EN SCENE POUR LA MORT de Helene McCloy

Publié le 16 Mai 2017

EN SCENE POUR LA MORT de Helene McCloy

Helen McCloy (1904 – 1994) publie son premier roman en 1938, DANCE OF DEATH dans lequel apparait déjà le psychiatre Basil Willing qui deviendra son enquêteur récurent, héros d’une quinzaine de whodunit. On citera en particulier LE MIROIR OBSCUR, classique du crime impossible fréquemment cité parmi les meilleurs romans de ce style. Par la suite, McCloy délaissera quelque peu l’énigme pure pour se rapprocher du thriller psychologique.

EN SCENE POUR LA MORT se déroule dans un théâtre. Une troupe y répète le mélodrame « Fedora » dans lequel un personnage secondaire, Vladimir, meurt sur scène. Si, durant les répétitions, un mannequin est utilisé, un véritable comédien est engagé pour la première de la pièce. Au cours de celle-ci, Vladimir, qui git inconscient et dans le coma, est approché par trois autres acteurs : Leonard, Rod et la vedette, Wanda. A la fin de la représentation, Vladimir ne se révèle pas : il a été assassiné devant des dizaines de témoins. Leonard, Rod et Wanda ont tous eu l’opportunité de commettre le crime et la police ne possède aucun mobile et pas la moindre preuve permettant d’incriminer un des trois suspects. Le psychiatre Basil Willing intervient pour résoudre le mystère.

Sur cette base classique mais d’une redoutable efficacité, McCloy brode une énigme prenante dans laquelle on retrouve quelques mystères secondaires intéressants. Le roman débute par exemple par un étrange cambriolage chez un rémouleur : nul objet ne semble avoir été dérobé mais, par contre, le canari en cage a été libéré. La science déductive et les connaissances psychologiques de Willing permettront de résoudre ce problème et pour déterminer toute l’importance d’un traité médical et d’un synopsis abandonné (sur lequel une réplique est soulignée). Une mouche fournira même la preuve de culpabilité espérée. Willing usera également, à différentes reprises, d’une perspicacité proche de Sherlock Holmes pour énoncer quelques vérités évidentes…du moins après que le psychiatre ait expliqué le cheminement de sa pensée.

Comme dans de nombreux romans de ce style, l’énigme s’avère ingénieuse mais la solution proposée, qui pointe logiquement vers le coupable n’était sans doute pas la seule possible. Les whodunit sont souvent construits comme des puzzles où plusieurs résolutions fonctionnent (comme en témoigne l’incroyable CLUB DES DETECTIVES d’Anthony Berkeley, véritable tour de force qui propose pas moins de huit solutions plausibles à l’énigme). Il s’agit toutefois d’un défaut mineur (en est-ce véritablement un d’ailleurs ?) au sein d’un roman très plaisant, vivant et enlevé. Les dialogues sont réussis, le rythme alerte et les anecdotes sur le monde théâtrales instructives (un débutant déclame la dernière réplique de la pièce lors d’une répétition, ce qui provoque la colère des comédiens pour lesquels cela « porte malheur ») avec les rivalités entre acteurs, les uns cabotins, les autres en déclin, les autres espérant atteindre la gloire, sans oublier les seconds couteaux qui courent le cachet ou les types qui vivotent dans le milieu du spectacle en espérant qu’un jour un metteur en scène daigne s’intéresser à leurs écrits.

Une excellente surprise, immanquable pour les amateurs de whodunit rétro !

Rédigé par hellrick

Publié dans #Policier, #Whodunit, #Golden Age

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