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Publié le 25 Janvier 2018

JESSICA JONES: THE PULSE de Brian Michael Bendis

Après le succès d’ALIAS JESSICA JONES, Bendis revient à son personnage fétiche pour une nouvelle série d’aventures plus intimistes que pétaradantes. Si Jessica reste sympathique, sa grossesse la change et la rend beaucoup plus dépendante de son compagnon, Luke Cage (ex Power Man), ce qui modifie radicalement l’orientation de la série. Le ton y est également beaucoup plus léger, une conséquence de l’abandon du label « Max » qui permettait davantage de liberté au niveau des dialogues, de la violence et de la nudité. Certains n’ont d’ailleurs guère apprécié ces changements et THE PULSE a essuyé son lot de critiques, parfois virulentes. Disons-le tout net, cela semble injustifié : certes Bendis ne retrouve pas l’excellence d’ALIAS JESSICA JONES (la série super-héroïque pour ceux qui n’aime pas les séries super-héroïques !) mais THE PULSE demeure un vrai bon moment de lecture et se situe largement au-dessus du tout venant de chez Marvel.

JESSICA JONES: THE PULSE de Brian Michael Bendis

Cette fois, Jessica partage la vedette avec le plus célèbre journaliste du Daily Bugle, Ben Urich (l’homme qui connait l’identité de Daredevil mais refuse de la dévoiler au désespoir de l’irascible J.J.J). Confronté à des ventes qui s’écroulent (« c’est terrible, les gens ne lisent plus, nous sommes la première génération à avoir perdu l’habitude de lire le journal le matin »), le boss du Bugle doit réagir et lance un supplément, « The Pulse », consacré aux super-héros. Urich et Jessica Jones vont s’en charger. L’anti héroïne détective devient donc journaliste, ce qui permet de relancer la machine. Une bonne idée, sauf pour les réfractaires à l’évolution du personnage.

Dans le premier arc, « Thin Air », Jessica enquête sur la mort mystérieuse d’une de ses collègues du Bugle et découvre l’implication de Norman Osborn, alias le Bouffon Vert. Spidey effectue sa petite apparition réglementaire et l’intrigue annonce la suite de l’univers Marvel avec la prise de pouvoir d’Osborn durant le Dark Reign.

Ensuite, un tie-in de la saga « Secret War » envoie la jeune femme à la recherche de Luke, blessé et kidnappé. Iron Fist et l’Hydra seront, eux aussi, de la partie.

« Fear », la dernière histoire, plus intimiste, se consacre à l’accouchement de Jessica, à ses craintes, etc.

Un tie-in correct à HOUSE OF M dans lequel on retrouve Hawkeye et un annual dispensable consacré au mariage de notre couple complètent le sommaire.

JESSICA JONES: THE PULSE de Brian Michael Bendis

Les intrigues sont plaisantes, les personnages attachants et, dans l’ensemble, THE PULSE reste fort agréable quoique cet « ajout » soit en-deçà d’ALIAS JESSICA JONES (devenu un véritable classique de la bande dessinée super-héroïque des années 2000 et une des meilleures livraisons de la Maison des Idées).

Les différentes histoires peuvent également moins facilement s’apprécier de manière indépendante : on sent Bendis tisser sa toile afin d’entremêler les récits appelés à consolider l’univers Marvel du XXIème siècle : il faut au lecteur une certaine connaissance de celui-ci pour apprécier les scénarios proposés, en relation avec HOUSE OF M, SECRET WAR, DARK REIGN, NEW AVENVERS, etc.

Pour beaucoup, THE PULSE fut une déception mais celle-ci doit être relativisée : si ce n’est pas un incontournable comme ALIAS JESSICA JONES cela reste un comic bien écrit, bien dessiné et très plaisant proposé, en outre, dans une édition correcte et à un prix tout doux (17 euros pour 360 pages !). Bref, pas de quoi s’en priver pour les amateurs de ce personnage des plus intéressants.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics

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Publié le 18 Janvier 2018

BLOODSHOT REBORN TOME 1 - COLORADO de Jeff Lemire, Mico Suayan et Raul Allen
BLOODSHOT REBORN TOME 1 - COLORADO de Jeff Lemire, Mico Suayan et Raul Allen

 

Quoique Marvel et DC en soient les leaders incontestés, ils ne sont pas les seuls éditeurs sur le marché du comic super-héroïque. Avec moins de séries et une histoire nettement plus récente, Valiant, fondée en 1990 par un ancien de la Marvel, Jim Shooter, entendait bien prendre sa (plus modeste) place sur ce marché aujourd’hui encombré. Devenu le troisième éditeur du genre et vendant jusqu’à 1 500 000 exemplaires de certains de ses titres à son apogée, la compagnie va néanmoins souffrir d’un écroulement des ventes à la fin des 90’s. Après sa faillite en 1999, Valiant renait cependant de ses cendres en 2007. Et de nouvelles séries, dans la continuité des publications antérieures, sont lancées en 2012. D’abord publiées par Panini elles sont aujourd’hui éditées, avec beaucoup de soin, chez Bliss Comics.

Bloodshot, créé en 1992, reste un des personnages phares de l’éditeur. Il revient ici dans une nouvelle aventure qui constitue la suite du crossover THE VALIANT ayant établi le nouveau statu quo de l’éditeur. Rappelons que cet anti-héros possède des capacités surhumaines (super force, agilité, pouvoir auto guérisseur, etc.) grâce à des mini robots « nanites » injectés dans son corps pour le transformer en soldat invincible. Cependant, avant sa mort, Kay la Géomancienne a expulsé les nanites du corps de Bloodshot, alias Ray Garrisson, pour lui rendre son humanité. Depuis, il vivote en tant qu’homme à tout faire dans un motel, boit plus que de raison et, victime d’hallucinations, « voit » Kay et un double cartoonesque de lui-même.

Dans le même temps, les nanites, libérées de son corps, se sont cherchées un nouvel hôte…En réalité sept, tous transformés en ersatz de Bloodshot et qui, incapables de contrôler leurs nouveaux pouvoirs, se mettent à accomplir des tueries de masse. Ce-dernier, se sentant responsable, part donc supprimer ces « infectés » et, au cours du processus, récupère les nanites de ses victimes. Bloodshot renait, pour le meilleur et pour le pire !

BLOODSHOT REBORN TOME 1 - COLORADO de Jeff Lemire, Mico Suayan et Raul Allen

Ce premier tome de BLOODSHOT REBORN constitue une belle réussite avec son ton sombre, très adulte, presque désespéré et son mélange de violences brutales et d’intermèdes psychologiques réussis qui rappellent les meilleures bandes dessinées du PUNISHER ou de WOLVERINE avec un zeste d’humour déjanté à la DEADPOOL.

L’univers Valiant, plus restreint et réaliste que le foisonnement de Marvel ou DC Comics s’avère très plaisant et on y plonge avec bonheur, à la découverte de nouveaux personnages et d’intrigues efficaces. Pour les allergiques au genre super héroïque, nous sommes ici davantage dans le polar science-fictionnelle que dans la baston d’encapés et, quoique ce premier arc (qui trouvera sa conclusion dans le deuxième tome) se montre relativement linéaire et prévisible, la qualité des dialogues compense ce bémol.

Au niveau des dessins, ils sont très réussis et photoréalistes pour les quatre premiers épisodes (par Mico Suayan), complètement « comic » pour le cinquième (signé Raul Allen) qui tranche avec ce qui précède mais sans être désagréable pour autant. Du très bel ouvrage !

Pour les lassés des intrigues à rallonges, des crossovers interminables et du statu quo permanent du duo DC / Marvel, l’univers Valiant constitue, à coup sûr, une bouffée de fraicheur. Ce premier tome, très bien présenté (couverture cartonnée, bonus sur le scénario, couvertures alternatives, etc.) pour un prix attractif (moins de 15 euros) est donc vivement conseillé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Superhéros, #Thriller, #Valiant - Bliss Comics

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Publié le 16 Janvier 2018

JE SUIS WOLVERINE d'auteurs divers
JE SUIS WOLVERINE d'auteurs divers

La collection « je suis… » (variante « nous sommes… ») chez Panini reste une des meilleures initiatives de l’éditeur qui y reprend la formule gagnante des anthologies Urban consacrées aux personnages DC comics.

Proposés pour permettre aux néophytes de se familiariser avec un protagoniste de l’univers Marvel, souvent à l’occasion de la sortie d’un long-métrage, les ouvrages de la collection permettent un bel aperçu chronologique de son évolution.

Lancé pour accompagner la diffusion dans les salles de l’excellent LOGAN, ce recueil débute logiquement voici plus de quarante ans (eh oui…déjà!) avec la première apparition du Griffu lors d’un double épisode de l’Incroyable Hulk dans lequel ce dernier se confronte au Wendigo. Nous sommes en 1974 et Logan n’y est qu’un personnage secondaire encore mal défini et affublé d’un costume quelque peu ridicule, d’ailleurs ses griffes ne font pas encore parties de son squelette mais sont placées sur des gants. Par la suite, nous retrouvons le mutant douze ans plus tard lors du « loup blessé » scénarisé par Chris Claremont dans les pages d’UNCANNY X MEN. Au fil des pages, nous assistons à l’accroissement de sa popularité jusqu’à ce qu’il devienne le plus populaire des X-Men. Logan affronte également son increvable ennemi Dent de Sabre dans « 24 heures », toujours écrit par Claremont mais cette fois pour la série solo WOLVERINE.

JE SUIS WOLVERINE d'auteurs divers

Vient ensuite le gros morceau de cette anthologie avec l’excellent « De sang de sables et de griffes », triple épisode signé Larry Hama (scénario) et Marc Silvestri (dessin) datant de 1991. Wolverine, accompagné de son compatriote Puck de la Division Alpha, y combat durant la guerre civile espagnole et rencontre Hemingway et George Orwell. Du tout bon comics, divertissant et spectaculaire.

Toujours dans une perspective historique, « Les chevaliers de Madripoor » se déroule en 1941 et permet au Glouton de fréquenter Captain America et Black Widow. Parmi les autres numéros mémorables citons un affrontement ultra musclé avec le Punisher et, surtout, l’incroyable et très adulte « Prisonnier Zéro » dans lequel Wolverine se retrouve prisonnier d’un camp de concentration durant la seconde guerre mondiale et survit stoïquement à tout ce que ses geôliers lui font subir.

 

JE SUIS WOLVERINE d'auteurs divers

Comme toujours ce genre d’anthologie peut paraitre réducteur puisqu’elle fait l’impasse sur de grandes sagas ou des épisodes mémorables (sa virée au Japon, ses démêlées avec le Phenix, etc.) mais, dans l’ensemble, difficile de ne pas apprécier les intrigues proposées, certes parfois tronquées mais toujours intéressantes pour mesurer l’évolution du personnage. Les textes pertinents qui accompagnent les différentes histoires et la qualité générale de celles-ci, souvent illustrées par des dessinateurs talentueux et inspirés, achèvent de rendre JE SUIS WOLVERINE indispensable aux fans du mutant griffu. Un des meilleurs recueils sortis chez Panini.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics, #Mutants, #X Men

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Publié le 11 Janvier 2018

STAR WARS - CLONE WARS: TOME 1 et 2

Les récits appartenant au vaste arc narratif de la « guerre des clones » se situent peu après « Star Wars Episode II : L’attaque des clones ». Ils permettent de retrouver les personnages de la prélogie et d’approfondir des événements parfois rapidement survolés par les films. Nous retrouvons ici des visages familiers comme Mace Windu, Maitre Yoda et, bien sûr, Obi Wan et son apprenti Anakin. Pour le côté obscur l’Empereur tire des ficelles dans l’ombre, tout comme le Comte Dooku, tandis que les opérations de terrains sont assurées par Ventress, une ancienne Jedi passée du mauvais côté de la force (avec son look cuir / dominatrice du plus bel effet) et Dirge, une sorte de monstre en armure qui rappelle Jango Fett (il rêve d’ailleurs de lui ravir le titre d’homme le plus dangereux de la galaxie).

Les récits (trois à cinq par tomes) tournent, évidemment, autour de l’armée de clones commandée par la République, avec diverses missions, notamment sur Kamino, afin de la défendre. Les Jedi se voient également forcés de prendre une part plus active dans le conflit et d’assurer le rôle de généraux, ce qui n’est pas au goût de tous les Chevaliers. Un schisme (titre de la troisième – et meilleure – histoire du premier volume) se prépare d’ailleurs au sein de l’Ordre : le vénérable Sora Bulq se place au service de Dooku et tend un piège à Mace Windu. De son côté, Anakin se pose de plus en plus de questions (et il n’est pas le seul) sur l’implication des Jedi et sur la manière de concilier son enseignement avec la guerre totale qui s’annonce. Le jeune homme prend également la défense des clones et notamment des soldats Arc surentrainés mais traités comme de la simple chair à canon sacrifiable par la majorité des Républicains. De plus en plus de Jedi prennent en outre conscience de la corruption qui règnent au sein de la République et se demandent comment la défendre sans succomber, à leur tour, à cette corruption.

STAR WARS - CLONE WARS: TOME 1 et 2

Dans le deuxième tome, au cours d’une mission sur Naboo, planète où vit sa bien-aimée Amidala, le jeune Anakin va découvrir les atrocités permises par « le nouveau visage de la guerre ». Un récit qui effecture un parallèle assez évident avec les combats de tranchées et des attaques au gaz de la Première Guerre Mondiale. Au fil des pages, les frontières entre le Bien et le Mal se brouillent : « moins certains les choses sont » comme le dit Maitre Yoda alors que les actions des Jedi les mènent dangereusement proches du côté obscur : « Je me demande ce que cette guerre change en nous, en tant que Jedi. La guerre change toujours ceux qui la font et nul ne peut prévoir comment. »

En dépit du caractère inégal des histoires proposées, ces deux tomes, servi par un beau dessin, se révèlent très plaisants à lire et permettent de mieux connaitre une période très intéressante de la mythologie « Star Wars », celle du basculement de la République et de l’avènement du pouvoir impérial.  

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Publié le 6 Janvier 2018

BATMAN - LA NUIT DES MONSTRES

Ce premier crossover du batverse de l’ère « rebirth » impacte les trois principales séries consacrées au Chevalier Noir : Batman, Detective Comics et Nightwing.

L’intrigue ne cherche guère la complexité : Hugo Strange infecte quelques cadavres avec le venin de Bane et crée quatre monstres gigantesques qui menacent Gotham alors qu’un ouragan s’annonce. Après la mort supposée de Red Robin (les lecteurs de Detective Comics savent que Tim s’en est sorti) et l’affaire de Gotham (cf. Batman rebirth tome 1), le Caped Crusader refuse de perdre encore une fois ses alliés et adopte une attitude très rigide et protectrice, laissant par exemple Gotham Girl et Duke Thomas de côté alors que les monstres attaquent la ville.

Le scénariste se lâche donc pour proposer des destructions massives en pagaille dans un esprit proche des kaiju-eiga ou, pour les Américains, des plus récents PACIFIC RIM et GODZILLA, une parenté entretenue par un climat déchainé. Les combats se déroulent donc sous une pluie battante et les immeubles sont pulvérisés par les créatures géantes. Tout cela se montre fort plaisant mais également quelque peu répétitif, avec des scènes à grand spectacle, de « nouveaux jouets » dissimulés par Batman (notamment de nouvelles motos), les Tours Wayne qui servent d’ultime ligne de défense en cas d’urgence, etc. Vu la situation on peut s’étonner que la Ligue de Justice n’intervienne pas pour se confronter à une menace aussi démesurée. Evidemment, l’équipe des « batmen » saura défaire les monstres sans l’intervention des héros les plus puissants. Ni Lantern ni Superslip ne seront de la partie. Peu crédible mais sympathique.

BATMAN - LA NUIT DES MONSTRES

Heureusement, pour suppléer à ce côté invraisemblable, les dessins sont plaisants, en particuliers ceux de Riley Rossmo sur Batman dont le style, assez personnel, convient bien au Chevalier Noir. L’artiste livre ici un travail de toute beauté et il suffit pour s’en convaincre d’admirer l’impressionnant monstre gluant qui apparait en pleine page dans Batman N°8.

Bref, ce premier crossover réussit son pari de divertissement à grand spectacle et en donne pour son argent au lecteur friand de monstres géants. Si la caractérisation des protagonistes demeure sommaire on note un progrès pour les héros qui apprennent, peu à peu, à travailler en équipe. Ainsi la pièce rapportée Gueule d’Argile, ex super vilain passé du bon côté de la force, sert d’armure vivante à Batman dans une séquence originale et mémorable.

En résumé, LA NUIT DES MONSTRES constitue un bon petit « blockbuster super héroïque » qui développe les différentes intrigues lancées dans les trois séries principales du Batverse tout en donnant la priorité à une action tonitruante. Un bon moment.

 

 

BATMAN - LA NUIT DES MONSTRES

(contenu : Batman Rebirth #7-8 + Detective Comics #941-942 + Nightwing Rebirth #5-6)

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Comic Book, #DC, #Superhéros, #Batman

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Publié le 28 Décembre 2017

DARK AVENGERS VOLUME 2 de Brian Michael Bendis

Nouvelle livraison de 264 pages pour conclure la saga de Norman Osborne à la tête de ses Vengeurs Noirs. La plupart des récits composant ce recueil sont soigneusement écrits par Brian M. Bendis et illustrés par Mike Deodato qui offre un très bon boulot.

On commence avec un gros affrontement (étalé sur quatre numéros) entre nos Avengers et le tout puissant Homme Molécule, autrement dit ce qu’on fait de plus puissant, ou peu sans faut, dans le domaine du super vilain détraqué. Du coup, Norman a bien du mal à garder la tête froide, d’autant que son « arme secrète », le quasi divin Sentry, est immédiatement abattu par le maitre des manipulations moléculaires. Comme disent les autres Avengers « ce type était plus puissant que nous tous réunis, alors qu’allons-nous pouvoir faire ? ». Débarquent les hommes du Hammer et le combat continue.

Ce récit efficace jongle entre les aspects les plus dramatiques et l’action, avec une bonne caractérisation des protagonistes. Si Norman tente de contrôler Sentry ce-dernier éprouve bien des difficultés à se maitriser lui-même, toujours prêt à laisser exprimer son côté obscur, représenté par Void. Ces démêlées schizophréniques apportent le sel nécessaire à un récit classique mais bien mené et agréable.

DARK AVENGERS VOLUME 2 de Brian Michael Bendis

L’annual consacré à Marvel Boy fait office d’interlude et n’apporte pas grand-chose tandis que les cinq petits épisodes, chacun consacré à un « second couteau » de l’univers Marvel se feuillettent distraitement mais seul celui sur Jack O’ Lantern se montre intéressant. On a aussi droit à quelques pages sur Spymaster qui se laissent lire. Mais dans l’ensemble rien de bien folichon dans cette fournée proche du remplissage.

Les épisodes 13 à 16 de la série signent la fin de la période « Dark reign », laquelle s’étendit quand même sur environ deux ans de publication. Elle impacta plus de vingt-cinq séries régulières, sans compter autant de mini-série ou de one-shots. Cependant, contrairement à la plupart des « events » Marvel, tel le précédent SECRET INVASION auquel il succède, le Dark Reign ne s’appuie pas sur une mini-série, d’où la difficulté à le résumer en volume. Ces quatre derniers épisodes des Dark Avengers s’intègrent ainsi dans la continuité de l’event SIEGE et sont par conséquent assez difficiles à évaluer isolés de ce crossover pas spécialement réputé. 

Bien sûr, Panini n’a - encore une fois ! - pas accompli le moindre effort pour faciliter la lecture aux néophytes. Les histoires s’enchainent sans résumé, sans présentation des personnages ou du contexte, sans même une page de transition entre les différentes intrigues. Le niveau zéro de la politique éditoriale. Le comble intervient entre les épisodes 15 et 16, normalement séparés par l’intrigue de SIEGE. Du coup on passe, d’une page à l’autre, entre un Norman tout puissant accompagné de ses Vengeurs à un Norman emprisonné et désavoué sans qu’il soit possible d’y comprendre quelque chose. Dommage car la période du Dark Reign reste une des plus excitantes et plaisantes dans la chronologie récente de Marvel. Il aurait donc était intéressant d’effectuer une présentation plus cohérente de cette suite d’événements non seulement pour attirer le novice mais aussi afin d’en expliquer les tenants et aboutissants. Peine perdue. Reste un album correct et d’une lecture agréable quoique l’on ait la désagréable impression de lire des fragments épars d’une plus vaste intrigue.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Comic Book, #Superhéros, #Marvel Comics

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Publié le 21 Décembre 2017

GREEN LANTERNS: PLANETE ENRAGEE (Récit complet Justice League 2)

Comme le souligne assez justement les dialogues, on peut se demander la raison du nombre affolant de Green Lantern sur la planète Terre.

Sans compter l’originel Alan Scott, qui n’appartient pas au même corps galactique, nous pouvons ainsi nous enorgueillir du célèbre Hal Jordan, du bagarreur Guy Gardner auxquels se sont ensuite adjoints John Stewart et Kyle Rayner.

Était-il nécessaire de créer encore deux nouveaux personnages, le musulman Simon Baz et la féminine Jessica Cruz. Probablement. L’exploitation de ses principaux héros par DC autorise une multiplication des titres (avec tout le corps des Green Lantern à disposition pourquoi s’en priver) tandis que l’éditeur développe, depuis quelques années, une véritable obsession : vouloir accorder une place dans son univers à la « diversité ». D’où un recours à toutes les minorités et un développement d’une plus juste parité homme / femme. Le problème étant d’intégrer ces nouveaux personnages (à la manière des « Batmen de tous pays » ou de la nouvelle Miss Marvel de la concurrence) au sein d’un univers cohérent. L’éditeur propose donc cette nouvelle série consacrée à deux Green Lantern (quasi) débutants et, en tout cas, inexpérimentés. Or, ceux-ci doivent affronter une menace cosmique, à savoir le retour d’Atrocitus, leader des Red Lanterns aveuglés par la haine.

GREEN LANTERNS: PLANETE ENRAGEE (Récit complet Justice League 2)

Plutôt que de multiplier les combats, les scénaristes mettent l’accent sur les relations entre nos deux protagonistes à la manière des « buddy-movie » des années ’80 : alors que tout les oppose au départ, Simon et Jessica ne tardent pas à devenir copains comme cochons. L’intrigue se base donc sur leurs échanges verbaux et sur les problèmes qu’ils rencontrent dans leur vie quotidienne : Baz se méfie des autorités après avoir été accusé de terrorisme et Cruz souffre d’une agoraphobie maladive qui contrarie forcément ses missions de Lantern. Le tout est saupoudré d’une pointe d’humour qui rend l’ensemble sympathique et agréable à lire.

Cependant, avouons-le, tout cela n’est pas franchement original et la possession de nombreux terriens par la haine des Red Lantern constitue un fil conducteur aussi éprouvé qu’éculé. Les deux protagonistes, voulus « modernes et réalistes » par DC n’en sont pas moins assez caricaturaux et manquent de développement pour devenir attachants, aucun risque qu’ils ne marchent sur les platebandes de Jordan ou Gardner dans le cœur du public.

Mais, dans l’ensemble, on passe un bon moment avec ce duo de Green Lanterns mal assortis. Les dessins sont satisfaisants (sans être extraordinaires, le problème étant – comme souvent – la multiplication des artistes variablement doués et cohérents) et l’intrigue bien construite (sans se montrer transcendante). Bref, cet arc se révèle, au final, une lecture plaisante quoique nous restons loin d’un titre inoubliable. Cette introduction s’avère néanmoins suffisamment intéressante et intrigante pour donner envie de découvrir la suite des aventures de Baz & Cruz qu’Urban publiera dans sa collection « Récit complet Justice League ». Avouons également que le rapport qualité / prix s’avère intéressant, ce qui fait indéniablement pencher la balance pour les amateurs d’anneaux verts.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #science-fiction, #Comic Book, #DC, #Superhéros, #Green Lantern

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Publié le 5 Décembre 2017

THE SIXTH GUN TOME 1: DE MES DOIGTS MORTS de Cullen Bunn et Brian Hurtt
THE SIXTH GUN TOME 1: DE MES DOIGTS MORTS de Cullen Bunn et Brian Hurtt

Récit en 50 épisodes, THE SIXTH GUN se déroule dans un univers « western » fantastique, dans une réalité alternative située peu après la fin de la Guerre de Sécession. Un pistolero, Drake Sinclair, cherche à rassembler six révolvers aux pouvoirs magiques. Ces armes ont existés de tout temps, quoique sous des formes différentes. Elles exercent un attrait irrépressible sur le Général Hume, un militaire zombifié qui a légué quatre des armes à ses « cavaliers de l’apocalypse », et son épouse, laquelle possède l’un des six révolvers, celui qui confère l’immortalité.

Drake porte secours à une jeune femme, Betty Montcrief, en possession de la sixième arme, hérité de son père adoptif, un pasteur récemment abattu par les hommes de Hume. Le révolver de Betty lui permet d’entrevoir l’avenir et la jeune femme décide de se rendre vers un fort mystérieux surnommé le Maw. Accompagnée par Drake et quelques autres, Betty y apprend la véritable nature des six révolvers.

THE SIXTH GUN TOME 1: DE MES DOIGTS MORTS de Cullen Bunn et Brian Hurtt

THE SIXTH GUN constitue une excellente bande dessinée qui mélange adroitement western, fantasy et horreur en assumant complètement ses côtés « pulp ».  Nous sommes dans un univers riche, avec comme fil conducteur la quête de six artefacts maléfiques aux pouvoirs redoutables (ramener les morts à la vie, cracher une maladie mortelle, tirer avec la puissance d’un canon, etc.) et des personnages intéressants. La troupe disparate est menée par Drake Sinclair : ambigu, comme tout bon pistolero de l’Ouest, cet anti-héros en quête d’argent ou de rédemption (la suite nous éclairera sur ses motivations) appartenait jadis à la bande de Hume. Au terme de divers péripéties, le rapport de force s’inverse et Drake entre en possession de quatre des six révolvers bien qu’il n’ait guère envie de s’encombrer d’un tel fardeau. Betty, elle non plus, ne se montre pas enchantée à l’idée de garder son arme. Toutefois, tel Frodon et son Anneau, la jeune femme devra le garder hors de portée des forces ténébreuses qui souhaitent s’en emparer.

THE SIXTH GUN TOME 1: DE MES DOIGTS MORTS de Cullen Bunn et Brian Hurtt

Le récit est alerte, fort rythmé, et ne perd pas de temps en route : plutôt qu’une longue présentation, l’auteur nous plonge directement au cœur de l’action . Il parsème l’intrigue de flashbacks ou d’explications, toujours brèves, qui ne ralentissent pas le déroulement de l’histoire mais approfondissent les relations entre les différents personnages. Quoique de nombreuses questions restent sans réponses, le récit se termine sur une conclusion provisoire mais satisfaisante qui boucle efficacement ce premier arc narratif de qualité.  

Le dessin, pour sa part, se montre classique, efficacement classique même, proche de l’école européenne dans le découpage, assez sobre, et la caractérisation des personnages, bien typés.

Une bande dessinée enthousiasmante qui supporte très bien la relecture. Hautement conseillé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Aventures, #Comic Book, #Horreur, #Western

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Publié le 24 Novembre 2017

GARTH ENNIS PRESENTE HELLBLAZER TOME 3 de Garth Ennis et Steve Dillon

Pour le dernier tome du run de Garth Ennis sur le sorcier anglais (qui compile les numéros 72 à 83 et 129 à 133 de la série Hellblazer ainsi que les épisodes Hearthland et Vertigo Winter’s Edge 2) direction les Etas-Unis où John tente d’oublier sa récente rupture avec Kit.

Ce premier arc, « les flammes du châtiment » confronte John Constantine, piégé par le sorcier Midnite, à un Kennedy zombifié se baladant avec la moitié de son crane éclaté. On comprend difficilement où Ennis veut en venir, du moins au point de vue narratif, puisque cette histoire très bizarre semble un prétexte à une critique des Etats-Unis, un mélange d’humour absurde, de contestations, de considérations politiques et d’horreur sanguinolente. Ce n’est pas déplaisant mais, honnêtement, ce n’est pas franchement transcendant non plus.

Le second arc démontre davantage d’attention envers l’intrigue même si l’ensemble (« Gratter aux portes de l’enfer ») reste toujours un brin bordélique. On y retrouve un Constantine essayant d’aider une de ses amies devenue prostituée et droguée, des affrontements divers qui tournent à la guéguerre ethnique entre racailles et flics aux méthodes expéditives sous l’œil de Satan. Encore une fois, le récit se lit sans déplaisir mais manque d’un petit quelque chose pour devenir une vraie réussite. La vision d’Ennis reste assez manichéenne, tant en ce qui concerne la critique sociale que la politique et la religion, peut-être pour rappeler les origines « punk » d’un Constantine quelque peu sous employé.

« Heartland » est un autre récit dans lequel l’intrigue passe au second plan, Ennis se focalisant sur l’existence de Kit à Belfast. On y retrouve les mêmes critiques socio-politiques mais avec cette fois plus de nuances et un côté minimaliste (à savoir que le scénariste s’intéresse à la vie quotidienne de quelques individus « ordinaires ») appréciable. Pas mal.

GARTH ENNIS PRESENTE HELLBLAZER TOME 3 de Garth Ennis et Steve Dillon

Jusque-là, ce troisième recueil s’avérait un peu décevant et, en tout cas, en deçà des deux précédents (où, malgré leur bonne tenue générale on trouvait déjà à boire et à manger) mais, heureusement, « Le fils de l’Homme » remonte grandement le niveau et se révèle un véritable incontournable de Constantine. On y trouve tout ce qui fait le charme du personnage : sa misanthropie (il n’aime pas les hommes et encore moins les bébés), sa causticité, sa manière de se débrouiller pour échapper au pire en recourant aux manigances les plus inconscientes. L’histoire, cette fois, est parfaitement maitrisée et adroitement racontée via des flashbacks qui montrent les liens entre Constantine et un chef mafieux, Harry Cooper, dont il a ramené le fils à la vie…A moins que le corps du gamin ne soit à présent habité par l’antéchrist ?

Un récit efficace, sanglant, délirant (une incantation ratée ramène à la vie un Sid Vicious toujours aussi mauvais bassiste), qui n’hésite pas à verser dans l’outrance avec son démon possédant un zob gigantesque,…bref ce n’est pas toujours très fin ni très intelligent mais « Le fils de l’Homme » combine néanmoins tous les éléments qui font aimer cet escroc de Constantine.

Rien que pour cette troisième histoire ce recueil inégal tant au niveau du scénario que des dessins (mais, sur les 550 pages, le positif l’emporte néanmoins sur le négatif) mérite l’achat.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Comic Book, #Horreur, #DC, #John Constantine Hellblazer

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Publié le 15 Novembre 2017

JUSTICE LEAGUE REBIRTH - TOME 1 de Bryan Hitch, Tony S. Daniel, Jesus Merino

En ce jour où l'attente prend fin pour voir débarquer dans les salles de cinéma la plus célèbre équipe d'encapés de tous les temps penchons nous sur sa version dessinée issue du récent "rebirth" de l'univers DC.

D’emblée, Urban annonce que nous serons « dans la démesure » et « au-delà du spectaculaire » avec cette nouvelle mouture de la célèbre Ligue de Justice. Soit, il faut donc se résigner à ce que le titre « Justice League » ne propose plus que de la destruction massive à répétition. Après tout, si c’est bien fait, pourquoi pas ? Or, ce n’est pas vraiment le cas…

Le problème principal de la série réside dans son aspect réchauffé : une menace extraterrestre monstrueuse, des destructions colossales, les membres de la ligue qui agissent – du mieux qu’ils peuvent – en solo avant de se rassembler pour faire front commun, etc.

Du déjà lu et relu, tout comme l’intervention du « nouveau » Superman et la méfiance de Batman à son égard. On a l’impression de lire une version remaniée des premières aventures de la renaissance datant d’il y a (seulement !) six ans. Nous avons droit évidement à de nouveaux ennemis, les Semblables, qui dérobent les pouvoirs des héros et provoquent des séismes et autres tsunamis. Tout cela cause vraisemblablement des millions de morts mais, rassurez-vous, à la fin du récit la vie continue comme si de rien n’était.
 

JUSTICE LEAGUE REBIRTH - TOME 1 de Bryan Hitch, Tony S. Daniel, Jesus Merino

Tout cela sent la fainéantise assumée, que ce soit au niveau du scénario (plus convenu tu meurs !), de sa résolution bâclée (parce que les vilains ont beau sembler hyper puissant au sixième épisode ils doivent perdre en deux temps trois mouvements), de ses dialogues bien pauvres, de son humour plaqué de ci de là pour rendre l’ensemble plus digeste.

Est-ce à dire que ce rebirth de la Justice League est totalement mauvais ? Non, pas vraiment. Les dessins se situent dans une bonne moyenne et l’action frénétique rend le tout aussi insignifiant que vaguement divertissement à condition de revoir son ambition à la baisse et de ne rien attendre de plus de cette équipe emblématique qu’une suite de combats dantesques.

Au final, le lecteur se retrouve avec l’équivalent dessiné d’un « Transformers » ou d’une autre super production de ce type : ça se laisse regarder (ou lire), ce n’est pas désagréable sur le moment mais, en y repensant, on se dit que tout cela vole quand même plus bas qu’un Superman fatigué.

Nous sommes donc loin d’un indispensable pour cette livraison aux enjeux inversement proportionnels aux destructions causées par les envahisseurs. A lire et à oublier.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #science-fiction, #Fantastique, #Comic Book, #DC, #Batman

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