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Publié le 3 Juillet 2017

UNIVERSE X d'Alex Ross, Jim Krueger et Doug Braithwaite.

Après le succès de l’excellent KINGDOM COME pour DC Comics, Alex Ross imagine, en 1997, le futur forcément dystopique de l’univers Marvel, un monde dans lequel tous les individus, affectés par les brumes terratogènes libérées par Flèche Noire et les Inhumains, ont acquis des super pouvoirs. Pour réaliser cela, Flèche Noir a rendu aveugle Uatu, le Gardien de la Terre, et ce-dernier se voit forcé de choisir comme remplacement le robot vivant X 51, alias Machine Man.

Que deviennent les autres personnages bien connus ? Captain America quitte les Avengers, Spiderman prend sa retraite, Namor tue la Torche, Susan Richards meurt en compagnie du Dr Fatalis. Reed, pour sa part, s’exile en Latverie où il prend la place laissée vacante par son ennemi.

L’Homme Absorbant, le plus dangereux super vilain de cet univers, est détruit par la Vision tandis que Galactus arrive sur Terre pour dévorer un œuf implanté par les Célestes au cœur de la planète. Il est finalement révélé que Galactus n’est autre que Franklin Richards…

L’intrigue d’UNIVERSE X peut débuter, alors que des perturbations climatiques sans précédents ont tués des millions de personnes. Une secte d’adeptes fanatiques de l’Homme Absorbant rassemble également les membres épars du criminel décédé afin de le ramener à la vie et de détruire les torches créées par Richards afin de débarrasser l’atmosphère des brumes terratogènes et rendre leur humanité aux peuples de la Terre. Mais le veulent-ils ? Pendant ce temps Mar-Vell (autrement dit Captain Marvel) se réincarne sous la forme d’un enfant sur lequel veille un Captain America désabusé.

Bien que la trilogie EARTH X / UNIVERSE X / PARADISE X ait été, au départ, envisagé comme le futur « officiel » de l’univers Marvel, les révélations successives sur la destinée des principaux personnages ont conduit à ce qu’elle soit rétroactivement retirée de la continuité. La saga doit donc s’envisager comme une histoire alternative, un présent possible mais différent, similaire aux Elsewhere de la Distinguée Concurrence.

UNIVERSE X s’étend donc sur plus de 700 pages bien tassées, assez pauvres en action puisque largement consacrées aux dialogues entre le Gardien et Machine Man, ce qui donne un récit très bavard voulu philosophique, adulte et intelligent. Malheureusement, l’impression dominante reste souvent l’ennui devant ces dizaines de pages de développement parfois abscons agrémentés d’appendices littéraires (deux ou trois pages de textes concluent chaque chapitres, censés clarifier le récit, elles le rendent en réalité encore moins compréhensible). L’intrigue reste nébuleuse, confuse, brouillonne. Elle se veut ambitieuse, brasse des dizaines de héros (certains connus d’autres complètement obscurs), les réinvente dans des versions altérées (Thor est devenu une femme suite aux manipulations de Loki, Hulk et Bruce Banner sont dissociés, la fille de Peter Parker a fusionné avec Venom), se déplace de notre monde à un au-delà très guerrier où s’affrontent héros et vilains, imagine des réalités alternatives dans lesquelles Franklin Richards est Galactus et où Mephisto (le Diable ?) a transformé Kurt Wagner en Belasco.

Tout cela démontre un réel foisonnement imaginatif, parfois mégalomane dans sa volonté d’offrir une vision définitive de l’univers Marvel futur, mais n’évite pas un côté hautement rébarbatif pour ne pas dire indigeste sur la longueur. Il est difficile de se passionner pour cette intrigue trop vaste et trop embrouillée pour ne pas en décrocher lorsqu’on se rend compte que les auteurs ne vont nulle part. A moins d’avoir une connaissance encyclopédique de l’univers Marvel cette suite de vignettes d’un intérêt très variable semblera donc peu engageante quoique certaines surnagent, notamment celle consacré à un Magneto privé de ses pouvoirs et asservi par le Crapaud. Les dessins (sans égaler ceux d’Alex Ross qui se charge uniquement des couvertures, de quelques illustrations et de l’idée de base) s’avèrent très corrects et évitent le rejet total de cette vaste épopée plus prometteuse sur le papier que concluante dans sa réalisation.

Que l’on aime ou pas UNIVERSE X nous sommes forcé d’admettre que la série, par sa démesure, son ambition et son écriture très littéraire, tranche avec le tout venant du comic super héroïque et s’impose comme une date importante de la bande dessinée américaine. Les enthousiastes parleront sans doute d’une œuvre foisonnante, les déçus d’un gros foutoir et d’une accumulation de bonnes idées mal exploitées. Décevant mais pas inintéressant, au final, même si, pour être honnête, se taper les 700 pages quasi d’une traite n’est sans doute pas une bonne idée, le tout étant, il faut l’avouer, assez imbuvable.

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Rédigé par hellrick

Publié dans #Comic Book, #Uchronie, #Alex Ross, #Marvel Comics

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