire ravageur de son époux,…Tous obtiendront leur souhait mais sans que leur situation n’en soit améliorée pour autant. Bien au contraire ! Autre classique du vœu, surtout pour les mâles : devenir irrésistible pour la gent féminine. Ce qui peut rapidement devenir épuisant. Voici quelques exemples des facéties de notre Azazel.

Toutes les nouvelles ne sont pas d’égale qualité. Jouant la carte de l’humour et de la dérision de manière un brin systématiques, certains textes tombent un peu à plat : leurs références ont vieilli ou les récits tirent un peu à la ligne (« les méfaits de l’humanité », par exemple). Mais d’autres fonctionnent parfaitement et combinent érudition, humour et imagination (« On est logique ou on ne l’est pas »), sans oublier une certaine autodérision d’Asimov vis-à-vis de lui-même et de son métier, comme quoi il n’avait pas toujours l’égo surdimensionné que mentionne ses détracteurs.

Recueil de pur délassement, AZAZEL permet donc au bon docteur de s’essayer à la Fantasy humoristique « à chute » avec beaucoup de verve et d’inventivité. Le peu de pages de chacune des nouvelles oblige l’auteur à écrire de manière très ramassée et donc efficace afin que le « gag » final ne traine pas. Une lecture aisée, facile et pourtant très plaisante grâce à l’imagination toujours aussi enlevée d’Asimov. Nous sommes sans doute loin de ses nouvelles les plus mémorables (« Quand les ténèbres viendront », « la dernière question », « L’homme bicentenaire ») mais le tout demeure une agréable lecture à déguster à petite dose par temps morose.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Humour, #Recueil de nouvelles, #Asimov

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Publié le 1 Octobre 2021

GHOST RIDER: ENFER ET DAMNATION de Garth Ennis et Clayton Crain

Vendu à un prix toute concurrence, comme chaque année, la collection « Marvel Dark » permet de compléter sa bibliothèque et de rattraper quelques récits (plus ou moins) marquants. Ici nous avons deux récits complets, « Enfer et damnation », en six épisodes, datant de 2005, puis « Cercle vicieux » qui reprend les quatre premiers épisodes de la version 2006 de Ghost Rider.

« Enfer et damnation » se signale déjà par un traitement très particulier à la palette graphique qui, quoiqu’inhabituel, fonctionne étonnamment bien pour cette histoire majoritairement située en Enfer. C’est parfois confus, voire brouillon, mais les « dessins » sont fascinant par leur mélange biomécanique de corps enchevêtrés, de métal, de chaines, de flammes, de démons biscornus,…Bref, le comics se distingue et trouve son identité visuelle au sein des comics mainstream de chez Marvel. Niveau scénario, c’est agréable mais sans grande originalité. Le Ghost rider essaie, une fois de plus, de se dépêtrer de l’Enfer et se retrouve au sein d’un conflit opposant anges et démons, avec milliardaire adepte des cérémonies sataniques et touches d’humour bienvenues (les deux anges se désolent de l’humanité et se disent qu’ils auraient mieux fait de garder les dinosaures). Tout cela se montre agréable et se lit avec plaisir.

Le second récit est plus classique, tant au niveau des dessins que de l’intrigue, proposant une confrontation avec Docteur Strange et un final intrigant qui laisse beaucoup de chose en suspens. Cette fausse fin n’apporte pas vraiment de conclusion mais donne envie de connaitre la suite (pour ceux qui ne l’ont pas lue voici…quinze ans !). Reste que cela laisse une impression d’inachevé, quoique ce soit plutôt sympa.

Si les deux récits sont inégaux (le premier étant largement plus réussi), difficile de faire la fine bouche devant plus de 220 pages de comics vendu à 2,99 euros, d’autant qu’une présentation, certes sommaire, resitue le personnage et offre quelques pistes de lectures supplémentaires aux néophytes. Panini a beaucoup été critique (souvent avec raison, notamment pour ses relaunch perpétuels, ses séries qui se baladent d’un titre à l’autre et ses prix élevés) mais saluons ici l’excellent rapport qualité / prix de ce volume globalement satisfaisant.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Fantastique, #Marvel Comics

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Publié le 30 Septembre 2021

L'AMULETTE TIBETAINE d'August Derleth

Souvent cantonné au simple rang d’imitateur variablement inspiré de Lovecraft, Derleth est aujourd’hui davantage respecté pour son acharnement à éditer des textes peu connus (via Arkham House) que pour ses propres écrits. L’AMULETTE TIBETAINE constitue donc l’occasion pour le lecteur de découvrir des récits ayant peu à voir avec Lovecraft mais qui reprennent les thématiques classiques de l’épouvante rétro.

L’auteur explore ainsi les thèmes de la malédiction, des zombies (« Ils ressusciteront »), des mains maléfiques (« la main de gloire »), de l’écriture automatique teintée de hantise (« L’obsession de McGovern »), des fantômes revanchards (« le retour de Sarah »),…Des thèmes classiques mais bien traités.

Derleth se tourne parfois vers un fantastique plus feutré, une certaine épouvante « tranquille » non dénué de poésie et de tendresse pour les « créatures de la nuit ». On citera, dans ce domaine et en particulier, « le petit garçon perdu » avec son jeune fantôme revenant (oups !) à l’école ou encore « Mademoiselle Esperon » dans laquelle la sorcellerie et les poupées vaudous viennent en aide à un enfant martyrisé par sa belle- mère. Ou même « la couverture à damier » et sa chambre hantée dans laquelle se glisse le soir un jeune spectre pressé de se recroqueviller sous la couverture du titre.

La plupart des nouvelles sont efficaces et courtes, témoignant d’une époque où l’écrivain allait droit à l’essentiel, une approche très pulp qui ne s’embarrasse pas du superflu mais dégraisse à l’extrême le récit jusqu’à n’en garder qu’un squelette d’éléments signifiants. Peu de développement, de background ou de fioritures stylistiques mais l’envie de brosser une situation étrange en une dizaine de pages avant de conclure par une chute plus ou moins inspirée. Dans ce registre, la dernière histoire, « Diner de têtes », apparait comme un petit modèle de concision saupoudré d’un humour noir féroce qui culmine dans une chute en une ligne à la simplicité digne des meilleurs E.C. Comics.

Une seule nouvelle, la plus longue (30 pages) se réfère explicitement à Lovecraft : « La chambre aux volets clos » sorte de suite à « L’abomination de Dunwich ». Ecrite en 1959, elle constitue un exemple honnête mais peu original de récit « à la manière de ». Derleth y reprend les conventions de Lovecraft pour en tirer une intrigue correcte à la progression cependant linéaire et à la chute trop attendue pour pleinement convaincre. Une lecteur néanmoins plus agréable que la vision de la médiocre adaptation qui en fut tirée dans les sixties sous le titre « La malédiction des Whateley ».

Dans l’ensemble ce recueil solide propose des nouvelles de bonne tenue et sans texte réellement faibles. Voici donc une bonne découverte et une occasion d’explorer les récits non liés au Mythe rédigés par un écrivain encore peu connu chez nous à l’exception de ses pastiches lovecraftiens ou à la façon de Conan Doyle.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Golden Age, #Horreur, #Lovecraft, #Recueil de nouvelles

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Publié le 29 Septembre 2021

LES TAMBOURS DU DIEU NOIR de Phenderson Djèlí Clark

Phenderson Djèlí Clark nouveau venu dans le domaine du fantastique, est un historien et professeur américain qui débute en littérature en 2011, publiant sa première nouvelle majeure, « L’étrange affaire du djinn du Caire » en 2016. On la retrouve dans ce recueil qui se compose également d’une novella, « les tambours du dieu noir ».

« Les tambours du dieu noir » se situe à la Nouvelle-Orléans, peu avant les célébrations du Mardi Gras, dans une Amérique dévastée par une guerre de Sécession interminable. La Nouvelle-Orléans, devenu territoire libre, abrite une arme magique mystérieuse, les fameux tambours divins, qui attisent les convoitisent de nombreux malandrins. La jeune voleuse adolescente Jacqueline LaVrille, aidée d’une capitaine pirate lesbienne, tentent de découvrir l’arme en question et se plongent dans une suite de complots et trahisons tandis qu’une apocalypse menace de détruire la cité. Voici un court roman enlevé et bien rythmé, dont on regrettera simplement une conclusion un rien hâtive. L’auteur aurait facilement pu développer sur quelques dizaines de pages supplémentaires son univers sans donner l’impression de tirer à la ligne. Quoiqu’il en soit, ce mélange de fantasy urbaine, de fantastique classique et d’uchronie dans un esprit steampunk reste très agréable à lire. On mettra quand même une réserve sur la traduction très « petit nègre » du parler créole, laquelle se montre parfois un peu pénible.

« L’étrange affaire du djinn du Caire » se révèle au moins aussi réussi avec son mélange d’enquête surnaturelle, de fantasy, d’uchronie et de fantastique oriental. Nous sommes en 1912, au Caire. Des êtres surnaturels se sont imposés, chassant l’Anglais et vivant en compagnie des humains. Djinn, Efrit, Anges,… Une jeune femme, membre du Ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, mène une investigation suite à la mort d’un Djinn, être normalement immortel qui se serait peut-être suicidé. Exploration d’un univers uchronique avec quelques touches Hellboy / Lovecraft dans cette confrontation entre des spécialistes du surnaturel et des créatures extra-dimensionnelles, le récit est conduit par une jeune femme habillée à l’occidentale devant faire face à l’hostilité des hommes musulmans qui doutent de ses compétences.

Deux textes efficaces, classiques dans leur thème mais originaux de part la nature de leurs protagoniste principaux et l’univers développé, en particulier dans la seconde novella qui explore un merveilleux très « mille et une nuits » convaincant. Conseillé !

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Publié le 24 Septembre 2021

VERSAILLES OF THE DEAD TOME 2 de Kumiko Suekane

Suite de ce manga uchronique situé dans une France prérévolutionnaire dans laquelle rôde les morts vivants. Le mélange des genres, plus présent que jamais, combine donc fantastique, horreur, histoire, aventures et considérations politiques. En 150 pages, l’autrice balance beaucoup d’idées, peut-être même un peu trop, tant il n’est pas toujours facile de comprendre où elle veut en venir. Les différentes pistes, lancées rapidement, peuvent laisser le lecteur sur sa faim : on suit d’un côté le futur Louis XVI embarqué dans une quête étrange dont on ne comprend pas vraiment la finalité, de l’autre les diverses apparitions de personnages historiques revisités (Napoléon, Jeanne d’Arc) et enfin les magouilles des principaux protagonistes. La Marie-Antoinette (remplacée par son frère dans le précédent volume) reste ici un peu en retrait et le rôle des pierres précieuses qui semblent attirer les zombies s’avère à peine clarifié.

Si l’intrigue principale avance à bon rythme, avec plusieurs scènes d’horreur et d’attaques de morts vivants placées à intervalles réguliers, les véritables raisons des événements décrits demeurent obscures. La suite du récit permettra t’il à la mangaka de retomber sur ses pattes ou continuera-t-elle dans la voie de l’outrance et du délire, avec apparition d’anges et démons en guise de guest-stars ?

D’une lecture rapide et globalement plaisante, servi par des dessins de qualité, ce deuxième tome 2 reste dans la lignée du précédent, les velléités sérieuses et les considérations politico-historiques s’effaçant rapidement au profit d’une sorte de délire bis sans doute inconséquent (nous sommes loin d’un chef d’œuvre ou même d’un incontournable) mais dans l’ensemble agréable et divertissant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Historique, #Manga

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Publié le 21 Septembre 2021

DOC SAVAGE: LA FOSSE AUX MONSTRES de Kenneth Robeson (Ryerson Johnson)

Publié en 1935 aux USA, voici une des innombrables aventures de l’invincible Homme de Bronze, alias Doc Savage, et ses compagnons aussi typés que caricaturaux. Comme toujours, en dépit des talents soi-disant fantastiques, de nos cinq amis, Doc Savage assure lui-même – et seul – quasi toutes les péripéties, parvenant à se tirer de tous les mauvais pas. Il triomphe ainsi des embuches placées sur sa route par son adversaire, cette fois un comte Russe aux intentions malveillantes érigé en seigneur d’une île perdue sur laquelle il exerce son droit de vie et surtout de mort.

Comme tous les DOC SAVAGE, celui-ci avance a bon rythme en dépit de quelques répétitions inévitables d’un bouquin à l’autre (les descriptions de l’Homme de Bronze et de ses alliés, ainsi que leurs capacités hors du commun) et de passages utilisant un comique là aussi de répétition (les disputes de nos héros et les facéties du cochon Habeas Corpus). Précurseur de James Bond, notre invincible héros dispose de tonnes de gadgets dissimulés dans ses vêtements ou sa montre, lesquels lui permettent de se sortir de toutes les péripéties à la manière du serial (l’acide pour faire fondre les menottes qui l’emprisonnent, la lumière aveuglante pour déstabiliser ses adversaires, etc.).

Le méchant, lui aussi, possède des armes bizarres (une bague capable de tuer à distance même si l’explication de son fonctionnement laissera perplexe les plus naïfs) et règne sur son île perdue gardée par des iguanes géants, des crabes agressifs aux pinces meurtrières, des requins redoutables, etc. Sans compter des serviteurs fanatisés et la jungle elle-même truffée de pièges.

Ecrit par Ryerson Johnson sous le pseudo collectif habituel de Kenneth Robeson, ce mélange de thriller, de fantastique, de SF à la Jules Vernes, de clichés d’épouvante à l’ancienne, d’aventures exotiques, d’humour, d’action et de conventions « super héroïques » avant la lettre fonctionne excellement !

De la grande littérature, LA FOSSE AUX MONSTRES n’est pas ! Il s’agit par contre d’un divertissement rondement mené et extrêmement efficace, constamment plaisant, qu’il est difficile de lâcher une fois entamé (d’autant que le livre se lit en 2h30 vu qu’il ne compte que 150 pages). Un très bon exemple de pulp (ou de littérature de gare) réussi et une porte d’entrée évidente dans l’univers déjanté et attrayant de Doc Savage et ses joyeux compagnons.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantastique, #Roman de gare, #Superhéros, #science-fiction

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Publié le 17 Septembre 2021

DEMON SLAVE TOME 2 de Takahiro & Takemura

Deuxième volet pour ce manga d’Urban Fantasy sexy. L’intrigue est à présent bien en place : un Tokyo alternatif dans lequel des jeunes femmes ont acquis des super-pouvoirs en ingérant un fruit bizarre, la « pêche ». Cela permet aux demoiselles de se rassembler en unité de guerrières afin de combattre des démons… Kyôke, cheffe d’un escadron anti-démon, va donc faire de Yuki, un jeune garçon, son esclave pour qu’il l’aide à combattre les forces du mal. En échange, Yuki peut demander à la jeune fille des faveurs et comme, bien sûr (sinon ça ne serait pas drôle), Yuki est un obsédé sexuel complet…

Ce nouveau tome se lit très vite : bien rythmé, on y retrouve le même univers fantasy, cette fois davantage développé avec de nouveaux avancements de l’intrigue qui ouvre l’histoire générale. Les rebondissements sont nombreux et, bien sûr, l’aventure se conclut sur un nouveau cliffhanger efficace. L’auteur admet avoir placé davantage de « fan service » dans ce nouveau volume, autrement dit le lecteur a droit à davantage de filles nues, de postures sexy et de scènes gentiment érotiques. Mais tout cela reste léger et traité dans la bonne humeur, façon comédie de lycée teintée de soumission / domination / SM.

Les scènes d’action, de leur côté, sont nombreuses et énergiques, bien servies par des dessins de bonne qualité, à l’image de ce manga dans son ensemble. Il est clair que nous ne sommes pas devant un chef d’œuvre impérissable mais plutôt face à un divertissement rondement mené et calibré pour les grands ados (et ceux qui le sont restés). De la magie, des démons, des gros monstres, des batailles homériques et des filles joyeusement dévêtues à la moindre occasion…L’assurance d’une bonne lecture détente, sans plus ni moins mais, parfois, cela suffit pour passer un bon moment.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Fantasy, #Erotique, #Manga

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Publié le 13 Septembre 2021

ACCURSED de Guy N. Smith

Guy N. Smith, spécialiste des agressions animales, s’attaque ici à la malédiction des pharaons. Un vieux prêtre anglais, ayant ramené deux momies d’Egypte, accompagnées par la maléfique amulette de Seth, les réenterre dans la campagne anglaise. Les années passent. Milieu des années ’80, la peur de l’holocauste nucléaire pousse George Brownlow a construire un abri antiatomique. En creusant, George découvre l’amulette et tombe en son pouvoir…

Si ACCURSED traite de momies et de malédictions égyptiennes, le principal focus reste la famille du principal protagoniste et la manière dont ses membres subissent l’influence maléfique de l’artefact exhumé. Les plaies d’Egypte frappent la région et la folie s’empare de ce petit coin tranquille d’Angleterre, l’intrigue rappelant quelque peu LA COULEUR TOMBEE DU CIEL dans sa manière d’envisager la lente progression du surnaturel. Le contexte de la Guerre Froide et l’escalade de la course à l’armement permet pour sa part de varier les événements. Cette période s’impose d’ailleurs comme un background intéressant, la descente dans la folie de la famille au centre du récit s’opérant en parallèle avec la possible apocalypse nucléaire annoncée.

Bref, Guy N. Smith propose ici un roman agréable, qui débute de manière très traditionnelle pour dévier ensuite vers une épouvante plus moderne et davantage psychologique. Moins outrancier que la majorité de ses romans (on se souvient des excès gore de NIGHT OF THE CRABS ou BATS OUT OF HELL), voici une facette plus mesurée du talent de l’auteur a concocter de petits romans bien emballés qui souffrent certes de faiblesses manifestes (le texte trahit parfois la précipitation d’un auteur peu enclin à se relire et surtout pressé de terminer un récit visant l’efficacité maximale) mais démontrant également son art de torcher de petits page-turners horrifiques efficaces. Plaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Gore, #Horreur

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Publié le 30 Août 2021

LE MANOIR DE LA PEUR (UN LIVRE DONT VOUS ÊTES LE HEROS) de Steve Jackson

Ce « Défi Fantastique » aurait probablement davantage eut sa place dans l’éphémère collection « Epouvante » (deux titres publiés) puisque nous quittons le Fantasy pour une aventure nettement plus sombre et macabre. Coincé dans un manoir, le lecteur / joueur aura sans doute bien des difficultés à rester en vie jusqu’à l’aube : vampire, goule, chiens affamés, esprits maléfiques, zombie, vieille sorcière, démons, serviteurs du diable,…Tous les suppôts de Satan se sont donnés rendez-vous pour une cérémonie sanglante orchestrée par un comte menaçant. Pas d’arme, pas de magie, pas de gadget pour le lecteur / joueur qui recherche désespérément un téléphone (le récit se déroule dans les années 80), une sortie,…mais pourrait ne jamais la trouver.

La difficulté s’avère extrême : non seulement il n’existe qu’un chemin pour terminer la quête mais il faut également posséder un Kriss (un poignard malais) dissimulé…quelque part ! Bonne chance pour le trouver (sans lire la solution c’est pratiquement impossible !) d’autant que la résolution nécessite également de  rencontrer les bonnes personnes (et dans le bon ordre), de poser les bonnes questions, de trouver le bon mot de passe, d’être au bon endroit, de ne pas tomber dans un piège (de nombreuses pièces conduisent à la mort), de ne pas s’égarer, de ne pas boire le vin empoisonné (spoiler : éviter le blanc !), et de posséder deux clés différentes,…Sans tout cela (oui tout ça !), la mort attend invariablement le lecteur. Bref, pensez à faire quelques « sauvegardes » de vos caractéristiques au fil de la progression et de tout noter sur un plan sous peine de reparcourir inlassablement les mêmes pièces.

Les combats, eux, ne sont pas fréquents (c’est déjà ça !) et les monstres ne posent pas de difficultés particulières : le joueur devrait s’en tirer en se battant une demi-douzaine de fois. Le côté retors ne se trouve pas là. Par contre, l’idée vraiment perverse qui complique encore l’aventure réside dans le niveau de peur : à la manière de certains jeux ultérieurs (basés sur Lovecraft), les événements rencontrés augmentent la peur du joueur…jusqu’à sa mort. Ouvrir trop de portes pourraient vous confronter à des créatures qui vous rendront fous…Mais ne pas les ouvrir vous empêchera de mener la quête à son terme. Un véritable casse-tête puisqu’il faudra gérer cette peur et ne pas, comme dans bien des livres dont vous êtes le héros, se contenter de fouiller chaque pièce jusqu’à assembler les bons artefacts!

LE MANOIR DE L’ENFER constitue donc une très belle réussite des « Livres dont vous êtes le héros » : une ambiance bien rendue, un système de jeu à l’efficacité éprouvée, une écriture réussie. Le seul point d’achoppement réside dans la difficulté quasiment insurmontable mais ce bémol reste relatif : le lecteur peut refaire l’aventure plusieurs fois et échouer à maintes reprises tout en passant un très bon moment ludique.

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