executeur

Publié le 30 Janvier 2018

KIRA B - ONDE DE CHOC SUR L'OREGON de Steven Belly

Dans le trois centième (!!!) tome publié en France de l’Exécuteur, LE RESEAU PHENIX, Mack Bolan, l’éternel Guerrier, se découvrait une probable descendance, Kira, supposée être sa fille perdue de vue et tombée aux mains d’infâmes réseaux pédophiles.

Notre jeune punkette gothique, pirate informatique sexy tatouée, percée et bisexuelle (forcément) revient se venger dans ses premières aventures en solo, papa ne faisant ici qu’une lointaine figuration en dispensant ses conseils et en aidant, de loin, la demoiselle. Car Kira Bolan, après avoir émasculé un de ses violeurs, se lance dans un nouveau blitz, décidée à exterminer un réseau de trafic d’êtres humains opérant dans les profondeurs insoupçonnées du Dark Web. Se faisant passer pour l’agent spécial d’un prince arabe nanti d’un imposant harem, Kira infiltre l’organisation Witch, spécialisée dans la prostitution et les snuff movie dans le but, bien évidemment, de la démanteler à la manière de papa…

Si Kira B se conforme aux attentes du lecteur (masculin) du roman de gare, elle reste néanmoins un personnage intéressant, fan de rock & roll, de films d’horreur (« Massacre à la tronçonneuse » est son préféré) et de séries télé, bien qu’elle ignore à quoi peut se référer son paternel en parlant de « K2000 », lui préférant la plus contemporaine « Walking Dead ».

On sent l’auteur féru de références et soucieux d’apporter un peu de sang neuf à la saga de L’EXECUTEUR en y injectant davantage d’humour et une forte dose d’érotisme, jusqu’ici quasiment absent des aventures de Mack Bolan. Avec Kira, le charme est là et l’auteur ne se prive pas d’une poignée de scènes chaudes entre filles et même d’une relation hétérosexuelle en mode cyber sexe. L’originalité n’est donc pas vraiment au rendez-vous (Kira ressemble à un décalque de l’héroïne revancharde de la saga MILLENIUM) mais le récit se révèle cependant efficace. L’intrigue braconne un peu sur les terres du techno thrillers avec son jargon technique et ses innovations technologiques sans toutefois risquer de perdre le lecteur, l’essentiel étant, comme toujours, l’action pétaradante et violente, saupoudrée d’un certain sadisme et d’un côté glauque qui rendent KIRA B, toutes proportions gardées, plus sérieuse que L’EXECUTEUR.

Vu la monstrueuse inhumanité de l’organisation Witch (qui dresse dès l’enfance ses prostituées afin de les amener à supporter les tortures infligées par les riches clients recourant à ses services), Kira, adoubée par Mack Bolan, ne peut que réagir de manière radicale en exterminant toutes ces ordures.

Pour les amateurs de L’EXECUTEUR tenté par une intrigue plus « moderne » et un nouveau personnage attachant et sexy, ONDES DE CHOC SUR L’OREGON reste un bon moment de lecture et un plaisant roman de gare : un peu d’humour, une louche d’érotisme, une bonne dose de violences, du sadisme,…que demander de plus pour passer un bon moment ? Dommage cependant que la conclusion soit expédiée en 3 pages...

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Thriller, #Roman de gare, #Gérard de Villiers, #Exécuteur

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Publié le 13 Octobre 2017

L'EXECUTEUR: PLUIE DE COKE A OCEAN BEACH de Frank Dopkine

Si la série de l’Exécuteur fut lancée par Don Pendleton à la fin des années ’60, elle fut poursuivie par la suite par de nombreux auteurs américains restés anonymes, du moins sur la couverture des livres puisque les fans les ont, aujourd’hui, identifiés pour la plupart.

Les choses se compliquent lorsque la série, publiée chez Gérard de Villiers, évolue vers l’aventure guerrière et s’éloigne de ses fondamentaux (une période désignée sous le terme de « guerre à la mafia »). Selon les rumeurs, de Villiers ne souhaite pas voir l’Exécuteur emprunter cette voie, qu’il juge concurrentiel pour son propre SAS.

Quoiqu’il en soit, l’Exécuteur cesse d’être traduit pour être « adapté ». Autrement dit, la plupart des romans soi-disant « traduits » sont, en réalité, directement écrits par des Français, toujours sans les signer. A l’époque, le « roman de gare » se trouve déjà en perte de vitesse et les ventes diminuent, ce qui n’empêche pas la série de se poursuivre de longues années. Elle compte plus de 300 bouquins en français et se poursuit toujours aux Etats-Unis où, en comptant les spin-off, elle approche du millier de livres consacrés à Mack Bolan et ses alliés.

Outre Gérard Cambri (connu pour son coup de gueule contre l’éditeur), Frank Dopkine, vieux routier de la littérature populaire croisés à la Brigandine, fut un des pourvoyeurs de ces romans « Exécuteur » officiellement toujours attribués à un Don Pendleton pourtant décédé.

PLUIE DE COKE A OCEAN BEACH revient donc au classique affrontement de l’implacable Mack Bolan contre la Mafia. Cependant, le Guerrier (ou la Grande Pute comme le surnomme affectueusement les » pourris ») y a un temps de présence plus restreint que de coutume. Voici, en effet, Bolan embarqué, une fois de plus, dans une guerre de gangs, les anciens mafiosi se voyant dessouder par de nouveaux venus aux dents longues. Le tout se déroule dans le milieu du surf, avec les habituels passages d’action, les explosions de bateaux, les enlèvements et autres tortures.

Tout cela est certes convenu mais donne au lecteur ce qu’il est venu chercher, à savoir une bonne dose d’action et de violences plutôt agréablement troussée (pour ce genre de bouquin). Ce n’est certes pas de la grande littérature mais l’écriture est efficace et l’intrigue un peu plus solide que les sempiternels massacre de mafieux auquel l’Exécuteur nous a habitué.

Les amateurs de ce justicier impitoyable passeront donc un bon moment sous cette PLUIE DE COKE plutôt plaisante.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Roman de gare, #Thriller, #Gérard de Villiers, #Exécuteur

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Publié le 1 Juin 2017

ALERTE ROUGE A WASHINGTON de "Don Pendleton"

Crée par Don Pendleton, le vétéran du Viet Nam devenu justicier Mack Bolan eut rapidement une vie propre : après les 38 premiers romans (rassemblés sous la domination de « Guerre à la Mafia »), l’Exécuteur fut repris par de nombreux auteurs qui en firent une sorte de super agent aux services secrets de l’Amérique. Lorsque la nation ne peut agir de manière officielle, elle peut compter sur le Guerrier pour défourailler de la racaille, du petit trafiquant au terroriste international, Bolan ne fait pas dans le détail.

Edité en France par les éditions Gerard De Villiers, « l’homme à la combinaison noire » vécut également des aventures originales qui ne furent pas traduites mais bien entièrement écrites par des romanciers hexagonaux. Souvent non crédités (lorsqu’ils le sont c’est uniquement en tant que « traducteur et adaptateur »), ils s’effacent pudiquement devant la légende (avec ses nombreuses séries dérivées on approche du millier de romans !!!) comme cette ALERTE ROUGE A WASHINGTON plutôt efficace.

Dans cette aventure, l’auteur (donc anonyme) attaque la collusion entre le pouvoir américain et la Mafia, imaginant (peu avant le 11 septembre) une sorte d’énorme complot entre des militaires assoiffés de pouvoir et les organisations maffieuses afin de générer un conflit au Moyen-Orient qui servirait, en quelque sorte, de test grandeur nature pour observer les réactions du monde à une guerre nucléaire localisée. Sympathique et plutôt novateur, cela change agréablement des massacres répétitifs d’amichi d’une ville à l’autre du globe.

Cependant, si l’intrigue se révèle plus consistante que de coutume et constitue un hybride assez réussi entre les deux périodes (polar anti mafieux et action / espionnage pour résumer succinctement) de l’interminable saga (Bolan fait ici la guerre à la Mafia mais il s’associe avec une poignée de militaires vétérans pour débarrasser les hautes sphères politiques de la corruption), avec Mack Bolan, pas de subtilité ni de grande analyse politique, place au nettoyage par le vide. La série n’a jamais fait dans le subtil mais a souvent gardé le cap en jouant sur un rythme frénétique qui multiplie les explosions, fusillades et autres massacres de crapules. Du divertissement très efficace totalement dévoué à la testostérone et à l’hémoglobine sans perdre de temps en considérations psychologiques ni en érotisme (contrairement à ce que veulent faire croire les couvertures françaises). Bref, ça déménage et ça emporte tout sur son passage, avec une écriture très brute et une grande économie de moyens : phrases courtes, chapitres ramassés en quelques pages, nombreux synonymes pour varier les descriptions (un brin répétitives) de mafiosi abattus par notre héros. Des recettes qui doivent autant à la littérature brute de décoffrage de Mickey Spillane qu’aux polars d’action musclés des seventires (genre JUSTICE SAUVAGE ou LA TRAHISON SE PAYE CASH).

Bref, L’EXECUTEUR, en dépit de son aspect ultra codifié (qui, mine de rien, a fini par générer une mythologie sommaire avec son lot de personnages récurrents comme en témoignent ici les nombreuses notes de bas de page renvoyant le lecteur à une aventure antérieure) reste une valeur sûre du roman de gare moderne et une des seules séries de ce style (jadis si populaires) à continuer à perdurer en ce vingt-et-unième siècle. Très plaisant.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Roman de gare, #Exécuteur, #Gérard de Villiers

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