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Publié le 6 Octobre 2017

LA TOUR DE FRANKENSTEIN de Jean-Claude Carrière

Ecrivain, scénariste, acteur, metteur en scène et homme de théâtre plusieurs fois nominé à l’Oscar ou au César, Jean-Claude Carrière (né en 1931) s’est également frotté au cinéma bis et à la littérature populaire. Il rédigea ainsi « Le diabolique Docteur Z » et « Cartes sur table » pour Jésus Franco et fit ses premières armes de littérateur en signant, sous le pseudonyme collectif de Benoit Becker, six suites au classique de Mary Shelley.

Originellement publiés à la fin des années ’50 et devenus introuvables, ces bouquins, considérés comme des fleurons de la mythique collection « Angoisse » furent réédités en deux volumes, agrémentés d’une préface et d’une postface explicatives, au Fleuve Noir en 1995.

LA TOUR DE FRANKENSTEIN débute en 1875. Une jeune étudiante en médecine, Helen Coostle, revient passer ses vacances auprès de sa grand-mère dans le petit village irlandais de Kanderley. L’ambiance est pesante dans la région : plusieurs personnes ont en effet été assassinées par une main inconnue. De plus, Helen découvre l’existence d’une tour, réputée hantée, non loin de chez elle. Là vit le vieux Blessed, lequel a jadis connu le docteur Frankenstein au point de lui consacrer un petit musée rempli d’objets hétéroclites. Bien évidemment, Blessed lui dévoile la fameuse Créature, endormie (morte ?) dans son sarcophage. Une Créature qui, bientôt, revient à la vie pour roder dans les campagnes environnantes.

Voici donc un hommage en six volumes au célèbre mythe créé par Mary Shelley. Peut-être pour souligner la rareté d’un récit horrifique écrit par une femme (du moins à l’époque), l’écrivain donne, dans ce premier tome, la vedette à une jeune femme qui de destine à des études de médecine. Elle croise la route du Monstre pour une intrigue quelque peu linéaire, voire prévisible, mais qui ressuscite avec un certain bonheur le fantastique rétro et l’épouvante gothique.

Contemporain de la remise au goût du jour du mythe de Frankenstein par Terence Fisher et la Hammer Films, ces romans se réfèrent cependant bien davantage aux classiques de la Universal. La réédition arbore d’ailleurs le faciès caractéristique de Boris Karloff.

LA TOUR DE FRANKENSTEIN pourra donc sembler aujourd’hui quelque peu anachronique (le roman l’était même probablement déjà à l’époque de sa sortie) mais il dégage justement un charme suranné fort appréciable qui en rend la lecture agréable. De quoi donner envie de poursuivre la saga…

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Collection Angoisse Fleuve Noir

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Publié le 28 Juin 2017

LE REFLUX DE LA NUIT de Jean-Pierre Andrevon

D’abord publié aux éditions Fleuve Noir (collection Angoisse) sous le pseudonyme d’Alfonse Brutsche puis réédité plusieurs fois sous le nom de Jean-Pierre Andrevon, LE REFLUX DE LA NUIT constitue un pur roman fantastique et d’épouvante sur le thème, à présent, balisé des morts-vivants. L’approche choisie ici demeure toutefois très différente des récits actuels puisque l’auteur opte pour l’intimiste avec une intrusion, lente et progressive, du surnaturel dans le quotidien banal de son principal protagoniste, Pierre Merlin. Veuf depuis un an, Merlin a perdu tout goût de communiquer avec ses semblables et préfère se rendre régulièrement au cimetière pour y dialoguer avec son épouse décédée. Un jour, Merlin rencontre un personnage étrange, sorte de magicien qui lui promet de ramener la morte à la vie. La suite, quelque peu prévisible, n’en est pas moins intéressante et mise sur une ambiance pesante d’épouvante à l’ancienne assortie de quelques clins d’œil (dont une référence lovecraftienne évidente avec la rue Auguste Derleth).

La progression du récit et la reconstitution d’une famille forcément dysfonctionnelle anticipe sur le SIMETIERRE de Stephen King mais, malgré un format restreint (180 pages), le livre parait parfois tirer quelque peu à la ligne lorsque le romancier délaie l’intrigue dans les considérations de son « héros ». La seconde partie du livre trahit d’ailleurs une accentuation de cet essoufflement par la linéarité de ce scénario dans lequel les rebondissements et surprises sont rares. Heureusement, l’ambiance lourde est bien rendue, tout comme la solitude de ce veuf confronté au surnaturel, ce qui évite de s’ennuyer jusqu’à la conclusion forcément dépourvue de happy end.

Une version plus courte, façon longue nouvelle, aurait peut-être davantage convenu à ce roman, ce que confirme une « chute » macabre attendue mais efficace. Toutefois, LE REFLUX DE LA NUIT reste une lecture agréable pour les amateurs d’un fantastique horrifique feutré comme la collection « Angoisse » nous en proposait jadis de nombreux exemples.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Fantastique, #Horreur, #Collection Angoisse Fleuve Noir

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