aventures

Publié le 19 Novembre 2020

SOUL BREAKERS de Christophe Lambert

Petit pavé (près de 600 pages !) qui se lit pourtant avec facilité tant le récit se montre fluide et bien mené, SOUL BREAKERS constitue une belle fresque historique teintée de fantastique. Les prémices font penser à LA FOIRE DES TENEBRES de Bradbury, le déroulé à TALISMAN du King mais SOUL BREAKERS trouve très vite son identité et prouve, à ceux qui en doutait, que la littérature « jeunesse » n’a plus rien à envier, en terme de qualités et d’ambitions, aux bouquins « adultes ».  

Le livre se situe en 1936, en pleine Grande Dépression, alors que de nombreux Américains sombrent dans la pauvreté et n’ont d’autre choix que de se déplacer sur les routes. Teddy, adolescent de 15 ans en route pour la Californie, voyage avec son père et sa sœur Amy ; or, en Arizona, les deux jeunes gens assistent à un spectacle donné par une troupe de forains menée par Sirius. Peu après, Amy tombe gravement malade. Pour Teddy, la seule explication est que Sirius a volé l’âme de l’enfant. Il décide de se lancer à la poursuite des saltimbanques pour inverser le sortilège.

Christophe Lambert nous offre une grande fresque, prenante et originale, qui nous permet de revisiter une période difficile : exploitation des mineurs, répression dans la violence, augmentation de la criminalité, misère, guerre mondiale à venir, détour par un hôpital psychiatrique avec thérapie aux électrochoc, ou dans un abattoir…L’écrivain ne ménage pas son lecteur, même si le roman peut être catalogué « young adult » : il ne lui épargne pas les difficultés de la vie, la mort omniprésente, les déceptions, les sentiments contrariés, les amours naissantes et les chagrins,…Nous sommes loin de Tintin ou de Bob Morane qui s’en sortaient sans une égratignure, asexués et toujours triomphant (sans jugement de valeur mais les temps ont changé !). Les personnages sont nombreux (le jeune Teddy, le fantasque apprenti écrivain Duca, le « Chef » indien, la jeune muette,…) et toujours bien campés avec des traits bien dessinés et des répliques bien senties, mention spéciale au Shérif un brin rentre-dedans tout droit sorti d’un film grindhouse / redneck.

Le style, lui, est toujours maitrisé et le vocabulaire bien choisi pour être compréhensible par un public adolescent sans sombrer dans la platitude ou la facilité. Un exercice difficile mais que Lambert maitrise depuis longtemps, ce qui rend ce grand « road-movie » américain aussi plaisant pour les adultes que pour les plus jeunes. Tout le fond historique et social s’avère, comme toujours, bien rendu et après quelques belles réussites situées durant la Seconde Guerre Mondiale comme LA BRECHE ou LE COMMANDO DES IMMORTELS, le romancier s’intéresse ici à la période immédiatement antérieure.

Fresque épique, fantasy historique et drame fantastique font ainsi bon ménage pour offrir au lecteur un vrai plaisir. Un des (nombreux !) sommets de l’auteur, à déguster sans modération.

 

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Christophe Lambert, #Fantastique, #Fantasy, #Historique, #Jeunesse

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Publié le 9 Octobre 2020

PIERRE SACREE de Craig Dirgo & Clive Cussler

Craig Dirgo a lancé, avec BOUDDHA, la saga « Oregon » en collaboration avec Clive Cussler (dont l’implication réelle dans les livres « coécrits » avec d’autres n’est pas claire). Cette série de techno thrillers maritimes constitue un spin-off de la série phare de Cussler consacrée à Dirk Pitt. Les principes sont d’ailleurs communs : on débute par un prologue historique puis on se recentre sur une énigme / aventure avec, ici, pour principal protagoniste Juan Cabrillo, capitaine d’un navire de combat ultra moderne, l’Orégon, déguisé en vieux cargo décati, et membre d’une Corporation de mercenaires défenseurs de la liberté et du mode de vie occidental. Comme toujours Clive Cussler en personne effectue un « caméo dans son propre rôle » mais cette apparition reste anecdotique, à croire que Dirgo souhaitait cocher chaque « case » du parfait petit roman estampillé « Cussler ».

L’intrigue de ce deuxième volet des « Oregon » se montre inutilement compliquée sur des prémices simples : la découverte d’une météorite renfermant un virus potentiellement mortel qui pourrait servir à fabriquer une bombe sale. D’un côté des terroristes islamistes veulent atomiser Londres durant un concert d’Elton John, de l’autre le père d’un soldat mort au Moyen-Orient aimerait pulvériser la Mecque durant le pèlerinage annuel. A Juan et sa bande d’empêcher les destructions massives, ce qui nous donne une loooooooooongue (double !) course poursuite pour neutraliser les deux menaces.

Apparemment tout cela n’est pas très complexe (depuis OPERATION TONNERRE le principe n’a pas fondamentalement changé) mais Dirgo souhaite manifestement épaissir son bouquin pour atteindre les 500 pages qui semblent la norme des techno thrillers actuels. D’où une profusion de personnages (une cinquantaine), une multiplication des descriptions, des sous-intrigues et de nombreux voyages pour dépayser le lecteur toujours dans cette ambiance entre James Bond, Tom Clancy et Indiana Jones.

Résultat des courses, en dépit d’une multitude de chapitres courts se terminant régulièrement en cliffhangers et de changements de points de vue incessants (une technique bien rodée des « page turner » à l’américaine), le roman devient rapidement lassant et plus fatigant que passionnant. Régulièrement, l’auteur annonce le destin tragique d’un protagoniste (« il n’allait pas vivre un jour de plus ») mais le suspense ne prend pas, l’action patine et le déroulement du dernier tiers (l’attentat projeté contre la Mecque) ressemble beaucoup trop à l’attentat envisagé à Londres pour ne pas épuiser les plus indulgents.

Après près d’une trentaine de « Cussler », pour la plupart bons voire excellents, PIERRE SACREE constitue une terrible déception : plat, banal, sans intérêt et, pour le dire clairement, mauvais. La « collaboration » entre Cussler et Dirgo en resta là, un signe qui ne trompe pas.

En résumé : non recommandé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Technothriller

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Publié le 3 Septembre 2020

LES MERCENAIRES DE LA COKE de Mike Newton

308ème (!) épisode américain de la saga, LES MERCENAIRES DE LA COKE constitue également le premier volet d’une trilogie (poursuivie en France avec OTAGE DU CARTEL et ULTIME DEFI). Nous y retrouvons forcément Mack Bolan mais aussi son petit frère, Johnny, lequel se balade incognito sous le pseudo de…Johnny Depp. Petite note d’humour dans un récit globalement sérieux qui développe une intrigue complexe et multiplie les « méchants » : mercenaires, rebelles, mafieux,…Un véritable bazar qui débute dans les bayous de Louisiane et prend ensuite son envol dans le reste du monde, Mike Newton prenant le temps d’introduire différentes lignes narratives qui vont pouvoir se développer au fil des pages et maintenir l’intérêt du lecteur tout au long de cette saga. De bonnes intentions mais, en pratique, le résultat demeure mitigé : la multiplication des personnages ne rend pas l’ensemble spécialement passionnant et ce premier tome apparait quelque peu brouillon.

Les scènes d’action, placées à intervalles réguliers, apparaissent comme autant de figures imposées exécutées avec professionnalisme mais sans véritable implication ni surprise. La recette très « pulp » reste donc respectée avec son lot de vilains, ces protagonistes venus des quatre coins de la planète et ses passages d’action brutale sans parvenir à susciter un réel intérêt.

LES MERCENAIRES DE LA COKE se laisse cependant lire sans grande difficulté et reste dans la moyenne de ce genre de roman de gare mais on a connu Newton plus original ou inspiré (par exemple dans son très réussi SANGLANT ELDORADO) pour ressortir réellement satisfait de cette aventure routinière. Le final donne modérément envie de poursuivre la lecture de la trilogie mais, dans le doute, mieux vaut sans doute choisir un autre des innombrables bouquins consacrés à l’Exécuteur…

LES MERCENAIRES DE LA COKE de Mike Newton

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Exécuteur, #Roman de gare

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Publié le 17 Août 2020

LA MER SILENCIEUSE de Jack Du Brul & Clive Cussler

Jack Du Brul est un auteur américain de techno-thrillers né en 1968 créateur du personnage de Philip Mercer, héros de huit romans parus entre 1998 et 2015. En 2005, Du Brul prend la suite de Craig Dirgo pour écrire en collaboration (hum !) avec Clive Cussler, les dossiers de l’Oregon. Il commence son « run » sur la série avec QUAR MORTEL et le termine huit ans plus tard avec MIRAGE.

Septième roman de la saga, LA MER SILENCIEUSE s’avère totalement classique et bien dans la manière des romans de Cussler : un thriller maritime qui mêle action, aventure, un brin d’anticipation technologique, une solide dose de politique fiction et une pointe d’histoire puisque, comme tous les « Cussler », le bouquin débute par un prologue historique. Ici, l’exploration d’une île menée par cinq frères juste avant l’attaque contre Pearl Harbour. LA MER SILENCIEUSE effectue alors un bon temporel d’une soixantaine d’années pour suivre les efforts de Juan Cabrillo, capitaine du navire suréquipé Oregon, afin de récupérer un satellite qui s’est écrasé en Argentine. Les membres de l’Oregon vont ainsi se retrouver au cœur d’intrigues politiques avec une menace de guerre de l’Argentine appuyée par la Chine qui décide carrément d’annexer l’Antarctique. Les différents intervenants tentent également de mettre la main sur l’épave d’un navire chinois  prétendument maudit, La mer silencieuse.

Toujours inspiré par les grands héros de l’aventure (on le répète à chaque chronique d’un Cussler mais ces différents héros, que ce soit Cabrillo ou Dirk Pitt, sont incontestablement les héritiers de James Bond et d’Indiana Jones avec un soupçon de Tintin et de Bob Morane), LA MER SILENCIEUSE trahit néanmoins le prédominance de Du Brul sur Cussler : ici beaucoup moins de mystère et de notes historiques, l’essentiel du roman se contente de décrire une course poursuite entre diverses factions antagonistes. Le roman constitue donc un concentré d’action avec son quota obligatoire de poursuites, fusillades, bagarres, etc. L’écriture, pour sa part, parait aussi un peu plus simple et plus « pulp » que les « véritables » Cussler (il est évident que l’auteur n’est, ici, qu’un superviseur voire un prête-nom !) mais Du Brul utilise, lui aussi, tous les trucs habituels du « page turner » à l’américain : chapitres très courts, dialogues nombreux, multiplication des points de vue pour maintenir le suspense et cliffhangers nombreux afin de relancer l’intérêt.

Si le scénario n’est pas très original ni novateur et si le roman manque un peu de scènes « bigger than life » (que l’on trouvait, par exemple, dans SAHARA, ONDE DE CHOC ou RAZ DE MAREE) ou d’un authentique sense of wonder (difficile de passer après RENFLOUEZ LE TITANIC ou ATLANTIDE en terme de dépaysement), LA MER SILENCIEUSE demeure un très plaisant divertissement qui saura contenter les fans de techno-thriller maritime.  

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Technothriller

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Publié le 9 Juillet 2020

AETERNIA, TOME 1 : LA MARCHE DU PROPHÈTE de Gabriel Katz

Démarrant très classiquement, ce roman nous présente un champion des arènes désireux de partir à la retraite pour gouter à la vie de famille. Leth Marek quitte donc Morgoth, ville « barbare », pour la cultivée cité de Kyrenia, siège du culte de la Grande Déesse et de son temple. Seulement voilà, sa famille et ses amis vont être massacrés sur la route et Marek va devoir à nouveau se servir de son immense hache. Dans le même temps, Varian, jeune candidat à la prêtrise encore naïf et bercé d’illusions, va se trouver au cœur des machinations politico-religieuses de la grande ville…et en tirer partie pour tenter de s’octroyer le pouvoir suprême.  

Avec AETERNIA nous naviguons dans une fantasy épique et quelque peu « grim » portée sur les épaules musclées d’un valeureux guerrier qui sent pourtant l’âge commencer à faire son œuvre. Bref, nous sommes sur les terres de DRUSS LA LEGENDE et autre combattant légendaire. On retrouve d’ailleurs certaines des qualités du regretté Gemmell (ceux qui n’aiment pas ce style peuvent donc passer leur tour) avec des personnages bien campés, à la fois « bigger than life » et finalement très humains, des dialogues qui sonnent justes dans leur simplicité imprégnés d’un bon sens pertinent (une sorte de philosophie de la vie à destination des non-philosophes), une histoire classique mais qui offre quelques développements intéressants, un rythme soutenu, un monde proche du notre dans lequel on s’enfonce facilement, plusieurs retournements de situation et une révélation finale surprenante qui reprend les principes du cliffhanger en attendant le deuxième volume. Et, comme pour Gemmell, un style simple mais efficace, adapté à un récit destiné aux grands adolescents (et aussi aux plus âgés !) qui ne s’offusquent pas d’une certaine dose de cruautés et de violences.

Les aspects fantasy les plus classiques (magie et créatures surnaturelles) s’avèrent absents et AETERNIA élabore, par conséquent, un univers nettement plus proche du nôtre : excepté les lieux, il s’agit quasiment d’un roman historique, d’autant que le monde décrit reste assez proche de la fin de l’Empire Romain. L’originalité vient donc des luttes entre deux religions antagonistes dont les adeptes, comme toujours, semblent persuadés de détenir l’unique vérité. D’un côté la Grande Déesse, de l’autre Ochin. Au milieu, beaucoup de victimes innocentes, d’hérétiques et d’exaltés, les deux camps comptant davantage d’intégristes que de modérés. Pas de bons, pas de mauvais, les deux ne valent pas grand-chose et n’hésitent pas à recourir à la manipulation pour s’imposer. Et même les jeunes prêtres idéalistes abandonnent rapidement leurs illusions. De leur côté, Leth Marek et son pote surnommé Le Danseur, autre guerrier d’élite, vont se retrouver au centre de ces coups politiques tordus et devoir manier la hache pour s’en sortir indemnes.

En résumé, ce premier tome d’AETERNIA s’avère très plaisant et fort bien mené. Sa conclusion surprenante invite, pour sa part, le lecteur à poursuivre l’aventure avec le second et dernier tome. Une jolie petite réussite pour un auteur déjà confirmé de la Fantasy francophone.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy

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Publié le 7 Juillet 2020

JACK REACHER: ELLE SAVAIT de Lee Child

Treizième aventure de l’infatigable Jack Reacher qui se retrouve, cette fois, au cœur d’une intrigue mêlant mystère, thriller et espionnage. Dans une rame de métro, notre ancien militaire repère une jeune femme dont le comportement laisse supposer, selon les manuels du Mossad, qu’elle désire commettre un attentat suicide. Reacher tente de la calmer mais la femme se suicide d’une balle dans la tête et voici notre héros entrainé dans un vaste complot d’état. Chacun cherche à savoir ce que la victime a bien pu confier à Reacher vu « qu’elle savait » bien des choses pouvant potentiellement menacer la sécurité des Etats-Unis. Problème, elle n’a rien dit à Reacher qui va devoir évoluer à l’aveugle…

Personnage intéressant, ancien soldat devenu une sorte de SDF justicier évoluant dans les combines politiques américaine, Jack Reacher est une homme d’une autre époque, incapable de se servir d’un ordinateur et dépourvu de téléphone portable. Heureusement, il dispose de capacité de déductions affutées et d’un physique de bagarreur de rue qui lui permet de balader sans (trop de) risques dans les quartiers les plus malfamés. Il a aussi le chic de se mêler de ce qui ne le regarde pas. Et de s’attirer des ennuis.

ELLE SAVAIT (comme les autres Jack Reacher) fonctionne sur les principes bien rodés du « page turner » à l’américaine avec ses chapitres courts, ses rebondissements nombreux, ses dialogues qui s’enchaînent et son rythme enlevé. Le lecteur aime, par conséquent, avancer dans le récit pour en démêler les fils quitte à s’y perdre tant les personnages sont nombreux, sans oublier les agences gouvernementales plus ou moins clandestines qui se livrent à une véritable guerre secrète. Au programme on trouve CIA, FBI, Delta Force, Ousama Ben Ladden, Russes, Afghans, Américains,…La totale du roman d’action paranoïaque post-11 septembre.

Cependant, le roman souffre aussi de longueurs car l’auteur aime multiplier les descriptions (armes, lieux,…) pas toujours nécessaires. De même les manipulations politiques peuvent finir par lasser, le bouquin semblant parfois trop épais (près de 550 pages) et une version élaguée d’une bonne centaine de pages aurait probablement été plus efficace et percutante. Au final on se retrouve avec un plaisant mélange d’espionnage, de polar, de mystère, d’action et de thriller politique, le tout mené par un héros solitaire séduisant et burné. Le tout n’est pas si éloigné d’un bouquin de gare des années ’80 façon SAS ou Exécuteur…excepté que le tout est deux fois plus long. On en ressort donc quelque peu mitigé quoique l’ensemble s’avère relativement divertissant. Mais nous sommes largement en deçà d’UN VISITEUR POUR OPHELIE du même Lee Child.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Espionnage, #Polar, #Thriller

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Publié le 30 Juin 2020

DON - CHROMOSOME Y de Jacques Colombo (Henri Vernes)

Avec son méchant Molok, cette aventure de Don se rapproche évidemment des récits de Bob Morane mettant en scène l’Ombre Jaune. Sauf que le ton, ici, se veut différent : nous sommes dans la littérature de gare « pour adultes » avec tout ce que le genre implique de sexe et de violences gratuites. Délaissant son pseudonyme le plus célèbre d’Henri Vernes, notre bon Charles-Henri Dewisme se dissimule, ici, sous l’identité de Jacques Colombo pour goûter aux plaisirs simples des halls de gare des années 80, époque où fleurissaient les collections dédiées à des héros comme SAS, l’Exécuteur, l’Implacable et d’autres aujourd’hui plus oubliés comme PDG, TNT, le Mercenaire, etc. Effectuant une pause dans sa saga des Bob Morane (entre 1982 et 1988), notre auteur se reconvertit dans le polar d’espionnage assorti d’éléments fantastique et science-fictionnel. Bref, des intrigues pas franchement différentes de celles de Bob Morane mais un personnage qui en est l’antithèse (macho, brutal, violent et tueur sans pitié), de nombreuses scènes érotiques et pas mal de violences bien saignantes. On retrouve cependant quelques tics de l’écrivain, comme sa manière de qualifier les jeunes femmes de « petites filles ». Par la suite, histoire de boucler la boucle, Henri Vernes recyclera d’ailleurs ce CHROMOSOME Y en « Bob » avec LA BETE A SIX DOIGTS. Rien ne se perd, rien ne se crée.

Quoiqu’il en soit, DON promettait du Danger, de l’érOtisme, de la violeNce. La recette a été appliquée durant 11 bouquins aux couvertures tapageuses elles-aussi typiques de ces belles années ’80. Dans CHROMOSOME Y, le lecteur suivra donc les aventures d’un aventurier surnommé Don (car il est le petit-fils d’un parrain de la Mafia), cette fois aux prises avec le criminel Molok dont la dernière invention agit sur les personnes ayant un chromosome Y surnuméraire (les poussant au crime) et les transforme en maniaque assassin.

Lire Don, c’est, un peu comme pour Bob Morane, effectuer un petit voyage nostalgique pour ceux qui se désolent de ne plus trouver leur livraison mensuelle d’Exécuteur ou de SAS. Comme disait l’autre, la littérature de gare n’existe plus : les voyages durent 3 heures maximum et on s’occupe plus souvent avec une tablette qu’avec un roman. En plus lire aujourd’hui en public ce genre de bouquin bariolé exhibant sur la couverture des mannequins les nichons à l’air ferait vite mauvais genre. Tant pis. En attendant on peut encore ouvrir un plaisant CHROMOSOME Y pour s’offrir 3 heures de détente sympathique et sans prise de tête. On est loin du chef d’œuvre (ça n’en a jamais eu la prétention) mais on en a pour son argent et c’est bien là l’essentiel.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Erotique, #Espionnage, #Polar, #Roman de gare

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Publié le 23 Juin 2020

DOC SAVAGE: L'OASIS PERDUE de Kenneth Robeson (Lester Dent)

Sixième roman de la grande saga de Doc Savage, L’OASiS PERDUE se montre particulièrement efficace et distrayant.

Ecrit en 1933, il combine tous les ingrédients nécessaires à un bon « pulp » : de méchants criminels ayant réduits quelques infortunés en esclavage pour exploiter une mine de diamants, des dirigeables, des chauve-souris vampires géantes aux dents empoisonnées (!) utilisées comme instruments de mort, une expédition dans la jungle, des plantes carnivores,… Les recettes sont typiques de l’époque et rappellent également les serials : si un personnage tombe d’un immeuble on apprend deux pages plus tard qu’il s’agissait d’un mannequin hâtivement confectionné (aucune vraisemblance n’étant requise) et si l’hélicoptère des héros est détruit, le chapitre suivant nous révèle qu’ils s’en étaient inexplicablement échappés ! Et, bien sûr, si un compagnon de Doc est empoisonné par les méchants, l’Homme de Bronze analyse immédiatement la substance mortelle et élabore, avec les moyens du bord, un antidote. Plus fort que McGyver, Rambo et James Bond réunis !

Comme toujours, les capacités exceptionnelles de Doc Savage, véritable super-héros invincible et même prototype des « super slip » des comics (d’ailleurs il se balade, dans les premiers chapitres, seulement vêtu d’un slip de bain !) éclipse totalement ses cinq compagnons réduits au rôle de sidekicks humoristiques. Dommage car ces derniers possédaient un réel potentiel. Mais qu’importe, lire ou relire Doc Savage reste l’assurance de deux ou trois heures d’évasion pure dans un mélange totalement invraisemblable mais réjouissant de polar, d’action, d’aventure, de fantastique et de science-fiction. Hautement divertissant !

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Publié le 19 Juin 2020

LA GALERE ENGLOUTIE d'Henri Vernes

La petite introduction de Vernes dans l’Intégrale nous apprend que le bouquin était une « excuse pour parler de plongée sous-marine ». Et, effectivement, le récit se montre fort linéaire après un départ intriguant et réussi : Bob Morane et son ami Frank Reeves, milliardaire américain, se languissent de nouvelles aventures. Reeves va, justement, se porter acquéreur d’un tableau (on apprendra plus tard qu’il se nomme « La belle Africaine ») au cours d’une vente aux enchères. Reeves l’achète pour 5 ou 6 fois sa valeur et, peu après, deux malandrins tentent de le dérober. Bob Morane, intrigué, flaire quelque chose de louche, parle de malédiction, et en fait même exécuter une copie. Quelques jours plus tard, une nouvelle tentative de vol a lieu, cette fois de la part d’un septuagénaire archéologue, le professeur Clairembart (qui deviendra un personnage récurent de la saga). Le vieil homme met les deux amis sur la piste d’un trésor qui reposerait dans une galère engloutie dont l’emplacement reste à découvrir. La course au trésor débute mais, bien sûr, Bob n’est pas le seul à vouloir s’en emparer.

Deuxième aventure pour Bob. Ce-dernier se révèle moins « parfait » qu’il ne le deviendra : il se montre impatient voire colérique, moins sympathique et un peu moins boy scout que par la suite. Mais Bob est déjà – et toujours - avide d’aventures. D’ailleurs notre commandant précise qu’il aime l’aventure pour elle-même, ni pour l’argent ni pour la gloire. Complètement désintéressé, sorte de Tintin toujours prêt à répondre à l’appel du mystère, Bob se rappelle ses exploits durant la seconde guerre mondiale en écrivant le récits de sa précédente expédition. Mais, pour parler clair, l’aventurier s’ennuie. Bob va donc apprendre la plongée pour retrouver le fameux trésor de la « Belle Africaine ». A partir de là, le roman se montre moins intéressant : toute la partie consacrée à l’apprentissage de la plongée, certes didactique et instructif, manque de souffle. Les péripéties sont également attendues : rencontre avec une raie, un requin, une pieuvre, des plongeurs mal intentionnés, capture par des « pirates / pilleurs de tombe ». Pas vraiment de surprise, plutôt lé déroulé classique des conventions et clichés de l’aventure maritime. Le bouquin aurait mérité davantage de développements, d’ailleurs Bob se lamente à la fin que « l’aventure ait été si courte », pour ne pas dire si facile.

La recette des « Bob », à cette époque, était en effet celle de la pure aventure destinée aux adolescents avec, en supplément, une certaine envie pédagogique typique de Marabout : on divertissait les jeunes tout en les instruisant sur la plongée, l’archéologie, l’histoire,…Ce qui inclut les notes supplémentaires placées à la fin des romans. Bref, les premiers « Bob Morane » ne possèdent pas encore le côté plus délirant des suivants qui incluront fréquemment des éléments science-fictionnels ou fantastiques plus typiquement « pulp » (voyages dans le temps, inventions étranges, savants fous,…). Des romans qui, aujourd’hui, apparaissent sans doute plus inventifs et attrayants aux lecteurs modernes.

LA GALERE ENGLOUTIE reste cependant un livre plaisant et distrayant, capable d’occuper avec bonheur deux heures de son temps, et qui, historiquement, s’avère important dans l’évolution du héros. En résumé : un sympathique récit, sans plus ni moins.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Bob Morane

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Publié le 26 Mai 2020

L'EXECUTEUR: UNE INFILTRATION A HAUT RISQUE de Chuck Rogers

Nouvelle aventure de l’Exécuteur Mack Bolan, signée Chuck Rogers, qui voit le Guerrier infiltrer une organisation criminelle aimant, entre autre, torturer ses victimes en les enterrant vivants en compagnie d’une meute d’araignées venimeuses. Bolan combat donc le redoutable Iceman et ses sbires, sortes de version maléfique de lui-même. Dans une des meilleures scènes, Bolan répond même au téléphone à son adversaire durant une fusillade.

A la manière des meilleurs « EXECUTEUR », ce roman trouve le bon équilibre entre une intrigue bien menée et tortueuse, des personnages adroitement campés, des dialogues percutants et une suite de scènes d’action rondement menées agrémentées d’une large rasade de violences sanglantes. Nous ne sommes pas, bien sûr, dans de la grande littérature mais plus simplement dans du bon bouquin populaire aussi efficace à lire qu’un blockbuster d’action à visionner : explosif, divertissant, bien saignant et toujours plaisant. On regrette une conclusion un peu expédiée (le livre aurait sans doute mérité quelques dizaines de pages supplémentaires à la manière des « Super Bolan » plus long que la moyenne) mais UNE INFILTRATION A HAUT RISQUE reste dans le peloton de tête des meilleurs « Bolan ». Hautement distrayant !

L'EXECUTEUR: UNE INFILTRATION A HAUT RISQUE de Chuck Rogers

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Exécuteur, #Gérard de Villiers, #Roman de gare

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