aventures

Publié le 13 Janvier 2022

SHERLOCK HOLMES ET LES MONSTRUOSITES DU MISKATONIC de James Lovegrove

Etonnamment, alors que l’engouement pour Cthulhu n’a jamais été aussi prononcé et que nous mangeons du Sherlock a toutes les sauces depuis plusieurs années, rares sont les auteurs à avoir fusionné ces deux univers. On se souvient de l’excellent nouvelle « Une étude en émeraude » de Neil Gaiman mais peu d’autres si étaient risqués. La rationalité du limier de Baker Street se marie, en apparence, assez mal avec une horreur cosmique qu’on imagine davantage du ressort d’Harry Dickson. Néanmoins, ce deuxième volet d’une trilogie confrontant Holmes et les Grands Anciens se révèle convaincante, respectueuse et bien menée.

Au printemps 1895, Sherlock Holmes et John Watson sont fatigués. Quinze ans de combats contre les Grands Anciens ont laissé des traces : le premier a vieilli prématurément, le second a perdu son épouse. Ils acceptent cependant de traiter le cas d’un homme, amnésique et mutilé, hébergé à l’asile de Bedlam. Il est le seul survivant d’une expédition partie à l’aventure dans l’espoir de capturer un légendaire Shoggoth. Mais Holmes et Watson vont découvrir que les apparences sont parfois trompeuses…

Le roman débute à la manière de Conan Doyle avec une enquête menée par Holmes, toujours aidé de Watson. Ce-dernier prend des notes « pour plus tard » quoique l’équivalent littéraire de Sherlock soit mort, tué avec Moriarty lors du « dernier problème ». Le bon docteur a donc renoncé aux aventures, pourtant lucratives, de sa version « édulcorée » de Holmes, lequel affronte – dans les livres - des criminels ordinaires et non les entités surnaturelles combattues par le « véritable » détective. On le voit, nous sommes en plein pastiche et l’auteur ne se prive pas de quelques clins d’œil comme la présence d’un certain Joshi, bien connu des lecteurs lovecraftiens, ici personnifié en gardien de l’asile Bedlam. Les références et clins d’œil « canoniques » s’avèrent eux aussi nombreux, Watson se démenant pour transformer les rencontres surnaturels en crimes de tous les jours.

La seconde moitié du bouquin tient davantage de Lovecraft et constitue le récit d’une expédition partie à la chasse au Shoggoth. Forcément, puisqu’un des membres de la dite expédition se nomme Whateley, la situation se dégrade rapidement et des expériences pas très catholique de transferts d’identité se produisent à bord du navire.

Dans les derniers chapitres, les deux mythologises se rassemblent : Moriarty, Holmes, les Grands Anciens, les rituels, les possédés,…James Lovegrove connait sa matière et maintient l’intérêt même si le roman se montre plutôt linéaire et, en particuliers durant la partie consacrée à l’expédition scientifique, prévisible. Les connaisseurs de Lovecraft seront donc rarement surpris mais ce n’est qu’un défaut mineur car le roman, bien mené et rythmé, parvient néanmoins a maintenir l’intérêt et le lecteur passe un bon moment. De la bonne littérature d’évasion policière et fantastique.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantastique, #Lovecraft, #Policier, #Sherlock Holmes

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Publié le 11 Janvier 2022

A LA POINTE DE L'EPEE d'Ellen Kushner

Catalogué dans la « Fantasy », ce roman s’ancre surtout dans le domaine du « cape et épée ». Si le cadre relève de l’imaginaire, il pourrait en effet se situer dans une quelconque nation européenne existante. Richard Saint-Vière, un célèbre épéiste, gagne sa vie comme mercenaire : il vend ses talents au plus offrant et se charge de tuer ses adversaires en duel. Cependant, dans cette époque troublée où les intrigues se multiplient entre factions rivales, Richard aura fort affaire pour rester vivant et protéger son compagnon, l’étudiant fauché Alec, toujours prompt à s’attirer des ennuis.

Entre romance (gay), mélodrame, cape et épée, aventure et une touche de fantasy, A LA POINTE DE L’EPEE semble prometteur et les critiques se montrent, dans l’ensemble dithyrambique. Et, en effet, le début captive par une écriture talentueuse, accrocheuse, précise et ciselée. Hélas, il y a un « mais » : le roman, malheureusement, n’est pas exempt de défauts. Or, les critiques laudatives reçues donnent au lecteur des attentes très élevées. Trop sans doute. Car, en premier lieu, l’ensemble parait bien longuet. L’intrigue, minimale, se perd ainsi dans des circonvolutions « politiques » avec des rivalités entre nobles rivaux qui occupent une (trop) large portion des conséquentes 400 pages du bouquin. La relation entre les deux principaux protagonistes est heureusement réussie, vivante et crédible, ce qui permet de maintenir un minimum d’intérêt. Mais le cadre est beaucoup moins intéressant. On apprécie donc la romance développée entre ce maitre d’épée légendaire et ce petit jeune impulsif qui semble attirer les ennuis par son comportement puéril.

Hélas, ça ne suffit pas à passionner sur la (trop longue) distance. Pourquoi d’ailleurs ce choix d’un cadre « fantasy » qui, au final, n’apporte rien ? Quel intérêt à situer son intrigue dans un monde imaginaire si ce-dernier sert simplement de décor sans jamais être réellement exploré. D’ailleurs, A LA POINTE DE L’EPEE ne relève pas de la Fantasy a proprement parlé, le lecteur n’y retrouvant aucune des conventions habituelles. Le roman prend simplement place dans une période post-Moyenâgeuse alternative, une Renaissance différente où s’appliquent des règles complexes d’affrontements organisés sous forme de duels entre champions de l’épée. Mais l’autrice n’approfondit guère cet univers et ne livre que des informations éparses sur le fonctionnement de ces combats. Pourquoi, alors, n’avoir pas opté pour le roman historique pur et dur ? Au moins le lecteur aurait appris sa leçon de manière ludique, à la manière de l’excellent film de Ridley Scott « Les duellistes ».

Apparemment la mention « livre d’Histoire » effraie tandis que l’étiquette Fantasy attire. Ce ne serait pas dramatique si A LA POINTE DE L’EPEE ne manquait cruellement de palpitant. Bref, en dépit de quelques (indéniables) qualité comme la relation entre les deux héros et l’écriture soignée, ce roman (trop) attendu déçoit.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Historique, #LGBT

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Publié le 1 Janvier 2022

OSS 117 EN CONFLIT A BALI de Josette Bruce

Ecrit en 1974, cette énième aventure d’Hubert débute donc Indonésie et propose, dans son premier tiers, un descriptif touristique des quartiers chauds de Djakarta. A la façon du « guide du routard », Josette Bruce nous balade du côté des prostituées, des travestis, des mafieux, des petites frappes, etc. La romancière explique les habitudes culinaires des Indonésiens, propose une promenade touristique dans les lieux réputés et se plie aux conventions du dépaysement à l’ancienne, avant la démocratisation des voyages aériens, lorsque le lecteur devait recourir à ce genre de petit bouquin pour s’offrir sa dose d’exotisme. Puis, l’autrice nous fait rencontrer d’anciens déserteurs de l’armée US qui vivotent sous les tropiques. Tout un côté pittoresque et colonial de bon aloi. Enfin, le récit d’espionnage proprement dit débute et se conforme aux conventions attendues : trahisons, jolies filles, coups de poings et fusillades,… Rien de neuf pour l’infatigable OSS 117.

Difficile dans dire davantage ou de détailler ce roman très conventionnel. Josette Bruce reprend les recettes établies par son défunt mari (Jean Bruce) au fil de dizaines de bouquins quasiment interchangeables mais souvent plaisants. Hubert Bonisseur de la Bath parcourt le monde, chaque pays étant exploré de manière rapide au gré d’histoires très classiques. Les titres, avec leur jeu de mot un peu facile, et les couvertures, avec une demoiselle dénudée, annoncent immédiatement la couleur, nous sommes dans la littérature de gare. Pour le pire mais aussi le meilleur.

Josette, contrairement à son rival Gérard DeVilliers, n’a sans doute jamais mis les pieds dans les contrées décrites. Les cinéphiles convoqueront dès lors, davantage que les récentes adaptations parodiques avec Jean Dujardin, l’univers du « Magnifique » dans lequel Bebel expédie son héros, « pagayant comme un fauve », d’un coin à l’autre d’une terre parcourue par l’écrivain à coup de cartes et de guides touristiques. Mais qu’importe ! Les OSS 117 restent distrayant et ne cherchent pas à concurrencer les intrigues tarabiscotées et la politique fiction de SAS. Nous sommes ici dans « l’espionnite » basique, proche des longs-métrages fauchés qui, à la fin des sixties, cherchaient à rivaliser avec James Bond, les moyens en moins.

Manichéen, vite fait bien fait (dans les limites de ce genre de roman de gare), riche en action, ponctué d’une louche d’érotisme et d’une pincée de violence sadique, OSS 117 donne au lecteur ce qu’il souhaite : de l’évasion facile. EN CONFLIT A BALI reste fidèle à la formule et n’apporte donc aucune surprise, ni bonne ni mauvaise. Parfois, cela suffit pour passer trois heure de lecture tranquille.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Cinéma, #Espionnage, #Roman de gare

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Publié le 23 Décembre 2021

SUR L'EPAULE DU GRAND DRAGON d'Alain Paris

Alan Paris poursuit sa vaste saga de la Terre Creuse avec ce troisième tome toujours aussi réussi. Nous sommes en l’an 802 du Reich, dans l’attente du retour du Premier (autrement dit Adolf) en messie au terme des milles ans prédits. L’intrigue se complexifie encore : Arno Von Hagen, toujours décidé à se venger, est devenu Seigneur des Runes. Une nouvelle mission lui est confiée : récupérer auprès des agents du Vril des cartes du monde. Il part donc à Nuremberg, poursuivi par la police secrète de la Sainte-Vehme. En effets, cette organisation refuse la thèse officielle concernant la mort de Nepomuk (dans le tome précédent) et interroge, à sa manière brutale, quelques individus. Entre également dans la danse le Stern, groupe résistant secret qui combat le Reich depuis des siècles.

Alan Paris poursuit sa vaste fresque dans une Europe uchronique entre médiéval fantastique et steampunk. La Sainte-Vehme, un mouvement extrémiste tient le monde dans sa main de fer, à la manière de l’Inquisition. La Fraternité des Runes se complait dans la guerre, le Vril se compose de pseudo-scientifiques partagés entre sciences exactes et superstitions. Le roman va à l’essentiel en dépit des manigances de nombreuses forces antagonistes. La priorité reste le divertissement et l’auteur ne se perd pas (heureusement !) dans d’interminables description de son « système ». Au lecteur de combler les manques et de reconstituer l’évolution de cet univers ayant dévié de sa route voici huit siècles. Le romancier évoque brièvement la situation du reste du monde, partagé entre divers « empires » mais l’essentiel demeure les rebondissements, l’action, le souffle de la grande aventure avec un sens de l’épique indéniable. Nous sommes à la croisée de bien des genres « populaires » : aventure donc mais aussi cape et épées, fantasy, uchronie, steampunk, science-fiction,…agrémenté d’une bonne dose de roman feuilleton avec toutes les conventions indispensables (cliffhanger, protagonistes qui entrent et sortent de l’histoire pour croiser la route du héros, retournements de situation, poursuites, duels, bagarres, mystère,…). Le vaste tableau d’Alan Paris prend encore davantage d’ampleur et ne laisse jamais au lecteur le temps de souffler. Un bouquin précis, haletant, qui avance rapidement et ne cherche qu’une chose : offrir trois heures d’évasion sans le moindre ennui. Ce que devrait toujours être la littérature. En des temps encombrés de cycles « fantasy » interminables plus soucieux de décrire un château sur un chapitre (ou de préciser la couleur de la culotte de l’héroïne), la concision d’Alan Paris fait un bien fou. Et une fois le tome 3 terminé on n’a qu’une envie : entamer le suivant !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #science-fiction, #Uchronie, #steampunk

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Publié le 1 Décembre 2021

SERPENT de Paul Kemprecos & Clive Cussler

Paul Kemprecos lance, avec SERPENT, une nouvelle série dérivée de l’univers développé par Clive Cussler dans ses romans consacrés à la Numa. Il introduit ici un nouveau héros, Kurt Austin, lequel sauve une archéologue, Nina, attaquée au large du Maroc par de mystérieux individus. Une enquête détermine qu’elle n’est pas la seule membre d’une équipe archéologique à avoir été attaquée après une découverte. Mais quelle découverte est assez dangereuse pour justifier ces attentats ? La réponse ne se trouve-t’elle pas au fond des eaux, dans l’épave du paquebot italien Andrea Doria ?

Né en 1939, Kemprecos écrit des thrillers et des romans d’aventures (la plupart non traduits) depuis le début des années ’90. En 1999 il rédige, sous la houlette bienveillante de Cussler, le premier bouquin des « Dossiers de la Numa ». Kemprecos écrira les huit premiers avant de laisser la place à Graham Brown. Une autre série dérivée, centrée sur Juan Cabrillo et son navire l’Oregon sera lancée début des années 2000.

Kurt Austin n’est guère différent de Dirk Pitt : séducteur, collectionneur d’armes anciennes, courageux et patriote, il vit dans un hangar à bateau et se tient prêt, lorsque le monde est menacé, à partir en guerre contre les génies du mal et autres cinglés mégalomanes. Bref, toujours le même héros inflexible, entre James Bond, Indiana Jones et les super-aventuriers du pulp (Bob Morane et autres). Le principe à l’œuvre dans les « Pitt » se retrouve ici : l’auteur part d’un événement maritime authentique (ici le naufrage de l’Andrea Doria) et brode une intrigue mêlant aventures, techno-thriller et histoire, donnant à son lecteur un paquet d’informations sur les expéditions de Christophe Colomb. Tout comme Dan Brown (ce n’est pas un gros mot !), l’équipe de Cussler interpénètre faits réels, événements historiques, rumeurs et légendes pour aboutir à un bouquin rondement mené qui parvient à remplir à merveille sa mission de divertissement. On regrette toutefois une fin un peu expédiée qui se conforme à tous les clichés du genre (on n’échappe pas au méchant mégalo très satisfait de longuement exposé son plan plutôt que supprimer nos héros) et manque un peu de l’ampleur apocalyptique d’autres « Cussler » comme CYCLOPE ou RAZ DE MAREE.

Alors pour le fan de Cussler, SERPENT peut sembler très classique (son intrigue « bondienne » parait avoir déjà servi pour de nombreux romans de l’auteur) mais les chapitres courts et façonnés sur le mode du page-turner, à la manière des antiques serials (révélations, suspense et cliffhangers de rigueur) rend le tout distrayant. Pas le meilleur livre signé (hum) Cussler mais un bon départ pour les aventures maritimes de Kurt Austin.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Historique, #Technothriller

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Publié le 22 Novembre 2021

OFFSHORE CONNECTION de Gerald Montgomery

402ème roman « Exécuteur » publié, OFFSHORE CONNECTION (n’eut-il pas été plus simple de garder le titre original de « Leviathan » ? ) constitue une agréable diversion des routines de la série. Mack doit, cette fois, intervenir sur un important site de forage pétrolier dans l’Océan Atlantique. La station Cassiopée est même considérée comme un état indépendant hors des juridictions nationales. Or, le pétrole n’y est qu’une couverture : on y trafique également de la drogue et la mafia et la CIA en font un terrain d’affrontements. Mais ce n’est pas tout car, pour ne rien arranger, intervient dans l’équation une bande de cultistes vénérant les étranges calamars géants qui nagent dans ses eaux. Nous voici donc entrainé dans un bouquin particulièrement délirant qui reprend quelques tropes de la saga de Mack Bolan mais les intègrent dans un récit plus vaste et plus original. L’auteur propose ainsi des clins d’œil prononcés à l’aventure façon 20 000 LIEUES SOUS LES MERS ou aux séries de science-fiction rétro comme « Voyage aux fonds des mers ». Bien sûr, la présence de cultistes et de monstres marins, fait immédiatement songer à Lovecraft et OFFSHORE CONNECTION ne se prive pas de plonger dans les territoires des Grands Anciens ou d’orchestrer un combat homérique entre un sous-marin et un gigantesque calamar. Pas spécialement vraisemblable mais qu’importe, l’essentiel reste le plaisir du lecteur !

Atypique et déjanté, OFFSHORE CONNECTION s’éloigne radicalement des conventions habituelles de la saga de Mack Bolan, lequel aurait d’ailleurs pu ne pas être présent. Nous sommes bien davantage dans un mélange de science-fiction, de fantastique référentielle et d’aventures à l’ancienne que dans les classiques guérillas urbaines typiques de nombreux « Exécuteur ». Une certaine idée du roman pulp, certes modernisé, mais qui renvoie davantage aux bouquins style Doc Savage qu’aux productions actuelles des « romans de gare ». Et ce n’est pas plus mal tant tout cela s’avère, dans les limites de ses ambitions, plaisant.

OFFSHORE CONNECTION de Gerald Montgomery

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Publié le 19 Novembre 2021

CAPTAIN AMERICA: LA LEGENDE VIVANTE de John Byrne et Roger Stern

Petit Marvel Pocket pas cher, BLOOD ON THE MOORS a donné en France le plus luxueux LA LEGENDE VIVANTE. Dans les deux cas, le comic rassemble des épisodes qui, à l’époque, célébraient les 40 ans de la Légende Vivante. Nous avons don l’intégralité du court run de John Byrne et Roger Stern sur le personnage et, franchement, c’est une belle surprise. Tous les récits proposés sont intéressants et réussis, fait rare.

La confrontation entre Cap’ et le mercenaire français Batroc, associé au lunatique Mr Hyde, s’avère un grand moment. Pris dans sa folie meurtrière Hyde demande à New York une rançon d’un milliard, faute de quoi il expédiera un pétrolier sur la ville, provoquant une explosion digne d’Hiroshima. Batroc l’aide mais ne peut se résoudre à passer à l’acte une fois la rançon versée, le mercenaire n’agissant que pour l’argent et possédant un curieux sens de l’honneur. Il se retourne donc contre le puissant Hyde et s’associe à Cap’, ponctuant ses phrases d’expressions en français approximatifs, de « sacre bleu ! » à « Nom du chien » en passant par des « voilà » et autre « m’sieur » répété à l’envie. Très fun et cependant mâture dans sa description des états d’âme du mercenaire, lequel montre une complexité morale assez inhabituelle à une époque où le manichéisme dominait encore le comic mainstream ! Les personnages possèdent une réelle épaisseur et les dialogues sont convaincant.

La traque d’un ancien ennemi de Cap’, le Baron Blood, un vampire nazi, possède le côté outrancier et pulp nécessaire à ce genre d’histoire sans sombrer dans le ridicule même lorsque les auteurs convient le très âgé Union Jack, un allié de la Sentinelle de la Liberté durant la Seconde Guerre Mondiale. Le thème de la recherche des origines, la nostalgie, le passé qui s’efface pour tous avec un Cap voyant ses amis d’antan disparaitre alors que lui reste jeune est également abordé, d’autan que le héros retrouve ses souvenirs après une période troublée (faux souvenirs implantés dans la pure tradition des imbroglios du comic).

Autre bon moment, l’épisode qui voit le peuple se masser derrière Cap, espérant le voir se présenter à la présidence. Là encore, c’est plus subtil qu’on ne le pense et plutôt bien écrit, dommage que cette intrigue ne soit pas plus longue, on eut aimé davantage de développements. Mais ne boudons pas notre plaisir pour autant.

L’épisode final se consacre à une nouvelle relecture des origines de Cap pour réactualiser ses premiers pas dans le business super héroïque et sert d’apothéose aux quatre premières décennies d’aventure de la Bannière Etoilée. Un vrai classique du comic book !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Comic Book, #Marvel Comics, #Superhéros, #Captain America

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Publié le 21 Octobre 2021

LE MARAIS AUX SCORPIONS (DEFI FANTASTIQUE) de Steve Jackson et Ian Livingstone

Un Défi Fantastique qui ne manque pas de qualité mais souffre également de défauts. Première qualité : l’originalité du postulat permet, en quelque sorte, de vivre trois aventures en une seule puisque le joueur / lecteur a le choix de se placer au service d’un sorcier bénéfique, maléfique ou « neutre ». La mission à accomplir sera différente, tout comme le degré de difficulté.

Dans les trois cas, l’exploration du marais est plaisante et pas trop répétitive bien qu’il s’agisse essentiellement de se déplacer d’une clairière à une autre. L’auteur conseille de dresser une carte et c’est totalement indispensable pour avoir une chance de se retrouver dans ce véritable labyrinthe où les choix des points cardinaux sont innombrables (vous voulez aller au sud, au nord, à l’ouest ou à l’est ?). Les clairières sont également numérotées, ce qui facilitera l’élaboration du plan. Malgré tout il est hautement probable que le lecteur retourne plusieurs fois au même endroit. Là encore l’auteur a prévu la situation : si on a déjà exploré la clairière nous sommes guidés dans une autre direction. Bien pensé !

Le choix des pierres magiques au début de l’aventure est important mais il ne semble pas y avoir d’objet véritablement indispensables pour réussir le périple.

Parmi les défauts, l’un est lié à l’intrigue, l’autre au mécanisme de jeu. En effet, niveau intrigue nous sommes censés explorer un marais mais en réalité tout ça ressemble surtout à une forêt avec ses sentiers, ses clairières, etc. Niveau ambiance, le bouquin propose donc le minimum syndical. Au niveau du mécanisme de jeu le défaut principal reste l’obligation, une fois la mission accomplie, de reparcourir le marais en retraversant beaucoup d’endroits déjà visités et donc vide. De plus, les choix se limitent souvent à se diriger dans une dimension où une autre. Par contre, l’utilisation des pierres à bon escient donne tout son sel à l’aventure.

LE MARAIS AUX SCORPIONS reste un plaisant livre jeu et une mission que l’on peut accomplir avec un enfant assez jeune. Celui-ci sera surement heureux de pouvoir choisir quelle pierre utiliser, quelle direction emprunter, quel sorcier servir, etc. La durée de vie est élevée sans devenir lassante et la difficulté s’avère raisonnable : avec des stats correctes, un peu de chance (toujours importante dans le système Défis fantastiques) et des décisions logiques selon les rencontres l’aventure est réalisable sans devoir la recommencer inlassablement.

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Publié le 3 Octobre 2021

SEIGNEUR DES RUNES (Le monde de la terre creuse 2) d'Alain Paris

Alain Paris (1947 – 2019) propose le second volume de son ambitieuse saga de « la terre creuse ». Dans le précédent, SVASTIKA, nous faisions connaissance avec un monde uchronique dans lequel le Reich s’apprêtait à fêter son huit centième anniversaire. Des célébrations en grande pompe en attendant la gigantesque fête prévue pour le millénaire du Reich (souvenez-vous du fameux « Reich de mille ans »), année promise du retour à la vie du Premier (autrement dit Adolph !). La famille d’un dignitaire, le Graf Ulrich von Hagen, est cependant massacrée au cours d’une purge et son fils, Arno, se voit réduit en esclavage. Il jure, évidemment, de se venger. SEIGNEUR DES RUNES poursuit cette grande fresque uchronique. Arno se voit engagé par la Fraternité et grimpe les échelons pour devenir Seigneur des Runes, accomplissant, tout en cachant son identité, une partie de sa vengeance. D’un autre côté, Urien, ancien astrologue au service du défunt von Hagen, tente, lui aussi, de s’emparer d’une partie du pouvoir.

Alain Paris continue de développer son univers, dans une inspiration quelque peu steampunk (bien que nous soyons bien des siècles après le monde Victorien) avec les gigantesques dirigeables qui parcourent les cieux, la démesure du Reich, les liens des descendants d’Hitler avec l’occulte (ici, la recherche d’un hypothétique tunnel menant à l’intérieur de la terre supposée creuse), etc.

L’univers est donc riche, documenté, agréable et original. Le système de castes imaginés s’inspire des anciennes divisions hitlériennes : la SS, l’Ordre Noir, la Gestapo, etc., lesquelles sont devenues la Fratenité, la Sainte-Vehmen…

Alain Paris nous offre un second tome tout aussi réussi que le premier. Les contraintes du Fleuve Noir, notamment en terme de pagination, obligent l’auteur à trouver le juste équilibre entre l’action et la description. Les deux fils conducteurs maintiennent classiquement l’intérêt du lecteur qui suit ainsi les deux protagonistes en parallèle, chacun désirant augmenter sa puissance et trouver sa place dans le Reich.

L’originalité du cadre donne, au final, tout son sel à cette intrigue de vengeance savamment machinée, sorte de Comte de Monte Christo du XVIIIème siècle dans une utopie nazie teintée d’occultisme et de théories pseudoscientifiques. Du très bon boulot pour un excellent divertissement qui fait honneur à la collection Anticipation du Fleuve Noir. D’ailleurs, le talent évident et l’imagination du romancier invite non seulement à poursuivre la série (10 tomes en tout !) mais également à explorer les autres cycles de Paris (comme PANGEE ou LES CHRONIQUES DE LA LUNE ROUGE). Vivement conseillé !

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Aventures, #Fantasy, #Uchronie, #science-fiction, #Steampunk

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Publié le 26 Septembre 2021

QUETE DU GRAAL: LE TEMPS DE LA MALEDICTION de J.H. Brennan

Retour à Camelot, en proie à une malédiction puisque tout est pourri, rongé, moisi. Bref c’est pas la joie. Le chaos règne, Arthur est aux abonnés absents et Merlin a encore besoin de Pip (autrement dit du lecteur / joueur) pour se sauver les miches.

Dans ce « livre dont vous êtes le héros », le lecteur découvre un background riche et une histoire intéressante et intrigante qui change du sempiternel « dungeon crawler » : il faut, ici, visiter des lieux variés comme Glastonburry, Camelot et le Plan Astral. Néanmoins, si tout cela fonctionne agréablement, les problèmes de la saga « Quête du Graal » restent présents. Le système de combat rudimentaire laisse beaucoup de place à la chance et pourrait se révéler fatal si les dés ne sont pas quasi systématiquement favorables.

Autre problème : le côté « un seul chemin vers la victoire » oblige à de très longues déambulations. Celles dans les souterrains sont lassantes et interminables : « vous voulez tourner à droite ou à gauche ». Le Plan Astral constitue une innovation intéressante mais souffre du même défaut : on peut s’y perdre longuement. De plus, pris dans la continuité de la série (donc avec l’équipement, les armes et les soins précédemment obtenus) ce TEMPS DE LA MALEDICTION peut paraitre simple mais joué en « one shot » (avec seulement Excalibur Jr et l’armure) les opportunités de mourir ne manquent pas.

En dépit de quelques innovations assez fun (un texte à remettre dans le bon ordre, façon puzzle, en décalquant une page et en la découpant, plusieurs messages secret à décoder), l’ensemble peut finir par ennuyer : trop de passages ramènent au même endroit, trop de tours et détours, trop d’impasse et de chausse-trapes.

Et la nécessité de découvrir un paquet d’objets (trop) bien cachés pour espérer terminer l’aventure.

Certains peuvent apprécier ce type d’aventure à rejouer inlassablement mais pour beaucoup la fatigue risque de prendre le pas sur le plaisir. Reste un récit divertissant, saupoudré d’humour et au background intéressant. Il ne faut juste pas espérer terminer le bouquin (ou alors au prix de longues heures et de beaucoup de recommencements)

 

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